‹ Études sur le Paris d'autrefois (volume 3)Chapitre 2 sur 11 · LE PALAIS DES THERMES ET LE PALAIS DE LA CITE · texte numérisé non relu

LE PALAIS DES THERMES ET LE PALAIS DE LA CITE

L'histoire des demeures royales ! mais c'est en abrégé l'histoire même du développement progressif de la ville depuis le temps où celle-ci se renfermait dans l'étroite limite de l'Ile avec le palais de la Cité & son faubourg sur la rive gauche, dominé par le palais des Thermes. Plus tard, elle renforçait l'cnccintc de Philippe Auguste du puissant donjon du Louvre, ou élevait, au gré des fantaisies royales, l'hôtel Saint- Paul & le palais des Tournelles , sur le chemin qui conduisait à Vincenncs, cette «maison des champs» de la dynastie capétienne. Les choses en restèrent là jusqu'au jour où les Valois, par un revirement subit qui reportait vers

l'ouest le courant de l'extension urbaine, ajoutèrent au Louvre transformé les Tuileries , préludant ainsi au mouvement qui allait conduire les Bourbons jusqu'à Saint-Germain & à Versailles. L'histoire des demeures royales est donc, en quelques mots, toute l'histoire -de la royauté nationale avec ses luttes & ses révolutions, son faste & sa gloire artistique. Mais on peut dire que c'est aussi celle des exactions & des souffrances du peuple sur lequel trop souvent pesèrent le poids & les frais de cet éclat extérieur.

Le paîak des Thermes n'est peut-être pas le premier en date, mais du moins il est celui qui nous a laissé les fragments les plus importants d'une antiquité bien établie, et c'est par ce titre qu'il mérite que nous nous étendions un peu sur son histoire.

Dès le IV" siècle nous trouvons au sud de la Seine un palais impérial qui doit son nom à ces thermes ou bains chauds, indispensable accessoire de toute maison opulente à l'époque romaine.

L'addition du nom de Julien au palais des Thermes est relativement moderne. C'est le

libraire Corrozct, qui publia, en iî3j, une

IdcstripDon de la capitale intitulée : Fhur tUs antiquités cJ^ similarités de la mhle i^ triomphante 'viUe <C^ (ité Ae Paris, dans laquelle il déclara, le premier, que lesTAi-rmes de Paris avaient çt6 construits par JuUcn. Cette opinion est sans fondement, maïs, n'ayant jamais été combattue, elle s'est maintenue jusqu'à nos jours.

En janvier 1902, un professeur à la Faculté de Bordeaux, M. Jullian, a présenté à l'Académie des inscriptions & bellcs-lcctrcs une note dans laquelle il tendait à prouver que \ç palais H^rr Thfrmes ctair déjà, du temps de Julien, à Tctat de ruines, vestiges imposants d'une époque disparue.

J C'est peut-être ciagcrer les choses, bien qu'en réalité la constru£lion de ceî édiâcc doive être artribucc à un souverain qui, pendant un assez long séjour dans les Gaules, y a joui du calme nécessaire à une pareille entreprise. Dulaurc, dans son Hiffnire Je Paru. a parfaitement démontré que seul Constance Chlore réunit bien ces convenances.

En effet, durant quatorze ans consécutifs, depuis l'an 292 jusqu'en 306, il séjourna dans

notre contrée. Collègue de Dioclétien, il y régna en qualité de césar, puis en celle d'auguste.

Aucun empereur avant & après Constance Chlore n'est reste aiissi longtemps dans les Gaules. Son règne fut paisible <S; l'histoire pcnd^mt S3 durée n'offre aucun cvcncment capable d'cmpccher l'exécution diunc telle construction. 11 est donc permis de supposer qu'alors que Dioclcticn faisait c!cver un magnifique palaisdcs Thermes à Rome, Constance Chlore suivit cet exemple à Lutècc. Car, dans cette région & dans les mctropoîcs des provinces, il existait bien des bâtiments appelés pr/frsirt's, mais non des palais pour ia résidence des empereurs qui, jusqu'alors, n'y avaient jamais résidé. Il fallait donc un palais impérial à un empire nouveau, & Constance eut le besoin &.

le temps d'en construire un. On peut ajouter qu'une autre considération peut concourir à la confirmation de cette opinion & à déterminer à peu près l'epoque de la construction des Thermes de Paris. Le genre de l'architcâiure &. de la maçonnerie des Thermes de Diocléticn» à Rome, a des conformités frappantes

■ivçc celui de l'architciflure ik de la maçonnerie Jcs. Thermes de Paris. Donc ces deux édifices peuvent ctre contemporains & ce serait bien le grand-pcrc de Julien, Constance Chlore, qui, ver* 1.1 tin du m' sicclc ou au commencement du iv"", aurait fait construire le palais dont nous admirons encore aujourd'hui les ruines sur le boulevard Saint-Mi<ihel.

