‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 22 sur 198 · DECLARATIONS ROYALES · texte numérisé non relu

DECLARATIONS ROYALES

à laquelle Sa Miyesté se rendrait à TAssemblée des Etats.

Le prétexte invoqué n'avait pas dû coûter beaucoup de frais d'imagination à ses inventeurs ; il n'était qu'un plagiat

Le moins qu'on dût croire, c'est que Louis xvi, consi-^ dérant les députés du même œil qu'il pouvait considérer son parlement, et parodiant les formes d'un Ut de justice^ avait la prétention de dicter ses volontés et non d'accepter des votes, et trouvait bon que les élus de la nation: n'en fussent avertis que par des crieurs publics ou des affiches. Il est vrai qu'il trouvait bon aussi que Bailly^ président, en fût informé à son tour par le marquis de Brézé, un domestique en chef, décoré du titre de grandmaître des cérémonies, qualification qui dissimule tout aussi mal que ses semblables l'état de domesticité auquel la sottise des cours a réduit des hommes se croyant de grands seigneurs et ne constituant pourtant qu'une sorte de valets.

Brézé, sur l'ordre de son maitre, écrivit à Baillj une lettre reproduisant les termes de l'affiche. Il y ajouta un double postHscriptum pour lui recommander une précau* tion préservatrice des papiers de l'Assemblée et lui demander les noms des secrétaires, seules personnes qui soient autorisées à entrer, la nécessité de ne pas inter^ rompre le travail pressé des ouvriers ne permettant pas Hoùcèa de la salle à tout le monde^ disait-il.

Bailly a dû hésiter à répondre : le choix de l'intermé-

diaire et les termes de la communication blessant si

^ifdludremBit toutes les convenances. Il fit néanmoins à

vé ;G9tto réponse courte et significative : « Je n'âî

DU » jma i7tt 127

c encore reça aneim ordre du roi, Monsienr, ni poux

< la fléance royale^ ni pour la suspension des assemblées; c et mon devoir est de me rendre à celle^que j'ai indU

< qnée pour ce matin i huit heures. >

n aTait ouvert à Brézé la voie d'une répanse, et celui-d ne perdit paa Toccasion de constater aux yeux de Baillj Tordre da roL H répliqua donc sur le champ que c'était d*ttprde Vcrêrê positif du rai qu'il avait écrit sa lettre, VùdmÉion du roi étant qu^an ne laissât entrer personne damé fat mdlegy et que les séaiîces fussent suspendues jusqu^ après cette gm tiendra Sa Majesté.

Baflly ae le tint pour dît, mais dans l'action il posa Ini-mdme la question sur un autre terrain que celui de Texiatence d'un ordre royal : à neuf heures, accompagné é» deux secrétaires de l'Assemblée et suivi d'un grand nombre de députés, il se présenta à la porte de l'une des iallee; Toitrée fut refusée par l'officier commandant les aridato qui s'étaient emparés des salles, et là, en plein air, devant ces soldats, devant la population, à la tête des députés présents, le président de l'Assemblée nationale, sorti de ses hésitations et des voies détournées, protesta contre l'empêchement mis à l'ouverture de la séance, et déclara cette séance tenante.

Mais elle se tint partout, dans la foule des citoyens, dana les groupes des députés dispersés dans l'avenue de Versailles, agitant des questions multiples et recherchant les moyens divers de lutter contre des dispositions dont le sens et la portée n'échappaient à personne, et qui engageaient pour enjeu l'avenir de la nation. Dans un groupe, on proposait de se rendre à Marly et de forcer le roi i descendre de son château pour tenir immédiatement

128 DECLARATIONS BOTALES

sa séance royale; dans un autre groupe, on admettaii aussi de se transporter i Marly, mais pour y prem séance au pied du château et la tenir sous les yeux di roi; ici, on signale la place d'armes, on rappelle I assemblées du Champ de Mai, et on demande d'y teniif . séance et d'envoyer de là à la nation le vote de ses re sentants; ailleurs, on désigne la galerie du château Versailles comme le lieu le plus propre à tenir séance de la liberté, tout précisément à côté d'un sali sinistre où on avait comploté de livrer au bourreau qui avaient parlé les premiers de la liberté. La résolntioo^ de former l'Assemblée pour délibérer était unanime, » tous les députés le déclaraient à Bailly; mais les mqyen.^i3D le lieu, la tendance de la délibération divisaient 1»^Vq esprits dans leur exaspération. Ce qui manquait po^^c]^ entraîner la colère à une résolution unique et violentz^s^ c'était un mot, ce mot de la situation, ralliement d^ insurrections et drapeau des révolutions ; il allait peuL*^ être s'élever du milieu des groupes, quand on apprit qu'un lieu était trouvé pour la séance.

