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Échappement des gaz brûlés de V éclairage à V extérieur

— L’usage de l’éclairage au gaz dans l’intérieur des lieux publics, des magasins, et même des appartements privés, a, depuis plusieurs années, conduit en Angleterre à adopter des moyens d’assurer l’évacuation des produits de la combustion à l’extérieur, pour éviter ou atténuer les inconvénients de leur odeur et de la chaleur qu’ils développent.

On en a vu un exemple ingénieux dans ce que nous avons dit de la ventilation d’une maison particulière, où le courant déterminé par la chaleur de ces gaz , aidé par un appareil de chauffage, servait à la ventilation. La salle des séances de la Société des Ingénieurs civils nous en a offert un autre ; mais en dehors de la question de ventilation, on rencontre fréquemment en Angleterre des dispositions ayant simplement pour objet l’évacuation des gaz chauds produits par la combustion. Le restaurant français établi dans Regent’s Street offre une disposition analogue à celle que nous avons essayée au Conservatoire. Le lustre à gaz est recouvert par un chapeau formant réflecteur, et prolongé par un tuyau vertical de petit diamètre, qui conduit les gaz à l’extérieur de la salle.

On voit dans la salle des Pas-Perdus du Parlement des

INTRODUCTION

Fig. 7.

candélabres à gaz disposés de manière que les produits de la combustion sont renfermés en vase clos et s’échappent vers les galeries souterraines d’appel par l’intérieur du ,, candélabre, qu’ils transforment ainsi en sorte de poêle en lui abandonnant une partie de leur chaleur.

La figure 7 donne une idée de la disposition de ces appareils.

AB est le candélabre qui supporte le bec a alimenté par un petit tuyau coudé bb, et surmonté d’un verre ordinaire dd.

En dehors de ce verre et sur la partie supérieure AA du candélabre, repose un autre verre cylindrique CG, recouvert par une dou ble plaque D en mica, qui s’oppose à l’échappement des gaz brûlés parla partie supérieure deCC. Le fond du cylindre CC est formé aussi par une plaque de mica ee qui est percée en |-- son milieu pour laisser arriver au bas l’air extérieur et qui reçoit le verre intérieur dd.

Outre cette ouverture

centrale la plaque ee en porte quatre autres disposées sur deux rayons perpendiculaires et qui reçoivent les extrémités de quatre tuyaux ff, lesquels, en se recourbant vers l’axe du candélabre, viennent déboucher inférieurement dans un tuyau central hh, communiquant avec les galeries souterraines d’appel.

On conçoit facilement, à l’aide de la figure 7 et de là description précédente, que le gaz afflue par le tuyau bb, alimente le bec, qui reçoit par-dessous la plaque de mica ee l’air nécessaire. Les produits de la combustion ne pouvant s’échapper par la partie supérieure du cylindre CG, obéissent à l’appel inférieur, descendent par les tuyaux ff et gagnent le tuyau central hh, et de là les galeries d’appel , en abandonnant une portion assez notable de leur chaleur.

On comprend que de semblables appareils peuvent permettre l’emploi du gaz dans l’intérieur des lieux habités, en évitant les inconvénients de l’odeur et du mélange des produits de la combustion avec l’air intérieur, mais c’est à la condition que les tuyaux d’échappement seront mis en communication avec des conduits d’appel suffisamment énergiques.

Des dispositions analogues à celles que nous venons de décrire devraient être employées dans les magasins, dans les ateliers et dans tous les locaux où l’on emploie un grand nombre de becs de gaz, et, en les combinant convenablement on pourrait utiliser une portion assez considérable de la chaleur développée par tous les appareils d’éclairage, pour assurer l’évacuation de l’air vicié et l’arrivée de l’air nouveau. Cela serait surtout facile dans les restaurants et dans les cafés, où la chaleur perdue des foyers, toujours allumés pour leur service, pourrait être ainsi mise à profit.

Chauffage et ventilation de quelques hôpitaux en Angleterre.

18. De la ventilation de quelques hôpitaux anglais. — M. le docteur Lefort, dans sa Note sur V hygiène hospitalière en

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France et en Angleterre , a donné sur les moyens de chauffage et de ventilation usités dans quelques hôpitaux anglais des renseignements intéressants, dont je reproduirai ici une partie.

Les dispositions adoptées en Angleterre pour le chauffage et la ventilation sont souvent les conséquences de la préférence très-prononcée que nos voisins ont généralement pour le chauffage à feu découvert avec des cheminées à la houille et pour la ventilation par l’introduction plus ou moins directe de l’air extérieur, sans chauffage préalable. Le bas prix de la houille et les conditions financières de l’administration des hôpitaux, presque toujours soutenus par des contributions volontaires, sont aussi pour beaucoup dans l’adoption de ces dispositions.

D’une autre part, la grandeur des salles de malades dans les hôpitaux anglais, étant généralement moindre que dans les nôtres, l’action aspiratrice des cheminées, que l’on allume même l’été, peut parfaitement suffire pour produire le renouvellement de l’air et assurer la salubrité.

Ainsi, par exemple, à l’hôpital de King’s-Collége, à Londres, une salle de 25 mètres de longueur, de 7 mètres de largeur et de 4m,50 de hauteur est destinée à 14 malades qui ont ainsi chacun 12m ^,50 de superficie et 56m-c,25 d’espace. Dans cette salle, il y a trois cheminées chauffées à la houille, dont une centrale très-grande, et les deux autres plus petites. Or, des expériences directes, dont je ferai connaître les résultats au chapitre v, ayant montré que la cheminée du cabinet de la direction du Conservatoire, des dimensions ordinaires des cheminées d’appartements, modérément chauffée à la houille, pouvait produire l’évacuation de 1000 à 1200 mètres cubes d’air par heure, il n’y aurait certainement pas d’exagération à admettre que chacune des deux petites cheminées de la salle de l’hôpital du King’s-Collége évacue aussi 1000 mètres cubes d’air par heure, et la grande 1500 mètres cubes , ce qui assurerait ainsi 3500 mètres cubes par heure pour 14 malades, ou l’énorme quantité de 250 mètres cube

par heure et par malade. Cette salle a d’ailleurs neuf fenêtres et deux portes, sans compter celles qui communiquent à deux pièces voisines. Les fenêtres à coulisses en usage en Angleterre, fermant, comme on le sait, toujours assez mal et étant en outre souvent, dans les hôpitaux , rendues mobiles, pour démasquer des orifices de prise d’air extérieur, garnis de persiennes, l’on voit facilement, qu’avec un pareil moyen de chauffage, l’on n’a pas à s’occuper d’installer des appareils de ventilation. La seule précaution à prendre c’est d’éviter que les arrivées d’air ne soient incommodes.

