‹ Études sur la ventilation (volume 2)Chapitre 29 sur 62 · DISPOSITIONS PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

verticales des gradins des amphithéâtres, paraissent être les moyens les plus convenables pour assurer le renouvellement et l’extraction de l’air, ainsi que je l’avais indiqué à la Commission dès sa seconde séance.

516. Introduction de Vair par insufflation^ au moyen de ven^ tilateurSf à lœ partie supérieure de la salle, — La Commission n’a pas regardé comme admissible le procédé, qui ne lui a été soumis d’ailleurs que verbalement par un ingénieur distingué, et qui aurait consisté à refouler, au moyen d’appareils mécaniques, l’air de ventilation dans la partie supérieure de la salle, où il aurait, selon lui, déterminé un excès de pression qui l’aurait obligé à descendre graduellement vers les parties inférieures, et à s’en échapper par des oritices ménagés à cet effet.

Les expériences faites à l’hôpital Lariboisière par un membre de la Commission ont montré que, même dans les locaux de dimensions restreintes, l’action de ventilateurs puissants ne produisait à l’intérieur aucune augmentation de pression sensible , et qu’au contraire il existait à l’inverse toujours un excès de la pression extérieure sur la pression intérieure. Il n’était donc pas possible de compter sur l’effet indiqué, qui aurait, encore moins que partout ailleurs produit le résultat espéré par son auteur, dans de vastes salles offrant, à tous les étages, de nombreuses ouvertures, à l’aide desquelles l’égalité de pression se rétablirait de suite dans la partie supérieure entre l’intérieur et l’extérieur de la salle.

Quant à l’idée de faire arriver l’air dans les parties supérieures de la salle pour le faire évacuer par les parties inférieures, elle est en elle-même conforme aux principes que nous avons établis au chap. iii; mais elle n’exige nullement l’emploi de moyens mécaniques.

517. Conséquences de ce qui précédé. — D’après l’ensemble des considérations et des expériences exposées précédemment, je crois donc pouvoir maintenir, en les modifiant légèrement, les bases admises en 1861 par la Commission dont j’avais

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

l’honneur d’être le rapporteur, et par conséquent indiquer pour la rédaction des projets de ventilation des théâtres les conditions suivantes :

l°La prise de l’air nouveau sera faite par une ou deux cours intérieures ou cheminées d’introduction prolongées dans toute la hauteur du bâtiment et dans lesquelles il ne sera pratiqué aucune fenêtre ou ouverture permettant d’y jeter des immondices. 11 pourra seulement y être ménagé des prises partielles d’air correspondantes aux différents étages ;

2® L’introduction de l’air nouveau par des doubles fonds ou entrevoux ménagés sous les différents étages de loges ou de galeries sur tout le pourtour de la salle et ayant, s’il se peut, une hauteur de 0"\15 à Û“,20;

3^^ L’admission par des ouvertures pratiquées dans le tympan qui sépare le plafond de la salle de la scène;

L’admission par des ouvertures ménagées dans l’intérieur du théâtre, dans les parois verticales des murs latéraux qui séparent la scène de la salle, à une hauteur telle que les artistes ne puissent en être incommodés, c’est-à-dire à 6, ou 7 mètres au moins au-dessus du plancher ;

5® L’ouverture d’entrées d’air auxiliaire, principalement pour la saison d’été, sous les planchers des corridors et aux divers étages de la salle ou du théâtre, et destinés à admettre directement l’air extérieur.

318. Disposition générale des conduits d'airnouveau. — Les conduits qui, de la chambre de mélange sont destinés à amener l’air aux différents étages, doivent être aussi directs que possible et complètement séparés les uns des autres pour chaque étage, afin d’assurer l’uniforme répartition de cet air. Mais cette condition n’empêche pas de réunir ces conduits en un môme corps, de manière à former des groupes que l’on multipliera autant que possible.