n y avait à Versailles, rue Saint-François, un jeu de paume que le propriétaire mit à la disposition des dépa« tés, sur la demande du docteur Guillotin, député ds Paris, dont le nom, par la proposition d'un instrument de décapitation, devait former bientôt dans notre langue ^ un substantif sinistre. ^^

Le Jeu de paume était une salle vaste, un carré long / ^ destiné aux exercices et n'ayant rien de ce qui pouvait ^^ entraver le mouvement et la gymnastique ; pas un sièg^ \ pas un banc ; les spectateurs avaient place dans dea '^ galeries supérieures, suspendues au pourtour de la 8aIIe« ^^

1>TJ ^ JUm 1781 120

Ptf aou 6fpaoe et sa fonsia, le lieu se prêtait à tm^ délibérante, mais on ne put se procurer que cinq banog et une table pour écrire, et les doutés Airent ^Mîgés de se tenir debout, attitude qui se prête à Tagitv ^n, quand Tagitation est déjà si grande.

Cest là que FAssemblée nationale de France , ayant «ntonr d*eUe les spectateurs des galeries et la patriotique ;3»piiIation de Versailles qui encombrait les issues, le jpeortcmr de la salle et toutes les rues adjacentes malgsé 3a ^UM ; c'est là que, au bruit du yent qui sifflait dana 3cs galeries et du tonnerre qui roulait sur leurs tètes, les «députés du peuple français allaient constater un grand ^saflit fiitare la nation et le roL

Xa féanoe s'ouvrit par la lecture des lettres échangées mA{% Brésé et Bailly ; la marche suivie par celui-ci fut géaéndeine&t^ xnais pas unanimement approuvée. Il se iwatra da reste fort réservé sur la conduite à tenir ; il l'exposa même pas les divers plans proposés dans les différente groupes de députés; il se borna à dire : a Je

< n ai pas besoin de faire sentir la situation affligeante € où se trouve l'Assemblée ; je propose de mettre eu

< délibération le parti qu'il faut prendre dans un moment € aussi orageux. >

On ne discuta pas sur le droit de dissolution et la nécessité de le reconnaître ou de le contester au roi ; on émit seulement la pensée vraie, quoique contestée par des prétentieux qui se croient de grands docteurs, qu'il ferait très-dangereux que le roi eût ce droit, qui n'est iavoeable, en effet, qu'au pouvoir exécutif; mais on pensa qu'une session ne pouvait être suspendue de la manière employée par Louis xvi. Il est de vérité qu'on trouverait

Tomo I, — »

130 DléCLABATIOKS ROYALES

an moins bizarre que, sons tout régime ayant une Assemblée, le roi pût dire à cette Assemblée: € Voilà une

< séance continuée à demaiu Je veux qu'elle soit renvoyée

< à trois jours ; voici une matière en discnssioi;i, je veux

< que la discussion en soit interrompue. > Sons cet aspect la question n'a rien de sérieux, mais avait-elle quelque chose de plus sérieux, quaud les hommes d'une aristocratie roturière qui rêvaient déjà et de dominer la Noblesse et le Clergé et de rejeter à l'écart, derrière enZp la grande majorité de la nation, s'en prenaient au ministère comme s'il 7 avait déjà une constitution institutive d'nn ministère responsable, comme si l'événement ne prooédaii pas de la volonté personnelle du roi et d'un seul ministre^ le garde des sceaux, comme si l'on ne savait pas qae tons les autres ministres, y compris Necker, bien entendu^ avaient été laissés à Versailles, quand Louis xvi était aile i Marly, où la combinaison contre l'Assemblée avait été arrêtée.

