PREFACE
se présentaient, à Toccasion soit d'entretiens avec ses amis ou de demandes de leur part, soit d'événements survenus dans TÉtat, chez ses amis ou chez lui-même. Nous avons recherché de quels principes découlaient les opinions émises par Sénèque, par quels liens communs elles se rattachaient entre elles ; et nous essavons de présenter un exposé sommaire de la philosophie romaine.
Dans cette étude nous fûmes, contre notre attente, frappé de l'accent de conviction qui se manifeste chez Sénèque. Sous le style emphatique de son temps, éclate sa sincérité dans la glorification qu'il fait de la morale stoïcienne. Il nous arriva, par suite, de penser que Montaigne aurait pu avoir raison d'affirmer que les accusations dont il avait été chargé n'étaient que de pures calomnies.
Nous avons alors voulu examiner attentivement les rapports que nous ont faits les historiens au sujet de la vie publique et privée de Sénèque. Nous avons pesé les témoignages de Tacite, de Suétone, de Dion Cassius, de Pline l'Ancien, de Quintilien, de Juvénal; de notre enquête il est résulté pour nous la conviction que Montaigne était dans le vrai plus peut-être qu'il ne le croyait, et qu'on devait voir dans Sénèque, homme d'État et philoso])he.
L'accord d'un beau talent et d'un beau caractère.
C'est pourquoi nous demandons la. révision de son })rocès et la réhabilitation de sa mémoire. Le lecteur sera juge.
PREFACE. Vfl
Nous défiant de nos forces en une telle entreprise — et craignant le ridicule qui s'attache toujours à rinsuccès, — nous avions fait imprimer ce travail en Hollande sous le titre de Sênèqtœ et la mort (VAgrippine et sous le pseudonyme de H. Dacbert. Mais la flatteuse bienveillance avec laquelle des maîtres éminents et des savants distingués ont bien voulu juger Touvrage nous a décidé, après y avoir apporté ([uelciues améliorations, à le publier dans notre pays en le signant de notre nom.