‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 63 sur 198 · PR^AOE DU 10 AOUT · texte numérisé non relu

PR^AOE DU 10 AOUT

une levée de 20.000 hommeB pour en former un camp sous Paris, et, comme ces 20.000 honmies devaient se Tecruter par voie d'enrôlements volontaires, ils devaient se composer des patriotes les plus enthousiastes et les plus ardents.

La cour l'avait senti mieux que les Jacobins d'abord, et ce décret et celui sur la déportation des prêtres insermentés, frappés en même temps du veto royal, avaient été l'occasion de la journée du 20 juin. ,

Mais les G-irondins ne s'étaient pas bornés probablement à voter un décret que la volonté du roi rendait inexécutable, car ils avaient évidemment dans la main, par exemple, ces Marseillais si bien disposés à se fédérer sans décret, s'ils ne pouvaient s'enrôler par décret. Or, quand les délégués marseillais s'étaient présentés à la barre, les Girondins avaient fait voter l'impression et l'envoi à la France entière de la pétition de ces délégués, dans laqaelle on lisait ce véritable appel à l'insurrection : « H est

< temps que le peuple se lève : ce lion généreux, mais

< trop longtemps courroucé, va sortir de son repos pour

< s'élancer sur la meute des conspirateurs La force

< populaire fait votre force : employez-la ; point de

< quartier, puisque vous n'en avez pas à espérer

•t Législateurs, la force du peuple est en vos mains ;

< faites- en usage. Le patriotisme français vous demande « à marcher avec des forces plus imposantes vers la capi-

< taie et les frontières Vous ne refuserez pas l'au-

« torisation de la loi à ceux qui veulent périr pour la « défendre, d

La journée du 20 juin, élément activement exploité de réaction contre la Kévolution, et cause des pétitions et

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des adresses lies pins oj^sées, a fourni à rAssembléeytoa plutôt aux Girondins qui y dominaient^ roooasion de diriger Topinion contre le roL Us faisaient bien prononcer l'ordre du jour contre les pétitions qui réclamaient trop positivement la décliéance, mais ils faisaient accorder une mention honorable aux pétiti<ms qui, sans laisser édiapper le mot^ tendaient à la chose en s'en prenant au roi per-^ sonnellement^ U en était ainsi en faveur de la pétition du Conseil général de Lyon, qui disait : <i II est temps de ^ prouver que, s'il existe une loi constitutionnelle qui <( doiine au roi le droit de suspendre la volonté de tous, € il en est une autre qui est la première de toutes : c'esf <( le salut public > H en était ainsi en faveur de la pétition de la ville de Olermont-Ferrand, qui diaait : « Im « moment est venu, où le tonnerre de la nation doL € écraser toutes les têtes coupables. C^est en vain que 1 . a roi dissimule ; il est parjure à ses serments. s>

Ces pétitions étaient du reste l'expression vraie d€^ patriotes de la province agités par la double préoccupatioir de l'invasion étrangère et de la trahison de Louis x\^ Aussi les fédérés se multipliaieut-ils, les villes se sure^ citant mutuellement par des adresses comme celle-c= « La patrie est en danger ; nous voulons la défendre : d vous l'aime? comme nous, suivez notre exemple. '3 « rendez^vous est sous les murs de Paris. »

I^ gouvernement, effrayé de dispositions qui apportaient un si puissant secours à la Hévolution, voulait dissiper .ces rassemblements armés qui s'élançaient déjà sur les routes conduisant à Paris ; mais le moyen ? . . , .

Les Girondins voulurent les régulariser avec cette seule modification qu'après avoir assisté à la fête de la

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Jfédémikmy le 14 juill^, lit» fédérés fioraient dirigés flnr âoiaaoofi.

Mais la guerre par pétitions et adresses, soulevées par

J c 20 JUÛI9 dont les réactioixiMiireSy ixiADquant de mesure,

ont voulu Urer uu parti trop éteudu, se retouroa bientôt

œutre eux-mêmes, car elle eut, au nombre de ses résultats,

pour effet de &ire demander et voter U> dissolution de

l*^tat-an%|ar de la garde nationale de Ffrâ, <ïomposé en

des circonstances et avec des éléments &¥orables wsoi

¥*eniUants, et de faire étendre cette mesmife aux états<ini|jjors

des gardes nationales de la province.