Si les dispositions le permettaient, il serait bon que tous ces groupes fussent aussi indépendants et partissent séparé- VENT. Il, 13

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ment de la chambre à air. On éviterait ainsi les changements de direction et des circulations compliquées.

Lorsqu’on ne pourra obtenir une distribution aussi directe, on établira des conduits généraux subdivisés en autant de canaux qu’il y aura d’étages et dont chacun alimentera une partie des entrevoux correspondants.

Cette subdivision des conduits généraux devra être appliquée aussi bien à ceux qui sont destinés à amener l’air à différentes hauteurs dans les parois verticales du mur de séparation de la salle et de la scène, qu’à ceux qui le feront déboucher dans les entrevoux des loges.

Quant à la chambre d’air du tympan supérieur, il est évident qu’un ou deux conduits verticaux, à droite et à gauche, suffiront pour l’alimienter, quand il s’agira d’introduire de l’air chaud. Il sera bon que cette chambre soit partagée en deux par une cloison dirigée dans le sens de l’axe longitudinal de la salle.

Les sections à donner à tous les conduits, qui, de la chambre à air, doivent amener l’air dans la salle, seront calculées d’après cette hase, que la vitesse de l’air n’y soit estimée qu’à 0“,60, ou 0“,80 au plus ou 1". Connaissant donc le nombre total des spectateurs, et par suite le nombre de mètres cubes d’air à introduire par heure ou par seconde, on divisera ce dernier par la vitesse, et le quotient donnera le nombre total de mètres carrés que devra présenter l’ensemble des conduits.

On répartira cette surface aussi régulièrement que possible, d’après le nombre des spectateurs distribués à chaque étage, après en avoir déduit la portion que les conditions locales permettront d’attribuer à l’admission, par les faces verticales du mur correspondant à la séparation de la scène et par le tympan.

Il est bon aussi d’appeler l’attention sur la construction des grilles placées au débouché des passages, qui, presque toujours, sont établies de manière à les obstruer beaucoup trop. On devrait s’imposer la condition que les trois quarts au moins de ces passages restent libres.

AUX DIFFÉRENTS ÉDIFICES

Les conduits horizontaux qui, à partir des conduits verticaux amèneront Tair dans la salle, parles entrevoux des loges, devront aussi être proportionnés de manière que la vitesse moyenne d’introduction n’excède pas 0“,70 à 0“,80 en 1", afin de limiter l’énergie que l’aspiration aurait à exercer.

Le développement de ces conduits, dans le sens horizontal, dépend des dispositions générales du plan et ne saurait être beaucoup modifié ; mais leur épaisseur ou la hauteur verticale peut être variée selon les besoins. Il est à désirer qu’elle puisse atteindre à 0“, 15 ou à 0“,20 et plus, s’il est possible.

Les grilles qui termineront ces débouchés du côté de la salle devront laisser un passage libre, égal au moins à la section des conduits ; mais en outre leurs ouvertures devront être disposées de façon que les filets fluides s’échappent nécessairement dans le sens horizontal, afin qu’ils ne puissent, dans aucun cas, atteindre les spectateurs.

Enfin, ces grilles devront être facilement amovibles et les conduits auront des ouvertures convenablement disposées pour permettre le nettoyage et l’expulsion des corps étrangers.

Il faut surtout éviter que ces orifices ne soient placés presque directement au-dessus de la tête des spectateurs, et n’envoient l’air de haut en bas.

«519. Établissement d'un passage d'air extérieur au-dessus des foyers. — Les salons de promenades, pendant les entr’actes, qu’on nomme foyers, ont ordinairement une hauteur correspondante à deux étages de loges et qui est nécessitée par leurs grandes dimensions. Mais il n’est pas indispensable de leur donner toute cette hauteur et .l’on pourrait en réserver une partie pour former à cette hauteur une sorte de chambre d’air frais qui, pris à l’extérieur, servirait l’été à assurer dans la salle à cette hauteur une facile et abondante introduction d air qui serait ainsi tout à fait directe et pourrait contribuer à diminuer l’intensité des appels par les portes. Une disposition analogue sera presque toujours facile à introduire à l’étage supérieur.