Dans le même hôpital, deux autres salles de six lits ont chacune une cheminée qui assure l’évacuation de 1000 mètres cubes d’air au moins par heure ou de 167 mètres cubes par heure et par lit. Elles ont chacune trois fenêtres et deux portes, ce qui est plus que suffisant pour les rentrées d’air.

19. Hôpital de Glascow. — Dans cet établissement dont M. L. Lefort a bien voulu me communiquer les plans, la ventilation s’opère aussi par l’action directe de la chaleur développée par la combustion de la houille dans des cheminées. L’on y a joint l’aspiration produite par la chaleur des parois des conduits de fumée. J’emprunte à la note de M. Lefort, la description suivante que l’examen des figures rendra encore plus.claire.

« La façade (pl. I, fig. 1) est en ligne droite; mais en arrière, un prolongement de forme quadrilatère renferme les salles destinées aux internes et aux surveillantes. L’escalier est placé au centre de l’édifice, les salles, au nombre de huit, deux pour chaque étage, s’ouvrent à droite et à gauche.

« Elles occupent toute la largeur du bâtiment ; chacune est éclairée par quatorze fenêtres, sept de chaque côté : ces fenêtres montent jusqu’au niveau du plafond; leur base est placée à lm,20 au-dessus du sol de la chambre. L’espace qu’elles occupent est au moins les deux tiers de la Ion-

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gueur des murs de façade : un lit correspond à chaque fenêtre5'.

« La longueur delà salle est de 1 8m, 24, sa largeur de 8m, 56, sa hauteur de 4m,25. Sa capacité est par conséquent de 663m,c,57, et comme elle renferme 19 lits, dont 3 d’enfants, il en résulte que chaque malade a en partage 34m,c,92 d’espace, et 8m,<ï,22 de superficie. Mais cette quantité déjà suffisante, grâce à la ventilation, est encore considérablement augmentée, comme on va le voir.

A l’extrémité de la salle opposée à la porte d’entrée, s’ouvre un corridor dont la longueur égale les deux tiers de la salle principale. A gauche de ce corridor, se trouvent deux chambres destinées à un malade grave ou à un opéré. Chacune d’elles a sa cheminée particulière. La troisième donne accès dans une salle très-grande, éclairée par deux larges fenêtres, chauffée par une grande cheminée. Cette salle, sert dajis la journée de bibliothèque ou d’ouvroir ; c’est le salon de conversation des malades de la grande salle, et tous ceux qui ne sont pas retenus au lit doivent s’y tenir pendant le jour; c’est là également et sur la table qui en occupe le centre, que les repas sont servis à l’heure réglementaire. A droite du corridor s’ouvrent successivement : 1° la chambre de la surveillante; 2° l’office ou lavoir; 3° une salle de bains renfermant de plus les cuvettes, les serviettes et tout ce qui est nécessaire pour la toilette; des lieux à l’anglaise, tenus dans un remarqnable état de propreté, s’ouvrent, non sur le corridor, mais dans la salle de bain. Enfin, au fond du corridor, on trouve la cage de l’escalier mobile , dont la plate-forme s’élève et s’abaisse ponr faciliter le transport à tous les étages des malades invalides, des aliments, du charbon, etc.

« Le chauffage est effectué par des foyers ouverts, alimentés au charbon de terre et placés au centre de la salle, à chaque extrémité d’une cheminée quadrangulaire, à laquelle

* Les trumeaux sont beaucoup trop étroits et les lits sont en partie devant les fenêtres.

ses dimensions permettent de contenir dans son épaisseur tous les tuyaux des autres étages (pl. I, fig. 2 et 3 ) et un espace de 1 mètre sur lm,20 réservé au centre, est séparé en tubes d’aspiration destinés à enlever des salles l’air vicié par la respiration.

« Sur deux côtés du corps de cette cheminée centrale et près du plafond de la salle, existe une ouverture qui conduit cet air dans le tuyau à fumée; sur les deux autres côtés, et au même niveau, deux autres ouvertures l’amènent dans les tubes d’aspiration. Si l’on ajoute à ces quatre ouvertures celles des deux cheminées, on aura six orifices pour l’écoulement de l’air vicié de la grande salle, écoulement qui se fait naturellement; la chaleur du foyer suffisant pour échauffer les tubes aspirateurs et déterminer le tirage.

« L’air frais entre dans la salle par trente-cinq ouvertures sans compter les portes. Six orifices, trois de chaque côté, placés dans le plafond, communiquent par un canal placé entre deux planchers contigus avec une ouverture ménagée dans la façade.

« Les murs (pl. I, fig. 4) sont en quelque façon dédoublés et interceptent dans leur épaisseur une sorte de canal interpariétal, qui s’ouvre au niveau de la partie supérieure et de le partie inférieure des quatorze fenêtres. L’air pénètre ainsi entre les murs et arrive dans la salle par vingt-huit ouvertures placées dans les angles que forment les murs latéraux avec le plafond et avec le plancher. Il suffit de lever de 0m,05 la moitié supérieure ou de baisser de la même quantité la moitié inférieure de chaque fenêtre pour intercepter en grande partie l’entrée de l’air par cette voie indirecte. Enfin au-dessus de la porte, se trouve une large ouverture à clairevoie qu’on ouvre et ferme à volonté. Ces moyens permettent une ventilation graduée de la salle, parfaite, alors même que les fenêtres restent fermées, car l’on peut ventiler les angles supérieurs et inférieurs où l’air a de la tendance à séjourner. Le chauffage et la ventilation sont complètement indépendants. Les petites salles, la bibliothèque, la chambre de la

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surveillante, ont chacune leur cheminée et leur fenêtre. L’office, la salle de bain, le watercloset ont une ventilation séparée.