Les Qirondins, qui v<otaient cette dissolution, éti*eQt ^ moins avertis de la signification qu'dle lavait, puisgne ^ dépoté Quatfiemère, «qui » Wectait pas jalors des idées ^ristoerotiques ^, repoussait la propositiotn^n lui assignant ^^fittemeut son but ; <( Il n'est aucun doute, disadt^ que "^ le prcget de linencûer Tétat-mi^or, et de laisser Ja garde ^ nationale sans un point central, est un des moyens ^ d'arriver à nue révolution que Toh désire. » Le roi, qui J^ensait de même, apporta, il est vrai, comme d'habitude ^on veto au décret, mais l'état-major, « composé poiur la ^iuè grande partie de ci-devant privilégiés, » frappé ^liorjdement au moins par un décret, signalé comme complice de la eour, devenait impuissant sur une garde ^tionale qui commençait à s'étonner que le bruit fait à

(1) L'anarchie n'est qu'un mot; l'oligarchie est un monstre.

L'*n«rchie est nne plante faible que le moindre souille abat; l'oligar-

uî ^ ^ ressemble aux bétes féroces qui, quoique en petit nombre,

iémeat partout l'horreur et la destruction, l'oligarchie existe

jttrtout ; elle jette sans cesse de profondes racines qu'il faut détruire far le fer et le feu; eiilin l'anarchie n'est que l'ombre de ce dont i'^ligarchie e&t le corps. (Quatremùre, 29, 751.)

propos du 20 juin devînt assez grand pour empêcher de prêter l'oreille au bruit plus sérieux dé la marche des armées étrangères.

Pourtant là était l'écueil, un grand écueil pour la Révolution et pour la France, et les Girondins Tont signalé eux-mêmes vigoureusement, alors que le moment arriva de prendre la grande voix des pouvoirs électifs pour dire à la France de se sauver elle-même, en lui criant : La patrie est en danger !

Vergniaud, le mélodieux Vergniaud, fut dur ce joul^•là, quand il se plaignit des mains auxquelles le salut de la France était livré, quand il signala comme étouffées auprès du trône les mesures votées pour la défense nationale, et qu'il en vint à demander: « Serait-il vrai qu'on « redoute nos triomphes ? Est-ce du sang de l'armée de

< Coblentz ou du nôtre dont on est avare ? Si le fanatisme « excite des désordres, s'il menace de livrer l'empire au

< déchirement simultané de la guerre civile et d'une « guerre étrangère, quelle est l'intention de ceux qui « font rejeter, avec une invincible opiniâtreté, toutes les a lois de répression votées par l'Assemblée ? Veulent-ils <L régner sur des villes abandonnées, sur des champs (L désertés ? Quelle est au juste la quantité de larmes, de « misère, de sang, de morts, qui suflSt à leur vengeance ? a Où sommes-nous, enfin? Dans quel abîme veut-on a nous entraîner ? ï>

Vergniaud insistait pour le vote du décret déclarant la patrie en danger. L'Assemblée ordonnait l'envoi du discours aux départements, mais elle ne rendait pas le décret demandé. Le vieil évoque Torné insistait à son tour, et il répondait en quelque sorte aux questions brûlantes de

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Vergniandy en firanchissant les limites que celui-ci s'était encore imposées, et en disant : « Un cri général ne fait-il « pas retentir le royaume de ces mots déplorables : Cest « le pauooir exécutifs c^eat le roi quiy par une inaction per- € Jide^ ou par une marche en sens inverse de la Révolution^ € et par toutes les ressources de la corruption, est la pre- «: mière et la principale catise de tous nos Tnaux politiques. € Les coors étrangères auraient respecté la liberté fran-

€ çaise, s'il l'eût respectée lui-môme Dans de telles

€ circonstances, les mesures prises dans la Constitution < Buffiront-elles pour la sauver, et la crise ne pourraitc elle pas empirer de manière que son salut fût attaché c à des mesures extrêmes ? Oui, sans doute, et peu impor- € terait alors qu'elles ne fussent pas conformes à la € Constitution. La vraie constitution de toute nation en € péril est tout entière dans ces mots : Le salut du « peuple est la suprême loi. » Torné demandait que l'Assemblée s'emparât de la dictature et exerçât le pouvoir dans les départements par des commissaires pris dans son sein. La question de déchéance, déjà résolue dans le bon sens public, indécise dans les conceptions des politiques, s'imposait à la tribune et devenait la conséquence du décret en discussion.