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520. Disposition à prendre pour éviter Vefjfet de la chaleur produite par les lustres de ces foyers. — Les lustres de ces foyers donnent lieu à un développement de chaleur et de gaz brûlés souvent incommodes et qui se répandent dans les couloirs, dont ils élèvent inutilement la température ou vicient l’air. Il importe et il est facile de diriger tous ces gaz et la chaleur qu'ils emportent dans les cheminées d’appel des étages de loges correspondant, ce qui aura le double avantage d’éviter les inconvénients signalés et d’activer la ventilation delà salle. La disposition indiquée ci-dessus rendrait cette évacuation facile.

521. Inconvénients de l’ouverture des portes des loges et des passages dans les théâtres. — Quoique l’évacuation régulière et uniformément répartie de l’air vicié soit l’objet principal de la ventilation dans les salles de spectacle, comme ailleurs, et qu’il ne soit pas toujours très-facile de l’assurer, elle ne constitue pas à beaucoup près la grande difficulté que présente la solution satisfaisante du problème.

La rentrée d’un volume d’air nouveau arrivant d’une manière convenable dans la salle est encore plus difficile à assurer que dans tous les autres cas, parce que le nombre immense des portes et des passages donne lieu à des rentrées d’air, qui provoquées par l’énergie de l’appel, tendent, dès que les passages sont ouverts, à produire des courants fort désagréables, venant des corridors, vers l’intérieur de la salle.

Lorsque les portes sont fermées, ces rentrées sont peu à craindre pour les personnes, parce que l’air ainsi introduit perd de suite sa vitesse et se dirige vers l’orifice d’appel placé au fond des loges. La petitesse des joints , qui d’ailleurs pourraient être garnis de bourrelets, limiterait toujours le volume ainsi introduit à peu de chose.

Mais il ne saurait en être de même lorsque les portes sont ouvertes, parce qu’ alors elles offrent à l’air des corridors de grands orifices, où son passage n’éprouve aucune résistance pour obéir à l’action de l’appel, tandis qu’il n’en saurait être

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de même pour l’air qui est introduit par les orifices normaux préparés pour l’introduction, quelque soin que l’on apporte à les bien disposer.

L’inconvénient de ces courants d’air sera d’ailleurs, toutes choses égales, d’autant plus sensible qu’il y aura un moindre nombre de portes ouvertes, parce que la vitesse y sera d’autant plus considérable. Il serait nul ou à peu près, si à l’inverse toutes les portes étaient ouvertes ou enlevées, comme cela a lieu parfois pour les représentations gratuites.

Il faut donc s’attendre que, dans toute salle de spectacle ventilée, l’ouverture des portes des loges donnera lieu à des courants d’air d’autant plus énergiques que la ventilation ellemême le sera davantage.

Le seul obstacle que l’on puisse apporter à cet inconvénient qui existe d’ailleurs déjà, à un degré très-grand, dans toutes les salles actuelles, consiste à garnir toutes les volées de marches des escaliers, tous les paliers, toutes les entrées dans les corridors de portes battantes toujours libres de retomber, et quand cela sera possible, de munir toutes les entrées de loges et surtout tous les passages qui donnent accès au parterre, aux galeries et aux amphithéâtres de semblables portes fermant toutes de dehors en dedans.

Par ce moyen, l’on apportera aux entrées par ces ouvertures un obstacle qui empêchera les courants d’atteindre les spectateurs avec des vitesses gênantes.

Il convient d’ailleurs de faire remarquer que les spectateurs des loges étant toujours maîtres d’en tenir les portes fermées, ils pourront éviter le désagrément de ces courants d’air et que c’est surtout pour les entrées ,des emplacements communs, à un grand nombre de personnes qu’il est indispensable de prendre les précautions indiquées ci-dessus, ce qui est toujours facile.