« Les murs des salles sont recouverts d’une couche de ciment analogue au stuc. »

Telle est la description que M. L. Lefort donne du système de chauffage et de ventilation adopté dans l’hôpital royal de Glasvow. L’on voit encore ici l’usage des cheminées à feu apparent pour le chauffage et leur utilisation directe et indirecte pour la ventilation, qui ne peut manquer d’être trèsénergique ; car en admettant que chacune des deux cheminées ne détermine que l’évacuation de 1 000 mètres

2 000 mètres

cubes par heure, cela correspondrait à — = 105

mètres cubes par heure et par lit dans les grandes salles. Les ouvertures pratiquées dans le tuyau de fumée directement au-dessus du manteau de la cheminée ne doivent pas contribuer à augmenter ce volume, ainsi que le font voir les expériences directes qui seront rapportées au chap. vu, mais elles servent au moins à diminuer près du foyer le tirage inférieur, qui pourrait être gênant pour les malades assis à proximité.

L’échauffement graduel et continu du massif de maçonnerie, compris entre les deux cheminées, est une bonne disposition, qui permet d’utiliser pour la ventilation une autre partie de la chaleur développée par le combustible. Mais je ne trouve pas l’on ait tiré parti de cette chaleur le mieux possible. Elle ne fait en effet ici qu’accroître l’évacuation déjà suffisante de l’air vicié, tandis qu’elle aurait pu être utilisée l’hiver pour chauffer une partie de l’air neuf introduit dans les salles, d’une manière analogue à ce quia été pratiqué par la commission anglaise chargée de l’amélioration des casernes, chap. i, n° 24 et suiv.

Il faut en effet remarquer que si les dispositions adoptées assurent une rentrée abondante et facile de l’air neuf, rien ne paraît avoir été prévu pour que cet air arrive l’hiver dans

les salles à une température convenable, et dans cette saison le grand nombre d’ouvertures, de fenêtres plus ou moins mal closes, doit donner lieu à des rentrées d’air d’autant plus incommodes que les lits sont presque tous en partie directement devant les fenêtres.

En faisant arriver l'air neuf introduit par une partie des ouvertures (pl. I, fig. 4, 5) et par les conduits qui passent sous les planchers, dans les tubes qui sont établis dans le massif échauffé de la cheminée et en le conduisant par ces tubes au plafond supérieur, au lieu de le verser froid au plafond inférieur, on pourrait l’hiver fournir aux salles une partie de l’air neuf à une température modérée; ce qui d’ailleurs n’empêcherait pas que l’été l’introduction ne pût être rétablie telle qu’elle existe actuellement.

Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que si les cheminées à feu apparent sont d'un usage agréable et salubre, elles ne sont en réalité qu’un moyen très-peu économique et fort peu efficace de chauffage et il me paraît douteux que l’hiver à Glascow, les salles de l’hôpital royal soient suffisamment chauffées, malgré une grande consommation de combustible. S’il est vrai, comme on le dit, que cet hôpital, placé au milieu d’un riche bassin houiller, ait reçu de quelqu’un de ses fondateurs une dotation considérable en charbon, qui doit être consommé en nature, l’on comprend que la question d’économie du combustible ait pour cet établissement peu d’importance, mais il n’en saurait être de même ailleurs et surtout en France. D’une autre part, il convient de remarquer que produire la plus grande partie de l’appel de l’air vicié par l’âtre même de la cheminée , ne serait pas tout à fait sans inconvénient, si le volume d’air introduit n’était pas très-abondant et si les malades se tenaient dans le jour près de la cheminée. C’est par ce motif que les ouvertures d’évacuation disposées près du plafond dans le tuyau de fumée, me semblent, pour ce cas particulier, fort convenables.

Il faut d’ailleurs ajouter que l’habitude très-rationnelle d’obliger les malades, qui peuvent se lever, à se réunir dans VENT. I. 3

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une salle particulière, outre qu’elle présente pour leur rétablissement plus d’un avantage, a celui de les éloigner des salles où sont réunis leurs compagnons de souffrance.

Je reviendrai d’ailleurs plus tard sur la question économique de ce système, qui pourrait être notablement modifié.

En résurqé, le système de chauffage et de ventilation adopté pour l’hôpital royal de Glascow est remarquable aux points de vue suivants :

1° Il assure par heure et par lit une évacuation d’air vicié qui ne doit pas s’élever à moins de 100 mètres par heure et par lit;

2° L’introduction de l’air se fait par des prises ouvertes à l’extrémité des murs de façade à tous les étages et il afflue principalement par le plafond ;

3° D’autres introductions nombreuses et en partie facultatives sont ménagées par le déplacement des châssis mobiles des fenêtres ;

4° L’évacuation se fait par l’appel direct et indirect des cheminées.

20. Hôpital de Guy à Londres. — Les bâtiments élevés sur les plans de M. Rhode Hawkins se composent de deux ailes principales réunies par un pavillon central, contenant un vestibule et de vastes escaliers qui conduisent aux deux ailes, dont chacune a cinq étages, parmi lesquels trois sont destinés à recevoir les malades.

La façade antérieure du pavillon central pl. II, est flanquée de deux tours carrées AA, surmontées par des tourelles octogonales, qui servent de cheminées d’appel de haut en bas, pour l’air nouveau à introduire dans les salles des deux ailes. Cet air est ainsi puisé dans l’atmosphère à une hauteur d’environ 29 mètres au-dessus du sol extérieur (fig. 1 et 2).

