‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 40 sur 198 · A PARIS ET A VERSAILLES · texte numérisé non relu

A PARIS ET A VERSAILLES

Nons marchions an milien d'une foule immense, mais nous ne pouvions 7 avoir que des amis et des frères.

€ Entrés dans Paris, une brigade de maréchaussée, des gardes de la prévôté et un trompette qui nous avaient joints sur la route, marchaient devant nous et annonçaient Tarrivée des députés. Des bourgeois armés, mêlés avec des soldats, nous environnaient pour former notre cor*

c Arrivés à la place Louis xv, nous descendons de nos Toitures. Une garde nombreuse nous escorte : un peuple innombrable s'ofire de tous côtés à nos regards. Les bourgeois et les soldats armés sont rangés en haie siur notre passage. Les spectateurs tâchent de donner essor aux sentiments qui les oppressent par tous les signes de la plus vive aflTection. C'est pour eux une vive jouissance ^ de serrer les mains d'un des membres de l'Assemblée nationale. L'air est incessamment frappé des applaudissements, des cris de joie, auxquels se joint le bruit des tambours et des instruments de musique. Les citoyens sç félicitent, s'embrassent réciproquement. Tous les yeux Bont mouillés de larmes ; partout se montre l'ivresse du sentiment. De toutes parts on s'écrie : Vive le roi, vive la ivUion, vivent les déptUés !

€ Jamais fête publique ne fut aussi belle, aussi touchante ; jamais on ne vit des milliers de citoyens se précipiter ainsi sur les pas de leurs représentants, pour contempler, dans cette marche auguste et solennelle, Timage de la liberté. L'histoire n'offre point de pareil exemple. L'histoire ne parviendra jamais à retracer ce que nous avons vu, et surtout ce que nous avons senti.

€ Arrivés à l'hôtel-de-ville, quel beau spectacle se pré-

sente I La place est coarerte d'une fonle prodigieuse d citoyens armés et non armés. Les mêmes acclamations qn nous avions entendues sur notre passage sont sans cess répétées. Entrés dans la salle principale, la foule est e nombreuse, elle est si transportée de joie que le silène s'obtient avec peine. Enfin M. le marquis de Lafayett annonce que le roi est venu au milieu de l'Assemblée natio nale sans pompe, sans appareil. Il leur fait lecture du dis cours que le roi a prononcé ; il leur rappelle les témoignage d'amour et de sensibilité donnés au monarque par le représentants de la nation, et ce beau moment où S Majesté est retournée à pied au château, au milieu d l'Assemblée nationale et des habitants de Yersaillef gardée par leur amour et leur inviolable fidélité.

< On répond par de nombreux applaudissements ( des cris de Vive le rai/ Ensuite M. le comte de LaUj Tollendal prend la parole. Après avoir donné au patrie tisme, à la fermeté des Parisiens un juste tribut d'éloges après avoir exprimé la douleur qu'avaient éprouvée 1( représentants de la nation, en apprenant les malheurs à la capitale ; après avoir décrit les scènes touchantes è Versailles, il parle de la liberté et de la patrie; il par] du roi, de ses vertus, des devoirs des Français, avec u ton si noble, si propre à émouvoir, avec une éloquence i persuasive que la foule des auditeurs est entraînée, qo l'ivresse est au comble. L'amour de la patrie, l'amour d roi exaltent toutes les âmes. L'orateur est pressé dans h bras de ceux qui l'entourent ; une couronne de fieurs li est offerte ; sa modestie la repousse ; il en fait hommage l'Assemblée nationale. Malgré ses efforts, elle est plaa sur sa tête. On veut ensuite le présenter au peuple assen

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