A cette précaution, beaucoup trop négligée par les architectes, il convient d’en joindre une autre très-efficace : c’est de faire déboucher dans tous les intervalles des doubles portes, dans tous les vestibules, dont on vient de parler, de

l’air suffisamment chaud qui assure à celui qui pénètre dans la salle une température convenable.

522. Cheminées communes d'appel, — A droite et à gauche de la salle, il convient d’établir deux grandes cheminées d’appel et d’évacuation de Tair vicié qui s’élèveront jusque dans les combles, où elles se réuniront à une cheminé^ centrale et générale dont l’action activée, comme nous le dirons, par la chaleur des appareils d’éclairage et par d’autres moyens auxiliaires, coordonnera et régularisera la marche de tous les appels.

Ces cheminées latérales recevront'les tuyaux de fumée des calorifères, dont, pendant l’hiver, la chaleur aidera l’action de l’appel, et de plus l’on y fera arriver, quand on cessera de chauffer, uue partie de l’air chaud fourni par le calorifère, comme il a été dit au m 491, pour utiliser la chaleur devenue superflue de ces appareils. Mais il est bien entendu que l’on restreindra le plus possible le volume de cet air, attendu que c’est seulement de la cJialeur, et non de l’air, qu’il faut envoyer dans ces cheminées.

Pour la saison d’été, des foyers spéciaux seront disposés au bas de ces cheminées pour y produire, par leur chaleur, le tirage nécessaire, et les tuyaux de fumée, auxquels on donnera le développement nécessaire, régneront dans toute la hauteur, pour que dans aucun cas la fumée ne puisse se mêler à l’air appelé.

J’indiquerai plus loin les moyens auxiliaires à ajouter aux précédents pour activer l’appel, si cela est nécessaire.

Enfin ces cheminées devront être partagées par des languettes en autant de conduits verticaux qu’il y aura d’étages de places, dont elles seront destinées à évacuer l’air.

La section de chaque conduit partiel sera calculée d’après le nombre de places dont il devra assurer l’assainissement, et dans l’hypothèse d’une vitesse de 1“,00 à 1“,25 par seconde au plus.

Généralement ces cheminées ne serviront qu’à l’évacua-

tion de l’air vicié de l’orchestre, du parterre, des loges dites baignoires et des premières galeries.

Quant à la cheminée générale d’évacuation, on lui donnera la plus grande hauteur possible, et comme son action sera activée par divers moyens, dont je parlerai plus loin, l’on devra la proportionner de manière que la vitesse moyenne y soit de 2™, 50 à S'^^OO, pour donner à l’écoulement la stabilité nécessaire.

325. Observation sur la progression des vitesses dans les divers conduits. — L’expérience ayant montré que dans le voisinage des individus la vitesse d’appel à l’entrée des orifices pouvait être de 0“,75 en 1" sans inconvénient, je pense que l’on peut adopter cette vitesse pour les premiers orifices d’appel. La section à leur donner sera la conséquence de cette vitesse et du volume d’air à évacuer.

Cependant pour l’étage supérieur des places qu’on nomme l’amphithéâtre, où les spectateurs sont souvent très-serrés les uns près des autres, il conviendrait, je pense, de ne compter que sur une vitesse de 0™,50 en 1", ce qui revient à augmenter la section des passages. Cette précaution me paraît d’autant plus nécessaire, qu’à la chaleur développée par , les individus se joint souvent celle du rayonnement des appareils d’éclairage.

D’une autre part, la vitesse finale d’évacuation devant être de 3 mètres environ pour assurer la stabilité du tirage, il convient que, depuis feutrée jusqu’à la sortie, la vitesse de l’air aille en augmentant progressivement. C’est par ce motif que j’indique des vitesses croissantes dans les différents conduits,

324. Orifices d'extraction. — Il est tellement rationnel que fextraction de fair se fasse toujours le plus près possible des, endroits où il est vicié, et que f on cherche à s’opposer à son transport et à son accumulation en certains points, qu’il devient évident que cette extraction doit avoir lieu au parquet et au parterre à travers les parois des sièges ; dans les loges»

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par le fond même de ces loges, et dans les amphithéâtres, par les parois verticales des gradins.

