De la température quHl convient de maintenir dans un
amphithéâtre. Au moment où l’on a commencé à faire fonctionner le chauffage et la ventilation, je croyais, d’après l’expérience ordinaire des lieux habités, qu’une température de 16 à 18^ était celle qu’il convenait de maintenir dans un amphithéâtre rempli d’auditeurs, et les appareils furent conduits en conséquence. Je pensais aussi que, pour empêcher l’élévation déjà température intérieure et compenser l’effet de la chaleur développée par les auditeurs et par les appareils d’éclairage , il fallait n’introduire dans la salle que de l’air à une température de quelques degrés inférieure à celle que l’on voulait y maintenir.
L’observation ne tarda à me faire reconnaître qu’il y avait là une double erreur, et qu’il n’en est pas d’un lieu abondamment ventilé comme d’un appartement qui ne l’est pas.
Toutes les fois que la température intérieure est descendue à 18® ou un peu au-dessous, MM. les Professeurs comme les auditeurs ont trouvé qu’il faisait trop frais, et nous sommes successivement arrivés à maintenir le plus habituellement cette température à 19 ou 20®, et même 21®, quel que fût le nombre des auditeurs.
Quant à l’air affluent, pour qu’il ne causât pas une sensation désagréable, il a fallu lui donner dans le bas une température presque égale à celle de l’intérieur, et dans le haut, au pourtour de la corniche, trois à quatre degrés de moins au plus.
Des observations analogues, faites au grand amphithéâtre et dans la salle de spectacle du Théâtre- Lyrique, ont même montré que dans un lieu bien ventilé on supporte très-bien et même volontiers une température de 22 à 23®, qui, sans ventilation, paraîtrait très -désagréable. J’ajouterai que dans
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une séance d’expérimentation où je suis resté avec cinq autres observateurs pendant plus de quatre heures de suite dans la coupole du Théâtre-Lyrique, nous avons pu supporter, sans qu’aucun de nous en ait été incommodé, une température de 26® dans un air continuellement renouvelé.
475. Dispositions prises pour V arrivée de Vair nouveau. — Une autre observation nous a montré d’une manière frappante la nécessité de faire arriver l’air nouveau aussi loin que possible des auditeurs. Dans les premiers jours de la mise en service des appareils, les orifices ouverts dans la voûte au-dessus de la corniche n’étaient pas masqués par un paravent, et l’air arrivait alors à peu près horizontalement ; l’appel l’attirait trop rapidement vers les orifices d’évacuation ouverts dans les gradins. J’avais prévu cet effet, mais, désireux de le bien constater, je n’avais pas voulu l’empêcher d’abord. Dès qu’il eut été reconnu qu’il était gênant, je fis établir le panneau ou paravent tel qu’il existe actuellement.
Enfin les deux ouvertures circulaires ménagées dans le tympan, quoique placées à près de 4 mètres au-dessus des gradins, donnent lieu à un courant d’air sensible, quoique faible. Il y aura lieu aussi de changer la direction de ce courant et de le dévier vers les parties supérieures à l’aide d’un paravent.
474. Résultats d'observation. — L’élévation de la température dans les amphithéâtres étant la principale cause du malaise qu’on y éprouve souvent, mon attention s’est d’abord portée sur la réglementation des températures. L’on y est parvenu très-promptement à l’aide des registres qui, pour chaque oritice d’arrivée de l’air nouveau, permettent de proportionner à volonté les volumes d’air chaud et d’air froid, en ouvrant plus ou moins la porte d’accès de l’air vicié dans les galeries d’appel, et enQn en activant le foyer de la cheminée d’évacuation , selon que la température extérieure était plus ou moins élevée.
DISPOSITIONS PARTICULIÈRES
Au bout de très-peu de jours, le chauffeur est devenu si familier avec la marche des appareils, que, quels qu’aient été le nombre des auditeurs et les températures extérieures , il est parvenu à renfermer les températures intérieures, dans le bas et dans le haut de l’amphithéâtre , entre les limites de 19, 20 et 21 degrés centigrades.
C’est ce que constate tous les jours et pour toutes les séances un registre d’observations dont je me borne à extraire les chiffres relatifs à une quizaine.
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DISPOSITIONS PARTICULIÈRES
L’on voit par ces résultats, qui -d’ailleurs sont obtenus par un simple chauffeur intelligent et attentif, combien les dispositions adoptées permettent d’obtenir de régularité dans les températures intérieures.
L’on peut voir aussi par ce tableau que, pendant ces quinze jours de cours, la température extérieure a varié de 6 à 8“, le nombre des auditeurs de 35 à 365, ou de 1 à 10 dans le même local, et que cependant les températures intérieures ont pu être maintenues avec une régularité telle que la température moyenne générale ayant été de 19^84, le plus grand écart de la température intérieure, par rapport à cette moyenne, n’a été en moins que de l®,84, et ne s’est produit que le 22 décembre et le 9 janvier, ou trois fois sur 28 séances, et que le plus grand écart en plus n’a été que de 1®,25, et ne s’est produit que le 23 décembre, ou une seule fois sur 28 séances.
