PRÉFACE
J'étais encore au collège, lorsque, en lisant les œuvres de Daguesseau, je rencontrai un passage oti Tauteur recommandait à son fils de se former, avant d entrer dans 3^ la vie active, une opinion propre et arrêtée sur les prin- A cipes fondamentaux de la société. Le conseil me parut bon; et comme je me trouvais à Tâge où Ion ne doute !^, de rien, je pensai que je ferais bien d'en profiter pour ' * mon propre compte et, sans me détourner d'ailleurs du *rf cours de mes études, je me mis à travailler dans ce but. ^ Au bout de quelques années, je m'aperçus que le conseil de l'illustre chancelier n'était pas aussi facile à suivre que je me l'étais figuré : plus je lisais (au hasard il est vrai), moins j'étais satisfait du résultat de mes lectures; plus je réfléchissais, plus je sentais la nécessité de réfléchir encore. Mais en même temps j'appréciais davantage l'importance des idées arrêtées sur les principes fondamentaux de la société ; je sentais plus vivement l'absence de ces idées et il me semblait que tous les désordres contemporains avaient pour cause