Les expériences, dont nous avons fait connaître les résultats aux n°®S12 et suivants, ont d’ailleurs montré que l’appel qui déterminerait cette évacuation pourrait produire à l’orifice une vitesse de 0™,75 , sans que cet effet fût sensible à plus de 0*",25 à 0“,30. Des vitesses beaucoup plus grandes seraient même admissibles sans inconvénient, parce que l’aire des sections d’activité de l’appel croît comme les carrés des distances à l’orifice, et que les vitesses avec lesquelles l’air traverse ces sections décroissent en raison inverse et aussi parce que l’air ainsi appelé étant à la même température que celui dans lequel les spectateurs sont plongés, un courant de cet air est beaucoup moins sensible que s’il était à une température différente.

Afin d’utiliser toute la hauteur disponible des conduits d’évacuation et d’appel, il conviendra de placer les orifices le plus bas possible auprès du sol des loges, en les ouvrant d’ailleurs dans les parois verticales, pour éviter l’introduction de la poussière et des corps étrangers.

S25. Dispositions pour V appel de Vair au parquet et au parterre. — Sous chaque fauteuil des stalles d’orchestre et sous chaque banc du parterre, contre la face verticale de séparation du siège voisin devra être disposé un petit conduit vertical ouvert près du siège et débouchant dans un double fond mis en communication avec des cheminées d’appel établies aux deux côtés de la salle.

Le volume d’air à évacuer devant être de 60 mètres cubes

par heure et par spectateur, ou de = 0“-%017 par se-

oDUU

conde, et la vitesse d’appel devant être limitée à 0'”,75 environ, la section de passage des conduits verticaux sera égale à

^ l - = 0™-%022. Chaque spectateur occupant au moins

0“,45 à 0“,50de largeur sur les sièges, il suffira que l’épais-

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seiir du vide des conduits dans le sens perpendiculaire aux

Qm.q 022

bancs soit égale à — — = 0“,044. L’on voit que cette

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disposition retranchera fort peu de chose sur l’espace dans lequel on peut étendre les jambes.

Le double fond, sous les sièges, devra être partagé en deux par une cloison, selon l’axe longitudinal de la salle, pour séparer les volumes d’air à évacuer en deux parts distinctes que chacune des cheminées devra appeler indépendamment.

L’on calculera l’aire à donner à ce double fond de manière que sa section permette à l’air d’y acquérir une vitesse de 0“,80 à 0“,90 environ.

52G. Premières galeries. — Dans ces galeries, où il n’y a généralement que deux rangs de places, les orifices d’appel seront ménagés dans les parois verticales des gradins, s’il y en a, ou dans celles de devant des premières loges.

L’air vicié appelé de l’orchestre, du parterre, des loges dites baignoires et des premières galeries, devra être dirigé par des conduits convenablement proportionnés dans les deux cheminées latérales d’appel, et, comme toutes ces parties de la salle sont à des hauteurs peu différentes, l’on pourra réunir dans une seule gaine l’air vicié qu’elles fourniront, avec d’autant moins d’inconvénient que l’appel est déterminé par la hauteur totale des cheminées.

327. disposition pour l’appel de l’air des loges. — A chaque loge ou couple de loges devra correspondre un tuyau d’évacuation, et tous ces tuyaux, isolés de ceux des autres étages, devront, s’il est possible, s’élever et se réunir dans les combles à des conduits généraux ou à une coupole établie sous une cheminée unique d’évacuation.

Il y a lieu de faire remarquer, comme l’a proposé M. d’Hamelincourt, que l’air nouveau devant affluer dans la salle à chaque étage au-dessous de son plancher, le même conduit vertical qui l’a amené peut être fermé à fleur du dessus de ce plancher et servir par son prolongement à l’évacuation de

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Tair vicié de ce même étage, ce qui simplifie beaucoup Tétablissement des conduits.

