A PARIS ET A VERSAILLES
des troupes à leurs garnisons ; libre communication et transport des blés ; a: enfin ime réponse satisfaisante qui f pût permettre à l'Assemblée d'aller à Paris annoncer i Téloignement des forces militaires, consolider l'étai blissement des gardes bourgeoises et essayer de rap- I peler le bon ordre en rassurant le peuple sur ses craintes ( etses alarmes. j>
Ainsi, en ce moment encore, devant cette royauté qui »&it depuis un mois tant de complots et de tentatives, * îd vient d'être encore une fois vaincue, l'Assemblée n*en ttt qu'aux députations, aux remontrances, aux appels à kbonne volonté du roi ; elle ne pense pas même au lentanain, elle ne demande, n'impose aucune garantie: Louis XVI pourra recommencer.
Mais Mirabeau sort de son silence. Soit qu'il songeât & alors, en grand politique qu'il était, à faire passer la woronne sur la tête du duc d'Orléans, soit même qu'il •inît la continuation du trône de Louis xvi, il sentit îû'il fallait, dans un cas comme dans l'autre, se débarrasser de misérables banalités et au moins hausser le ton devant cette cour toujours ])rovoquant et toujours conspirant. Son apostroplie à la députation est plus ^core une apostrophe au roi, à la reine, à la cour. « ^ Eh bien ! dites au roi que les hordes étrangères
* dont nous sommes investis ont reçu hier la visite des
* princes, des princesses, des favoris, des favorites, et
< leurs caresses, et leurs exhortations, et leurs présents.
* Dites-lui que toute la nuit ces satellites, gorgés d'or et
< de vin, ont prédit dans leurs chants impies l'asservisse-
(i) Mirabeau, Discours, tome m, page 129.
La réponse de rAssemblée aux Parisiens engage davantage la personne du roi : l'Assemblée a prévu les malheurs, elle a fait tout ce qu'elle a pu faire auprès du roi pour les conjurer ; elle ne peut plus que soumettre aux Parisiens les deux réponses du roi à deux députations successives; elle va tenter de nouveaux efforts; elle ne peut faire plus ; c'est le roi qui pourrait faire plus, mials il ne veut pas.
C'est ainsi qu'il faut traduire, malgré le petit correctif final qui ne pouvait faire illusion à personne.
Aussi, au 15 juillet, Louis xvi n'était vraiment plus roi que par les troupes étrangères déjà en débandade, et par les députations de l'Assemblée, allant toujours le supplier après coup d'accorder ce que les Parisiens possédaient déjà. Ah I les princes, par cela même qu'ils sont dans une condition plus élevée, sont bien plus coupables que de simples particuliers quand ils commettent un méfait, car l'exemple venant d'en haut est toujours suivi.
Les hommes les plus immoraux et les plus dangereux sont donc tout précisément ceux qui sont toujours disposés à excuser dans le prince les mauvaises actions qu'ils condamnent dans le simple particulier.
Un projet d'adresse de Sillery, trop faible pour les uns, trop vive pour les autres, mais donnant sur la révélation apportée par Lecointre, négociant à Versailles, ce renseignement : « Ce matin encore, un convoi de farine qui <L se rendait à Paris a été arrêté au pont de Sèvres ; si <L cette nouvelle parvient à la capitale, elle va redoubler <L le trouble et la colère des citoyens, d est vivement discuté. On arrête qu'une députation de vingt-quatre membres ira trouver le roi pour lui demander de nouveau le renvoi