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isolée dans la Constituante, à ce qu'en politique on appelle souvent une petite église.
Elle était probablement fort restreinte, mais, proba» blement aussi, dans son langage si exclusif, M°^ Boland réduit trop singulièrement le nombre des amis fidèles de la liberté, quand elle n'hésite pas à dire, avec rassuranœ propre aux Girondins : < Il rCj av^it plus qu'un petit € nombre d'hommes inébranlables qui osaient combattre. € pour lés principes, et, sur la fin, il se réduisit presqua € à Buzot, Pétion et Bobespierre. 2>
Buzot s'explique à peu près de même, quand il parla du Club Breton ^, <s abandonné de tous les Constituants^ excepté nous, i> dit-il, en parlant de Pétion, de Bobea<* pierre et de lui-même.
Il est vrai qu'à la fin de la Constituante, cette assem* blée, perdue dès son installation sans le 14 juillet, "*
en popularité tant qu'elle n'avait eu qu'à remplir la tâche assez facile de détruire les plus iniques et les plna absurdes institutions frappées à mort par la prise de la Bastille, ne possédait plus le souffle national et n'avait ^^ plus d'inspirations patriotiques. , J
Elle était fatiguée, épuisée. La corruption s'était glûk) t;^ sée, étendue dans son sein, et la cour, ne pouvant plm^^^ mettre la force brutale au service de ses projets, avaifi;^ employé des sommes énormes à acheter des conscienoett tj^ vénales ; elle 7 avait assez bien réussi pour que l'on pû^^'xj compter dans l'Assemblée deux cent soixante députéif^^^
(1) Club que tous trois ils ont contribué à fonder à VersaiUet|{* (n avec les députés du Tiers-État de la Bretagne, qu'ils ont transformé^) à Paris en société des Amis de la Constitution ai qui a reçu plus tard|\g du lieu môme de ses réunions, le nom de Société des Jacobins, ^
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dont les votes étaient à la solde da pouvoir. Qu'on y i^te les députés que leur origine, leur intérêt , la cause de leur caste, rendaient ennemis systématiques du mou- Tement de 1 789 , quoiqu'il eût conservé une modération fu'il n'a jamais abandonnée que progressivement et pour •e défendre ^ ; qu'on y ajoute aussi les égoïstes qui vouhiokt fiûre de la Bévolution le patrimoine d'une classe, d créer dans la nation un antagonisme qui nous a occanoDBé tant de malheurs ; qu'on groupe tous ces événenents funestes, et on arrivera tristement à trouver qu'en cSèt se restreignait beaucoup le nombre des députés vraimoit dignes de la cause si nationale qui leur était confiée. PoDtant, réduire ce nombre à quelques-uns, presque à trais seulement, conmie le fait M™* Roland, et conmie le hài Bu2ot lui-même, c'est tomber dans une exagération fie le bon sens ne peut approuver.
Mais, rapprochements qui paraissent singuliers d'abord,
(1) Le Clergéy dépouillé des biens immenses qu'il arait reçus , à condition de secourir les pauvres qu'il ne secourait pas , 4'eotretenir le culte dont il laissait le soin à des curés indigents, k Clergé n'était plus un ordre politique ; mais ses dignités ecclésias- ^es étaient conserTées, ses dogmes respectés, ses richesses scanèikases changées en un revenu suffisant, et on peut même dire abondant, car il permettait encore un assez grand luxe épiscopal. La Soblesse n'était plus un ordre, mais ses immenses propriétés lui
étûeat laissées Elle avait la faculté d'être élue par le peuple,
et de le représenter dans l'Etat, pour peu qu'elle voulût se montrer MaTdllante et résignée. La robe et Tcpée étaient assurées à ses téati; pourquoi une généreuse émulation ne venait-elle pas l'aniua toot-à-coup ? Quel aveu d'incapacité ne faisait-elle point en Rfrettant les faveurs d'autrefois ? On avait ménagé les anciens pen- MBiires, dédommagé les ecclésiastiques, traité chacun avec égard. Le fort que l'Assemblée constituante avait fait à tous était-il donc ■importable? — Thiers, Révolution, 4* édit., t. ii, p. 9.
