EFFECTIF
aigus.
La moyenne est de un goitreux sur 31 ou 32 soldats.
Les chiffres qui précèdent démontrent que la très-grande majorité des militaires résistent aux causes prédisposantes des engorgements thyroïdiens , ce qui nous oblige à faire intervenir l'action de l'idiosyncrasie. Nous citerons plus loin des faits importants à l'appui de celte assertion. Nous devons enfin ajouter que le nombre des lycéens et des séminaristes atteints.» est très-limité.
(l) Quoique nos éludes soient parliculièrement appuyées sur les slatisliqucs inililaires , elles s'appliquent aussi aux élèves des lycées et des séminaires el aux (leuioiselles des pensions.
INFLUENCE DES SAISONS ET DES VARIATIONS ATMOSPHÉRIQUES. STATISTIQUES MILITAIRES.
Dans les pays de plaines , les brusques changements de température sont plus rares et moins marqués ; les vents sont moins capricieux que dans les pays accidentés ; l'atmosphère s'y renouvelle plus régulièrement.
Au voisinage des montagnes , au contraire , on trouve des vallées profondes , ombreuses et humides , parcourues par des ruisseaux dont l'eau est souvent très-froide. Ces vallées s'ouvrent dans de grands bassins oii des collines nombreuses brisent les courants et s'opposent à ce que l'air circule d'une manière égale' partout.
Telle est la Limagne d'Auvergne. Lorsque viennent les mois d'octobre et de novembre , ce grand bassin se couvre alors d'une épaisse couche de brouillards , au milieu desquels disparaissent les villes et les villages..
Or, la Limagne est un ancien Léman ou lac desséché dont le fond est rempli de terrains de sédiment et d'alluvions. Ces terrains remués par la culture ou couverts de prairies arrosées par de nombreux cours d'eau , fournissent beaucoup d'humidité. Aussi, lorsque le temps est calme, l'air, chargé de vapeur d'eau, stagne dons les bas-fonds , dans les vallées , au pied des collines , et quand les vents soufflent avec une certaine violence , ils mettent en mouvement cet air humide qui , pendant la mauvaise saison , exerce sur la peau une action réfrigérante très-manifeste.
L'air est plus sec, plus pur et mieux renouvelé dans les parties plates et un peu élevées de la Limagne, qui ne sont pas rendues malsaines par la présence de marais ou de ruisseaux fangeux. Les conditions hygiéniques étant bonnes , le goitre y devient très-rare ou disparaît tout-à-fait.
Dans les villages bâtis sur les monticules et les collines calcaires qui existent à l'est des monts Dômes, les habitants sont, comme ceux des vallées, sujets aux engorgements du corps
CAUSES. iO
Ihyroïdc : les eaux froides qu'ils boivent, la marche ascendante, l'action des vejits d'ouest qui poussent vers eux les brouillards et l'air humide de la plaine arrosée par l'Allier, se réunissent pour favoriser le développement de cette maladie. Nous devons ajouter que pendant l'été , et surtout lorsque les vents du sud et du sud-ouest apparaissent , l'atmosphère devient extrêmement lourde , et pour peu que l'on agisse ou que l'on marche , on transpire abondamment. Au bout de peu de jours, la sueur est permanente chez toutes les personnes d'une constitution faible; ces sueurs produisent un état d'énervement et de faiblesse qui est, à notre avis, une des circonstances les plus favorables à l'action des causes qui déterminent les goitres aigus , épidémiques et sporadiques. 11 suftit alors que le cou soit exposé à un refroidissement brusque, pour que l'engorgement du corps thyroïde ait de grandes chances de se produire.
Si cette assertion est vraie, c'est pendant les mois d'été ou bien de l'automne , que, dans les années ordinaires , le goitre aigu doit se montrer de préférence : l'observation démontre qu'il en est ainsi.
Dans les années hâtivement chaudes , on peut l'observer plus tôt. Enfin, des sueurs exagérées provoquées par des exercices violents , peuvent, si le cou est exposé à des refroidissements brusques, occasionner cette maladie dans toutes les saisons.
Les faits que nous allons relater tendent à démontrer l'exactitude de ces diverses propositions.
En 1851, janvier, février et la première quinzaine de mars sont froids ou pluvieux ; puis la température s'adoucit pour s'abaisser de nouveau du 4 au 8 avril , et se relever ensuite jusqu'à atteindre + 20" vers le 20 de ce dernier mois. Le 28, chute du thermomètre à + 8°, 8. Les vents venus de l'est et du sud jusqu'au 2 avril , soufflent alors de l'ouest et du nord, apportant avec eux des pluies abondantes.
Froid, pluie et vent du nord en mai. En juin, journées chaudes, du 12 au 20, et du 27 au 30; mais en juillet , on voit encore le thermomètre s'abaisser pendant la nuit à -4- 8"
OU -|- 9", tandis qu'il s'élève le 23 du même mois à ^ 29<*,4, sous l'influence du vent du sud.
Cette élévation de température se maintint jusqu'au 28 août, époque où le thermomètre tombe , durant la nuit, à + 15°,G.
Enfin , la température reste modérée en septembre , et continue sans changements notables jusqu'au 15 octobre; à ce moment elle s'abaisse , et devient variable.
Nous devons noter ici une circonstance importante. Les promenades militaires ont eu lieu dans le courant de la journée ; elles ont été longues et répétées , ce qui plaçait les soldats dans des conditions favorables à la sueur pendant la marche , à l'action du refroidissement lors de l'arrivée dans les casernes.
