‹ Études sur la ventilation (volume 2)Chapitre 23 sur 62 · ÉTAT · texte numérisé non relu

ÉTAT

des orifices d’admission.

VOLUME évacués i

total.

s d’air )ar heure

par

heure.

VITESSES de l’air dans les

galeries.

Portes battantes

Grand amphithéâtre.

Portes ouvertes

Portes battantes

Petit amphithéâtre. .

Portes ouvertes

Ces nombres montrent que la cheminée générale d’évacuation a pu débiter, quand les arrivées d’air étaient complètement libres, jusqu’à

19 692“-®-)- L5 803“’®.= 35495“*® d’air en'l heure,

quantité qui suffirait pour une ventilation de 30 mètres cubes par heure à un auditoire de près de 1200 personnes.

La section supérieure de la cheminée étant de 3“’‘i,46, le volume de 35 495 mètres cubes à l’heure correspond à 9“-®, 86 en 1" et à une vitesse d’évacuation de 2“,84 en 1".

478. Observation sur les avantages des dispositions employées au point de vue de la salubrité du chauffage. — Le mélange de l’air chaud fourni par le calorifère, en proportions variables

à volonté avec l’air frais pris à l’extérieur, permet de n’introduire dans les salles pour le chauffage que de l’air, à une température très-modérée et fait, par conséquent, disparaître l’un des principaux inconvénients que l’on reproche à tous les calorifères à air chaud employés jusqu’à ce jour.

D’une autre part, l’aspiration énergique exercée par la cheminée d’appel tend à augmenter très- notablement la distance à laquelle l’air chaud de ces calorifères pourrait arriver, ce qui diminue encore un autre inconvénient de ce genre d’appareils.

479. Volume d'air évacué par kilogramme de charbon brûlé et dépense générale, — Le service de la ventilation commencé le 5 novembre 1862, a fonctionné, sans discontinuité, jusqu’au 30 avril, et les jours où il n’y a pas eu de cours ont été compensés par plusieurs séances de sociétés de secours mutuels, auxquelles le grand amphithéâtre a été prêté. 11 y a donc eu environ 171 jours de service pendant lesquels on a consommé dans la cheminée d’appel 1 1 500 kilogrammes de charbon ou 67 kilogrammes par jour en moyenne.

Chaque jour la ventilation a marché au moins pendant

4 heures*, et la consommation peut être estimée =

16*^*^, 75 par heure pour une évacuation moyenne de 26 043 mètres cubes par heure.

La consommation d’un kilogramme de charbon a donc

correspondu à une évacuation de , , , ■ = 1555“*® d’air

vicié.

Le chauffage des deux amphithéâtres et de l’air introduit, ainsi que celui de la bibliothèque qui est fait par le calorifère

* Le calorifère de ces amphithéâtres chauffant aussi la bibliothèque pendant le jour, il en résulte que l’amphithéâtre serait trop chaud à l’arrivée du public et qu’on est obligé de le ventiler au moins une demi-heure à l’avance.

140 DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

du petit amphithéâtre , ont exigé une consommation de 71 000 kilogrammes pour les 171 jours, ou de— jyj— = par jour.

La consommation totale de charbon pour le chauffage et et la ventilation des amphithéâtres, y compris le chauffage de la bibliothèque, a donc été de 82 500 kilogrammes, lesquels à 48 francs les 1000 kilogrammes, ont coûté 3960 francs pour 171 jours, ou 23^,21 par jour; ce qui, à raison de quatre séances dans un même jour, dont deux à chaque amphithéâtre, ne correspond qu’à une dépense de 5^80 par séance non compris le salaire du chauffeur qui est de 6 francs par jour, et l’entretien des appareils, mais y compris le chauffage de la bibliothèque.

Il faut observer d’ailleurs, que le service des amphithéâtres ne dure que 4 heures sur 24 et que, par conséquent, la cheminée et les amphithéâtres, malgré les précautions prises, se refroidissent beaucoup pendant les vingt heures d’interruption.

Il y a lieu cependant de faire remarquer que l’hiver de 1862-63 a été singulièrement doux, ce qui a diminué d’une part la consommation de combustible pour le chauffage qui est la plus importante, et de l’autre a augmenté celle qui était nécessaire pour l’évacuation de l’air vicié, laquelle est toujours d’autant plus active quand l’air extérieur est plus froid par rapport à l’air intérieur.

480 . Quantité de chaleur utilisée pour la ventilation par kilogramme de houille brûlée. — L’air vient des amphithéâtres où la température moyenne est d’environ 20**, il acquiert dans la cheminée une température qui a été trouvée le 10 janvier égale à 33° à 7 mètres de hauteur. Sa température s’est donc accrue de 13°.

Sa densité dans les galeries d’évacuation est de 1^*^,209 à 20°.

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES. 141

La quantité de chaleur qu’il absorbe est donc égale à

1555™-« X l‘‘^209 X 13*^ X 0.237 = 5781 calories.