Les Girondins ne reculaient pourtant pas. Brissot, bien au contraire, montait à la tribune pour entretenir l'Assemblée de mesures de sûreté générale, quand, après quatre jours déjà de discussion, l'évèque Lamourette prit la parole pour une motion d'ordre, et commença la scène de réconciliation des partis connue sous le nom de baiser Lamourette.

Mais le baiser Lamourette ne pouvait être qu'une trêve,

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et la trêve ne pouvait avoir qu'une durée fort courte, piiifique des démonstrations, des embrassements, des scènes touchantes ne débarrassaient pas la France de l'action des armées autrichienne et prussienne. D fiEdlait bien en revenir, et le plus tôt était le mieux, au coté positif d'une situation si tendue.

Le gouvernement d'ailleurs se mit lui-même à souffler tout aussitôt sur le feu qui s'apaisait ; c'est le lendemain (6 juillet 1792), que le directoire départemental de la Seine,, revenant sur l'affaire du 20 juin, se mit à prononcer la suspension du maire Pétiôn et sa mise en accusation, avec un commandant de la garde nationale et des officiers municipaux. Le roi, énormément plus actif en cette circonstance que lorsqu'il s'agissait des frontières nationales, se faisait remettre aussitôt l'arrêté de suspension, n'en disait pas l'approbation lui-même et se croyait peut-être habile en le transmettant à l'Assemblée pour qu'elle statuât. C'était peu connaître ces Grirondins, ardents vis* à-vis de leurs adversaires, mais toujours solidaires entre eux, et qui avaient raison d'ailleurs d'attacher tant de prix à ce qui concernait leur ami Pétiou, pour lequel ils ne pouvaient vouloir ni accusation, ni grâce.

Ils répondirent (7 juillet) qu'on ne pouvait prendre une décision sur l'arrêté départemental, avant que le roi, suivant la Constitution, eût statué lui-môme, et l'Assemblée passa à l'ordre du jour. Le baiser Lamaurette était déjà compromis.

Deux jours ne s'étaient pas écoulés, lorsque Brissot renouvela sa discussion interrompue par Lamourette ; il l'engagea de nouveau par un discours plein d'accusations contre le roi et la cour, et de résolution dans sa conclusion.

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Il demanda rexamen de la conduite personnelle da roi^ la solidarité entre tous les ministres et la mise en accusation de Ziafayette.

Vergniaud, Guadet, Isnard, en profitèrent pour demander que le décret de déclaration du danger de la patrie fût enfin rendu. L'Assemblée ne se prononça pas encore, mais elle fit un pas ; elle soumit la question à une conmiission extraordinaire et à deux comités.

Enfin, le 1 1 juillet 1792, sur Texposé fait par Hérault de Séchelles, rapporteur de la commission et des comités, l'Assemblée nationale rendit un décret portant cette formule adressée à la France : Citoyens^ la patrie est en danger!

Cependant l'Assemblée était assaillie de pétitions demandant la réhabilitation de Pétion, la déchéance de Louis XYi et la mise en accusation de Lafayette lui* même, inculpé par le bruit public, reconnu depuis bien fondé, de vouloir favoriser une nouvelle fuite du roi et de le placer au milieu de son armée.

Louis XVI, de son côté, homologuait la suspension de Pétion; mais on touchait au 14 juillet, fête de la Fédération, qui n'avait pas été célébrée l'année précédente, alors que la Constituante, après le retour de Varennes, voulant rétablir le roi, avait éprouvé la crainte d'être contrariée dons son obstination si aveugle conmie conception, si désastreuse comme conséquences, et qui se traduisait déjà à un an de distance par un abîme ouvert béant sous les veux les moins clairvoyants. La célébration du 14 juillet fslssât de Pétion, déjà ennemi de la cour, un ami fidèle et rosé des Girondins, d'autant plus précieux à ceux-ci, qu'ils supposaient le roi disposé à profiter de la fête pour

s'évader par la Normandie, sinon pour se livrer à Tannée de La&yette.