Il y avait là une disposition sans grandeur tout aussi bien que sans résultats pratiques, et elle devait exciter l'impatience, non pas seulement des esprits ardents, mais des esprits logiques, positifs, pénétrants, pour lesquels ii fallait une solution large, pour que le droit national s'ea dégageât et fût consolidé; immédiate, pour ne pas attendre que le roi eût réuni toutes les forces dont il pouvait encore disposer; courageuse, pour courir les chances toujours dangereuses d'un conflit avec le pouvoii;;

S'il était vrai qu'après avoir suivi le matin une Ytm détournée, dans sa lettre à Brézé, Bailly avait retrouvé la véritable voie de la situation dans sa protestation à la porte de la salle de l'Assemblée, il était retombé dans

DU tS JUIN I7dd 131

eoDdmte illogique quand, osant de la pennission qui lui était donnée, il a voulu pénétrer seul dans cette salle pour 7 prendre ses papiers. A ce moment, en effet, des députés devant lesquels il venait de déclarer la séance tenante firent un mouvement pour le suivre, malgré le cri Aux mnmes ! de l'officier, et ce fdt Baillj qui retourna vers la grille pour conjurer la population et les députés de ne fidre aucune tentative.

La ^ésanee tenante n'eût évidemment été tenue nulle part si Guillotin, plus avisé, n'avait réussi dans ses ledierches et n'avait obtenu l'assentiment du propriétaire du Jen de paume.

Il ne âdlait pas s'attendre i trouver là moins d'ardeur que les jeunes honmies de l'Assemblée n'en avaient montré à Baîlly, se contentant, en dernier lieu, d'aller ramasser des papiers qui ne contenaient assurément aucun secret d'État. Les esprits étaient échauffés ; on parlait de nouveau

ides partis extrêmes qui avaient été déjà proposés dans les groupes et^ au nom de plusieurs députés, se produisit la motion de transporter le siège de l'Assemblée à Paris, et de s'j installer sous la protection de la capitale de la France. On se mit à rédiger la motion et à y ajouter même une disposition portant que l'Assemblée s'y rendrait immédiatement à pied et en corps.

C'était une révolution, mais c'était la seule solution logique comme situation, efficace comme seul moyen de dominer cette situation, et opportune au moment où le roi n'avait pu encore rassembler des forces suffisantes pour écraser les Parisiens.

Aux yeux de tous ceux qui, entre plusieurs maux, préfèrent toujours celui dont profite le pouvoir, quoiqu'il

lit I)l£0X«AKATIOHS EOTALES

poit le plus désastreux pour leç nAtiona; aux yeux da Mounier, ousai, qui poursuivait gravemeut Tidée si chimérique de tailler la France sur le patron de la aocdété anglaise, il fallait un puissant dérivatif pour éloigna uno ijaotiQu que Teffervesceuce allait faire voter par a«clfao%« Mon. Meunier eut une idée heureuse, à son peint do YWi «ans comli^ttre aucune des idées qui s'étaient prodnitei depuis le matin, il se mit, dans sou langage, preaqw à IHiniâson des sentiments et même de la oolère qui agitai.eut «es auditeurs, et représenta combien il étsÂt étrange que la salle d^s États^Oéuérau?^ fût occupée par des soldats; que Ton n'offrit pas un autre local à 1/ Aaaem** blée nationale; que son président n'eût été averti que par des lettres du marquis de Brézé, et les repréeeutailtl nationaux que par des placards; qu'enfiu ils fosmuft obligés de se réunir au Jeu de paume pour contiuuer lemv travaux ; il concluait que, blessés dans leurs droita Q( dans leur dignité, avertis de toute la vivacité de TintrigM et de racharnement avec lequel on avait poussé le roi à des mesures désastreuses, les représentants de la natioia devaient se lier au salut public et aux intérêts de la patm par un serment solennel ^

La motion de Meunier, appuyée par Target, Cbapeli^ et Barnave, accueillie par de chaleureux applaudiss^gaentti fut immédiatement acclamée, rédigée, élargie dans, la rédaction, puis signée, et il nous en reste ce grand dod^ ment historique, né dans le berceau de la EévolutioUj i( qui ne saurait en être séparé :

