Études sur la théodicé de et d'Aristote
On a beaucoup écrit dans ces derniers temps sur Platon et Aristote. Nous avons aujourd'hui une traduction complète de Platon , qui est un des monuments de notre langue; M. Barthélémy Saint-Hilaire a entrepris à son tour de faire passer dans notre littérature tous les ouvrages d* Aristote ; et au moment même où j'écris ^ deux élèves de l'école normale font paraître une traduction de la Métaphysique. M. Ravaisson a publié > il y a déjà quelque temps, un grand travail sur Aristote ; et jamais livre ne fut mieux accueilli et ne mérita mieux de l'être. Ces publications ont épuisé peut-
être le peu d'attention que l'on accorde en France à des matières aussi sérieuses et aussi éloignées des préoccupations du moment; et je suis bien éloigné de penser que les humbles mémoires que je publie soient de nature à la réveiller • Le premier de ces mémoires traite une question souvent débattue, et qui n'est pas sans intérêt pour nous autres philosophes ; peut-être même les esprits sérieux livrés à d'autres études , trouveront-ils plus d'un sujet de réflexion dans la manière dont Pla** ton et Aiistote envisagent ce grand problème de la Providence divine. J'ai placé ensuite un examen des objections d'Aristote contre la théodicéedePlaton ; et si l'explication que je propose était admise y Aristote serait déchaîné de l'accusation d'ingratitude et de mauvaise foi qui a si longtemps pesé sur lui. Les deux discours qui terminent ce volume, et qui forment enisemble une exposition abrégée de toute la doctrine de Platon, m'ont semblé propres à donner une idée de l'influence de cette
doctrine , non-seulement en métaphysique , mais en politique et en morale. Ceux qui ont suivi cette année le cours que j'ai fait à la Sorbonne, retrouveront ici quelques-unes des théories que nous avons étudiées ensemble; cest pour eux surtout que je me suis déterminé à cette publication. Livré d'ailleurs tout entier, depuis quelque temps déjà y à l'école d'Alexandrie , et décidé à soumettre au public le résultat des recherches auxquelles je m'applique en ce moment , j'ai pensé qu'il serait à propos de publier auparavant ces dissertations, qui prouvent au moins des études sérieuses sur les deux grandes écoles grecques dont les philosophes de l'école d'Alexandrie se sont proclamés les successeurs.