Ainsi, d’après le résultat d’un service de six mois environ, dans lequel la ventilation se faisait d’une manière intermittente et, par conséquent, défavorable au point de vue de l’utilisation de la chaleur, l’on a cependant utilisé 5781 unités

de chaleur par kilogramme de charbon brûlé ou =

/ UoU

0,82 de la chaleur totale développé par le combustible.

481. Dépense occasionnée par la ventilation. — Puisque, d’après les expériences précédentes, le volume d’air dont l’évacuation a été déterminée par la cheminée s’est élevé à 1555 mètres cubes par kilogramme de charbon brûlé, l’évacualionde 1000 mètres cubes n’exigerait que la consommation

de

Or en admettant même que, dans un service continu la consommation de combustible ne soit pas notablement moindre que celle que nous avons observée, il résulterait de ces premières données qu’une ventilation annuelle de Tmètre cube par heure, correspondante par conséquent à 24X365 = 8760 mè-

tres cubes d’air évacué, n’exigerait que X O*", 643 = 5*^, 633

de charbon qui, au prix de 43 francs les 1000 kilogrammes*, coûteraient

Ce résultat justifie complètement le principe que j’ai énoncé précédemment à l’occasion d’autres recherches analogues à savoir : que dans tous les systèmes de ventilation la chaleur ou le combustible qui la développe étant la cause des effets

^ Nous adoptons ici le prix de 43 francs les 1000 kilogrammes de houille pour rester dans les termes de comparaisons faites à Toccasiou des hôpitaux.

DISPOSITIONS' PARTICULIÈRES

obtenus, le système qui emploie le plus directement cette chaleur doit être le plus économique.

Des salles d’assemblée.

482. Les salles de réunion des assemblées délibérantes sont généralement établies en amphithéâtre, et par conséquent les dispositions générales doivent y être les mêmes que dans le cas précédent. Mais les difficultés sont moins grandes parce que le nombre de personnes qui y assistent est plus constant, qu’il est alloué à chacune beaucoup plus d’espace, et que les séances sont plus longues, ce qui permet d’obtenir plus de régularité.

L’évacuation et la rentrée de l’air devront se faire d’une manière analogue, mais on observera que cette dernière partie importante de l’assainissement est singulièrement favorisée par les entrées et les sorties fréquentes des membres des assemblées et par l’ouverture des portes qui débouchent dans de vastes locaux ou dépendances dont la température est toujours modérée. Des expériences faites par M. Leblanc à l’ancienne Chambre des députés et rapportées par M. Péclet (3® vol., page 27, n® 2008)» ont montré, en effet, que. tandis que les appareils de chauffage placés dans les caves ne fournissaient que 4400 mètres cubes par heure, il en sortait 11 000 mètres cubes par les cheminées d’appel.

Si, comme au Parlement anglais, qui tient ses séances le soir et assez avant dans la nuit, et comme on l’a récemment essayé au palais du Corps législatif, la salle est éclairée par une voûte transparente en verre, au delà de laquelle brûlent un grand nombre de becs de gaz, il conviendra d’utiliser la chaleur considérable qui est alors développée, pour activer l’appel, et parfois elle suffira seule à lui donner une grand énergie.

Dans le cas, par exemple, où l’on emploierait, dans cette espèce de voûte céleste, comme on vient de le faire au palais du Corps législatif, environ 834 becs de gaz, consommant

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

chacun 0"’*«,100 par heure, ou ensemble 83*" 4 de gaz à l’heure, et si les dispositions de la ventilation étaient assez bien prises pour que, malgré la température élevée développée au-dessus des becs, on produisît, ce qui nous paraît probable, l’évacuation de 500 mèlres cubes d’air par mètre cube de gaz brûlé (*), on pourrait, avec l’action seule de celte chaleur auxiliaire, obtenir l’évacuation de

83,4X500 = 41 700 mètres cubes d’air vicié,

ce qui, dans le cas très-exceptionnel où la salle contiendrait 1000 personnes, correspondrait à une ventilation de plus de 40 mètres cubes d’air par heure et par personne.

Ajoutons qu’au prix de 0^30 par mètre cube, les 83*" ®,4 de gaz ne coûteraient que 25 francs par heure, pour obtenir à la fois l’éclairage et la ventilation.

Mais en France, les séances du soir n’étant qu’accidentelles, on ne peut compter sur ce moyen d’activer les appels d’air vicié, et il est plus économique d’employer la chaleur développée par la houille.

485. Observation sur la disposition de la ventilation dans la Chambre actuelle des Députés. — Dans le dispositif adopté pour cette salle d’assemblée, l’air nouveau doit affluer dans la paroi verticale des gradins, sous les banquettes dont chacune est destinée à trois députés.

Cette disposition est vicieuse, et si les membres de l’assemblée ne s’en plaignent pas, c’est que leur petit nombre par rapporté la capacité de la salle, et surtout les entrées d’air abondantes qui se font sans cesse par les ouvertures des portes, empêchent l’introduction d’air sous les gradins d’être considérable.

Page 1