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LE QUATORZE JUILLET A PARIS ET A VERSAILLES

Double dépufatioD au roi. — Ancnn résultat. — L'Assemblée envoie des députés à Paris. — Apostrophe de Mirabeau. — Le roi Tient à rAssemblcc. — Elle est sous le charme du prestige royal. — Tout acte politique impossible. — Compterendu de Taccueil que Gt Paris à la députation de Versailles.

n est tme date à jamais mémorable : c'est celle du 14 juillet 1789. Le peuple prenait la Bastille.

Le roi était à la chasse, et, à Versailles, l'Assemblée

délibérait toujours. Toutefois, au milieu de débats assez

Tife sur la mise en accusation de ministres coupables,

Tarrivée du marquis de Noailles venant de Paris, porteur de

nouTelles désastreuses telles que :1a bourgeoisie de Paris

K)U3 les armes, l'hôtel des Invalides forcé, la Bastille

enlevée d'assaut, son gouverneur massacré, causa une

émotion profonde. Ses derniers mots résonnaient encore,

qu'arrivait à l'Assemblée une députation des électeurs de

Paris, ayant pris le titre de Comité permanent de la

surêté publique, et confirmant ces nouvelles. C'est encore

Fers le roi que se portent les regards de l'Assemblée : une

députation lui est envoyée. Rentré de la chasse où il avait

tué deux faisans, seule chose importante qu'il ait trouvé bon d'enregistrer, à la date du 14, dans son journal quotidien, voici ce que le roi répondit aux députés: « Je me suis « sans cesse occupé de toutes les mesures propres à rétablir € la tranquillité dans Paris. J'avais en conséquence donné « ordre au prévôt des marchands et aux oflSciers munici* « paux de se rendre ici pour concerter avec eux les disposi- « tions nécessaires. Instruit depuis de la formation d'une « garde bourgeoise, j'ai donné des ordres à des officiers « généraux de se mettre à la tête de cette garde afin de « l'aider de leur expérience et seconder le zèle des bons « citoyens. J'ai également ordonné que les troupes qui « sont au Champ-de-Mars s'écartent de Paris (inexact, « elles étaient repliées sur Versailles). Les inquiétudes « que vous me témoignez sur les désordres de cette ville « doivent être dans tous les cœurs et affectent vivement € le mien. j>

C'est tout ! Mais c'est la révélation d'une grande habi<> leté pour remettre dans sa main tout ce qui pouvait offrir de la résistance. L'Assemblée reçut cette réponse aveo € un long et morne silence. i>

Une deuxième députation à son tour tente d'obteur^ du roi de meilleures paroles ; les voici : <r Vous déchirer « mon cœur de plus en plus par le récit que vous m# « faites des malheurs de Paris. Il n'est pas possible àê € croire que les ordres qui ont été donnés aux troupes en « soient la cause. Vous savez la réponse que j'ai faite è € votre précédente députation ; je n'ai rien à y ajouter. %

Cette réponse ne parut pas satisfaire l'Assemblée plw que la première ; aussi elle ajourna au lendemain toute tentative nouvelle vers le roi, trouvant plus instwit à»

A PARIS n A VES0AILLE8 285

lentojrer les députés de Paris munis de cette réponse de TAsscmblée nationale :

€ Profondén^ent affectée des malheurs qu'elle n'avsit € que trop prévus^ TAssemblée nationale n'a cessé de c denumder à Sa Majesté la retraite entière et absolue des c troupes extraordinairement rassemblées dans la capitale t et les environs. Elle a encore envoyé dans ce jour deux € dépntations sur cet objet dont elle ne cesse de s'occuper c fiait et jouf« Elle fait part aux électeurs des deux € réponses qu'elle a reçues. Elle renouvellera demain t les m^es démarches ; elle les fera plus pressantes c encore s'il est possible ; elle ne cessera de les répéter c et de tenter de nouveaux effçrts, jusqu'à ce qu'ils aient < en le succès qu'elle a le droit d'attendre et de la justice t de sa réclamation et du coeur du roi, lorsque des c impressions étrangères n'en arrêteront plus les mouve-* € ments (deux heures du matin, nuit du 14 au 1& € juillet '). *

Quelle situation ! Même à la voix de Mirabeau, l'As- «emblée n'était pas sortie de sa léthargie. Impuissante à &ire le bien, elle l'était également à empêcher le mal. Elle semblait vouloir éloigner d'elle toute responsabilité, Bftiâ alors même qu'elle faisait l'effort de ses nombreuses •t toujours dérisoires dépntations au roi, elle découvrait éridemment Louis xvi devant la nation, reportant sur loi la responsabilité des événements.

Le roi lui-môme n'a pas éloigné cette responsabilité : il a semblé l'appeler, c'est sa personne, sa volonté qu'il a eonstsmment mises en avant.

(1) Monite-jr officiel.

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