Au milieu de la façade postérieure du même pavillon s’élève une tour carrée B, surmontée par une lanterne octogonale et un clocheton en fonte à jour. Celte tour, dont la

hauteur au-dessus du sous-sol, sur lequel sont établis les foyers, est de 59m,50, sert de cheminée unique d’évacuation de l’air vicié dans les salles, ainsi que delà fumée des fourneaux et de tous les foyers qui existent dans le bâtiment, comme on le verra plus loin.

L’édifice a cinq étages ; au rez-de-chaussée sont les salles DD de réception pour les malades extérieurs venant en consultation, les salles de toilette correspondantes pour les hommes et les femmes, les salles de bains, les cabinets de consultation du médecin et du chirurgien, la pharmacie, les laboratoires, les cabinets particuliers du médecin et du chirurgien, le cabinet du dentiste, les logements des gens de service, des laboratoires, etc.

Le premier, le deuxième et le troisième étage forment trois divisions, disposées sur un plan uniforme et comprenant chacune quatre grandes salles EE de 70 pieds anglais ou 21m,35 de longueur, 21 pieds anglais ou 6ra,40 de largeur, 14 pieds anglais ou 4m,27 de hauteur, et une grande salle de réunion F pour la journée, ayant 48 pieds anglais ou 14m,64, sur 38 pieds anglais ou 9m,15, située à la rencontre des salles, avec des chambres pour les sœurs, des lavoirs, une chambre de bains, un cabinet d’aisances et une étuve qui s’ouvre au dehors. Chaque salle particulière a, en outre, ses lieux d’aisances ; ces derniers étant, dans tous les cas, en dehors des salles.

Le nombre des malades admis dans chaque aile est de 150, dont 50 dans chaque division du premier, du deuxième et du troisième étage. Les salles de subdivisions EE contiennent de 12 à 13 lits. Il y a six personnes attachées à chaque division, savoir : deux sœurs et quatre gardes pour les 50 malades.

Le volume d’espace alloué pour chaque lit, dans les salles, est de 1600 à 1700 pieds cubes ou de 44m*c,8 à 47m*c,6.

A l’étage supérieur sont les dortoirs des gardes et des autres personnes du service.

La totalité du bâtiment, à l’exception du vestibule central, du grand escalier et de quelques-uns des logements des em-

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ployés au rez de-chaussée, est chauffée et ventilée artificiellement par appel. L’espace ainsi chauffé et ventilé est d’environ 500 000 pieds cubes anglais ou 14 000 mètres cubes, dont pour :

Pieds anglais. Mètres cubes.

Les différents logements 110 000 ou 3080

Les trois divisions 315 000 ou 8820

Les dortoirs # 75 000 ou 2100

500 000 pieds. 14000

Le système de chauffage et de ventilation adopté pour l’hôpital de Guy est celui de feu M. John Sylvester et il a été établi par M. Egan Rosser, ingénieur, auquel je dois les renseignements et les résultats d’expériences que je vais faire connaître.

Dans ce système, l’air nouveau, pris à une grande hauteur afin d’assurer sa plus grande pureté, descend par la cheminée d’appel jusqu’au bas de l’édifice, où il débouche dans de vastes galeries GG (pl. II, fig.l et 2), appelées chambres d’air, qui régnent sous toute l’étendue du bâtiment. De ces chambres il se rend dans des conduits verticaux établis dans l’épaisseur des murs, mais après avoir passé entre des groupes de tuyaux horizontaux de circulation d’eau chaude pour le service d’hiver.

L’air nouveau ainsi échauffé vient déboucher dans chacune des salles à chauffer ou à ventiler par des orifices ménagés près des plafonds.

Le long du mur de face antérieur et à sa base il n’y a que deux rangées de tuyaux horizontaux aa , l’une pour le départ, l’autre pour le retour de l’eau, parce qu’ils ne sont destinés qu’au chauffage du rang de pièces simples placées de ce côté au rez-de-chaussée.

En avant et dans toute la longueur du mur de refend, il y a sept rangées de tuyaux horizontaux è, è, b, pour le départ, et autant pour le retour de l’eau. Ils sont destinés à chauffer, l’hiver, l’air nouveau qui doit ventiler les trois étages des salles de malades.

En avant et dans toute la longueur du mur de face postérieur, il y a trois rangées de tuyaux horizontaux cc, pour le départ et autant pour le retour de l’eau chaude. Ils sont destinés à chauffer, l’hiver, l’air d’alimentation des pièces habitées du rez-de-chaussée correspondantes, et qui sont plus nombreuses que de l’autre côté.

Fig. 8.

Les tuyaux de circulation d’eau chaude sont à section triangulaire et disposés comme l’indique le croquis ci-dessus.

Cette forme a pour objet d’obliger l’air à passer le long de sur faces de chauffe plus grandes que celles qu’offriraient des tuyaux horizontaux cylindriques.

L’air qui a circulé entre les tuyaux gagne ensuite, comme on l’a dit, des conduits verticaux déménagés dans l’épaisseur des murs.

La coupe transversale du bâtiment (fig. 1) fait voir qu’à tous les étages l’air arrive près des plafonds dd au rez-dechaussée; il est fourni, comme on l’a dit, par les tuyaux dd placés le long des façades, et aux autres étages par ceux du milieu.

Des conduits verticaux e, e, e , établis dans l’épaisseur des murs de face et ouverts à fleur du plancher, dirigent séparément l’air vicié de chaque étage, au moyen d’autres con-

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duits horizontaux ff, dans un grand conduit principal gg placé dans le comble, et qui se termine à la tour d’évacuation établie au pavillon central, laquelle reçoit aussi la fumée des fourneaux d’eau chaude et des chaudières.

Il y a dans chaque division 79 conduits d’introduction d’air dans les salles, et 63 conduits d’évacuation pour 150 lits, sans compter ceux de la salle de réunion de jour et des différents cabinets. On a eu soin de ne placer dans les lieux d’aisances que des cheminées d’évacuation, afin que l’appel de l’air s’y fasse toujours de l’extérieur vers l’intérieur de ces cabinets. En dedans du grand conduit gg d’air vicié, qui a environ lm,80 de largeur, passe un tuyau principal de fumée hh en fonte, de 0m,90 à peu près de diamètre, dans lequel viennent déboucher tous les conduits de fumée ii des foyers des appartements particuliers et des salles. Un tuyau de circulation d’eau chaude parcourt aussi ce grand conduit et assure la ventilation d’été.