DU tS JUCf I7M 18S

c L'Assembla katiomals, c Coosidérant qu'appelée i fixer la oonstitiition da lojaniiie, opérer la régénération de Tordre public et maintenir les vrais principe» de la taonarchie^ rien ns peut empêcher qu'elle ne continue ses délibérations dans quelque lieu qu'elle eoit forcée de s'établit^ et qn'oifin, partout où ses membres sont tennis, là est l'Assemblée nationale,

c AbbAtk que tous les membres de cette Assemblée prêteront à l'instant le serment solennel de ne jattiiûs se séparer et de se j^sembler partout où les circoûs* taiioes l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution dti lO^ume soit établie et affermie sur des bases solides^ ei que, le dit serment étant prêté, tous les tnembres, et diâcan d'eux en particulier, confirmeront par leut signattire cette résolution inébranlable^ i Bailly réclama pour les membres du bureau l'honneur de prêter ce serment les premiers, et il en liit la f<«mulé d'une voix si forte, et au milieu d'un si grand silence, que chaque mot en fut entendu de la foulé qui remplissait la me.

Tout aussitôt, les députés, se tenant la main pour la plupart, jurèrent avec enthousiasme le même serment, à une époque où de méprisables comédiens ne l'avaient pas enoore assez dégradé pour en faire une formalité dérisoire. La signature coufitmative d'un engagement si solennel suivit immédiatement, et rien n'aurait fait ombre au tableau imposant d'une telle séance, si l'austère Camus, janséniste intolérant comme ils l'étaient tous, et de plus homme d'une humeur brusque et chagrine, n'avait fait la remarque qu'un député avait signé seul oppasarU^ et si

134 DlfOLABATIONS BOYALES

rAssemblée n'avait trop vivement témoigné son méoon« tentement contre le membre qui avait déclaré Pananîmité. C'était Martin, d'Auch, élu de la sénéchaussée de CasteU naudary, auquel Bailly adressa des reproches très-vifs, mais qu'U eut aussi la prudence de faire sortir par une porta de derrière.

L'Assemblée nationale, avilie par les procédés employés vis-à-vis d'elle, amoindrie et même, par voie de conséquence, annihilée dans son rôle par la condition que le roi lui faisait, menacée dans son existence nominale ellemême par les projets dont elle sq savait l'objet, venait de se redresser de toute la hauteur d'une grande puissance morale et du prestige qui escorte le droit. Elle n'était rien tout à l'heure aux yeux de Louis xvi, de la cour, de la grande majorité de la Noblesse et de la minorité du Clergé ; elle était tout actuellement aux yeux de la nation, et il était proclamé que, là où était l'Assemblée nationale, là seulement se trouvait aussi le droit.

n est malheureux pour la grandeur de cette séance que Chapelier ait eu la fausse idée de proposer une adresse au roi, pour lui apprendre ce qu'il savait mieux que TAs* semblée elle-même. Les expressions de cette adresse, qui, dans une circonstance aussi décisive, ne pouvaient jamais être trop énergiques, parurent, a-t-on dit, trop fortes à beaucoup de membres, et Mounier, devenu un endormenr politique, en profita pour combattre les idées de Chapelier, en mettant en doute le but et les résultats de la séance royale. Laissons ces misères, éloignons-les de l'arrêté que nous venons de rapporter et, devant ce grand acte, contentons-nous de dire que, pour s'être bornée à la •simple menace de poser son siège partout où les circons-

DU fS JUIN I7M 135

tanoM Pexigeraient, pour avoir reculé devant le projet de s'installer aa milieu de Paris, rAssemblée nationale avait seulement éloigné la difficulté, et elle avait aussi laissé échapper l'occasion de saisir la puissance effective que les Parisiens pouvaient lui donner à un moment où le roi n'avait pas encore organisé les forces militaires qu'il ^ait en train de réunir. La dispersion violente de

l'Assemblée était chose facile au milieu des Yersaillais qui, quelque ardent que fût leur patriotisme, n'étaient pas en force suffisante pour opposer une résistance

Mais l'arrêté pris au bruit d'une tempête des éléments furieux, et dans l'enceinte sombre et dépouillée de la salle du Jeu de paume, copié, puis imprimé et distribué, était tout au moins un coup de tocsin, le premier coup de tocsin d'une révolution ; il fut perçu de la France entière, Paria l'entendit avec enthousiasme et y répondit par ses acclamations à l'Assemblée nationale.

La Noblesse en fut si effrayée, qu'après avoir admis, mais avec amendement, les propositions du roi, elle lui envoya une députation. La réponse de Louis xvi mérite d'être conservée, parce qu'elle montre ses dispositions personnelles et la mauvaise foi des gens qui s'efforçaient d'endormir la France sur ce mensonge que le roi était trompé par ses ministres.

