‹ Etudes sur le goître et le crétinismeChapitre 8 sur 50 · DÉTERMINÉS · texte numérisé non relu

DÉTERMINÉS

Par Par des rapports

le D' Rœsch. officiels. ''®^^^*

40 Naias 208 45 943

V Hébétude des sens et du

ceryeau 4.045 456 4.474

30 Sardi-mulité (spéciale) . . 498 444 949

40 Idiots 4.064 4.440 9.174

5« Dégénéralion au plus haut

degré 436 8 444

60 Indéterminés > 46 46

Ces faits, au moins ceux qui ont été obtenus par une détermination directe du D' Roesch, représentent sans contredit ce que les enquêtes générales par recensement ont jusqu'alors fourni de plus net, de plus positif et de plus certain à la science sur les formes du crétinisme et sur leurs proportions relatives dans les pays où cette affection règne endémiquement.

Le D' Meyer-Ahrens, de Zurich, qui a été chargé de mettre en ordre et de publier les résultats de l'enquête entreprise en suisse sur le

44 tJVBSa 8UR LE GOITRE

CRÉTiNiSME par suite d'une décision delà Société des naturalistes suisses, a été conduit à reconnaître que les documents qui lui étaient transmis portaient la trace de différences très-notables dans la manière dont les observateurs a valent compris ce qu*on doit entendre parcrétinisme.

Le D' Meyer-Âhrens a admis d'une manière générale que le crétinisme pouvait être compris dans un sens étroit ou dans un sens large.

Dans le sens étroit, suivant le D' Meyer, le crétinisme est une espèce d'idiotie congéniale associée à une certaine difformité corporelle et à une imperfection des sens. Les divers degrés de cet état appartiennent au crétinisme dans le sens étroit.

Mais le D' Meyer pense que ce serait désunir ce qui dans la nature forme une famille morbide, que de ne pas rattacher au crétinisme , dans les contrées et les lieux où règne l'endémie, les imbéciles^ les goitreux, les sourds-muets, les sourds, les muets, les nains qui s'y rencontrent. Et c'est ainsi qu'il comprend le crétinisme dans le sens large.

Le D' Meyer-Âhrens a appliqué ses vues à la rédaction de son aperçu de distribution géographique du crétinisme dans la Suisse, pubUéenl853 (1).

Si l'on tient compte de ces divergences, si considérables, dans les vues qui ont servi de point de départ aux diverses enquêtes, il est impossible de ne pas reconnaître que les résultats ne soient guère suscep* tibles de se prêter à une comparaison exacte de l'intensité du crétinisme, même dans les régions où il a été le mieux étudié. N'est-il pas en effet évident que, pour arriver à obtenir des faits véritablement comparables et propres à fournir une base solide aux appréciations scientifiques^ il soit indispensable de définir rigoureusement les états morbides à réunir sous l'appellation commune de crétinisme, et de déterminer non moins exactement les diverses catégories à distinguer parmi les crétins ?

l^) Der Cretiniimus in der Schweiz. (Zeitschrift fur Med. 485).)

Bien que les résultats jusqu*alors obtenus, relativement à Tintensitê absolue et relative du crétinisme dans les diverses contrées où il existe, soient loin d'avoir donné une satisfaction complète aux besoins de l'Admimstration et aux exigences de la science, sous le double point de vue de l'extension des recherches et de la nature des faits recueillis, il serait injuste de méconnaître l'importance des renseignements déjà acquis. L'intérêt qu'ils présentent dès à présent est de nature à justifier à l'avance les efforts qui seront tentés pour parvenir à des connaissances plus générales et plus approfondies.

La proportion à la population totale est une mesure fort inexacte de l'intensité des endémies dans les circonscriptions territoriales con sidérables.

L'intérêt et l'utilité de ce mode d'appréciation s'accroissent rapidement, à mesure qu'on l'applique à des circonscriptions plus étroites, et n'acquièrent toute leur portée que quand on arrive à la circonscrip • tion communale.

