‹ Études sur la société françaiseChapitre 12 sur 31 · I. Deux vol. iii-18, Calinann Lévy · texte numérisé non relu

I. Deux vol. iii-18, Calinann Lévy

parler à des gens du monde plus volontiers séduits par la nouveauté et la diversité des programmes, l'entreprise était périlleuse, et le succès qui Ta couronnée fait à la fois honneur au maître et à l'auditoire. Ne disons pas trop de mal des auditeurs mondains, comme il est de mode dans le haut enseignement universitaire. Si l'érudition épineuse et ardue n'est point leur fait, si leur attention s'émousse ^ite où manquent l'ordre, la lumière et le charme de l'exposition, ils possèdent du moins ces ^dves et fmes quaUtés que développent l'observation et l'expérience de la vie, et qui sont si précieuses pour l'intelUgence des monuments littéraires. M. Deschanel en a fait l'heureuse épreuve, en les entretenant de l'un des peintres les plus achevés du cœur humain; il est juste d'ajouter que sa méthode d'enseignement n'a pas peu contribué à captiver leur attention. Un habile mélange d'histoire littéraire et de critique ; chaque leçon nourrie sans surcharge ; une parole flexible, émue et colorée à l'occasion, plus souvent fine, aisée, souriante, persujisive avec esprit et avec grâce; un art de lire naturel et expressif, qui devance, supplée presque le commentaire, détermine le jugement de l'auditeur en lui laissant l'illusion de se l'être formé lui-môme, voilà les séduisants et honnêtes prestiges qu'il a mis au service de Racine et des plus pures lettres classiques.

Ce qui fait l'attrait de cette nouvelle étude sur Racine, c'est le goût naturel du critique pour le poète, non pour son caractère qu'il a, ce me sem- Lle, jugé un peu sévèrement, mais pour son génie, pour son œuvre; c'est la vivacité sympathique avec laquelle il sent, explique, commente cette œuvre. 11 ne donne pas dans le travers de ces esprits qui croiraient témoigner d'un goût étroit et timoré, s'ils osaient louer Racine sans multiplier les réserves de tout genre, s'ils ne regrettaient de ne pas trouver chez lui le souffle de Corneille, la fantaisie de Shakespeare, le lyrisme de Yictor Hugo, s'ils ne lui reprochaient d'avoir affaibli les réalités de l'histoire ou de la nature humaine, négligé ou effacé la couleur locale ; en un mot, de n'avoir pas prévu les futures exigences du goût français et songé deux cents ans d'avance à les satisfaire. M. Deschanel pardonne à Racine d'avoir été de son siècle, de s'être contenté de son génie,

et, pour entrer plus avant dans ce génie, pour en sentir plus vivement les grâces originales, il essaye de dépouiller les idées, les sentiments, les préjugés de notre époque ; il s'inocule une parcelle de l'esprit de la vieille société française, tâche de devenir un peu courtisan, un peu janséniste, se mêle à la brillante suite de Louis XIV, discrètement, décemment, comme il sied à un sénateur de la République française, et s'il ne s'enrôle pas parmi les lévites de Joad, il pénètre assez avant dans le temple pour se donner le sentiment et presque le frisson de la terreur religieuse.

Cette impartiale disposition d'esprit l'a bien servi pour mettre en pleine lumière la fécondité, la variété et, disons le mot, l'originalité du théâtre de Racine. Que M. Deschanel appelle cette originalité du romantisme relatif, je ne m'arrêterai pas à l'expression, qui me parait moins juste que piquante, et j'insisterai surtout sur la chose. Laissons de côté les coups d'essai, les tâtonnements, déjà si admirables. De 1667 à 1677, di' Andromaque à Phèdre, quels fruits savoureux, divers, pressés de ce beau génie! Sept tragédies en dix ans! Supprimez la cabale de Pradon, les dégotits profanes et les pieux scrupules, c'est-à-dire douze ans de verve volontairement stérile, quelle nouvelle et magnifique éclosion de chefs-d'œuvre! Est-ce la grâce ou la force qui auraient fait défaut au poète? Qu'on en juge par Esther et Athalie,

RACINE. Or>

Son inspiration n'est pas moins flexible que féconde. Il touche une fois à la comédie, et son rire étincelle. Perrin Dandin s'échappe du cerveau qui portera Joad, et sa plaisante manie vivra aussi longtemps que les saintes fureurs du grand prêtre. Poète tragique, il promène sa curiosité sur les époques et les régions les plus diverses, A-a de 'antiquité païenne à l'antiquité sacrée, de l'histoire de la Grèce ou de Rome à l'histoire contemporaine, donne, après Britannicus, où il a pressé la moelle de Tacite, Rajazet, où il met sur la scène des personnages d'hier, des intrigues et des passions presque vivantes, du sang à peine séché. « Il n'y a presque point de sujets soit dans la fable, soit dans l'histoire, dit Lagrange-Chancel qu'il entretenait volontiers de ses plans de tragédie, sur lesquels il n'ait promené ses idées et trouvé des situations intéressantes. »

