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rexpression de Daheni, car elle peignait les difficultés de résistance des places assiégées, le besoin d'un secours de 40.000 hommes dans le Nord, et d'un antre système de nomination des officiers supérieurs; elle se plaignait aussi des approvisionnements et des subsistances.
Briez en prit occasion, peut-être prétexte, pour donner lecture d'un mémoire préparé sur l'état actuel des armées du Nord. Il demanda qu'elles fussent renforcées immédiatement, et que le Comité de salut public fût tenu de fitire un rapport, séance tenante, sur ces armées. Ce que vote la Convention, c'est l'adjonction de Briez au Comité de salut public. Sans porter atteinte à l'action du comité, sans réduire ses pouvoirs, c'est pourtant le placer -en suspicion. ,
Il paratt certain qu'il n'avait pas toujours tout dit, et que certaines des dissimulations indiquées par Briei étaient vraies, mais il n'existait principalement que poar faire ce que la Convention ne i)Ouvait faire elle-même, et suivre des combinaisons qui avaient souvent besoin de secret.
La misère de tels arguments les rendait sans ]>ortt'Hî contre le comit»'» ; mais, de même qu'une foule de gens sont disposés à tout accorder au succès et à pardonner le crime, même aux aventuriers trop heureux, de même aussi il ne manque pas de gens portf''S à rejeter la responsabilité de r insuccès sur ceux qui y sont pour le moins. Or, aux tristes nouvelles du Nord, venait se joindre la révélation d'insuccès en Vendée, dus à la faute de Rossignol et de Konsin, dont les Montagnards jhuivaieut faire de bons })atri()tes, mais dont il était absurde de vouloir faire par cela seul de bons généraux.
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La séance devenait un exposé lamentable d'échecs militaires. Fabre d'Eglantine demandait qu'elle fût renvoyée au lendemain; mais Billaud-Varennes insistait avec raison sur la nécessité de prendre une détermination immédiate.
Du milieu de tous ces incidents, se dégageait au fond la question d'existence du comité. Il en pouvait sortir^ disait Billaud, Tanéantissement de la Convention et de la République, et le comité ne pouvait se charger, seul, d'une si terrible responsabilité; il fallait que la Convention nationale répondît en masse du salut public.
C'est sur ces paroles que le comité fut mandé officiellement, et qu'il fut arrêté par décret que l'Assemblée voterait ensuite une détermination avant de lever la séance.
Barère, tout en annonçant quelle comité n'avait préparé aucun rapport, voulut répondre aux griefs avancés contre lui.
n laissa à l'écart les petits incidents et les questions personnelles qui avaient servi d'occasion au débat. De tous les généraux dont le nom avait apparu dans la discussion, il ne s'attacha qu'au nom du général Houchard, destitué par le comité, et accusa ce général de trahison.
Dans les généralités exposées avec une habileté qui en faisait concevoir immédiatement l'application, il signala, en termes souples qui ne pouvaient que lui concilier les esprits, les nécessités du Comité du salut public et l'obligation pour la Convention de le soutenir.
On peut dégager de son discours, en dehors des préoccupations du moment, une idée destinée à marquer dans l'histoire militaire de la France : « Vous n'avez eu jus-
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i«PDt, <lii«it Barèrf, que des années dia « nion^^liKH, même lorsqu'on les irnssemblalt e « de-H gùiLÔraux i^nuranU ou perfides le» divisaieut et le « fusaient buttre en détail, en lee opposant tonjouni ■€ un ennemi supérieur. Le comité a ai)eri;u le mal. • D« I par le Comité de cialut public de la Couveniiou uatiou&td. ee u'ûtoit pas Beulenient la traliisoD qui perdait ses &cilîtÛB, mais auasi la vieille tactique militaire étAÏt taie«D Fnatx.
C'est de cette dîscosâiun que u'est égulement dég^ii ' la révélation d'un projet conça par le comitié, et qui m . tat pas oublié eu France : i Apprenez, s'écriait Billani- ( Varennes, que Rome sera bieutât attaquée dans Samt,
et qae 100.000 hummes sont prêta ii descendre a \
9 Angleterre, faire essayer aux Anglais le courage in i
c FraD(,'&iii. > Et la Convention accueiUaît avec tran^
port« la révélation d'un projet dont l'esécutioii a dcpnti
I feit l'occupation de tant d'esprits. i
Itobeapiem>, ^ui u commenwj par parler de lui, et il De &Bt pas s'en étonoer, a reproduit peu d'idées en beMus^ de pbras^: mais la menace s'y trouvait, les iscrlBun»tirats n'y manquaient pas; c'était d^à on langage doBÙna^nr qui, dans U circonstance, avait le mérite d'ecigs de la Convention une résolatiou nette. Briez, impoaé u comité, devut en être exclu, et I» ConventiaD denil aocorder toute con£ance au (XHuité.
