ESQX7IS8E BUR BUZOT
que lorsqu'il est soutenu par une majorité ; tout aussi vigoureux également, quand il demande la déchéanoe d'un roi, que lorsqu'il fait un discours qui est comme Id déclaration d'une guerre d'extermination à Robespierre* Paraissant dédaigneux même du succès, il marche sans hésiter là où ses inspirations l'appellent. S'il j enfareroit sa perte personnelle, il ne s'en trouble pas et s'occupe dà salut des autres ; quand il sent tous les efforts inutîlM et le combat sans espoir, il j reste néanmoins pout partager la défaite de ses amis, sans fanfaronnade et saïui fiEÛblesse. Le jour où il est vaincu avec eux, sans se sentit abattu, proscrit réfugié au sein d'une insurrection dont les orages de son esprit implacable et vengeur l'empêchent de sentir toute l'impiété, mais dont il est seul à voirtooto la vanité, il est seul aussi pour vouloir une mort héroîqut^ en combattant à la tête des volontaires entraînés dans l'insurrection.
Isolé dans ses déterminations, il ne se sépare pas di ses amis, il s'isole seulement dans ses habitudes. Obliiié de se laLser entraîner à la dérive d'une insurrection^ déroute, pouvant assurer sa sûreté personnelle, il l'oublie pour continuer la guerre avec des compagnons briUatiiB^ mais inconsistants, courageux en discours, incapables d'action, et dont les survivants, comme Louvet, ne vivront que pour écrire en bravaches.
Quant à lui, il est du petit nombre de ceux qui, abann donnés des dieux eux-mêmes, font comme Caton. Buset ne veut laisser qu'un cadavre à Tallien qui cherche dei Girondins à guillotiner.
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bolement de Bazot dans FÀssemblée constituante. — Buxot
et Robespierre.
On a pu d^à apprécier le caractère de Bnzot que
d'antres citations, en leur lien, achèveront de peindre.
€ CTest avec ce caractère, dit-il lui-même, et ces dispo-
c niions altérées un peu ' par le choc des passions
c humaines, dans le cours de la Révolution, que j'arrivai
€ à rAssemblée constituante. Ce que j'y aperçus d'abord
€ n'était pas propre à m'en faire changer : la noblesse,
c le deigé, la cour la plus dissolue de l'Europe I Je m'y
€ OHHitrai en ami du peuple, en défenseur intrépide de
c l'humanité. A Versailles, je fus considéré, recherché,
€ partout je fus estimé ; mais je ne tardai pas à m'aper-
€ eevoir que tous n'y apportaient pas une même âme
• € paiement dégagée de toute vue particulière, de tout
€ intérêt personnel. Je rentrai donc dans l'obscurité, et
€ je n'en sortis que vers la fin, au moment où je crus
€ voir que le nombre des vrais patriotes était entièrement
c diminué, et que je ne pouvais pas garder plus long-
c temps le silence, sans Tafi'aiblir encore ^. d
Ces derniers mots de Buzot, qui le font passer immédiatement du commencement à la fin de la Constituante, forcent ceux qui veulent l'étudier, à intervertir pour un instant l'ordre historique des événements. Ces mots-là se rapportent à une situation un peu exceptionnelle ou
(!) Bnzot, Mémoires, p. 24 et 25.