Son originalité, c'est d'exceller dans un art composite, c'est de fondre avec une suprême habileté le passé et le présent, de conserver de l'esprit et des mœurs de sociétés disparues tout ce que ses contemporains en pouvaient supporter, et même davantage, d'y joindre cette part de sentiments modernes qui ne les altère le plus souvent que pour les vivifier, d'ajouter à la passion antique ces mouvements, ces accents, ces nuances que l'âme humaine doit à la culture chrétienne et sociale, et de la porter ainsi au plus haut degré d'expression

et de charme. L'originalité de Racine, ce sont encore ces anachronismes qui lui ont été si durement reprochés, ces personnages de femmes qui portent la marque de son époque et surtout de son génie ; qui mettent dans l'amour des tendresses et des grâces nouvelles; que Sophocle et Euripide auraient entendus avec une surprise mêlée, j'imagine,'de quelque plaisir : tout ce que perdent ici la Grèce et Rome, c'est la France qui le gagne en s'enrichissant de ravissantes figures où elle retrouve ses propres traits élevés à une idéale beauté.

Racine n'ignore pas ce qu'il a fait et pourquoi il le fait. S'il altère la physionomie des temps et des personnes, ce n'est pas manque de savoir et de goût. N'a-t-il pas, dès sa vive et studieuse jeunesse, senti la poétique simplicité des Grecs, au temps où ils lui parlaient seul à seul dans la solitude de Port-Royal ou dans les loisirs d'Uzés, loin des cercles de Paris et des élégances de Versailles? Ce sens s'est-il jamais émoussé chez lui? N'est-ce pas chez Boileau, à Auteuil, que dans le feu d'une traduction improvisée d' Œdipe, il jette tous ceux qui l'écoutent dans une soudaine et profonde terreur? Il sait, peut-être mieux qu'aucun de ses contemporains, mieux que Corneille et Saint-Évremond, la valeur de ce qu'il sacrifie pour sauver le reste : rappelez-vous sa réflexion sur les petits-maîtres à propos de VHippolyte d'Euripide ; méditez, en le Usant, soit telle rapide allusion à des faits ou à des sentiments qu'il n'ose franchement offrir h la déU-

catesse de son auditoire, soit tel vers d'une concise énergie ou d'un coloris enflammé qui semble ramasser en soi l'originalité d'un personnage ou d'une époque :

Je lui livre le sang de tous leurs ennemis,

dit Assuérus à Mardochée, et ce seul mot éclaire d'une lueur sinistre les grâces élégiaques d'Esthei', nous rappelle l'esprit inflexible des Juifs et les soixante-quinze mille victimes égorgées en un jour. S'il ennoblit la passion de Phèdre des troubles et des angoisses d'une conscience chrétienne, ce n'est qu'après en avoir traduit les sauvages et funestes ardeurs dans des vers où il associe Euripide et Sapho :

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue; Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ; Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler. Je sentis tout mon corps et transir et brûler.

C'était Arnauld qui lui reprochait d'avoir amolU l'Hippolyte grec, mais de l'âpre janséniste ou du poète qui se plaisait jadis à errer dans les bois silencieux, autour de l'étang de Port-Royal, lequel, ce vous semble, a dû. le mieux sentir les grâces libres et fières du chaste amant de Diane, le charme de ses élans et de ses transports au sein d'une nature virginale, et le prix dont il fallait payer la nécessité de plaire aux marquis de cour ?

Sachons du moins admirer ce que le poète nous

donne en compensation de ce qu'il nous ôte, et l'effet saisissant qu'il tire d'une faute de goût. Nous reprochons au fils de l'amazone de démentir la fierté de son sang et nous ne voyons pas que, en se laissant toucher par Aricie, il enfonce l'aiguillon dans la blessure de Phèdre, et donne à sa passion un accent nouveau et d'un charme déchirant :

Ah! douleur nou encore éprouvée!

A quels nouveaux tourments je me suis réservée! Ils s'aiment! par quel charme ont-ils trompé mes yeux? Comment se sont-ils vus? Depuis quand? Dans quels lieux? Tu le savais. Pourquoi me laissais-tu séduire? De leur furtive ardeur no pouvais-tu m'instruire? Les a-t-on vas souvent se parler, se chercher? Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher?