En effet, en élevant tout autour de la salle, entre les loges ou les amphithéâtres et les corridors, des gaines ou cheminées verticales, régnant depuis la chambre de mélange jusqu’aux combles, des conduits verticaux, partagés par des languettes en autant de parties qu’il y aura d’étages, et les interrompant, comme on vient de le dire, à hauteur de chaque plancher, l’organisation de l’ensemble de ces conduits ne présenterait aucune difficulté et ne serait pas très-dispendieuse.

Dans les combles, il ne serait pas indispensable que tous les conduits continuassent à être isolés, et l’on pourra les réunir soit par faisceaux provenant de trois ou quatre étages superposés, soit même par deux ou trois faisceaux qui, se confondant en un seul, iraient gagner la cheminée générale d’évacuation.

Les proportions à donner aux conduits d’évacuation de l’air vicié des loges et des amphithéâtres seront calculées d’après les mêmes hases que précédemment, savoir une vitesse d’introduction de 0™,50 à 0“,75, et une vitesse de 1*“,00 à 1“,50 dans les conduits. 11 y a lieu de faire remarquer que l’aire de passage doit être calculée en tenant compte de l’obstruction causée par la partie pleine des grilles.

S28. Emploi des effets naturels produits par la chaleur pour déterminer l'appel de l'air. — Nous avons déjà rappelé que c’est Darcet qui a, le premier, proposé de mettre à profit la chaleur développée par le lustre pour produire l’évacuation de l’air chaud dans les parties supérieures de la salle ; mais le dispositif indiqué et employé par ce savant, outre qu’il n’assurait pas assez énergiquement le renouvellement de l’air ni son évacuation aux lieux mêmes où il est vicié, présentait des inconvénients qui ont déjà été signalés.

Il fallait donc, en partant du même principe, chercher les moyens d’utiliser la chaleur développée par le lustre, tout en

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modérant les effets, sans nuire au jeu des autres ressources à mettre en usage.

Mais, avant d’examiner les solutions qui pouvaient être proposées, il était bon de chercher à se rendre compte des effets de ventilation que produit le lustre dans plusieurs salles de spectacle. M.-F. Leblanc, savant physicien, répétiteur à l’École polytechnique, qui s’est occupé de cette question, avait bien voulu nous communiquer les résultats des observations qu’il avait faites au théâtre de l’Opéra-Comique, où il y a 45 becs ronds et 180 bougies consommant environ 20 mètres cubes de gaz par heure. Il avait trouvé que, dans la cheminée en planches qui surmonte le lustre, et qui avait 16“ ‘i,15 de section, il passait par heure environ 80 000 mètres cubes d’air à 9® de température moyenne au-dessus de la température extérieure, ce qui correspond à une vitesse moyenne de 1“,38 par seconde.

Ce volume de 80 000 mètres cubes d’air évacués par heure dans un théâtre qui ne contient que 1600 places, m’ayant paru bien considérable, puisqu’il correspondrait à une ventilation de 50 mètres cubes par heure et par spectateur, j’ai dû faire faire de nouvelles observations qui ont été exécutées le 17 avril 1863.

L’examen des lieux a montré que, si la portion cylindrique qui existe au-dessus du plafond'de la salle présente effectivemeilt une section' de plus de 16 mètres carrés de superficie, avec un diamètre intérieur de 4“,65, elle n’a que 1“,97 de hauteur, ce qui ne permet pas au courant de s’y établir, de manière que les filets fluides puissent être considérés comme animés de vitesses à peu près égales et parallèles. L’air n’y arrive effectivement qu’après avoir traversé les orifices assez nombreux que lui présente un double volet à coulisse horizontal à larges rebords, qui occasionne au passage un rétrécissement très-considérable et qui réduit la section contractée à ll“*‘ï,044 seulement, ainsi qu’on a pu le constater par des mesures directes, ce qui d’ailleurs, correspond à une valeur du coefficient de contraction voisine de 0,65.

