‹ Études sur la ventilationChapitre 8 sur 131 · SSE · texte numérisé non relu

SSE

d’entrée de l’air dans

de sortie de l’air

de nuit.

de jour.

les salles.

des salles.

Février 22

m. c. en 1 heure.

m. c. en l heure.

mètres en 1" 1,26

mètres en l" 1,47

yy

Mars

Moyenne. .

Nota. — Ce tableau présente ce résultat remarquable que la vitesse d’introduction de l’air nouveau a été au moins égale et même un peu supérieure à la vitesse d’extraction de l’air. Ce qui prouve qu’avec de bonnes proportions l’on peut faire affluer par les orifices ménagés pour l’introduction, autant d’air qu’on en appelle par les orifices d’extraction.

21. Observations sur les dispositions adoptées dans V hôpital de Guy , et sur les résultats des expériences de M. E. Bosser. — La description et les résultats d’observations que nous venons d’emprunter presque textuellement à une notice de M. E. Rosser, montrent que le système de chauffage et de ventilation de l’hôpital de Guy est basé sur l’emploi de l’eau chaude circulant dans des tuyaux placés au-dessous du sol dans de vastes chambres à air, et sur l’appel que produisent les excès de température de l’air dans les salles, dans les conduits de fumée, et dans la cheminée générale d’évacuation, sur la température de l’air extérieur.

Les résultats des observations indiquent que, dans la saison d’hiver et par des températures voisines de zéro, l’on parvient à maintenir dans les salles de malades une température à peu près constante de 15 à 16°, et que l’on y obtient une introduction d’air et une évacuation d’air vicié très-voisines de l’égalité, et qui s’élève en moyenne à 108ni,c,96 par heure et par lit.

Si l’usage des foyers découverts, fort apprécié en Angleterre et très-agréable partout, ne produit pas pour réchauffement des salles un effet bien considérable, ainsi que cela paraît résulte^ non-seulement des observations de l’auteur, mais encore de certaines expériences directes que je ferai connaître à part, il n’en est pas de même du concours trèsefficace que ces foyers apportent à l’évacuation de l’air vicié et subsidiairement à l’introduction de l’air nouveau. L’on sait, en effet, et des expériences que je rapporterai au chapitre v montrent que le volume d’air qu’une cheminée ordinaire peut appeler et évacuer par kilogramme de houille brûlé est considérable, et peut s’élever à 200 ou 300 mètres cubes au moins. Or, d’après l’auteur, la consommation de charbon faite par les foyers des salles et du salon de jour ayant été pendant les quatre semaines ou 28 jours d’observations de 17ton,9 ou 18286 kilogr., 1 8 286

ce qui revient à — — 2^ = 27LU,2 par heure; l’on voit que

INTRODUCTION

l’appel que les foyers auraient pu produire, s’ils avaient été aussi favorablement disposés que la cheminée sur laquelle j’ai fait mes observations, se serait élevé à 27kil,2X200m*c=5440mc, c’est-à-dire au quart environ du volume total d’air évacué ou admis.

Le développement des conduits de fumée, très-considérable par rapport au nombre des foyers directs, doit réduire de beaucoup l’énergie de leur appel; mais, d’une autre part, la chaleur qu’ils peuvent communiquer aux parois du tuyau général de fumée et celle que versent en outre dans la cheminée générale d’évacuation les fourneaux de la chaudière principale sont aussi des auxiliaires de la ventilation.

Il résulte de ces observations, que tout l’effet mécanique de l’appel d’air produit ne doit pas être attribué à l’appareil de circulation d’eau chaude, et qu’une partie est due aux autres causes dont nous venons de parler.

Quoi qu’il en soit de ces observations, l’ensemble des dispositions adoptées pour cet hôpital produit dans la saison d’hiver un chauffage et une ventilation très -satisfaisants.

Les expériences sur la ventilation d’été dans cet hôpital sont moins nombreuses et ont présenté des difficultés particulières, par suite de l’habitude et du goût très-prononcé des Anglais pour l’ouverture des fenêtres. Cependant M. E. Rosser a pu en exécuter quelques-unes dont il a eu l’obligeance de me communiquer les résultats.

Le 24 juillet 1860, le volume d’air entrant dans le bâtiment par les cheminées d’appel de l’air nouveau a été trouvé de 12 300p,c en lr ou 20 885m,c,4 par heure, soit, pour 150 lits, 132nî,c,57 par heure et par lit.

Une partie des fenêtres étaient ouvertes, et il n’a pas été possible de mesurer les volumes d’air nouveau qu’elles laissaient entrer.

