INTRODUCTION
Par ce temps de reconstitutions, de réorganisations militaires, peut-être n'est-il pas hors de propos d'étudier sur le vif l'homme dans l'action du combat, et de faire du combat lui-même, tant dans l'antiquité que dans les temps modernes, une étude sincère et sérieuse à laquelle ne peuvent suffire les seuls récits des historiens.
Ceux-ci exposent bien, d'une manière générale, l'action des corps de troupes ; mais cette action en son détail et l'action individuelle du soldat, dans leurs récits comme dans la réalité, restent enveloppées d'un nuage de poudre. Et cependant
il faut les saisir toutes deux, car leur accord
- à ^ - . - ÊltJDES SUR LE COMBAT
•' '* inlilnel èsfr'la'jiïstïflcation et le point de départ de toutes les méthodes du combat, passées, présentes et futures. Où les trouver?
Nous avons infiniment peu de récits montrant l'action d'aussi près que le récit du combat de THôpital par le colonel Bugeaud. Ce sont des narrés semblables, plus détaillés encore, car le moindre détail a son importance, d'acteurs ou de témoins ayant su voir et sachant se ressouvenir, qui seraient nécessaires à une étude du combat de nos jours. Le nombre des tués, le genre, le lieu des blessures, en disent davantage bien souvent que les plus longs récits, quand parfois ils ne les démentent pas. Il faut arriver à savoir comment l'homme et, dans le genre homme, le Français , combattait hier ; comment et dans quelle mesure, sous la pression du danger et du sentiment de conservation, forcément, inévitablement, il suivait, méprisait ou oubliait les mé-
* thodes ordonnées ou recommandées, afin de combattre de telle ou telle manière à lui imposée, indiquée par son instinct ou par son intelligence
guerrière.
Lorsque nous saurons cela, sincèrement, sans
illusion, nous serons bien près de savoir comment il se comportera demain, avec et à rencontre des engins aujourd'hui plus rapidement destructeurs qu'hier. Nous pourrons reconnaître, sachant que rhomme n'est capable que d'une quantité donnée de terreur, sachant que l'action morale de la destruction croît en raison de la puissance, de la rapidité de celle-ci, que demain, moins que jamais, seront praticables les méthodes compassées auxquelles l'illusion du champ de tir et le mépris de notre propre expérience semblent nous ramener; demain, plus que jamais, sera prédominante la valeur individuelle du soldat et des groupes et par conséquent la soUdité de la discipline *.
L'étude du passé seule peut donc nous donner le sentiment du praticable et nous faire voir comment demain, forcément, inévitablement, combattra le soldat.
Alors, instruits, prévenus, nous ne serons point déconcertés; car nous pourrons par avance prescrire telle méthode de combat, telle organisation, toile disposition première qui soient appropriées