La Noblesse avait voté en effet un discours au monarque et, dans sa sotte prétention, elle avait supposé le peuple de France assez naïf pour qu'il s'isolât de ses véritables députés sur quelques paroles de ses ennemis.

Ces habiles, qui croyaient amener la nation à identifier sa cause avec celle de la Noblesse, ne montraient certaine-

1S6 DlécUUIATIONB tOTALSS

ment que nmpodênce d'un eharlatanigme grossief , qnml ils inttodaiiaient dans le discûtirs an toi ces drôteriet dues à la rédaction da dac de Croi : c Si les droits qaiê c nom défendons nous étaient parement personnels, s'ils c n'intéressaient que l'ordre de la Noblesse, notre eèlé

< à les réclamer, notre constance à les soutenir, auraient c moins d'énergie ; ce ne sont pas nos intérêts seuls qoe

< nous défendons, sire, ce sont les vôtres, ce Wf^ eeu» dé € rÉtatj ce sont en/m ceux du peuple français* b

C'est le roi qui reçut la députation, c'est i lui, à lut seul, que le duc de Luxembourg, à la tète de ses collèguai, adressa la parole ; c'est encore le roi qui répondit : c Le c patriotisme et l'amour pour ses rois a toujours di»4 € tingué la Noblesse française ; je reçois avec sensibilité € les nouvelles assurances qu'elle me donne. Je recûwneàê c lôê droits attachés à sa naissance^ et je saurai totffomrm € les protéger; je saurai également maintenir, pour l'intértt c de mes sujets, F autorité qui nCest car^ej et je ne jmtm c mettrai jamais qxCon V altère. Je compte sur Votre saèle c pour la patrie, sur votre attachement à ma personne^ c et j'attends avec confiance de votre fidélité que tous c adoptiez les vues da conciliation dont je suis ooeupé € pour le bonheur de mes peuples ; vous ajouterez mak € aux titres que vous avez déjà à leur attachement et à c leur considération. :b

A part œs paroles habituelles, par lesquelles les plus abominables tjnms eux-mêmes se disent toujours préo^ eupés du bonheur des peuples dont ils font la spoliatioife ou l'extermination ; à part ces paroles ridicules, sino^ scandaleuses, par lesquelles Louis xvi, ramassant dans le discours de la Noblesse des singularités qu'il aurait dft

DU S3 JUIV 1711 187

ftTQÎr ]m dignité de ne paa s'approprier, oeait rerendiqutf rattachement et la considération de ses peuples, pour une noUesBe ignorante, perdue de mœurs et de dettes, ande et oppressive, sa réponse était nne préface trè»-olaire de sa séance royale : si usurpée et si désastreuse qu'e&t été raatorité royale en France, il n'en retrancherait rien ; la liaisaanoe des nohles constituait leurs droits, et il saurait les défendre; rien de plus clair, et il suffisait de Tooloîr on peu comprendre pour comprendre en entier.

Les choses en étaient là, quand, dans la nuit da dimanche au lundi (21 au 22 juin), à deux heures du matin, Bailly reçut une lettre écrite en entier de la main du roi, adressée an prmdent de P ardre du Tiarê^Étatj et conçue SB ces termes : < Je vous préviens, Monsieur, que la c séance que j'avais indiquée pour lundi n'aura lieu que c maxdi à 10 heures du matin, et que la salle ne sera € ouverte que pour oe mcHnent » Et, comme pour marquer que c'était bien lui qui croyait ne pas devoir à l'Assemblée de recourir à l'intermédiaire élevé d'un ministre, pour communiquer avec elle, le roi ajoutait en post-scriptum: < J'ai chargé le grand-maître des cérémonies de vous £ûre tenir ma lettre. j> Puis Brézé de faire une lettre d'envoi à la lettre du roi, avec prière à. Bailly de lui en accuser réception, ce que Bailly s'empressa de faire, au lieu d'envoyer son accusé de réception directement au roi, ou au moins au garde des sceaux, ministre qui avait été chargé précédemment des communications avec I'Ajs* s«aiblée.

Au matin du lundi, ou n'avait plus pour ressource la salle du Jeu de paume pour lieu de réunion ; le comte d'Artois y usant de ces petits moyens qui étaient à la

Page 1