‹ Études sur la tuberculoseChapitre 1 sur 52 · MM · texte numérisé non relu

MM

SCHÜTZENBERGER

Professeur à la Faculté dë médecine de Strasbourg.

GODÉLIER

Médecin principal

Professeur à l'Ecole du Val-de-Grâce.

Souvenir d'affectueuse reconnaissance,

VIIXEMÎN.

INTRODUCTION

La médecine nous représente un arbre à nombreuses racines qui a besoin, pour devenir vigoureux et fécond, de puiser la sève et la vie dans toutes les directions. Aussi sommesnous profondément étonné de voir encore, à notre époque, tant de personnes témoigner de leur dédain et de leur méfiance à l’égard de certains moyens d’études et repousser systématiquement les résultats que de patientes investigations ont obtenus dans le champ des sciences afférentes à l’art médical. A leurs yeux chaque perfection dans nos procédés d’observation, chaque vérité nouvelle dans l’ordre des

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faits biologiques, sont des intrusions révolutionnaires destinées à apporter le trouble et le désordre dans la médecine pratique. Au nom delà tradition, au nom de la clinique, il faudrait, selon eux, s’armer et se défendre contre l’invasion de pareilles idées perturbatrices.

Ces récriminations sont de tous les temps, et se produisent dans toutes les branches de l’activité humaine; elles ont leur rôle et leur utilité dans la marche du progrès. Ne nous en plaignons pas. Loin d’émousser l’esprit de recherche, elles l’aiguisent au contraire et le préservent des égarements présomptueux qui l’exposeraient quelquefois à rompre la chaîne péniblement nouée par le travail et l’expérience du passé. Mais gardons-nous de renfermer dans le cercle limité des connaissances de notre temps la science infinie, dont l’intelligence humaine n’épuisera jamais les trésors.

La lumière vient de partout , car tout se tient et se lie dans les sciences; en avançant dans le domaine de chacune d’elles, on voit combien

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les parties dont elles se composent se rapprochent , s’enchaînent et se subordonnent. Les matériaux lentement amassés restent d’abord épars et isolés, mais à mesure des progrès ils se groupent et se coordonnent en formant un ensemble indissoluble. Kien né prouve mieux, du reste, la vérité d’un fait nouveau que son parfait enchaînement aux faits déjà connus. Cette loi commence déjà à se montrer dans les sciences médicales et nous en éprouvons T irrésistible pression dans le travail que nous entreprenons.

Nous aurions voulu nous restreindre dans les limites que semble comporter notre titre, mais les inductions qui nous ont conduit à la découverte du fait capital contenu dans cet ouvrage, se rattachent à des principes généraux sur l’anatomie et la physiologie pathologiques, trop peu en vogue encore, pour que nous nous soyons contenté de les mentionner comme des vérités faisant partie du fond scientifique courant. C’est pourquoi nous avons cru

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devoir consacrer quelques développements â des questions, fort éloignées, en apparence, de notre sujet, parce qu’elles constituent une partie importante des prémisses qui nous ont conduit à voir dans la tuberculose une affection spécifique et inoculable. Ge n’est pas par le fait du hasard ni d’un tâtonnement sans direction, que nous sommes arrivé à formuler une pareille hypothèse sur la nature de cette maladie. Logiquement déduite d’une série d’études, cette hypothèse, en prenant rang aujourd’hui parmi les vérités expérimentales , confirme à son tour l’exactitude des principes dont nous sommes parti. Ceux-ci nous semblent donc doublement importants et c’est ce qui nous a engagé à les développer ici.

Le plan que nous avons adopté nous a été tout tracé par l’enchaînement naturel des études qui nous ont amené à assimiler la tuberculoseaux maladies spécifiques. Cesétudes se rapportent à trois ordres d’idées puisées dans des considérations : 1° d 'anatomie et de physiologie

INTRODUCTION

xx,

pathologiques, 2° d'étiologie, 3° et de pathologie. Ces divisions forment les trois premières parties de notre travail d’où découle la quatrième, consacrée aux preuves expérimentales de la spécificité de la tuberculose et de son inoculabilité à un certain nombre d’espèces animales.

30 septembre 1867.

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