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§111. DftTIOnMINATlON DES CONDITIONS ÊTIO LOGIQUES.
Kn c(î ([\n so rapporlo à la détermination des conditions étiologiques d/îpofidantrîH dcîs personnes , et conséquemment en ce qui touche les quostiorm si importantes do riiéréditê et de Torigine de l'état morbide chez les individus, renquùlo sarde est la seule qui offre des données g/în^.rale^ d'une cortuino importance.
1" Age auquel apparaît le goitre.
D'après le questionnaire^ adressé sous forme de tableau aux communes, la Commission sarde s'était proposé d'obtenir des renseignements sur l'âge auquel avait commencé le goitre, aussi bien chez les goitreux que chez lester étins.
. Dans les tableaux publiés, Tâge auquel a commencé le goitre n'a été déterminé que pour les crétins goitreux.
€ Le mandat spécial de la Commission, dit le rapport, étant d'étudier -» le crétinisme, elle ne s'est pas occupée de désigner l'époque del'appai> rition du goitre chez les simples goitreux. Mais comme il importe de i> connaître les rapports du goitre avec le crétinisme pour Tétiologie de d ce dernier^ elle a formé la 3"* division indiquant l'époque où le goitre 1^ se développe chez les crétins. ^
Sauf quelques renseignements partiels épars dans les auteurs et dans les documents de l'enquête française, la science ne possède rien de positif et de certain sur les époques de la vie auxquelles se manifeste le goitre proprement dit, sous la forme endémique.
2"" Age auquel se manifeste le crétinisme.
D'après les résultats du recensement sarde, la première manifestation du crétinisme aurait été rapportée, pour la Savoie :
894 fois sur 1 .000 à une époque rapprochée de la naissance de moins
de deux ans.
36 — — à l'interYaile de la V à la 5* année.
63 — — — — — 5* à la 42* année. ' 45 — — àuneépoquedelaYieplusaYancéequela42'année.
Pour apprécier la valeur scientifique de ces données^ il suffit de citer le jugement qu'en a porté la Commission elle-même.
(C La deuxième division, indiquant Tàge où le crétinisme a commencé,
i) ne peut qu'être inexacte ; parce que ces données n'ont pas été four- > nies par des médecins ; parce qu'il est assez difficile, comme on l'a D déjà observé, de distinguer au moment de la naissance si un enfant ) est, ou non, affecté de crétinisme, parce qu'il répugne aux mères » d'avouer qu elles ont donné le jour à de pareils êtres.
» Il n'est donc pas surprenant que l'on ne reconnaisse pas le crétiy> nisme dès l'enfance, qu'on ne veuille pas le reconnaître, ou bien qu'on :ii> cherche à l'attribuer à quelque cause extérieure.
» La Commission l'a néanmoins laissée telle qu'elle a pu la dresser, i) parce qu'elle suffit par elle-même pour prouver la nature congéniale y> du crétinisme. » (P. 166.)
3** De l'influence hérédilaire dans la génération du crétinisme.
L'enquête sarde avait attribué la pari qu'elle mérite à l'étude de l'influence héréditaire dans la génération du crétinisme et du goitre.
Le questionnaire, adressé aux communes, demandait, pour les goitreux aussi bien que pour les crétins, des renseignements surTétat du père et de la mère.
Le père et la mère étaient-ils gottreuxy crétins^ crétins-goîtreucoy sainSy et dans ce dernier cas, l'état de santé était- il bon^ médiocre ou mauvais?
Les tableaux publiés se rapportent exclusivement aux parents des crétins, et ont par conséquent laissé sans réponse les questions relatives au goitre.
Des faits recueillis pour la Savoie et se rapportant à 2,666 crétins, il résulte qu'on a constaté :
1* L'absence du crétinisme et du goitre,
Chez le père, 4.428 fois .... 536 sur 1.000 Chez la mère, 1.234 fois .... 462 —
2"* L'existence du goitre.
Chez le père, 482 fois 480 sur 4.000
Chez la mère, 719 fois 273 —
ET LE CRËTINISME. t3
3"* L'existence du crétinisme.
Chez le père, 86 fois 3% sur 4.000
Chez la mère, 49 fois 48 -*
Ces faits, qui seraient de nature a restreindre l'importance de l'influence héréditaire, ont été à ce point de vue infirmés par ce passage du rapport de la Commission.
n II résulte de ces tableaux qu'un bon nombre des parents sont par- :» faitement sains, tandis que les recherches faites sur les lieux par 3) le D'Trombollo prouveraient tout le contraire. 3> (Page 192.)
Il semble indispensable de reprendi*e, dans des conditions plus rigoureuses et plus efficaces, l'étude de ces deux grandes questions de l'hérédité et de l'origine individuelle du goitre et du crétinisme et d'étendre cette étude sinon à toute la France , au moins à un nombre suffisant de localités convenablement choisies.
4° Influence des lieux.
Sur les conditions étiologiques dépendantes des lieux, l'enquête sarde contient seule des données provenant d'études appUquées à toutes les localités ou au moins au plus grand nombre.
Ces données se rapportent à quatre conditions : raltitude des lieuûOj la direction des vents dominants^ la nature du sol et la nature des eaux potables. Ces données, malgré leur importance, sont loin d'avou* embrassé toutes les conditions qu'il est indispensable de connaître pour • fonder soUdement l'étiologie du goitre et du crétinisme.
Le rapport de la Commission sarde a fait ressortir un grand nombre de connaissances utiles sur toutes les conditions étiologiques qui n'avaient pu être comprises dans les justifications numériques des résultats de Tenquéte .
L'enquête française contient aussi sous ce point de vue des études partielles d'un haut intérêt.
Enfin les publications scientifiques, faites u diverses époques en France et à l'étranger, renferment un nombre considérable de données importantes qui ne pourraient, sans de graves inconvénients, être négligées dans l'étude étiologique du goitre et du crétinisme, et qui, pour cette raison même, semblent rendre indispensable une vérification de leur exactitude et de leur valeur,
§ IV. Conditions prophylactiques .
La détermination des conditions prophylactiques, d'après les renseignements de l'expérience , n'a pu prendre que très-accessoirement place dans les enquêtes, telles qu'elles ont été conçues.
Les faits d'influence favorable exercée sur les endémies du goitre et du crétinisme par certaines circonstances connues, qui ont été constatés ou indiqués soit dans les enquêtes allemande, sarde, française et suisse, soit dans les écrits des auteurs, ont une importance très-grande, surtout au point de vue pratique..
Il serait désirable que ces faits fussent ramenés de leur état d'éparpillement à une coordination collective, et soumis autant que possible à une vérification rigoureuse.
Tel est l'ensemble des données empruntées à l'état actuel de la science dont la considération peut influencer la solution de la question sur laquelle il me parait que la Commission doit tout d'abord se prononcer, non-seulement parce qu'elle domine, au point de vue pratique, toutes les quo.-tions à étudier par la Comfxiission, mais encore parce que de sa solution, dans un sens ou dans un autre, dépend la direction adonner aux éludes préparatoires qui doivent compléter le travail que la Commission a bien voulu me confier.