‹ Études sur le beau dans les artsChapitre 23 sur 47 · I I 8 ÉTUDES SUR LE BEAU · texte numérisé non relu

I I 8 ÉTUDES SUR LE BEAU

transformer à nos yeux, des objets qui n'ont rien de séduisant, quel attrait doivent-elles répandre sur ceux qui, par eux-mêmes, sont dignes de nous plaire? Les beaux sites reçoivent une beauté nouvelle, lorsqu'ils réveillent d'heureux ou de mélancoliques souvenirs. Au milieu des monts Euganéens est le vallon solitaire où Pétrarque se choisit un asile , et , d'une main affaiblie par l'âge et le malheur, fit résonner les derniers accords de sa lyre. Avec quel enchantement ses yeux parcouraient ce vallon ! Quel trouble remplissait son âme attendrie ! Ce vallon ressemble à celui de Vaucluse.

On a souvent demandé pourquoi deux de nos sens ont seuls le pouvoir de transmettre à notre âme l'impression du beau. Les théoriciens se sont perdus en raisonnemens sur ce fait. Ecoutons Barthès dont les connaissances étaient si variées.

qu'il avait applaudis avec ti'ansport; on l'entendait constaïiiment répéter des airs très simples que sa mère lui chantait dans son enfance.

« Entre les objets des divers sens, il n'y a que ceux des sens de la vue et de l'ouïe qui puissent produire des sensations agréables, dont résulte le sentiment du beau.

« Sulzer dit que les idées agréables que donnent le sens du goût et celui de l'odorat, sont des idées confuses; et, par cette raison, n'appartiennent plus à l'idée de la beauté.

« Je vois que ce fait n'est pas suffisamment expliqué par la confusion des perceptions que nous donnent le goût et l'odorat. Il me semble que la vraie raison en est que nous considérons, en général, la beauté comme résidant essentiellement dans des objets placés hors de nous; et que les objets du goût et de l'odorat étant reçus, avec une application la plus intime possible, par les organes de ces sens , nous ne pouvons concevoir les impressions de ces objets existant séparément des affections que nous ressentons dans ces organes. » *

De pareils aperçus ont sans doute beaucoup

* Théorie du beau, page 7'j.

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