L’on a déterminé séparément les volumes d’air ou des gaz brûlés qui passaient en U:

1° Le volume d’air vicié dans le grand conduit horizontal, à la température de 700f ou 210c,ll, et à la vitesse de 2m,75 en I" a été de

2° Le volume de gaz brûlés dans le tuyau horizontal de fumée, à 790f ou 260c?ll, et à la vitesse de 2m,28 en 1 7 a été de

3° Le volume d’air vicié montant dans la grande cheminée de ventilation par le conduit annulaire qui entoure le tuyau principal de fumée (fig. 2), à la température de 680f ou 20OC,5, et à la vitesse de 0nî,90 en l7 a été de

9 eéo

4° Le volume de gaz brûlés entrant dans la grande cheminée de ventilation par le tuyau principal de fumée (fig. 2), à la température de 1260f ou 52°% 22, et à la vitesse de 2m,13 en 1" a été de 7,140

Le volume total du mélange d’air vicié et de fumée a été trouvé égal, en T, à 41 400p,(i

Une observation directe, faite au sommet de la grande cheminée, a donné pour le même mélange 41 800p*i en 1;, à la température de 740f ou 230c,33 à la vitesse moyenne de lm,37 en 1".

Ces deux résultats se vérifient donc à peu près l’un par l’autre, et montrent que dans tous les conduits l’on a obtenu une vitesse supérieure à 2 mètres, et en moyenne de 2^,50, tandis que dans la cheminée d’évacuation générale elle n’a été que de lm,37 ; mais il faut remarquer que cette dernière est destinée à faire le service de l’autre aile, et que, par conséquent, la vitesse moyenne y deviendra égale à 2m,74 environ, ce qui prouve que l’ensemble de ces conduits a été bien proportionné, et que, même avec des températures aussi modérées, et dans des circulations compliquées, l’on peut obtenir des vitesses de plus de 2 mètres.

INTRODUCTION

Le volume d’air évacué des salles par le grand conduit horizontal d’air vicié était en 1' de 18 900? ou de 32 092m,c en 1 heure, soit pour 150 lits 213m,c,96 par heure et par lit, tandis que le volume d'air neuf admis n’a été trouvé que de 132m,c,57. Gela indique que l’ouverture des fenêtres déterminait l’entrée de plus de 81 mètres cuhes d’air par heure et par lit, et augmentait de près de 0,61 le volume d’air qui traversait les salles.

Ce résultat, conforme dans son ensemble à ceux que j’ai déduits des expériences faites par MM. Trélat et Péligot à Lariboisière, est une nouvelle preuve que dans le système de l 'abjuration, l’ouverture des fenêtres est favorable à l’évacuation de l’air vicié, ce qui est l’inverse de ce qui se passe dans le système de l’insufflation.

La construction et l’emploi des deux tourelles qui servent à puiser à une certaine hauteur dans l’atmosphère de l’air un peu plus pur, et peut-être moins chargé de fumée qu’à la surface du sol de Londres, offre un exemple remarquable de la facilité avec laquelle on peut, par voie d’appel, faire descendre l’air pris à une certaine hauteur dans l’atmosphère, par des conduits qui le mènent à des galeries de chauffage ou à des canaux d’introduction dans les locaux où s’exerce l’appel.

En résumé, les dispositions d’ensemble et de détail adoptées par M. E. Rosser pour le chauffage et la ventilation de l’hôpital du Guy à Londres nous paraissent fort bien conçues et conformes aux principes qui doivent régler les ingénieurs dans de pareils travaux.

22. Observation sur la direction du service dans cet hôpital. — Les détails et les résultats d’expériences que nous venons de faire connaître sur la disposition des appareils de chauffage et de ventilation de l’hôpital de Guy sont, comme je l’ai dit, extraits de deux notices et d’un rapport adressé par M. E. Rosser, ingénieur, au président de la société qui a fondé et qui entretient cet hôpital. Ils sont donc officiels, et

leur exactitude n’a pas été contestée. Mais à l’hôpital de Guy, comme ailleurs, les opinions sont fort partagées sur les avantages que peut procurer la ventilation, et il y a encore, en Angleterre de même qu’en France, des médecins qui contestent ces avantages.

Le docteur qui a la direction de cet hôpital est de ce nombre, et, comme il est le chef de tous les services, il en résulte que, par des motifs d’économie, il fait interrompre la marche des appareils pendant la saison d’hiver, quand le temps est doux et qu’il en est fréquemment de même pendant l’été.