Ce discours avait besoin de l'infloenoe de son antev pour n'être pas compromettant; mais il fut vivtaaeA applaudi, et rallia des dissidents qui n'étaient pas précisèment convaincus.
Jean-Bon Saint-André fut habile et vtsi. Ce n'âsit
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pas le personnel da comité qa'il déf^dàit, mais Finstitution. n a dû être compris quand il ^joatait : c Ne dé«- € tmisez pas, comme Ta dit Barère, Tavant-garde de vos c armées. Renouvelez le comité, s'il le faut, mais con- € servez cet établissement auquel vous devez quelques € mesures fortes et énergiques, et des succès qui remc pliront des pages remarquables dans Thistoire. 3>
La Convention rapporta le décret qui inkôduisait Briez dans le comité, et vota par acclamation la conservation de sa confiance à ce comité.
Quoique ce ne fût pas encore régularisé par un vote, on peut dire que, dès cet instant, le gouvernement révolutionnaire d'une durée illimitée était établi; que ce gouvernement était au sein de la Convention, composé de son Comité de salut public, et que le tribunal révolutionnaire serait, à l'intérieur, son nK)yen de répression.
Au milieu de tous ces débats, qu'était devenu Duroj^ l'une des causes de l'explosion d'une question formidable ?
Pour lui, les origines de la question étaient peut-être obscures, car elles avaient leurs mystères comme toutes ces questions, et elles se rapportaient à une époque où il était absent de la Convention.
H ne pouvait donc avoir sa part dans une discussion ayant pris de telles proportions et emportant de telles conséquences.
Mais il avait compris que, dans le débat, des exagérations telles que celles de Robespierre pouvaient créer un pouvoir sans contrôle, et qu'il était bon de réserver le droit des représentants à examiner et à critiquer les actes du comité. Ce n'était pas à lui probablement que s'adressaient des insinuations dirigées contre des commissaires
,de 1h Conveittioii ; mais, si modeste que fut Dun>y, il aniit le scntimc-tit (lo »a droiture, et il ne voulait pa« que Yoa pftt «oire que son rappel était coneidéré par lui ccmime une I>rîvation el uue cause de regrets : « Hier, dit-iJ, j'ai c [uirlé diir les nomiuationa faîtes par le ministre de la € guerre, mais non contre le comité. Au reste, je dWare « (iu« je dirai toujours ma façou de penser sur les opén- € tious de ce comiU-, parce qu'il doit Être libre à chaque « membre de la Convention de iaire connaître re qn'i! c (^roit utile à son paye. On apnrlé de commissaires ï J'ai
< remercié le Comité de salut public de m'avoir rnppeli!. » il ne paraît pas que ces paroles, si simples, et qui ooB-
Hervtùent on principe et le dignité mvme d'une assemld«e, aient été l'objet d'nne approbation iiuelconque. H estrraj que Duroy (!'tait néccBsairement étrangler à tous les partis on TactionH qui avaient pu se former dans la Cou^*eutJon pendant son absence.
MéanmoiuB, il eût été convenable, liabile même, de ne pas répondre à ccm initlques mot?. Mais, si Robespierre, remonté à la tribune, trop dominateur pour pardonner une objection, sentit l'impossibilité d'attaquer diiectement le principe énoncé par Duroy, il Toolut reconm i l'an de ces moyens qui étaient dans la misère de son esprit, et, an lien de répondre, il ât en quelqae sorte It mise de Daroy hors du droit conomnn : <. Un Diembre i
< dit que chacun devait pouvoir émettre son opinion sur c les opérations du Comité de salut public : je n'en dîi-
< conviens pas; les fonctions du Comité de salut publie c sont pénibles, et c'est à cause de cela qu'il ne ponmit
< point sauver la patrie sans la Convention. Pour sauver c la patrie, il faut un grand caractère, de grandes vertus;