Ce conduit principal aboutit à un autre kk, vertical, qui verse dans la grande cheminée d’évacuation B tous les produits de la combustion de ces foyers et l’air vicié qu’ils ont contribué à aspirer.

On voit que ces tuyaux de fumée, outre l’effet direct de ventilation qu’ils produisent dans les salles, peuvent aussi, par la chaleur de leurs parois métalliques, contribuer à activer l’appel de l’air vicié qui les entoure dans le canal gg.

Enfin, au centre et dans l’axe de .la cheminée générale B, s’élève le tuyau de fumée des calorifères, qui y verse ses produits à une hauteur supérieure à celle du comble. 11 résulte de cette disposition, dans la saison du chauffage, un appel énergique et une élévation notable de la température de l’air vicié, dès qu’il a atteint les conduits supérieurs, ce qui donne l’hiver une grande activité à cet appel.

Il y a lieu de remarquer que Ja circulation d’eau chaude se fait, principalement dans les appareils employés, dans le sens horizontal, et que la distance verticale des tuyaux de départ et des tuyaux de retour n’excède guère 0m,50. Cette disposi-

tion n’est peut-être pas la plus favorable pour obtenir d’une surface donnée de tuyaux réchauffement du plus grand volume d’air possible ; mais d’un autre côté l’établissement au rez-de-chaussée, dans des galeries closes et non habitées, de ces tuyaux, dont le développement est de plus de 550 mètres pour chaque aile, diminue beaucoup l’inconvénient des fuites d’eau. Aussi est-ce le mode le plus généralement employé en Angleterre pour les chauffages par circulation d’eau chaude. La forme de prismes triangulaires donnée aux tuyaux et les dispositions prises pour assurer réchauffement de l’air sont d’ailleurs favorables, et les tuyaux n’étant soumis à aucune pression, cette forme n’a pas d’inconvénient.

Dans cet édifice on paraît avoir réalisé avec succès le problème pour lequel M. Reid avait échoué au parlement, et qui consiste à n’avoir qu’une seule cheminée générale d’évacuation, non-seulement pour l’air vicié, mais encore pour la fumée de tous les feux d’un même bâtiment.

Nous ferons cependant connaître plus loin quelques inconvénients qui ont été observés quand les feux ne sont pas également activés, ou quand les cheminées où il n’y en a pas sont imparfaitement fermées, ce qui paraît difficile à éviter.

Le système de ventilation ainsi établi est tout à fait indépendant des moyens accidentels de ventilation des salles, auxquels on peut recourir quand le temps permet d’ouvrir les fenêtres. Dans la distribution des grandes divisions l’on a porté une attention particulière à obtenir tous les avantages possibles de ce que l’on nomme la ventilation naturelle. Les salles particulières de chaque division sont placées deux à deux l’une à côté de l’autre, de manière qu’un mur de refend allant jusqu’au centre de l’édifice les sépare. Chaque salle n’a de fenêtre que d’un côté, mais il y a dans le mur de refend de larges arcades ouvertes, par lesquelles il peut s’établir un courant d’air au travers des deux salles contiguës, quand les fenêtres sont ouvertes, à peu près comme si chacune de ces salles avait des fenêtres des deux côtés. Les fenêtres sont fermées par des châssis ordinaires à coulisses

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verticales, et leur ouverture ne trouble en rien le système de l’appel général.

La ventilation constante d’été du bâtimènt est calculée pour fournir en l',70 pieds cubes (1,96 mètres cubes) ou 117m-c,60 par heure et au delà à chaque malade. Dans l’hiver, le volume d’air nouveau à fournir est calculé de manière à concilier le maintien d’une ventilation efficace avec la conduite économique de l’appareil de chauffage. Pendant le froid trèsrude qui a eu lieu en février et mars (1862) l’on a fait une série d’expériences pour déterminer la ventilation effective, et la comparer à la consommation de combustible nécessaire pour chauffer cet air.

Le volume d’air introduit dans la cheminée d’appel a été mesuré à diverses reprises à l’aide de l’anémomètre. L’ouverture par laquelle l’air passe de cette cheminée dans les conduits d’air froid est munie d’une ventelle à coulisse, au moyen de laquelle l’aire de l’orifice d’introduction peut être agrandie ou diminuée à volonté; à chaque observation l’on mesurait cette ouverture. Pendant la première partie de la période sur laquelle les expériences s’étendent, l’alimçntation d’air neuf fut entièrement supprimée durant la nuit, ainsi que le chauffage des appareils. Cette marche avait été suivie dans l’hôpital pendant les deux derniers hivers, et semble avoir eu pour origine la tendance à donner plus d’importance aux considérations d’économie qu’à celles qui sont relatives à la salubrité, tendance qui se manifeste souvent là où l’on devait le moins s’attendre à la rencontrer. Ainsi qu’on pouvait le prévoir, la suspension de la ventilation pendant la nuit avait déterminé dans les salles une odeur désagréable, particulièrement sensible le matin.

Ce système ayant été abandonné, l’air nouveau fut aussi introduit pendant la nuit, le volume admis étant toutefois proportionné à la puissance calorifique conservée par l’appareil de chauffage, dont le feu n’était pas alimenté pendant la nuit, mais simplement remué.

Le volume d’air nouveau admis pendant la nuit, en opé-

rant ainsi, n’ayant été qu’une seule fois égal à 25 pieds cubes en 1 minute (42m,c,00 en 1 heure) seulement par lit, et ayant été souvent le double, on peut en conclure que la ventilation de nuit n’a jamais été trop insuffisante.

La ventilation de jour des salles s’est élevée en moyenne à 67 pieds cubes par minute (108m,c,96 par heure) et par lit; et dans une seule occasion elle n’a été que de 37 pieds cubes anglais (62m*c,16 par heure).

