AVANT-PROPOS
Plus que dans n'importe quelle science les conceptions en médecine ont subi des transformations. Ces évolutions successives n'ont pas été sans créer un certain scepticisme. Ceux qui ont eu à se défendre contre une opposition soutenue par d'anciens principes souvent en désaccord avec les méthodes proposées, l’ont fait avec le courage et la ténacité que seul peut faire naître l'amour de la science joint au désir de donner cette science à l'humanité pour qu'elle en fasse œuvre utile et durable. N'oublions pas d’ailleurs que l’art médical a subi ses transformations comme la statuaire et l'architecture, et si nous voyons au cours des siècles l’une et l’autre produire des chefs-d’œuvre immortels, la médecine a également dans son histoire des étapes glorieuses qui ont suscité plus que l'admiration maïs la reconnaissance des générations. C’est ainsi que les observations et les recherches des hommes de science qui se sont voués particulièrement à la tuberculose, ont abouti à différentes thérapeutiques qu'il convient de mettre en pratique avec toute
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la sagesse qu'exige cette affection aux formes si diverses. Le traitement d'un tuberculeux offre au praticien qui s'y attache un champ aussi vaste que délicat et, bien que nous sachions que plusieurs générations médicales ont brûlé ce qu'elles ont adoré, il
nous semble que les découvertes de notre siècle sont
enfin arrivées à fortifier un espoir dont dépendent de nos jours tant d’existences menacées.
Presque tout ce qui concerne l'infection tuberculeuse est enveloppé encore de mystère malgré les très importants travaux de Bayle, Laënnec, Koch, Calmette et de tant d’autres. Il pouvait sembler au premier abord que les problèmes étiologiques, — facilement accessibles à nos moyens d’investigations, — seraient résolus avant ceux qui relèvent de la recherche scientifique patiente et plus complexe. Or, il n’en était rien. Au contraire, dès le début. c'est-à-dire dès les travaux de Villemin, la question de la transmission de la tuberculose s'était montrée comme un sujet de recherche de laboratoire. En passant en revue l’évolution des idées il s'avère très nettement que celles-ci variaient avec les doctrines biologiques en faveur. Loin de nous la pensée de critiquer les travaux de Villemin, qui resteront un des monuments
-les plus glorieux de la méthode expérimentale, mais
qu’il nous soit permis de faire remarquer les discordances énormes qui existent entre les conditions expérimentales et cliniques de l'infection tuberculeuse. Nous ne pensons pas que la tuberculose pulmonaire de l’homme ait une autre analogie avec la
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