Quoi (ju'il en soiï, Julien pa^a cina hivers dans «sa chère Lutcce». Ce palais s'etcndair ccruincmcnt, suivant la constance habitude des Romains qui établissaient un fort sur cliacjuc hauteur pour contenir les populations nouvellement soumises, jusqu'au sommet du ffjo>if Ijierjfitias, aujourd'hui la monugnc Saînrc- Genevicve.

Pareils i ceux de Rome, les Thrrme^ de Paris contenaient plusieurs salles de bains, salles de jeux, théâtre avec galeries, salles d'exercices & de repos, ctc,, le tout agrémenté de vastes jardins,

Julien, dans son MistttfmJti , qu'il composa à Anûochc, racoatc un événement dont il faillit être viélîmc dans ce palais : v. Autrctui.s, dit-il, je passais mes quartiers d'hiver dans ma

chère Latère; c'est ainsi que les Gaulois nomment la petite forteresse des Parisiens, )> Et il ajoute qu'au cours d'un hiver très rigoureux i] s'opposa cl^abord à ce qu'on allumât les fourneaux destinés à réchauffer la chambre dans laquelle il couchait. Mais, le froid devenant plus âpre, il consentit cnlin à faire sécher les murs couverts d'humidité. Il fit donc apporter des charbons ardents, «dont la vapeur, dit-il, l'incommoda beaucoup».

Le même empereur, dans son manifeste , adressé au Sénat d'Athènes, raconte les événements qui précédèrent son élévation à la dignité d'auguste. A plusieurs reprises il parle du palais des Thermes, où il résidait avec son épouse Hélène, quand il mentionne l'arrivée des croupes étrangères qui envahirent Paris. A ce sujet, il cite une certaine chambre, voisine de celle de sa femme, où il méditait sur les m,oyens d'apaiser les troupes environnant le palais. A ces détails, il y a lieu d'ajourer ceux que l'historien grec Zozime nous fourni: au v' siècle dans son H/ffo/rc romaine, où il décrit les scènes tumultueuses dont les Thermes & leurs environs furent le théâtre. Il qualifie ce monument de

hAsiiitjur 8l raconte commcnr les troupes auxiliaires, venues du bord du Rhin pour se diriger ensuite de Paris sur les fmmicrcâ de ta Perse, rcsolureat d'élever le céaa.r Julien à la dignité d'auguste. Impatientes par les refus de ce prince, les soldats se portèrent en masse aux Thermes &» furieux, brisèrent les portes du palais.

Ammien Marccllin , historien latin mort vers jpo, nous donne encore de plus amples détails sur cet événement qui se passa en l'an î6o. Il ^5Lla]ifie icdiiicc qui nous occupe de piiiatmif ik de maison roy'^Ie. De plus, il nous apprend que ce palais contenait des appartemcntsj secrets ik des souterrains où Julien alla se renfermer, pour se dérober aux poursuites des troupcsauxiliaircs, t^ui craignaient qu'il ne renonçât à. sa nouvelle dignité.

Il nous parle ensuite d'une salle consacrée aux délibérations, qu'il désigne sous le titre de cemi^rium , où Julien, après avoir cédé au vœu des troupes, tenait son conseil. Un instant on avait fait courir le bruit parmi [es soldats que l'empereur était mort. C'est alors qu'ils firent irruption dans cette salle it finirent

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par s'apaiser en voyant le prince vivant & revêtu de ses nouveaux insignes. Cet auteur ajoute que celui qui avait répandu ce hux bruit de mort était le décurion du palais, dont la fondion éminente faisait partie des dignités impériales.

Cinq ans plus urd, les empereurs Valentinien & Valens vinrent séjourner tout un hiver au palais des Thermes. Trois de leurs lois contenues dans le code Théodosien sont datées de Paris.

C'est encore cette antique demeure, il est permis de le présumer, que désigne Grégoire ' de Tours, lorsqu'il retrace le sinistre épisode des rois Childebert & Clotaire, qui envoyèrent chercher, chez la reine Clotïlde ( sans doute fixée au palais de la Cité, dont nous parlerons pltis loin), leurs neveux pour les massacrer & s'emparer de leurs biens.

Au vu' siècle, le poète latin Fortunat décrit ce palais comme étant une forferejSe remarquable par son élévation, & recommande aux Parisiens de chérir le roi Childebert qui résidait alors dans ce magnifique bâtiment. Le même poète nous donne la description des

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jardins qui entourent le palais & nous apprend t^ue la reine UUrogothe, après la mort de Ghildeben, continua d'y habiict longtemps encore, en compagnie de ses filles.

C'est à cette demeure que les moines de l'abbaye de VczcUy se rendirent pour se plaindre de la tyrannie du comte de Nevers. Au xu'' siècle, im titre date de 1138, relatif à Taumôncric de Saint-Benoît, porte que celle-ci ctiLÎt contiguc au palais des Thcrmts.

Citons aussi tes poésies de Jean de Hauteville"^, très en vogue à Paris en irlSo, & dans lesquelles nous trouvons un tableau enthousiaste & pompeux de cet édifice, qu'iî qualifie ^habitalhn des raïs.