Les pièces du rez-de-chaussée ne sont pas constamment occupées, mais dans les salles d’attente pour consultations il y a souvent un très-grand nombre de personnes réunies pour un temps assez court; pendant environ 2 heures. Ces salles contiennent quelquefois 300 personnes, et la ventilation est donnée à raison de 3300 pieds cubes en une minute, ou 5544 mètres en une heure, soit 1 1 pieds cubes par minute pour chaque individu (18m,c,4 par personne et par heure). Même avec ce volume de ventilation, l’atmosphère est altérée par les émanations des vêtements de ce grand nombre d’individus serrés les uns contre les autres, qui appartiennent principalement aux classes les plus pauvres, et cet effet est principalement sensible quand le temps est humide. La continuité de la ventilation dissipe cependant promptement toute trace de mauvaise odeur, quand les malades sont sortis.

Les lieux d’aisances ne donnent aucune mauvaise odeur ; ceux qui dépendent des salles sont, comme on l’a dit, placés à l’extérieur de la partie principale du bâtiment et sont, ainsi que les autres, ventilés séparément, au moyen d’un conduit d’extraction.

La température des salles en hiver est maintenue entre 60° F. et 62° F. (I50c,5 et 160c,6); pendant le temps très-froid qui a régné en février et mars 1862, la température des salles s’est élevée en moyenne à 61° (160c), et n’a jamais été au-dessous de 57° (130c,8), tandis que la température moyenne de jour et de nuit, pendant la même période, était de 34° F. (+1°V1).

INTRODUCTION

La température des salles d’attente et des autres locaux du rez-de-chaussée peut varier selon la nature du service auquel elles sont destinées.

Il y a un foyer découvert dans chaque salle des divisions, et un petit fourneau fermé dans les salles de jour. Il n’existe de foyer au rez-de-chaussée que dans les cabinets particuliers des médecins , auxquels l’on n’envoie pas d’air chaud.

L’appareil de chauffage a une surface de chauffe effective de 3400 pieds carrés (31 6m <ï,2) chauffée par circulation d’eau chaude. La distance que parcourt l’eau avant de retourner à la chaudière est de 200 pieds (61m,0).

Le volume d’air qui passe dans les salles de malades et dans les salles d’attente s’est élevé, d’après la moyenne de plusieurs observations, à 13 400 pieds cubes par minute (22512m-c en lb.).

La température extérieure étant à ce moment de 33° F. ou (00c,55), et celle de l’air chaud à son admission dans les salles,

de 66° (180c,9), on a eu ainsi = 130p,c d’air

élevé de 1° par minute pour chaque pied carré de surface de

chauffe, ou — tq 2 — = 130m c,6 d air eleve de 1° cen-

tigrade par heure et par mètre carré de surface de chauffe.

Le résultat ci-dessus n’exprime pas la totalité de l’effet de l’appareil de chauffage, attendu qu’une quantité considérable de chaleur est nécessairement absorbée par les parois des conduits et transmise .par la maçonnerie. Si nous admettons qu’il y ait ainsi 20 pour 100 de chaleur perdue, la puissance calorifique de l’appareil serait exprimée par 156 pieds cubes d’air élevé de 1° par pied carré de surface de tuyaux chauffés à une température moyenne de 110° au-dessus de celle de l’air extérieur 1° F. (0e, 55) ou 156? c x 0,028 x 00c,55 = 3m,c,40 élevés de l0c, l’excès moyen de la température de la surface des tuyaux sur la température extérieure étant de 430c,33.

Les parties du bâtiment chauffées par l’appareil ont une

étendue de surface refroidissante en murs extérieurs, de 26 000p,q = 241 8m,q et environ 35 000p,q=325mq,5 de surface de verre. L’épaisseur des murs est de 2p=0ra,61. Ils sont en briques et enduits de ciment de Parian.

La température moyenne à laquelle l’air entre dans les salles est de 66° (18°8), et celle des conduits d’extraction de 68° (14°, 4). D’où il paraît résulter que l’étendue précédente totale de la surface refroidissante produit sur 13 400p,c d’air par minute un abaissement de température de 8° F. (ou celui de 375m,c de 4°, 44, ou 1665m,c, 59 de l0c), et l’excès moyen de la température intérieure sur la température extérieure pour la période qui correspond à ces observations étant de 28° (10°, 5); nous avons ainsi 3828p,c d’air refroidis d’autant de degrés qu’en exprime l’excès de la température intérieure sur celle de l’air extérieur (3828 X 0m,c, 028X0°, 55) = 58m c,98 refroidis de 1° centigrade par degré de différence entre la température intérieure et la température extérieure.

11 y a lieu de remarquer que dans un système de chauffage constant comme celui de l’hôpital de Guy, le pouvoir absorbant des parois du bâtiment et des conduits a une influence considérable sur le maintien d’une température uniforme.

Les observations sur la température de l’air admis dans les salles ne signalent, en effet, qu’une diminution de 8° (4°, 44) dans la température de l’air pendant une interruption de chauffage de 36 heures. L’excès de la température de l’air à son entrée dans les salles étant encore de 25° (14° F.) sur la température extérieure, cette chaleur ne peut être empruntée qu’aux murs en briques qui entourent les conduits des tuyaux et aux surfaces des canaux à travers lesquels cet air circule. La quantité de chaleur ainsi restituée par les murs est si constante qu’elle a engagé à ne pas entretenir le feu, depuis le samedi soir jusqu’au lundi matin, en abandonnant réchauffement de l’air- nouveau à la seule action de la chaleur qu’il peut emprunter aux murs dans son passage à travers les conduits.

INTRODUCTION

Extrait du rapport de M. Égan Rosser , ingénieur , à l/ir. les présidents directeurs de Guy’ s hospital , Lond ., 17 wars 1858. — « L’attention publique ayant été récemment appelée sur les conditions de salubrité des hôpitaux, il m’a paru désirable de réunir quelques séries d’observations pour établir l’efficacité du système de chauffage et de ventilation introduit dans les nouveaux bâtiments de votre hôpital.

