‹ Etudes sur la vie de SénèqueChapitre 39 sur 50 · CHAP. VI. — SÉNÊQUE A DIT VRAI · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — SÉNÊQUE A DIT VRAI

lequel elle avait été portée comme une déesse*? Aussi brûlait-elle d'impatience à ressaisir une puissance dont elle avait goûté les charmes enivrants, cunctis malae dominationis cupidinibus flagrans^. Et femme ^, elle ne pouvait jamais y parvenir qu'en dominant un époux ou un fils. Néron était donc l'obstacle qui se dressait devant elle, l'obstacle qu'elle devait renverser. Que n'oserait-elle pas pour reconquérir cette situation perdue?

1 Ann., XII, 42.

« Id., XIII, 2.

' Quelles fureurs la jalousie et Tambition ne peuvent-elles pas allumer parfois dans le cœur d'une femme, fût-elle une mère? Ouvrons le théâtre du grand Corneille, qui connaissait si bien l'antiquité et les passions humaines. Écoutons comment, dans sa belle tragédie de Rodogune, il fait parler Gléopâtre, dont la situation a tant d'analogie avec celle d'Agrippine :

Page 1