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Comme on n’a pu mesurer la vitesse que dans cette section contractée ou dans son voisinage, puisque le parallélisme des filets n’était pas établi, il s’ensuit, que pour avoir le volume d’air réellement débité, on a dû multiplier la valeur moyenne de cette vitesse, trouvée égale à 1”\05 en 1" par faire ll"^-‘i,044 de la section, ce qui a donné pour ce volume 7“ %418 en l" ou 26 703 mètres cubes par heure.

Mais outre forifice placé au-dessus du lustre, il y en a quatre autres terminant des cheminées d’appel venant de l’intérieur de la salle et débouchant dans le comble. Ces quatre orifices présentent ensemble une section de passage de 3““î,08, et la vitesse moyenne d’écoulement de fair qui y a été observée étant de 0“,63 en 1", ils débitaient un volume égala 1“'®,24 en 1" ou à 4464 mètres cubes en une heure, en admettant pour le coefficient de la contraction la valeur 0,64, Par conséquent le volume total d’air qui le 17 avril 1863 était évacué de la salle ne peut être évalué qu’à

ce qui est bien inférieur à celui de 80 000 mètres cubes indiqué par M. Leblanc et est, je crois, beaucoup plus près de la vérité.

Ce volume total pour une salle qui n’a que 1600 places, - 31167

correspond à — 19*^^“',20 par heure et par spectateur,

ce qui est aussi à peu près le volume d’air évacué à l’Opéra au moyen de dispositions analogues.

La Commission elle-même avait fait quelques observations dans la salle du Vaudeville, le 27 novembre 1860, et elle avait constaté les résultats suivants :

Avant le lever du rideau, le quart seulement des places étant occupé, et toutes les portes étant ouvertes, le volume d’air passant par la cheminée d’évacuation était, par heure, de 19 042 mètres cubes, à la température de 24<>.

Le rideau étant levé, et les trois quarts des places étant occupées et les portes fermées, le volume d’air passant par

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la cheminée d’évacuation n’était plus, par heure, que de 15 523. mètres cubes à 31®.

Le nombre de becs du lustre est de 72. Ils sont tous ronds et consomment en moyenne, ensemble, 10 mètres cubes de gaz par heure; par conséquent, la ventilation obtenue pendant la présence du public est d’environ 1550 mètres cubes d’air par heure, par mètre cube de gaz brûlé, y compris l’influence de la présence du public.

Les vitesses très-inégales dans la cheminée, à différentes distances du lustre, ont été, au centre, de 2"^, 52 dans le premier cas et 2“,12 dans le second ; à 0“,70 environ du centre, de 0™,88 et 0"*,61 dans le premier cas ; et à 1"%25 environ du centre dans le second, de 0“,61 et 0“,56 selon les cas ; ce qui montre à la fois que, par l’action de la chaleur du lustre, on peut obtenir une grande vitesse de sortie, et qu’il ne convient pas d’employer des cheminées d’évacuation trop larges, si l’on veut, ce qui est nécessaire à la stabilité du mouvement, avoir des vitesses à peu près égales dans toute la section.

La salle du Vaudeville ne pouvant guère contenir plus de 1024 personnes, on voit que cette ventilation n’équivaut qu’à 10 mètres cubes environ par heure et par auditeur, volume complètement insuffisant, et dont l’introduction et la distribution sont d’ailleurs mal assurées et mal réparties.

Si l’on admettait que le volume d’air évacué dans les différentes salles de spectacle par mètre cube de gaz brûlé fut le même, et de 1550 mètres cubes par heure, comme nous l’avons trouvé au théâtre du Vaudeville, et si l’on calculait d’après cette base le volume d’air extrait des diverses salles de spectacle par la cheminée du lustre, on trouverait les résultats suivants :

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DÉSIGNATION des salles.

NOMBRE

de

spec-

tateurs.

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