Tableau météorologique et statistique de 1851.
18e de ligne. — Elîeclif , 7S0 hommes.
MOIS
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre Octobre. .
DONNEES METEOROLOGIQUES.
Fanlassins goitreux.
Première moilié, froide; deuxième, chaleurs modérées. . . .
Première huitaine, froide; du 8 au 20, chaleur
Un peu froid et pluvieux
Chaleurs modérées en général; journées chaudes du 12 au 20 et du 27 au 30
Température moins élevée au début; plus chaude à la fin.
Les chaleurs continuent; refroidissement après le 28
Température modérée
Première quinzaine, chaleur modérée; milieu du mois , froid; fin, variable
Total des goitreux entrés à l'hôpital
En 1860, le printemps fut froid et sec, la température devint plus douce à la fin d'avril , mais il se produisit un refroidissement brusque avant le 20 mai. Ce ne fut qu'à la fin de juin que se firent sentir les premières chaleurs de l'été. •Ainsi, le 16 juillet, le vent du sud se prit à souffler, le thermomètre monta à -h ■31^3 , et à partir de cette époque.
une température élevée , rendue plus pénible pr.r la rareté des pluies , se soutint jusqu'en septembre , où elle s'abaissa peu à peu pour faire place au froid , vers le 12 octobre.
Tableau météorologique et statistique de 1860.
8e de- ligne. — Effectif, 999 soldais.
MOIS
Mars
Avril
Mai
Jain
Juillet
Aoiît
Septembre.
Octobre. . .
DONNÉES RIETEOROLOGIQUES.
Mois froid
Un peu moins froid que mars
Température douce; refroidissement vers le 20 mai. . . Température modérée-en commençant; chaude à la fin.
Mois très-chaud; le 16, vent du sud
Mois chaud ; vent du sud assez fréquent
Abaissement notable de la température
Température froide après le 12. . . :
Total (1).
Faatsssias goitreux.
ti
L'épidémie qui a frappé le 8^ de ligne en 1860, s'est renouvelée en 1861 avec moins d'intensité : Nous observons à cette époque :
En mai 1 goitreux.
En juin 10 —
En juillet 1 —
Total 12
L'année 1862 a été exceptionnellement chaude et sèche. Les neiges de l'hiver ont été rares et peu abondantes ; les pluies du printemps et de l'été ont été tellement insuffisantes que les sources , dans beaucoup de villages , ont tari , et que la sécheresse a considérablement diminué le rendement des vignes et des céréales.
(1) Ilalbron. — Rec. des ni6m. de méd., de cliir. el de pharm. milil. Tome XI , 3e série. 1864.
22 GOITIIE ÉPIDÉMIQUE.
Le 21 mars, le thermomètre qui s'était maintenu depuis le 6, entre-Hl3° et + 16", descend tout à coup de ■+- 23** à + 10,5; et aux vents sud ou sud-ouest , à la sécheresse , succèdent la pluie et le vent du nord ; mais cette bourrasque ne dure que deux jours , après quoi reparaissent , et la chaleur et le vent du sud. Puis du 13 au 16 avril, neige londue , remplacée bientôt par une chaleur intense.
En mai , température variable ; vents d'ouest, nord , nordouest, sud, sud-ouest; quelques pluies mais encore insuffisantes. Pendant les mois de juin , juillet, août, jusqu'au 17, rien qu'une chaleur accablante qui s'élève le 8 juin à -i- 32" , et ne s'abaisse pas un seul instant au-dessous de -+- 18°. Enfin, les pluies arrivent , se succèdent , et peu ù peu rafraîchissent l'atmosphère qui , toutefois, ne se laisse complètement refroidir que le ,2 novembre.
TaJjîeaw météorologique et statistique de Î363.'
Effectif du 27= de ligne, 1,166 soldats; du 1" hussards, 664 cavaliers.
MOIS
Mars ....
Avril . . .
Mai
Juin.. . .
Juillet. .
Août . . .
Septembre Octobre . .
Novembre, Décembre.
DONNEES METEOROLOGIQUES.
Etrangers, enfants de
troupe goitreux.
Température chaude du 6 au 20; abaissement après
Chîud'au commencement eti» la fin ; froid au milieu
Journées chaudes ou tièdes
Généralement chaud
Très-chaud
Chaleurs fortes au début, moindres à la fin
Chaleur modérée
Abaissement graduel de la température
Froid après le 2
Froid, surtout au milieu et à la fin. . .
Totaux
Fanlâssios goitreux.
CjTaliers goitreux.
CAUSES. 23 En 1868, température douce au commencement de février, un peu fraîche en mars, meilleure en avril, très-chaude en raai.oii le thermomètre, pendant vingt-cinq jours, dépasse 21°. Juin est supportable, maisjuillet et aoûtsont accablants, et pendant tout ce dernier mois le thermomètre, même les jours de pluie, n'est pas descendu au-dessous de -+- 19°.
La chaleur, quoique plus modérée, dure encore jusqu'au 30 septembre , jour où commencent des pluies qui , aidées par un vent violent, précipitent bientôt le thermomètre à -+- 4°,8. H fait réellement froid le 19 octobre.
Tablenn météorologùque et statistique de 1868.
iO()e (le ligne. - Efftclif , 1,858 hommes.
JlOIS.