MONOLOGUE
Tu m'estimes bien lâche, imprudente rivale,
Si tu crois que mon cœur jusque-là se ravale
Qu'il souffre qu'un hymen qu'on t'a promis en vain
Te mette ta vengeance et mon sceptre à la main.
Vois jusqu'où m'emporte l'amour du diadème,
Vois quel sang il me coûte, et tremble pour toi-même !
Tremble! te dis-je.
A Laonice, sa confidente :
Et content malgré lui du vain titre de roi, S'il régnait au lieu d'eux, ce n'était que sous moi. Je te dirai bien plus. Sans violence aucune J'aurais vu Nicanor épouser Rodogune, Si, content de lui plaire et de me dédaigner. Il eût vécu chez elle en me laissant régner... N'apprendras-tu jamais, àme basse et grossière, A voir par d'autres yeux que les yeux du vulgaire ? Ne saurais-tu juger que si je nomme un roi, C'est pour le commander et combattre pour moi ?
A ses fils Séleucus et Antiochus :
Voulez-vous l'épouser afin qu'elle me brave.
Et mettre mon destin aux mains de mon esclave ? Vous ne répondez point! Allez, enfants ingrats, Pour qui je crus en vain conserver ces États : J'ai fait votre oncle roi, j'en ferai bien un autre; Et mon nom peut encore ici plus que le vôtre. Périssez ! Périssez I votre rébellion Mérite plus d'horreur que de compassion.
Mes yeux sauront le voir sans verser une lanlie, Sans regarder en vous que l'objet qui vous charme,
Il ne faut pas oublier qu'Agrippine était la petite-fille de Julie, de cette fille d'Auguste qui fut hystérique au plus haut degré * ; qu'elle était la fille de la première Agrippine qui eut pour la domination une passion dont la violence fut extrême* ; que dans les cerveaux mal équilibrés de ses d'eux frères aînés, Néron et Drusus, Tambition inconsidérée du pouvoir fut une sorte d'idée fixe qui causa leur mort 3; que chez un
Et je triompherai voyant périr mes fils, De ses adorateurs et de mes ennemis.