Voilà la nature et la poésie retrouvées ! voilà le pathétique, le vrai, celui d'hier, de demain, d'aujourd'hui, toujours émouvant parce qu'il est humain! Que la galanterie d'Hippolyte, qui a fait jail- Ur cette source vive, soit légère à la mémoire de llacineî

Pardonnons-lui de même, pour les beautés originales qu'il en fait sortir, ces discrètes amours d'Atahde et de Bajazet qui s'avisent de fleurir dans l'air voluptueux du sérail; la passion de Roxane, mordue, torturée par la jalousie s'échappe en sauvages élans, en brûlantes convoitises et en menaces atroces, en paroles de sang et d'amour, où sa fureur achève do se peindre. Par un effet inat-

tendu des élégants soupirs de Bajazet, nous nous trouvons rejetés en plein harem, et nous entendons battre et bondir un cœur de sultane : la couleur locale sort d'où on l'attendait le moins, et c'est le chemin de Versailles qui nous ramène à Constautinople. « M. Racine a bien de l'esprit », comme disait Louis XIV à madame de Sévigné.

Ce qui n'est pas douteux, c'est que Racine avait l'esprit trop flexible, trop tendre aux impressions de la vie pour ne pas sauver une part de cette vérité qui tient au tempérament, aux mœurs particulières d'un pays ou d'une époque. La première préface de Bajazet montre à quel point la chose le préoccupait. Né dans un temps plus libre de préjugéS; plus soucieux et mieux instruit des formes propres à chaque civilisation, qui sait s'il n'eût pas été capable, avec la souplesse de son génie et la sûreté de son goût, de créer un genre de tragédie fait pour ralUer tous les suffrages, de peindre les personnages historiques dans la mobiUté de leur physionomie et les particularités de leur conduite sans disperser l'action ni briser l'unité des caractères, de décrire en traits sobrement expressifs le pays, le site, le cadre où ces personnages se meuvent, sans jamais sacrifier le portrait au cadre, en un mot de joindre h la justesse et à la profondeur des analyses morales cette couleur, ce feu, ce relief, qui saisissent l'imagination cl aclièvent l'expression de la vie.

Mais à quoi bon imaginer un Casimir Delavigne de génie, cfuelque chose comme un grand tragique centre gauche? M. Deschanel se contente, je Tai dit, de Racine tel quil est et trouve toutes sortes de bonnes raisons pour Tadmirer, même aux dépens de ceux qui ont cru faire mieux en faisant autrement. M. Deschanel prie ses lecteurs de croire que personne ne met à plus haut prix que lui les œuvres des maîtres de l'école romantique, mais j'ai, pour ma part, quelque peine à me rendre à sa prière ; je le tiens, quoi qu'il en dise, pour un franc classique; un classique de naissance, d'éducation, de profession, vraisemblablement destiné à rnourir dans l'impénitence finale. Il a telle façon de goûter Racine qui trahit ses véritables préférences ; telle façon de le défendre qui tourne très vite à l'ofTensive et reprend avec entrain même les positions abandonnées. Il trouve du bon aux unités, à toutes les unités, appelle au besoin Na-

poléon à la rescousse, et oppose avec lui la force concentrée de la tragédie française à la diffusion du drame anglais ou allemand. A ceux qui blâment Racine de mettre trop souvent Taction en récit, il rappelle l'insuccès du sacrifice d'iphigénie, représenté sur la scène au xvii*^ siècle par Rotrou, au xvnr par un correcteur de Racine, Sainte-Foix ; il leur montre, avec Diderot, l'imagination du poète laissant loin derrière elle, dans sa fantaisie créatrice, les chétifs efforts de la mise en scène. Avec quelques mots colorés et sonores elle déchaîne les vents, fait écumer et mugir les flots, transfigure les personnages, enfle leur voix, leur ton, leur geste, les met en harmonie avec la nature émue et bouleversée; essayez seulement de faire se hérisser sans métaphore la chevelure de Calchas !

Les pages oii M. Deschanel trouve un redoublement de verve lui sont inspirées par les théories des tristes successeurs des romantiques, les réalistes. Il se donne le malin plaisir d'appliquer les règles de leur poétique et de refaire en vertu de ces règles certaines parties de l'œuvre de Racine. Le procédé est cruel et charmant. Vous ligurez-vous dans Britannicus la scène intitulée le Laboratoire, Locuste prenant son temps, travaillant à loisir comme dans le récit de Suétone, variant les ingrédients de ses breuvages et les sujets de ses expériences, attaquant en vain un chevreau trop vivace,

plus heureuse sur un pourceau qui tombe foudroyé; le poison cuit, recuit, mis à point à l'intention de ce pauvre Britannicus ! Est-ce assez épouvantable ou assez divertissant? Voyez la force du préjugé classique : la Locuste de Racine, ramassée dans un seul vers, peinte d'un seul trait, mais quel trait!