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peu rares néanmoins pour ceux qui pénètrent dans lÀ vie politique, Bozot Ini-méme révèle sa participation à la fondation et à la transformation de la société des Jaoo^ bins ; en fonillant les renseignements, on ne serait pa0 longtemps à apprendre, de pins, que lorsque cette société oélèbre a eu à subir des premières attaques , Busot a été Tun de ses plus vigoureux défenseurs , pour la voir pliul tard le renverser avec ses amis, et applaudir à des axstéi de proscription dont il était l'une des plus illustres vié^ times. D'un autre côté, on vient d'apercevoir Busot ^ Robespierre, rattachés par un lien qui était Pétion, coai-^ pagnons de lutte , et défendant sur le même terrain letf conquêtes de la Révolution. Tous deux d'une vie régulière et sobre , tous deux de mœurs austères , tous deux dédain gueux des honmies vénaux et corrompus, quels 4^ fussent le talent et le renom de ces hommes ; tous decz ■'inspirant alors de Jean-Jacques Rousseau; Buzot gai^ dant pourtant l'habitude de ramener les choses par le plus court chemin à leur application simple, mais tons deux supportant difficilement la contradiction; l'un rodé et orgueilleux, dépouillé, il est vrai, d'ambition personnelle; l'autre peirfide et vaniteux, toujours personnel. Ne s'aimant pas évidemment, Buzot le dit lui-même, ils sont destinés à se retrouver un jour, non plus l'un à côté de l'autre, mais adversaires ardents et tenaces.
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CréatioD da département de l'Eure. — Délimitation regrettible Ten le snd-ooest. — Lldée politique sacrifiée à l'idée d'éteadae.
fiozot pormcipalement et deux de ses oollègneB da Tiers- Btst^ élus comme loi par le bailliage principal d'Évrenz, Bodief-Deenoes, de Bemay, puiB Lemaréchal, de Buglee, wmt ea quelque sorte les créatenra du département qtd demt aToir É?Teazpoar chef-lien; mais Bnchey-Desnoes œ s'est occupé que de ce qui devait constituer le district de Bemaj, et la grande préoccupation de Lemaréchal| indostriel de Bugles, a été de rejeter ses yoisins, les indus^ trids de Laigle, sur le départ^nent qui devait ayoir Alençon pour chef-lieu , sans communications alors ayeo Liigle, et sans affinité d'aucune sorte. Rugles et Laigle^ deux villes industrielles yolBines, à une distance d'environ cmq kilomètres seulement, ressortissant également selon les précédentes divisions territoriales et de l'évêché d'Évreux et du bailliage de Verneuil, attribué au nouveau département de TEure, se sont trouvées séparées par une ligne imaginaire à travers champs , sans aucun de ces accidents de terrain qui déterminent ordinairement de telles divisions. Rugles et Laigle, ayant des industries similaires et un intérêt commun , les ont vus parfois travestis depuis en rivalité. On en retrouvera quelque chose i la Convention.
Quant à Buzot, cet esprit éminent qui semble imprégné des idées de la Bévolution, et qui est ordinairement
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homme de volonté, de résolution et de courage, on est tout étonné, en l'étudiant dans la formation de son département, de le voir ne pas saisir le sens révolutionnàiie des nouvelles divisions administratives. On le voit en effet abandonner la formation des communes, provoquer des intéressés des notes pour les suivre, laisser les paroisses changer de nom seulement, pour rester sous les mêmes influences et constituer, dans le nouveau département, ces nombreuses petites communes sans forces et sans ressources, dont quelques-unes, de nos jours encore^ n'ont pas même cent habitants.
Buzôt parait avoir tout sacrifié, comme idée, à tme question d'étendue, car c'est avec une sorte de satisfaction qu'il écrit à Evreux, aussitôt la formation du département arrêtée, que ce sera un beau département, car il aura 335 lieues, et c'est lui-même' qui constate, dans une autre lettre ^, que ne connaissant pas exactement la ligne de séparation de l'Ile-de-France et de l'ancienne province de Normandie, il a besoin d'être renseigné à cet égard, pour prendre cette ligne comme limite du département de l'Eure.
Tout incroyable que cela paraisse au moment où, par une grande raison politique, on s'efforçait d'effacer les traces des divisions provinciales, Buzot les recherchait au contraire. C'est par suite qu'à notre époque encore, fiur toute la limite ancienne de la Normandie, vers les départements d'Eure-et-Loir et de Seine-et-Oise, il ne manque pas d'habitants qui, en franchissant cette ancienne frontière, se disent aller en Normandie ou aller en Frcenee^
i (i) Lettres de Boxot des 19 et 22 décembre 1789.
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leioii qp^Ua passent d'im côté on de l'antre, et qni donnent i leuES mes les noms de rue de Narmaniie on rue de Frmeef sekm qu'elles se dirigent vers Tnne on l'antre frofinoe.
Mêêb on Teana pins tard, à propos de l'insnrrection de llnre, qiiéls regrets Bnzot a pu épronver d'avoir formé m département qni n'a même pas actnellement et ne pourra jamais aroir nne entière cohésion.
Qntioiis maintenant ces détails qni ont lenr enseigne- Moti rt dont il ponTBÎt être bon de se débarrasser, ponr mne des récits d'nn ordre pins élevé.