Il est peu regrettable qu'on manque de données exactes sur la proportion des goitreux et des crétins pour les divers Etats de l'Europe en général, et môme pour ceux qui, comme la France, contiennent un nombre considérable de régions entachées de ces endémies.

On ne peut méconnaître toutefois qu'il serait très-désirable qu'on fût très-positivement fixé sur le fait de l'absence ou de l'existence du goitre ou du crétinisme, sous forme d'endémies, dans les diverses régions correspondantes aux subdivisions administratives de notre territoire, départements, arrondissements, cantons, communes.

Sous ce point de vue, il reste encore beaucoup à faire pour le goitre et presque tout pour le crétinisme.

D'après les résultats de I'enquëte française, 35 départements seraient complètement exempts de l'endémie goitreuse.

Le nombre des goîtreux se serait élevé à 49,216 dans 46 départe-

ments et n'aurait pas été déterminé dans 5 départements entachés de l'endémie*

Dans les divers départements ou règne l'endémie, l'absence du goitre a été constatée fréquemment pour un grand nombre de communes, pour plusieurs cantons et même pour plusieurs arrondissements. Ce n'est réellement que par rapport aux circonscriptions territoriales entachées (F endémie que la proportion des individus atteints, au chiffre total de la population, peut être utilement employée comme moyen d'appréciation et comme terme de comparaison de l'intensité absolue ou relative de l'endémie.

En ce qui concerne le goitre, il résulte de l'enquête française que dans 23 départements la proportion du goitre à la population dépassait celle de 1 à 1000 et dans 4 départements ceUe de 1 sur 100.

Mais ces données et le classement des départements d'après la proportion des goitreux qu'elles motiveraient, ne peuvent être considérés que comme très-provisoires.

Les données diffèrent considérablement, pour les départements de l'Isère, des Basses- Alpes et des Hautes Alpes, de celles qui ont été fournies sur ces départements par le docteur Niepce ; et le classement s'éloigne beancoup de celui qui a été fait d'après la proportion des exemptions, pour cause de goitre, dans les opérations du recrutement.

Les constatations, qui se rapportent aux communes, offrent à la fois plus de certitude et plus d'intérêt, en tant que moyens d'appréciation de l'intensité du goitre.

Le chiffre de 654 goitreux sur 1000 habitants, proportion atteinte dans la commune de Sausses (Basses-Alpes) d'après les résultats de M . Niepce, donne pour la France la mesure du degré extrême d'intensité que l'endémie y atteint dans plusieurs localités.

Les proportions de 108 et de 92 sur 1000, dans les communes de Saasenheim et de Schoonau (Bas-Rhin), représentent une intensité de l'endémie, encore très-considérable, dans un grand nombre de localités.

ET LE CRÉTINISME. il

Des proportions beaucoup plus faibles caractérisent l'intensité du mal dans des communes où le goitre a néanmoins été considéré comme endémique, moins de iO sur 1,000 dans 15 communes sur 23 de l'arrondissement de Rouen, et même moins de 2 sur 1,000 dans 6 communes, Canteleu, Saint-Martin-de-Boscherville, Elbeuf, Orival, Sotteville, Petit-Couronne, où la faiblesse de la proportion numérique semble exclusive du fait de l'endémie.

En Savoie, la proportion du goitre à la population a dépassé : 600 sur 1000 dans 3 communes, 400, dans une commune, 300, dans une commune, 200, dans 5 communes, 100, dans 7 communes.

En ce qui concerne le crétinisme, l'enquête française n'a fourni d'autres résultats de quelque importance que ceux qui pnt été publiés par les docteurs Niepce et lourdes.

La proportion des crétins à la population a fourni, d'après le recensement de M. Niepce (1), les résultats suivants :

NOMBRE DÉPARTEMENTS. POPOLATIOIf. p g CRÉTINS. '*'*^P0RT10N.

Hautes-Alpes 428.249 4.735 43.5sar4.0C0

Basses-Alpes 155.934 868 5.5 —

Isère 526.527 4.430 2.6 —

Page 1