« En vue de cet examen, j’ai obtenu des rapports journaliers pendant les quatre semaines comprises entre le 16 février et le 16 mars, et contenant un relevé journalier de la consommation de combustible, des quantités d’air chauffé et des résultats de la ventilation, ainsi que les températures extérieures et celles des salles pendant le jour et la nuit.

« En faisant ces observations, j’ai eu soin d’éviter tout ce qui aurait pu donner un caractère exceptionnel aux résultats, en me conformant exactement aux instructions données à l’ingénieur, par M. le docteur Steels, en ce qui concerne la conduite des appareils de chauffage et de ventilation ; à l’exception de deux ou trois circonstances où M. le docteur Steels a eu l’obligeance d’autoriser la modification de la marche ordinaire, afin de me procurer la facilité d’obtenir des données plus exactes.

« Pour causer le moins de dérangement possible aux infirmiers et aux malades, je fus conduit à borner mes observations sur les points que j’avais à examiner dans les salles mêmes, à une division, celle qui est désignée sous le nom de Philip’s. Mais je pense que l’état des choses dans cette division peut être regardé comme un terme moyen exact de ce qui a lieu dans les autres, et que les calculs basés sur les données qui y ont été recueillies sont également applicables au reste de l’hôpital.

a Sous un rapport, je regrette de le dire, mes observations sont incomplètes; je désirais beaucoup déterminer l’efficacité de l’économie des foyers découverts comparativement avec celle de l’appareil de chauffage. Mais comme le temps était extraordinairement froid pendant la plus grande partie des

expériences, je ne voulus pas contrarier l’opinion des infirmiers, qui pensaient que, sans le secours des foyers découverts, les malades auraient lieu de faire entendre des plaintes fondées. En conséquence, pendant toute la durée des expériences, les foyers découverts furent maintenus en activité en même temps que l’appareil de chauffage. Des observations collatérales m’ont cependant conduit à penser que, si la comparaison pouvait être complètement établie, tout le mérite des foyers découverts au point de vue du chauffage se réduirait à leur aspect agréable.

« Les tableaux joints à ce mémoire indiquent, à diverses reprises, la consommation de combustible, la température extérieure et intérieure et le volume d’air de ventilation.

« Le relevé de la consommation de combustible donne seulement la quantité consommée dans le fourneau des chaudières de l’appareil de chauffage, et ne comprend pas celle des chaudières à vapeur et de l’appareil à eau chaude ; ce dernier, qui est un des agents essentiels de la ventilation , a pour premier objet de chauffer l’eau des bains et consomme régulièrement par semaine une tonne de charbon.

« Pendant le mois de février, le feu de l’appareil de chauffage fut cessé et l’introduction de l’air frais interrompue durant la nuit.

« Depuis le 1er mars le feu fut allumé le soir, de manière à le tenir en activité toute la nuit, et l’air nouveau fut admis dans les salles ; c’est ce qui explique l’accroissement de consommation de combustible pendant cette période.

« La dépense totale du charbon pour l’appareil de chauffage pendant les quatre semaines a été de 1 1 tonnes et 15 quintaux (11 932 kilog.).

« La température moyenne des quatre salles de la division, pendant l’année, a été de 61° F. (160c,2), celle de l’air extérieur pendant la même période étant de 34° F. ou + l0c,i, ce qui correspond à un excès de 150c,l de la température intérieure sur la température extérieure.

INTRODUCTION

a En portant les yeux sur le relevé des températures, l’on ne peut manquer de remarquer la singulière égalité des températures de jour et de nuit dans les salles, même par des variations considérables du thermomètre extérieur.

« Dans une seule circonstance, la température des salles a dépassé 66° F. (190c), et elle n’est jamais tombée au-dessous de 57° F. (14cc). Ce minimum n’a été atteint que dans deux cas, alors que l’air extérieur était à 27° F. ( — 20c,8) et à 29° F.

( — l0c,2). Je n’ai jamais observé, dans aucun bâtiment, une semblable constance, et quoique ce résultat puisse être en partie attribué à l’emploi de l’eau chaude comme moyen d’échauffer l’air, il est cependant dû en grande partie aussi à la disposition des conduits d’air chaud placés à l’intérieur des murs qui séparent les salles ; ce qui transforme la masse totale du mur en une sorte de grand poêle russe, qui peut continuer à communiquer de la chaleur à l’air pendant plusieurs heures encore après que les tuyaux d’eau chaude se sont refroidis.

* L’on voit aussi dans cette constance de la température de nuit un motif de n’attribuer qu’une très-légère influence calorifique aux foyers découverts; car bien que les feux fussent éteints la nuit, il ne s’ensuivait aucune réduction de la température des salles, et, d’une autre part, le thermomètre n’accusait aucune élévation de cette température par suite de leur allumage du matin.

« L’effet de la chaleur absorbée par les conduits est en outre mis en évidence par la marche de la température du dimanche 28 février au lundi 1er mars. L’appareil de chauffage avait cessé d’être alimenté le samedi au soir, la température des salles étant de 62° F. (160c,7), et celle de l’air extérieur de 28° F. (— 20c). Le dimanche matin, la température intérieure était tombée à 5 8°, 5 F. (140c, 7), celle de l’air extérieur étant de 29° F. (— l0c,7). Le samedi 6 mars, le feu de l’appareil avait été suspendu à cinq heures, la température moyenne des salles étant de 63° F. (170c,2). Le dimanche ma-

tin la température extérieure étant de 28° F. (— 20c,2), celle des salles était de 60° F. (lô^), et le lundi la température intérieure était tombée à 58° F. (140c,5), celle de l’air extérieur étant de 35° F. (-(- l0c,7).

« L’égalité de température dans les différentes parties du pavillon est digne de remarque. La différence entre celles des salles d’une même division surpasse rarement 1°F. (O0c,5), et ne s’est élevée qu’une fois à 3° F. (l0c,5) ; ce qui est certainement très-satisfaisant pour un bâtiment dont l’extrémité est à 180 pieds (55 mètres) du fourneau.