En signalant les entraves et les interruptions apportées à la marche des appareils de ventilation de l’hôpital de Guy, j’ai eu pour but de montrer un des trop nombreux exemples où le service d’appareils, qui peuvent fonctionner d’une manière satisfaisante, se trouve entravé et arrêté par la négligence ou par la mauvaise volonté des chefs des établissements. Le seul moyen d’empêcher que les sacrifices considérables faits par les administrations soient ainsi perdus, sans fruit pour le public, est celui que j’ai indiqué à plusieurs reprises et qui consiste à charger du service du chauffage et de la ventilation des agents spéciaux, responsables de leur bonne marche et soumis à un contrôle indépendant des chefs des établissements.

23. Rentrées de fumée observées. — D’une autre part, l’emploi simultané du chauffage par des cheminées ouvertes et des appareils de ventilation par appel, a occasionné, dans certains cas, des retours de fumée dans les salles, et l’on a fait à ce sujet les remarques suivantes :

En ce qui concerne les cheminées qui sont établies dans le mur de refend longitudinal, et qui se trouvent par conséquent directement sous le grand conduit horizontal supérieur de fumée, l’on pense que le défaut de tirage provient seulement de malfaçons dans les conduits qui sont, assure-t-on, difficiles à nettoyer, ce qui est du reste à peu près inévitable

INTRODUCTION

dans de semblables dispositifs. Mais les cheminées qui sont pratiquées dans les murs de face ont donné lieu à une autre remarque.

Quand un vent violent souffle perpendiculairement à l’un de ces murs, la fumée qui monte par les cheminées pratiquées dans ce mur, après avoir passé par le conduit supérieur horizontal et avoir débouché perpendiculairement dans le tuyau central collecteur, redescend par le tuyau de cheminée de la face opposée, et pénètre ainsi dans les salles.

Cet effet de retour ne se produit, il ëst vrai, que par les cheminées où le feu n’est pas allumé, et l’on assure même que si les régistres, dont elles sont toutes pourvues, étaient régulièrement fermés, comme il convient, ces rentrées de fumée n’auraient pas lieu ; cependant, malgré cette explication, comme cet effet est principalement produit par l’aspiration des conduits d’évacuation, il me semble résulter de ces observations que l’usage des cheminées à feu découvert ainsi multipliées peut difficilement se combiner, en toute saison avec un appel actif exercé en divers points des salles.

Enquête sur l’état sanitaire des casernes et des hôpitaux militaires de la Grande-Bretagne.

24. But et occasion de cette enquête. — En 1857, un rapport, fait par une commission royale sur l’état sanitaire de l’armée anglaise, avait signalé l’excès de mortalité qui frappait cette armée, comparativement à celle des hommes de même âge dans les positions civiles. Les décès annuels dans les troupes de toutes armes en service dans l’intérieur du Royaume-Uni s’élevaient à 17,5 sur 1 000 hommes*, tandis que pour la po-

1. Il n’est pas sans intérêt de faire connaître qu’en France, et en temps de paix la mortalité dans T armée est de beaucoup inférieure à celle de l’armée anglaise, quoique celle-ci, moins nombreuse par rapport à la population, soit recrutée par voie d’enrôlement volontaire, ce qui rend beaucoup plus difficile l’admission dans ses rangs.

Le relevé suivant qui m’a été communiqué par le ministère de la guerre,

pulation mâle du même âge elle n’est que de 9,2 pour mille sur toute l’Angleterre. Une statistique des décès qui élevaient aussi haut le chiffre de la mortalité, démontrait que ces excès étaient dus presqu’entièrement à des affections, telles que la fièvre, le choléra, la dissenterie, les maladies de poitrine, la consomption, etc. Les sept neuvièmes de la mortalité totale dans l’infanterie de la ligne étaient dus à ces deux dernières classes de maladies, et dans chacune d’elles la mortalité de l’infanterie était plus que double de celle des hommes du même âge de la vie civile.

En présence de ces faits, la commission royale procéda à une enquête générale des conditions de la vie et du service du soldat qui pouvaient compromettre si gravement sa santé,

contient le nombre des décès qui ont eu lieu dans l’armée pendant les onze années écoulées de 1850 à 1860 inclusivement.

L’on y remarquera l’influence considérable des années de guerre par suite de la rentrée en France d’un grand nombre d’hommes évacués des hôpitaux des armées. Mais si on laisse de côté, comme anomales, les mortalités des années 1854-55-56 et de l’année 1859, influencées par cette cause évidente, l’on trouve pour mortalité moyenne dans l’armée îe chiffre de 11,9 par mille hommes, au lieu de celle de 17,5 par mille hommes dans l’armée anglaise.

PROPORTION DU NOMBRE DES DÉCÈS RELATIVEMENT A L’EFFECTIF DE L’ARMÉE STATIONNÉE DANS L’INTERIEUR DE LA FRANCE.

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