‹ Études sur la transmission de l'infection tuberculeuseChapitre 13 sur 24 · MR CT RE · texte numérisé non relu

MR CT RE

phologiques a une grosse importance pour le diagnostic bactériologique, mais son rôle est limité en ce qui nous intéresse ici. Aussi passerons nous aux formes non acido-résistantes, mais visibles du germe tuberculeux.

8) Le virus tuberculeux non acido-résistant mais visible.

La mise en évidence des formes atypiques du germe de la tuberculose se fait le plus simplement par l’acclimatation du virus aux milieux pauvres. Vaudremer, dès 1921, a cultivé le bacille dans du liquide de Raulin qui a servi pour la culture de l'Aspergillus fumigatus. Après un séjour de 4 à 11 jours on constata l'apparition de bactéries granulaires non acido-résistantes, se colorant par le bleu de méthylène et prenant lé Gram. Réensemencée sur gélose ordinaire cette souche s’est cultivée en conservant ses caractères atypiques. L'acido-résistance ne réapparaît que sur la pomme de terre au sérum de cheval ou sur du sérum de bœuf glycériné et seulement au bout de neuf mois. Mais il n’est pas nécessaire pour constater l'existence de ces germes de les isoler complètement, Aïnsi Bezançon et Philibert, en ayant recours à la méthode des coupes histologiques, montrent la présence dans toute culture de bacille de Koch de formations d'aspect anormal. Ferran, dès 1905, a réussi, en ensemençant de la matière tuberculeuse sur des milieux ordinaires, à

Loi

isoler de multiples formes saprophytiques du germe tuberculeux. On comprend ainsi que ses constatations aient été combattues à une époque où où a considéré toutes les formes non acido-résistantes comme des impuretés. Nous nous tiendrons ici uniquement à une distinction morphologique et tinctoriale sans tenir compte de l'action pathogène de ces microbes.

(Ce qu'on trouve tout d’abord ce sont des formes intermédiaires entre le bacille de Koch et le microbe banal. Vaudremer trouve sur la surface de la culture sur milieu banal des bâtonnets faiblement acidorésistants, ne produisant pas de la tuberculine. Reenstierna surprend la formation de corpuscules non acido-résistants par la désagrégation des bacilles de Koch granuleux.

La forme la plus banale du virus tuberculeux non acido-résistant est constitué par les corpuscules chromophiles de Bezançon et Philibert, qu’on identifie aux granulations de Much. Ces formations se présentent sous forme de cocci diversement groupés, de dimensions variables se colorant par le bleu de méthylène et par la méthode de Gram. Nous reviendrons sur leur action pathogène, mais nous signalons dès maintenant, en insistant, que, contrairement au bacille de Koch, ces corpusecules sont très répandus dans la nature, Ce ne sont plus des parasites obligatoires, mais des saprophytes que l’on retrouve dans les matières fécales, dans le sol et sur divers objets usuels. Ce fait a une importance considérable au point de vue de la contagion de la tuberculose.

Da

Moins étudiées sont les formations microbiennes

qui constituent ce qu'on appelle classiquement la charpente des voiles de culture. Bezançon et Phi-

libert l’appellent la substance cyanophile à cause de sa colorabilité au bleu de méthylène. Cette substance forme un réseau intriqué très dense qui semble servir de support aux formes libres du virus. Nous avons vu que S. Arloing et Courmont ont réussi des cultures sans charpente. Vaudremer et Hauduroy ont vu cette substance ramifiée développer des fructifications latérales qu'ils ont tendance à interpréter comme devant donner naissance aux formes libres. Cette substance cyanophile est donc loin de représenter pour les auteurs modernes un support inerte, mais, au contraire, un élément primordial pour la multiplication du microbe. Reenstienna a vu des formes ressemblant de près à un oïdium de champignon ou à une levure. qi Tels sont les principaux aspects morphologiques du virus tuberculeux non acido-résistant. Il ne semble pas qu’il s'agisse de formes nettements distinctes, évoluant séparément chacune pour son propre compte. Bien au contraire, tous les intermédiaires sont possibles prouvant qu'il s’agit de véritables métamorphoses microbiennes. Les caractères du microbe se modifient selon les conditions du

milieu. On ne sait pas au juste à quoi correspondent

ces formes atypiques; s'agit-il de spores, comme Koch en supposait déjà l'existence. ou bien de

simples formes de résistance comme le considèrent

Page 1