‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 52 sur 198 · Tome I.— s · texte numérisé non relu

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« moyens de corruption qui sont en son pouvoir pour les € faire réélire dans la législature suivante. »

Si l'on veut abandonner les raisons d'actualité, mais en même temps étudier en thèse, plus profondément qu'on ne l'a fait jusqu'à nos jours, la question d'éligibilité nouvelle et immédiate des députés dont le mandat vient d'expirer, on arrivera très-probablement à cette double conclusion, trop peu admise pourtant, que, sous les gouvernements de corruption des pouvoirs publics et de falsification de la liberté, la rééligibilité indéfinie, étayée aussi du cumul de quelques autres fonctions, doit être pratiquée de telle sorte que les fonctions électives deviennent sous certains rapports une sorte de patrimoine de quelques hommes et de quelques familles, et que, au contraire, sons un gouvernement de pratique sincère de la liberté et de développement des institutions qui lui sont inhérentes, la réélection immédiate doit être, comme le cumul, nettement interdite. En dehors des considérations de détail qu'un politique incomplet peut seul dédaigner, cette interdictio doit être maintenue, ne dût-elle avoir pour objet que le triple but de créer un barrière de plus à la corruption, plaie gouvernementale qu'on ne saurait nier ; d'ôter aux intrigants qui ont leur réélection en vue la ressource de leurs capitulations de conscience, soit dans des actes de complaisance pour le pouvoir, soit même dans les actes de recherche des popularités de mauvais aloi, et de faire passer successivement une plus grande masse de citoyens par la pratique des affaires, pour développer ainsi l'éducation politique de la nation, et en faire un pays digne de ses institutions et capable de les appliquer dans toutes leurs parties.

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Pour beaucoup d'hommes, de penseurs même, xme pareille thèse aurait besoin d'être appuyée sur Tétude attentiye de la physionomie des pouvoirs publics sous Taction de la rééligibilité immédiate. Qu'ils fassent cette étude, et ils ne seront pas longtemps à reconnaître trop sourent, dans la rééligibilité immédiate, la cause réelle de bien des malheurs de la France et de la liberté.

Aussi quand on examine, surtout dans les circonstances qui l'environnent, la mesure due à la prévoyance d'hommes d'opinions diverses tels que Robespierre, Pétion, Buzot, Pmgnon et La Béveillère, si facilement critiquée à distance, et, peut-on remarquer, toujours par les hommes d'une même nuance d'opinion, on arrive à considérer cette mesure comme ayant été un des moyens de salut de la Révolution, et comme imprégnée d'une grande et sage portée politique.

On ne trouve nulle part l'indication que ses auteurs ou ceux qui l'ont votée en aient jamais éprouvé le regret, même dans les plus mauvais jours qu'ils ont dû supporter depuis.

Quant à Buzot personnellement (question très-secondaire), il se trouvait heureux de rentrer dans sa petite ville et de retrouver des champs, des campagnes et des forêts dont le seul souvenir avait le pouvoir de changer tdlement le cours de ses idées, qu'il faisait tout aussitôt d'un tribun rude et parfois implacable un homme attendri au spectacle de la nature.

Qu'ils se fussent ou non trompés, la plupart des adversaires de la rééligibilité immédiate des députés ont eu la conviction d'avoir arraché à la contre-révolution une de les armes et donné à la Révolution une nouvelle garantie.

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