Il y en a une traduction dans les Dialogues de Perrault
2. Disons surtout physiques et naturelles. Et mieux encore : la physique inathOniatique a 6té la grande ouvrière de la transformation qu'on veut caractériser.
ORIGINES DE L'ESPRIT ENCYCLOPÉDIQUE. 2d9
autres formes du savoir, comme ayant son objet à elle, tout à fait distinct de celui de la religion, ou de la philosophie, ou de l'histoire ; et 30 dans son hostilité à ces autres formes ; car quand on y songe, qu'est-ce qui l'a empêché de se « reconnaître » plus tôt, sinon la confiance superstitieuse -qu'on avait dans la parole des Hippocrate, des Aristote, des Ptolémée.
Ainsi, sous l'empire des circonstances, commence à se dessiner la conception de la science, non pas en soi, ni spontaîiément ; ni d'une manière qui lui soit propre, et surtout désintéressée, — mais comme une machine de guerre. La science nous émancipera de la superstition du passé, puisqu'elle n'a connu d'obstacle à son progrès que dans cette superstition même ; — et de cette émancipation, à son tour, on verra résulter son progrès.
Or, aux environs de 1730, trois œuvres maitresses représentent la force de résistance du passé, expriment cette « superstition du passé » :
1° Les Pensées de Pascal, fondées sur la croyance au péché originel, c'est-à-dire à la perversion naturelle de l'homme ;
2° Le Discours sur Vhistoire universelle de Bossuet, fondé sur l'idée de Providence, ou action de Dieu sur le monde ;
3° Le Traité de V existence de Z)ieM, fondé sur la considération des causes finales.
260 ETUDES SUR LE XVIIl' SIÈCLE.
L'influence de Leibniz concorde avec les précédentes, et pour celles de Bayle ou de Spinoza, leur division contre elles-mêmes les empêche de prendre autorité. C'est contre ces trois œuvres, et en opposition avec elles que se constitue le concept de science.