IV. INFLUENCE DU DÉFAUT d'aÉRATION DE l'eAU POTABLE
M. Boussingault fait dépendre la production du goitre de la diminution delà proportion d'oxygène dissoute dans l'eau potable. « L'élévation du sol en est une première cause; c'est ce qui a lieu dans diverses contrées élevées oij le goitre est endémique, comme à Santa-Fé-de-Bogota à 2,640 mètres, l'eau
(1) L'eau chargée d'une quanlilé notable de sels de cliaux cuit mal les légumes ; on la digère mai. Pour ce double motif elle peut, devenir une cause de troubles des fonctions digestives qui affaiblissent la constitution, et peuvent rendre l'individu qui en fait usage plus sensible à l'action des innucnccs morbifiques; mais sa composition chimique ne doit pas la faire ranger parmi les causes déterminantes du goîlrc.
n'y renferme que 11", 8 d'air , au lieu de 35 centimètres cubes (^1). »
Nous doutons fort que les goitres de Santa-Fé soient occasionnés uniquement par cette circonstance : d'autres causes ayant agi, la prédisposition à l'engorgement du corps thyroïde existant, il est possible que la diminution de la pression atmosphérique dispose à son tour cet organe à se congestionner, mais l'action du défaut d'aération de l'eau nous paraît très-hypothétique.
L'observation démontre en effet que les eaux, potables qui alimentent les villages situés sur les hauteurs sont moins aérées que l'eau des sources des régions inférieures. Or, le goitre est très-rare sur les plateaux montagneux , tandis qu'il est souvent endémique dans les vallées voisines , mais placées plus bas ; on peut s'assurer de la réalité de cette assertion en étudiant la Basse- Auvergne et en consultant les travaux importants publiés sur les deux Savoies.
Sur la carte topographique annexée au rapport de la commission créée par le roi de Sardaigne , ouvrage pubhé à Turin en 1848 , on voit les rayures rouges qui marquent la place des villes et villages oii régnent avec une grande intensité le crétinisme et le goitre endémique, suivre les vallées les plus profondes ; à mesure que l'on monte et que les vallées sont moins profondes, les rayures vertes du goitre sporadique apparaissent ; enfin , dans les parties les plus élevées qui ne sont ni dominées , ni rendues humides par des bois , on ne trouve point de goitreux (2). Que devient en présence de ces faits la théorie de M. Boussingault ?
(1) Cilalion empriinlée à M. Pelréquin (neclierches sur les eaux potables de Clermont , publiées dans les Annales d'hygiène el de médecine légale, 1871 , 2" série, loni. xxxvii).
(2) Nous citerons comme exemples de communes dans lesquelles le goîlre n'est pas signalé : Chaiilion (Mandement de Cluse), Oiiion (M' de Sainl-Jeoire), Corabloux (M'de Sallanches), Albanne, Mont-Rond (M' de Sl-Jean de Maurienne), Bcssnns (M' de Lans-le-Bourg), Bonneval (M' de Mouliers) , Les-Chapelles .;M' de Bourg Saint- Maurice).
CONSIDIÎRATIONS PRELIMINAIRES.
Résumé géologique, topographique et statistique.
DEPARTEMENTS
Haules-Alpes.
Basses-AIpes". ,
Basses-Pyrénées.
Htes-pyrénées . .
Ariége. . ,
Puy-de-Dôme Haule-Loire . .
Canlal
1 goîlreux sur
Corrèze Creuse.
Corse .
Jura. .
Côtes-du-Nord.
Finislère
DOiNNÉES GÉOLOGIQUES.