Ces observations, continuées pendant toute la durée des cours du semestre 1862-63, ont fourni des résultats aussi réguliers, dont il me semble inutile de multiplier la citation.
Un seul jour, le 10 avril, par une température extérieure de 16 degrés, le soir, le chauffeur ayant mal à propos pendant le jour, chauffé le calorifère pour la bibliothèque, ce qui était inutile, il est arrivé que le soir, dans cet amphithéâtre, qui était complètement plein et contenait 370 à 380 personnes, s’est élevée à 23 ou 24 degrés.
Il y a même cela de remarquable, que dès qu’on s’aperçoit qu’un surcroît accidentel d’auditeurs, ou toute autre cause, tend à élever la température au delà de 20 à 21®, un simple changement d’ouverture dans l’ouverture des registres suffit habituellement pour produire en 15 minutes un abaissement de température d’un degré, et revenir à la température normale fixée à 19 ou 20*
475. Volumes d'air vicié évacués par heure et par auditeur, — Les expériences exécutées le 10 janvier T863, alors que la température extérieure était de 6<> et la température inté-
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rieure de 20® au petit amphithéâtre et de 19 à 20® au grand, ont montré qu’en maintenant au bas de la cheminée d’évacuation une température de 33® ou supérieure de 27® à la température extérieure, on pouvait faire évacuer par cette cheminée 26 043 mètres cubes d’air par heure, en tenant les portes des galeries partiellement ouvertes.
Sur ce volume total il venait du grand amphithéâtre 13 535 mètres cubes
Du petit amphithéâtre 12508 id.
26043 mètres cubes
♦ La vitesse moyenne de l’air vicié appelé des amphithéâtres était, dans la galerie venant du grand, égale à l^jSO, dans celle du petit 1"',34 en l" et elles pourraient être très-facilement augmentées en donnant plus d’activité au foyer d’appel ou en ouvrant davantage les portes d’entrée de ces galeries.
L’évacuation de 12 508 mètres cubes d’air par heure du petit amphithéâtre alors qu’il y avait dans son enceinte, au premier cours, 123 auditeurs et au deuxième 141, soit en moyenne 132 auditeurs, correspond à une évacuation et à une introduction d’air nouveau de 94™*%76 par heure et par auditeur. Il y a lieu de remarquer que cette ventilation excessive, maïs assez uniformément répartie pour l’arrivée et pour la sortie n’était pas gêuante pour les auditeurs. Ce qui montre jusqu’à quels volumes considérables on peut porter une ventilation bien réglée.
L’intérieur de l’amphithéâtre ne laissait percevoir aucune trace d’odeur sensible et même le courant d’air vicié extrait qui parcourt la galerie d’évacuation n’a produit aucune sensation perceptible.
Mais il n’en était pas de même, le même jour, de l’air extrait du grand amphithéâtre, dont le volume trouvé égal à 13 535 mètres cubes alors qu’il y avait, au premier cours, 460 auditeurs et au deuxième 629, soit en moyenne 550 au-
diteurs, correspondait à une ventilation de 24“*®, 43 par heure et par auditeur. ^Quoique dans l’intérieur de l’amphithéâtre l’air parut sain et inodore, il ri’ en était pas de même de celui qui en était extrait et qui affluait vers la cheminée par le conduit d’évacuation. Il résulte de cette dernière observation que le volume de 25 mètres cubes par heure et par auditeur, paraît être une limite inférieure au-dessous de laquelle ne doit pas descendre la ventilation d’un amphithéâtre ou d’un local analogue destiné à contenir un public nombreux, compact et au repos.
L’on remarquera d’ailleurs que pour le petit amphithéâtre dont nous regardons l’installation comme à très-peu près complète, le volume de 12 508 mètres cubes d’air évacué le 10 janvier, correspond, même pour les séances les plus nombreuses où il y a eu jusqu’à 365 auditeurs, à 34™*®, 28 par heure et par auditeur, et que ce volume pourrait être facilement augmenté par la seule ouverture de la porte d’appel et par l’accroissement d’activité du feu.
Je ferai connaître plus tard, lorsque les dispositions que je me propose de prendre pour le grand amphithéâtre auront pu y être complétées, les résultats définitifs qui auront été obtenus. Pour le moment je me bornerai à dire que nous sommes également parvenus à y maintenir une température à très-peu près constante, malgré les variations des températures extérieures et celles du nombre des auditeurs. J’en fournis ici pour preuve le relevé suivant des températures de 15 jours consécutifs, complètement conforme d’ailleurs à l’ensemble des résultats obtenus depuis le 4 novembre 1862 jusqu’à la fin d’avril 1863.