« Afin de mesurer l’effet de la ventilation, l’on a fréquemment déterminé, au moyen de l’anémomètre, le volume d’air nouveau introduit par les conduits. L’ouverture par laquelle l’air passe de la tour d’introduction de l’air nouveau dans les chambres à air froid, est munie d’une porte à coulisses, au moyen de laquelle l’aire de ce passage peut être augmentée ou diminuée à volonté. A chaque observation l’on notait la grandeur de cette ouverture. Pendant la première période à laquelle se rapportent les expériences, l’alimentation d’air frais était complètement interrompue pendant la nuit, le feu de l’appareil de chauffage étant également éteint.

« Ainsi qu’on pouvait s’y attendre, la suspension de la ventilation pendant la nuit rendait l’air impur dans les salles, et occasionna les plaintes des infirmières.

« Après le 1er mars, l’air frais fut introduit pendant la nuit, et la grandeur de l’ouverture est indiquée dans les tableaux.

« Le motif de la réduction de l’introduction de l’air pendant la nuit était que, le feu étant seulement remué et non en état de combustion active, la quantité d’air affluent était aussi diminuée proportionnellement au pouvoir calorique de l’appareil.

« Ce qui montre que, dans ce système, la ventilation de nuit n’a jamais été trop faible, c’est ce fait que le volume d’air frais admis n’a jamais été inférieur à 15 pieds cubes par minute (20m,c, par heure) et par malade, et qu’elle a été généralement double même pendant la nuit.

INTRODUCTION

a La ventilation de jour s’est élevée en moyenne à 1 3 400 pieds cubes en une minute, ou 22 512 mètres cubes par heure, dont 3360 pieds cubes en une minute, ou 5628 mètres cubes par heure et par division, ce qui revient à 66 pieds cubes en une minute, ou 1 1 8mc, 4 par heure et par malade. La plus faible alimentation d’air a été de 37 pieds cubes en une minute, ou 66m,c,6 par heure et par malade; elle ne s’est produite qu’une fois.

« Quant à la valeur économique du système de chauffage employé pour les bâtiments, nous avons, dans les données contenues aux tableaux ci-joints, un moyen de la résoudre.

« Prenons pour exemple la quantité d’air introduite par jour et par nuit pendant les 10, 11 et 12 mars, et qui fut de 42 365 800 pieds cubes *, ou 1 200 226 mètres cubes, élevés de la température moyenne de l’air extérieur à la température moyenne de l’air échauffé à son entrée dans les salles, c’est-à-dire de 96° F. — 33° F. = 33“ F., ou 180c,4.

« La consommation de charbon et de coke a été, pendant cette période, de 3584 livres, dont les 0,80 peuvent être supposés avoir été employés à échauffer cette quantité d’air, le reste, 0,20, ayant servi pour un appareil qui chauffait une autre partie du bâtiment.

« Le volume d’air échauffé par une livre de charbon serait ainsi de

42 865 200 X 33 x5-493 391 pie(js élevés de 1° F.,

ou un pied cube d’air, élevé de 1° F. par 0^000002 de charbon, soit les 0,75 de la valeur calorifique absolue de charbon.

( Le résultat de l’auteur revient à 1 200226mcXlk, 30X18°, 4X0.237 = 6802881 calories utilisées pour une consommation de

0,8 X3,5841X0,453= 1299k de charbon,

* En faisant la somme des nombres indiqués dans le tableau par ces trois jours et ces trois nuits, et en la multipliant par 720', on trouve 50 065 920 pieds cubes d’air entré au lieu de 42365 800 pieds cubes.

ou a — QQQ 1 = 5 237 calories

utilisées par kilogramme de charbon brûlé, soit 0,73 de sa chaleur totale développée.)

« Ce résultat économique, comparativement à ceux qu’on obtient des divers modes de chauffage, ne reproduit pas tout l’effet de cet appareil, parce que l’on ne peut douter qu’une certaine portion de la chaleur n’ait été enlevée à l’air pendant son passage par les conduits qu’il a parcourus, s’élevant depuis les fondations et le sol.

« Les foyers découverts des salles et les cabinets de lecture pour le jour ont consommé, pendant ces quatre semaines, 17 tonnes et 6 quintaux de charbon, ce qui excède de 5 ton. 14 q. la consommation de l’appareil de chauffage.

« Des résultats précédents l’on peut conclure avec sûreté :

« 1 o Que le système de chauffage établi à l’hôpital de Guy est réellement efficace ;

« 2° Que le volume d’air de ventilation fourni est supérieur à celui qui a été obtenu dans tout autre édifice sur lequel des résultats aient été publiés;

« 3° Que l’économie de combustible est plus grande que dans tout autre bâtiment chauffé à l’eau chaude.

« Les exemples de la prison Mazas de France, dont les résultats ont été donnés par M. Péclet, dans ses nouveaux documents relatifs au chauffage et à la ventilation, approchent à peine d’un effet égal aux 4/7 et 5/7 de la valeur absolue du combustible.

« Il y a deux'points sur lesquels, en concluant, je voudrais particulièrement insister :

oc 1° La proportion comparativement très-grande de la quantité totale de combustible fournie au nouveau bâtiment, et qui est dépensée par les foyers découverts sans aucun avantage sous le rapport de la température ou de la ventilation*;

1. L’auteur n’attribue pas, à beaucoup près, une efficacité suffisante à l’action des cheminées comme moyen de ventilation.

VENT. I

INTRODUCTION

a 2° La grande importance qu’il y a à maintenir dans toutes les circonstances une ventilation constante, quelque basse que puisse être la température extérieure, afin de conserver une température agréable en même temps qu’un renouvellement efficace de l’air, ce qui exige que la nuit les feux de l’appareil de chauffage ne soient jamais éteints pendant l’hiver. » Le tableau suivant contient les résultats des expériences de l’auteur sur les volumes d’air nouveau fourni par la cheminée d’introduction, soit pendant le jour, soit pendant la nuit.

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