‹ Études sur le goître épidémiqueChapitre 35 sur 49 · RÉFLEXIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS GÉNÉRALES

geraents thyroïdiens sont assez nonabreux parmi les premiers , et très-rares parmi les derniers.

Mais nous admettons parfaitement que les eaux tenant en dissolution de trop grandes quantités de sels de chaux e,t de magnésie , troublent la digestion ; que les aliments indigestes ou altérés, introduisent dans le sang des matières nutritives insuffisantes ou nuisibles , et qu'ils puissent ainsi altérer la constitution , la rendre moins propre à réagir contre les causes qui tendent à donner naissance à des maladies chroniques.

L'ingestion de l'eau froide agissant sur des individus affaiblis par des transpirations répétées, peut-elle, en refroidissant le cou pendant qu'il est en sueur , déterminer le goitre chez des individus établis, depuis longtemps, dans les localités où cette affection est endémique ? Cela ne peut faire un doute pour nous.

Ruilier, dans son article Goitre du dictionnaire des sciences médicales, s'exprime ainsi : « Au nombre des causes hygiéniques, on avait placé les eaux potables, auxquelles on attribua longtemps le goitre endémique , soit à cause de la température froide qu'elles devaient à la fonte des neiges ou des glaces qui en sont la source , soit en raison de leurs sels et de leurs éléments chimiques. »

Nous avons démontré que les sels de chaux et de magnésie dissous dans l'eau , sont étrangers à la production des engorgements de la glande thyroïde ; mais l'observation clinique nous fait une obligation de restituer à l'eau froide la part d'action qui lui était attribuée par les auteurs anciens.

Cette action a été admise par Bartholin , Bruni et Borgella(l). Nous regrettons de n'avoir pu nous procurer les ouvrages dans lesquels ces auteurs ont exposé leur opinion; peut-être nous auraient-ils fourni des observations en faveur de la thèse que nous soutenons.

Nous avons souvent observé, à Clermont , des goitres aigus occasionnés par l'eau froide et les courants d'air agissant sur

(1) Barlholin (De usu iiivis medico , cap. xxxiv) ; Bruni {Quœstiones quœdum cardinales , 1018 ), clBorgelIa {Journal do sanld de Capelle , lomc n ).

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le cou. pendant qu'il est en sueur ; nous y avons également rencontré des goitres héréditaires, et cela se confiprend : cette ville renferme beaucoup de rues étroites et humides, elle est placée à l'extrémité de la vallée où l'on trouve Royat et Charaalières, et son côté ouest, oii les goitres sont plus nombreux, est exposé à l'action directe des vents pluvieux et humides qui viennent des Monts-Dômes.

Voici maintenant d'autres conditions hygiéniques au milieu desquelles se produisent des goitres assez .nombreux. Nous citerons un seul exemple.

Beauregard-l'Évéque, où les engorgements thyroïdiens sont assez fréquents , surtout chez les paysans les moins riches , est situé dans le bassin humide de la Limagne, sur la rive droite de l'Allier; il est bâti sur le sommet d'une petite montagne qui est à l'est et à 26 kilomètres du Puy-de-Dôme ; il est battu par tous les vents. Les chemins qui conduisent à ce village offrent des pentes rapides; les eaux de puits qui servent à l'alimentation des habitants sont très-froides ; les paysannes les plus pauvres, ont le cou découvert et se livrent à des travaux fatigants. On voit, d'après ce que nous avons dit, que toutes les conditions favorables au développement du goitre aigu sporadique se trouvent réunies.

Nous devons ajouter que les habitants sans fortuné négligent de se traiter quand ils sont atteints de cette maladie ; disons encore que, comme à Clermont, le goitre est héréditaire dans quelques familles.

Notre but en écrivant ce dernier chapitre a été de rectifier et de compléter l'étiologie des diverses espèces de goitres observées par nous dans la Basse-Auvergne ; nous espérons que les nouveaux documents que nous recueillons chaque jour , nous permettront plus tard de traiter ce sujet d'une manière plus étendue et plus complète.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

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