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136 DlSPOSITIOxNS PARTICULIÈRES
Ce tableau montre que pendant les 15 jours qu’ont duré les observations, la température a varié de 0® à 8®, le nombre des auditeurs de 278 à 680 ou de 1 à 2,08 et que cependant les températures intérieures ont pu être maintenues avec une régularité telle que la moyenne générale de ces températures ayant été de 19®, 76, les plus grands écarts de la température intérieure, par rapport à cette moyenne, ont été, une seule fois, de 2®, 76 en moins et une fois seulement de 2®, 84 en plus.
La continuation des mêmes observations a fourni des résultats analogues et au moins aussi réguliers; je crois superflu de les reproduire ici.
L’on voit donc avec quelle régularité, par les dispositions encore incomplètes qu’il nous a été possible ’d’exécuter en 1862, l’on parvient déjà à modérer les températures intérieures. Ce qui nous reste à faire est relatif aux arrivées d’air nouveau qu’il s’agit de rendre plus nombreuses, mieux réparties et surtout moins incommodes pour le public. Nous avons la certitude d’y parvenir facilement.
476. Expérience du 22 février 1863. — Une autre expérience, exécutée dans des conditions tout à fait exceptionnelles, a été faite le 22 février à l’occasion de la réunion de la Société de secours mutuels de Saint-François-Xavier, où se trouvaient environ 900 personnes dans le grand amphithéâtre, ce qui correspondait au chiffre excessif de 4,28 personnes par mètre carré.
Quoique les dispositions pour l’évacuation de l’air vicié et surtout celles qui doivent assurer l’introduction convenable de l’air nouveau ne soient pas encore complétées dans cet amphithéâtre, la température ne s’y est pas moins maintenue à un degré convenable. Voici en effet les chiffres qui ont été observés :
Température extérieure
i 'Au bas de l’amphithéâtre
Au milieu de Tamphithéâtre
Au haut de l’amphithéâtre
Dans le conduit d’évacuation de l’air vicié.
AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES
L’admission de Tair nouveau ne pouvant, dans Tétât actuel des choses, se faire, pour la plus grande partie, que par les portes des escaliers, il arrivait dans le haut de l’amphithéâtre de Tair relativement frais qui y maintenait la température observée de 18® à 19®.
La vraie température moyenne de cet amphithéâtre était celle de Tair évacué, prise dans la galerie d’appel à peu de distance de l’intérieur, et Ton voit qu’elle a été maintenue à 23® malgré Taffluence extraordinaire de 900 personnes, correspondant à 4,28 personnes par mètre carré.
Le volume d’air évacué par heure a été de 19 556 mètres cubes ou de 21“-% 7 par personne.
L’amphithéâtre était à très- peu près plein dès 6 heures et demie et la séance n’a fini qu’à 10 heures et demie; et les observations ont été faites de 9 heures à 10 heures. Ainsi pendant une durée de quatre heures une réunion aussi nombreuse et compacte a pu être maintenue dans une atmosphère d’air incessamment renouvelé à raison de 21™*®,7 par personne et par heure, sans que la température ait excédé 23 à 24®.
Aussi les Frères de la doctrine chrétienne qui dirigent cette Société et ses réunions annuelles, pour lesquelles l’amphithéâtre- est ordinairement mis à leur disposition, ont-ils été frappés de la différence de salubrité de la salle et quelquesuns même ont-ils trouvé qu’il y faisait trop frais.
477. Expérience sur l' accroissement que Von peut donner à la ventilation. — Une expérience faite le 27 janvier 1863 en donnant au feu une grande activité, a montré aussi que, selon que Ton ouvrait plus ou moins les ouvertures d’accès d’air, non-seulement de l’amphithéâtre aux galeries, mais encore de l’extérieur à l’intérieur des amphithéâtres, le volume appelé par la cheminée pouvait être accru dans des proportions considérables.
L’on a opéré d’abord en laissant les introductions d’air extérieur fonctionner comme à l’ordinaire et les portes battantes
DISPOSITIONS PARTICULIÈRES
obéir naturellement à l’action de l’appel, puis on a ensuite répété l’expérience en ouvrant complètement toutes les portes du haut et du bas des amphithéâtres, pour donner à l’air extérieur toute facilité d’accès.
La température extérieure était de 13 à 14®.
Celle de l’air affluent du grand amphithéâtre de 14® quand les portes étaient battantes et celle du petit de 18 à 19®.
Les résultats obtenus sont les suivants :
VOLUMES d’air ÉVACUÉS PAR LA CHEMINÉE DE VENTILATION DES AMPHITHEATRES DU CONSERVATOIRE , LE 27 JANVIER 1863.
DÉSIGNATION
DES AMPHITHEATRES.
NOMBRE
de
places.