‹ Études sur la révolution françaiseChapitre 62 sur 198 · PR^FÂCB DV 10 AOUT · texte numérisé non relu

PR^FÂCB DV 10 AOUT

n est évideuty en ôffet^ que^ si le roi n'avut pa» été engagé dams nn système d'inertie comme moyen, et d'attente de rétranger comme espérance et comme but^ la 4ém<msti^tion on l'avanie dn 20 jnin, si pacifique qne ce désordre ait pu être, lui anràit fait comprendre son impuissance devant la Révohitiony et la nécessité de s'y rattacher largement^ pour ne pas être perdu.

Hais il était resté calme devant la formidable visite dn peuple; il y avait déployé, le plus tranquillement possible, ces ressources, en apparence insignifiantes, qui sL'paigent souvent les grands tumultes; il avait coiffe le Ixmnet rouge sans démonstrations grimaçantes et avec nue simplicité naturelle, et, assailli habituellement par son entourage des craintes d'empoisonnement, il avait néanmoins accepté, d'une main populaire et inconnue, un ▼erre de vin, qu'il avait paru boire avec une satisfaction que la chaleur étouffante rendait d'ailleurs naturelle* Au milieu des baïonnettes et des piques qu'uûe imprudence, qu'un accident fortuit même, pouvaient rendre mortelles, et dont il ignorait le véritable but, aux paroles d'un grenadier, l'assurant qu'il n'avait rien à craindre au milieu du peuple, il avait répondu en prenant la main du grenadier, en l'amenant sur son cœur et en disant, avec une sérénité parfaite : « Voyez s'il bat plus vite qu'à l'ordiuaire. j> La foule s'était retirée sans désordre et paisiblement, mais l'attitude du roi avait contribué à éloigner des malheurs possibles.

Sans doute, il s'est senti outragé, humilié, menacé indirectement par cette population qui apprenait le chemin des Tuileries, mais il avait été si peu effrayé, qu'il n'avait répondu par aucune promesse aux demande^ popu-

laires. L^orage qui grondait s'écoulait ainsi; c'était encore du temps gagné, et, quand les sauveurs attendus de rétranger sont à la frontière, et devant une armée qui a débuté par des échecs, un orage passé et du temps devant soi, c'est déjà presque le salut.

Le 20 juin ne changea donc en rien ni la conduite, ni les déterminations de Louis xvi, et il en put espérer quelque profit, quand il vit ces Feuillants, qui cherchaient toujours à se rendre agréables à une cour qui ne voulait pas d'eux, surenchérir sur les clameurs dont le 20 juin a été l'objet. Pour les Feuillants aussi, les auteurs de la démonstration menaçante du 20 juin étaient des assassins, des brigands.

Les Girondins, au contraire, qui avaient fait sanctionner le défilé armé avant qu'il se fît chez le roi, redevinrent révolutionnaires. On les vit effectivement s'en prendre à la cour, s'en prendre au pouvoir exécutif, s'en prendre sans pitié à Lafayette, des démarches si malheureuses et de la pression si incroyable qu'il avait essayé d'exercer au nom de son armée, à l'instigation de ces Feuillants qui le compromettaient aussi sottement qu'ils auraient perdu la Eévolution, et qu'ils en provoquaient les excès.

Comme il était admis, parmi les Girondins, qu'il existait ce une grande conspiration dont le centre était au château des Tuileries, j> ils avaient trouvé prudent de rappeler l'incivisme de la garde du roi et les alarmes excitées par ses officiers, et de la licencier, en mettant en accusation Cossé-Brissac, qui en était le commandant. D'un autre côté, ils avaient évidemment et avec raison voulu renforcer la Révolution, malgré les Jacobins eux-mêmes qui calculaient mal assez souvent. Ils avaient donc décrété

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