I. EXISTENCE DE LA LIBRE PENSÉE
De l'apparence religieuse du xvii^ en général, et à cette occasion : 1° du développement des grandes congrégations ; 2^ du mouvement jan-
1. [F. Brunetière fit ces leçons sous les auspices de la Société des Conférences de janvier à mars 1905 : c'est la dernière fois qu'il ait parlé en public. 11 les rédigea, en mai 1905, sous la forme très abrégée que voici. Nous reproduisons un manuscrit autographe, en suppléant çà et là quelques mots. En plusieurs lieux l'exposé de Brunetière est difficile à suivre, si l'on ne s'est pas référé à tel passage, par lui indiqué, de tel livre : nous avons transcrit en note l'essentiel de ces passages. Toutes nos additions au manuscrit sont imprimées entre crochets. — J. B.]
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séniste ; 3° de quelques conversions mémorables.
Si cependant on regarde de plus près, les phénomènes ci-dessus rapportés n'intéressent que la foule et l'élite, et la bourgeoisie se développe en dehors d'eux. [Cf. Diderot, article ^^icî/c/opédie^ et Sainte-Beuve, Port- Roy al^ III, 304.)
Progrès de la libre pensée dans la bourgeoisie prouvés par les témoignages : de Lessius, dans son De ProMentia Numinis (1613), peu connu, rarement cité, capital ; — de Garasse, dans sa Doctrine curieuse (1623), qu'il faut d'ailleurs juger sévèrement^; — de Tallemant dans ses Historiettes ; — et de Pascal dans ses Pensées.
Car, pourquoi Pascal a-t-il formé le plan d'écrire ses Pensées ? Je n'admets pas un seul instant que ce soit pour lui-même, et, à ce propos, du « septicisme » de Pascal. Mais il a voulu dissiper les objections que les libertins lui avaient opposées dans le monde^ ; il a voulu montrer qu'en même temps qu'une « restauration de la morale », son jansénisme en était une de l'apologétique; il a voulu parer à un danger qu'il voyait grandir tous les jours ; — et de l'importance qu'il attachait à ce triple objet, de là le caractère passionné des Pensées.