Elle a fait expirer un esclave à mes yeux

me fait plutôt frissonner que sourire. L'empoisonnement de Mithridate par lui-même, tel que la chronique le rapporte, est aussi compliqué, aussi bizarre, par suite aussi peu pathétique : au heu de contraindre le génie à s'empêtrer dans le détail de faits misérables, nous devrions plutôt rendre grâces à Dieu d'avoir inventé la poésie pour rendre laréahté supportable, d'avoir fait les Racine pour accommoder à la scène les Appien et les Suétone. Ne vous semble-t-il pas que les écrivains que nous voyons à l'œuvre travaillent, bien involontairement du reste, à rendre quelque faveur aux lettres classiques? A ne considérer que le style, les quaUtés qui distinguent celui de Racine prennent un charme nouveau, depuis que le secret parait s'en être perdu. Ces violences continues d'énergumènes, ces subtiUtés maladives par lesquelles le goût énervé du siècle veut être tour à tour secoué et caressé, nous font mieux sentir le prix de cette vigueur sobre, nuancée, mesurée aux plus fines

convenances, de ces audaces d'autant plus saisissantes qu'elles éclatent sur un fond plus sévère, de ces délicatesses de pensée ou de sentiments qui restent naturelles et claires même dans leur expression la plus exquise. Que parle-t-on encore de convention et d'artifice à propos de la langue de Racine! A quelques vers près, qui tiendraient dans le creux delà main, en savez-vous une plus saine, plus probe, plus nourrie dépensée, plus voisine du cœur? Qu'est-ce que le mince alliage qui s'y mêle auprès du clinquant entassé dans celle que nous écrivons? Jamais, en effet, la langue française s'est-eile plus qu'aujourd'hui ingéniée à se déformer elle-même, sous le prétexte de se renouveler et de s'embellir? Jamais a-t-elle plus sacrifié les choses aux mots, le généreux souci de l'idée à la préoccupation absorbante de la forme, des couleurs et des sons aimés et caressés pour eux-mêmes, agencés, combinés en mille caprices savamment puérils ou bizarres ? Jamais, enfin, a-t-elle été plus fardée, plus lascive, plus déhanchée, si je puis dire ; plus vide au fond de véritable force et de véritable grâce, au contraire de cette beauté discrête et voilée, mais saine, fraîche et charmante, qui promet moins qu'elle ne donne, et qui est faite non pour flatterie caprice d'une heure, mais pour inspirer les sincères et fidèles amours?

Tout grand écrivain ajoute quelque chose à l'esprit et à l'âme de sa nation : la nôtre doit à Racine l'épanouissement de cette fleur exquise du sentiment qui s'appelle la délicatesse. Il ne s'inspire^ plus ici des Grecs ni des Latins; j'ajouterai même que l'expérience et l'observation lui ont moins •donné que sa propre nature. Singulière destinée du poète des délicates amours! Il a été l'amant de deux comédiennes de très libre allure, et le mari d'une femme vertueuse, mais d'esprit assez court. Madame de Sévigné a écrit un peu à l'étourdie : ■« Racine fait des comédies pour la Champmeslé; -ce n'est pas pour les siècles à venir. Si jamais il n'est plus jeune, et quïl cesse d'être amoureux, ce ne sera plus la même chose. » On se figure mal la muse de Racine s'ébattant dans ces soupers que madame de Sé\dgné qualifie eUe-même de diableries; aimant et aimée <( par-ci par-là » à la cour et à la ville, d'humeur enfin si hospitalière qu'elle

10r> ÉTUDES SUR LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE.

prend de nouveaux amants sans chasser les anciens^ et ne demande qu'à leur être fidèle à tous à la fois. Des émotions exquises qu'elle exprima sur le théâtre^ la Champmeslé n'eut en propre que la voix, et^ n'en déplaise à la railleuse marquise, ce fut le poète qui fit les frais du reste. A-t-il du moins connu quelque attachement, ou, si vous aimez mieux, quelque sentiment plus en harmonie avec ceux qu'il s'est complu à mettre sur la scène ? On n'a pas trouvé dans sa vie la trace d'un trouble de ce genre, même en l'interrogeant avec cette curiosité pénétrante que porte M. Mesnard dans ses remarquables études sur le wif siècle ^ Il ne semble pas qu'il ait eu son Arténice, comme La Bruyère, ni même qu'élevant parfois comme lui ses désirs avec ses regards vers quelque noble dame mieux défendue par sa vertu que par sa naissance, il ait été tenté d'écrire ces paroles d'une retenue si chrétienne et d'un sentiment si humain :

Il y a quelquefois dans le cours de la vie de si chers plaisirs et de si tendres engagements que l'on nous défend, qu'il est naturel de désirer du moins qu'ils fussent permis; de si grands charmes ne peuvent être surpassés que par celui de savoir y renoncer par vertu *.

1. Voyez la Notice biographique sur Jean Racine. {Collection des grands ccrivaiiis, t. le»-, Hach-tte.)

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