Les Girondins ne manquèrent ni d'activité, ni de vigueur, puisque, ayant reçu le 12 la notification de la suspension définitive de Pétion, et celui-ci s'étant présenté à la barre, où il fut accueilli par d'ardentes acclamations, ils £rent nommer immédiatement une commission sur le rapport de laquelle, le 13, ils firent rendre un décret rétablissant le maire dans ses fonctions et ordonnant au pouvoir exécutif de le réinstaller dans la journée même.

Si les Girondins étaient eux-mêmes en arrière de Topinion publique, ils préparaient assez bien le 10 août; ni les républicains, ni les Jacobins, qui, entraînés peut^tre par le flot qui montait, se décidaient enfin à ne plus récuser la République, n'avaient rien à faire: ils n'avaient qu'à laisser faire pour voir se réaliser ce que l'instinct national sentait être le seul moyen efficace de résister à l'invasion étrangère. Seulement, et de même que Louis XVI, pouvant déjà calculer les marches de Tennemi, son allié personnel, espérait d'autant plus, qu'il s'écoulait plus de temps, les patriotes de leur côté pouvaient craindre que la perte de temps rendît le mal plus grand, peut-être irréparable. La déroute simultanée de Biron et de Théobald Dillon portait avec elle un terrible enseignement, et on savait tout au moins que Lafiiyette, jeté dans une fausse voie par les Feuillants, se rendait impuissant à servir la Révolution.

Les nouvelles, qui s'accumulaient, révélaient de plus en plus à la population l'étendue du danger ; on apprenait coup sur coup que les prêtres et les nobles agitaient les

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départements de l'Ouest, que les royalistes prenaient les armes en Bretagne, et avaient fixé un quartier général à la chapelle de Kerbader; que l'insurrection royaliste, plus avancée dans l'Ariége, y avait déjà assiégé et pris les châteaux de Jalès et de Bannes ; la guerre civile arrivait au secours de la guerre étrangère. On apprenait aussi successivement que les officiers de la garnison de Bayonne, après une tentative avortée d'enlever leurs soldats, avaient déserté; que la désertion devenait considérable dans Tannée du Rhin; que le gouvernement avait refusé des armes aux patriotes des frontières ; que la ville de Metz se plaignait de manquer d'approvisionnements : la désertion et la trahison donnaient la main aux royalistes en insurrection et aux étrangers envahisseurs.

C'est sous l'impression d'une situation aussi critique que se célébrait la Fédération du 14 juillet. Elle fut tout aussi significative que le retour de Varennes. Les Girondins en retirèrent de grandes espérances pour eux-mêmes, parce que Pétion y reçut de chaleureuses ovations ; les républicains virent bien qu'il ne restait aucun point d'appui à l'ennemi qui siégeait aux Tuileries ; les acclamations à la Nation et à la Liberté furent enthousiastes, et Louis XVI ne recueillit pas un vivat, pas un seul ! Le haut tiers lui-même, désillusionné, malgré son esprit feuillant, garda un silence morne, et cela se conçoit bien, alors que Servan lui-même, l'ancien ministre, manifestait hautement l'opinion que, si le peuple ne se levait pas, c'en était fait de la liberté !

Lies Girondins durent croire à une impression désespérée sur l'esprit du roi, et à la nécessité pour lui de faire un revirement et de s'adresser à eux : La situation

était dans leurs mains; du moins^ ils ont paru le penser.

Aussiy désorganisateurs du pouvoir la veille encore, on les voit se rendre possibles, dès le lendemain, aux yeux du roi.

Ils ont toléré que le décret proclamateur du danger de la patrie, ce décret qui devait par sa nature même être mis à exécution tout aussi promptement que le décret de réinstallation de Potion, fût conservé douze jours ! douze jours, sans être publié, et au milieu d'un danger proclamé ! Vergniaud lui-même s'est mis à endormir la crise : oublieux de ses vigoureux accents qui vibraient encore dans le sein de l'Assemblée et qui étaient à peine arrivés aux oreilles de la France des départements; oublieux de l'accueil que ses amis et lui ont £ait à des pétitions menaçantes ; oublieux des nouvelles si alarmantes qui se succèdent sans cesse ; oublieux du rapport que l'Assemblée vient de recevoir de Luckner, et qui lui a révélé que le maréchal avait à peine 40.000 hommes, pour soutenir l'attaque de 200.000 Autrichiens, Prussiens, Hessois, et; de 22.000 insurgés ; oublieux môme que les Girondins viennent de fiiire déclarer la patrie en dunger^ Vergniaud ne veut plus qu'on agite la question de déchéance, et il soutient maintenant que l'Assemblée ne doit pas se laisser* entraîner par des mouvements désordonnés ou subjugueT" par de vaines terreurs (24 juillet).

