‹ Études sur le 18e siècleChapitre 16 sur 44 · I. — LA PERSONNE DE RENE DESCARTES · texte numérisé non relu

I. — LA PERSONNE DE RENE DESCARTES

Combien le vrai Descartes a diiîéré du personnage de convention, qu'on nous donne comme un modèle de mesure, de bon sens et de juste raison. — Son portrait par Frans Hais (musée du Louvre), renseignements conformes dans Baillet ( Vie de Descartes) : le maniaque (Cf. 422-449)^; — l'agité, son changement de

1. [ « Ses lieures pour manger étaient réglées sans gêne, et jamais il ne passait la mesure qu'il avait prescrite à la quantité des nourritures qu'il avait à prendre.... 11 avait remarqué, en faisant ses expériences, (lu'il n'y avait rien de meilleur qu'une omelette composée d'œufs

lieux et d'occupations ; — le visionnaire (Cf. 80) ^ Pourquoi n'en parle-t-on jamais? et, au contraire, ne peut-on parler de la « conversion » de Pascal, improprement nommée d'ailleurs, sans parler de l'accident du pont de Neuilly? Parti pris du spiritualisme éclectique.

Même parti' pris dans les jugements portés sur l'écrivain. (Cf. Nisard, Litt. française^ II.) Obligation d'y regarder de plus près. — Et, de quelque manière qu'on définisse le « grand écrivain », par l'ampleur de son envergure, ou par l'originalité de son expression, ou par le caractère lapidaire de son style, ou par le changement imposé à la langue. Descartes n'est pas un grand écrivain. — Caractères du style de Descartes : esprit et humour, clarté générale, prolixité sans diffusion, embarras sans obscurité. Descartes est un bon écrivain sans plus. Un bon écrivain, c'est celui qui dit

couvés depuis liuit ou dix jours, qui la rendraient détestable si le ternie était plus ou moins grand. »]

1. [ « Il fatigua son esprit de telle sorte que le feu lui prit au cerveau et qu'il tomba dans une espèce d'enthousiasme qui disposa de telle manière son esprit déjà abattu qu'il le mit en état de recevoir les impressions des songes et des visions. Il nous apprend que, le dixième de novembre 1619, s'étant tout rempli de son enthousiasme et tout occupé de la pensée d'avoir trouvé ce jour-là les fondements de la science admirable, il eut trois songes consécutifs en une seule nuit, qu'il s'itunpfinn no pouvoir être venus que d'en haut. »]

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parfaitement ce qu'il veut dire, et même tout ce qu'il veut dire, mais toutefois sans le dire d'une manière qui lui soit «personnelle » ou «unique ». Que pour ces raisons l'influence « littéraire » de Descartes a été nulle, et on n'en trouve pas trace chez les contemporains. Exagération des Cousin et des Nisard à ce sujet, vérité du mot de Voltaire sur « le premier livre de génie qu'on vit en prose », les Proçinciales^ et qu'on le reconnut unanimement comme tel. Il avait d'ailleurs été précédé des Lettresde Balzac (1624) et des premières pièces de Corneille, y compris Médée (1634) et le Cid (1636-1637).

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