Puis l'agitation devient considérable dans la population. 9 les fédérés, patriotes prononcés, ont écouté facilement le^ excitations de Paris et n'ont pas voulu se rendre au ciun J> de réserve de Soissons ; d'autres fédérés arrivent, d'autre^ encore sont attendus, et tous sont convaincus que, poU-"^ repousser l'ennemi à la frontière, il faut abattre l'ennei

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qui est anx Toileries. Les pétitions continuent, et il y en a qui demandent la permanence des sections, mais les Girondins ne veulent plus être soupçonnés d'esprit républicain, et Brissot se charge de faire la seconde partie du discours de Yergniaud, en s'élevant avec âpreté € contre la faction des régicides, qui veut créer la République, i» Si Brissot et ses amis arrivent aux affaires, les républicains sont avertis, tout aussi bien d'ailleurs que les Feuillants, et les Feuillants tout aussi bien que les émigrés, des rigueurs qui les menacent, car Brissot leur dit : € S'il existe des hommes qui travaillent maintenant ( à rétablir la République, le glaive de la loi doit frapper € sur eux, comme sur les amis actifs des deux chambres c et sur les contre-révolutionnaires de Coblentz» » (26 juillet.)

Pourtant les Girondins, qui ont attendu les invitations h roi depuis le 10 juillet, jour d'une dislocation du cabinet, encore plus depuis la journée significative du 14 juillet, n'ont vu rien apparaître. Le roi ne venant pas à eux, ils se sont décidés à aller au roi, et, liés avec le peintre Boze, lié lui-môme avec Thierry, valet de chambre iu roi, ils ont écrit une lettre signée de Vergniaud, Gua- ^ et Gensonnet, adressée à Boze, destinée à être remise i Thierry et communiquée par celui-ci au roi.

C'est une lettre exposant les vues de la Gironde sur Ie« causes des périls de la royauté elle-même et sur les MÎ Dioyens de la sauver ; le choix d'un ministère a toujours xA ^ l'une des fonctions les plus importantes du pouvoir ^yj loyal; un ministère patriote serait une des meilleures .. ;^ «sources auxquelles le roi pourrait recourir pour rappeler ^ confiance, surtout dans un moment où tous les moyens

de défense doivent être employés, où les armements font défaut, et où l'on croît la Constitution en péril. Les Girondins, en parlant de la situation actuelle, auraient pu ajouter que les Feuillants , leurs concurrents habituels, cheminaient dans les avenues du ministère.

On en était là. Les Girondins attendaient et ménageaient les effets de leurs propres tentatives. Mais le roi aussi attendait, attendait toujours on sait quoi , et n'était pas dans la disposition de remettre ses affaires aux mains des Girondins, pas même des Feuillants.

Aussi la lettre des Girondins, arrivant conmie on l'avait voulu sous les yeux de Louis xvi, celui-ci reçut-il la communication avec humeur. Il permit à Thierry de répondre, mais en termes qui, si adoucis qu'ils aient été probablement par l'intermédiaire, et si laconiques qu'ils Aissent, durent paraître aux Girondins d'une désespérante netteté. Le roi n'avait garde de négliger le choix des ministres ; la déclaration de guerre n'était due qu'à de soi-disant patriotes; aujourd'hui, pour éloigner la coalition de nos frontières, il n'y avait que des moyens généraux ; il avait observé la Constitution, mais d'autres gens avaient travaillé en sens contraire.

Repoussés aussi durement, les Girondins ne se sont pourtant pas tenus pour battus. Ds ont imaginé de faire voter par l'Assemblée une adresse au roi, qui fût la traduction de leur lettre à Boze, et Guadet, l'un des signataires de la lettre, n'hésita pas à se faire le rapporteur du projet d'adresse, pour obtenir c( enfin un ministère qui pût retenir la patrie sur le bord du précipice; d et, comme il fallait bien, pour vaincre la résistance de Louis xvi, lui présenter une alternative de paix ou de guerre, Brissot,

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