«Ce palais des rois, dit-il, dont les cimes s'élèvent jusqu'aux cieux& dont les fondements atteignent l'empire des morts!,.. Au centre se distingue le principal corps de logis, donc les ailes s'étendent sur le même alignement &, se déployant, semblent embrasser la montagne! »

'" Auteur d'une wrtt d'coeyclû-piïiiic en vers. Voir le pocmc de VAtclMiriiim, public Jin-i les fter. fmitm». an/t/or- mrd, -wv, LIX, 1, a+o.

Guillot de Paris, c[ui a mis en rimes les rues de la grande ville, n'oublie pas de citer le palais des Thermes :

Je m'en allai tout simplement D'iluecques au palais des Thermes.

En Tannée 1676, un événement fit reconnaître les souterrains de ce palais, cités par Ammien Marcellin , souterrains qui s'étendaient jusqu'aux bords de la Seine. C'est dans la cour du couvent des Mathurins , construit sur une partie de l'emplacement des Thermes, qu'au xvu' siècle eut lieu cette découverte, plus tard confirmée par M. de Caylus.

Après bien des transformations, ce monument architeélural, le seul dont Paris puisse se glorifier pour la partie antique de son histoire, ces restes d'un palais des césars, qui, depuis seize cents ans, ont, avec succès, résisté à tous les moyens de destruâion, étaient, en 1818, occupés par un tonnelier, qui avait rangé ses futailles dans les salles jadis habitées par les empereurs romains. La municipalité parisienne s'émut à juste titre de cet état de choses & y remédia enfin sous le ministère de M. Decazes.

Le paLm de k GV/, d'où esc sorti notre palais de justice, est un contemporain du prccédeni. Admirablement situé à la pointe occidentale de l'île, d'où il dominatc les deux bras du fleuvcj rcUé au vieux rcmpan romain, il complétait, avec le Grand & le Petit Chàtclct bâtis en tête du Grand & du Petit Pont, le système de défense de la Cité vers les deux rivtrs. Des l'époque gallo-romaine, c'était la résidence des Césars & des gouverneurs, cjui y rendaient la iiistice, puis des rois mérovingiens & capétiens^ allant d'une rive à l'autre, i! se terminait à l'ouest par des jardins. La façade s'ouvrait, au centre,, sur le forum, à la fois place publique & marché- Sous le règne de Robert II dit/r Pkuxit^t)6 k Ï03:), ce palais fut considérablement réparé & transformé. « Les officiers de sa cour, dit un contemporain, firent, par son ordre, bâtir à Paris un palais remarquable, n La construétion terminée, Robert le Pieux voulut l'honorer de sa présence & il ordonna qu'au jour de Pâques des tables, y fussent dressées pour fcter l'inauguration de cette nouvelle résidence par un somptueux banquet. Avant de commencer le

repas, le roi se lava les mains. Alors, de la foule de pauvres qui le suivait, s'avança un aveugle qui lui demanda l'aumône. Le roi, en badinant, lui jeta de l'eau au visage. Aussitôt, à la grande admiration des assistants, l'aveugle recouvra la vue. «Ce miracle, dit l'écrivain qui raconte le fait, dans le Kecueil des hiShriens de France, honora le nouveau palais de la Gté, & y attira un grand concours de curieux.»

Au xiif siècle enfin, le palais de la Cité reçut la forme dont il est aisé, après tant d'accidents successif?, de retrouver les lignes principales: enceinte crénelée, portes sur la rivière, sur la ville, sur les jardins, oratoire, donjon central, logis royal, grands degrés, le tout défendu de distance en distance par des tours.

La précaution n'avait rien de surprenant : en ces temps troublés, qui s'étendirent du xi" au xiu" siècle , les nécessités de la défense primaient toute autre considération} tandis que les abbayes situées hors des villes étaient entourées d'enceintes crénelées & de fossés , les demeures du roi & des seigneurs, même dans les villes, ressemblaient à des forteresses. Tout le reste n'était qu'un assemblage de méchanœs

habitations ressemblant à des chaumières de village.

A riméricur, l'aspcft n'^éuit guère plus engageant, ai l'on vivait pauvrement, même à k cour, L'aménagement y était fort sommaire :

nulle trace de parquet, de marbre, de riciïes lapis ; rien que de la paille. Écoutez le langage de Philippe Auguste dans un a£te «que nous traduisions littéralement ; «Pour le saint de notre âme & de celle de nos ancêtres, & dans des vues de piété, nous accotdons, pourTusagc des pauvres demeurant à l'Hôtel-Dieu de Paris situe devant la grande église de Notre-Dame, toute la paille de notre chambre &. de notre maison de Paris, toutes les fois que nous quitterons cette ville pour aller coucher ailleurs ^".»

C'est ce palais si peu confortable qu'habiuit le même roi, lorsque, s' approchant un jour de la fenêtre «pour Saine regarder Si pour avoir récréation de l'air)) '^', au moment où des charretiers qui traversaient la rue voisine en agitaient la bouc, il fui incommode par l'odeur qui s'en

"' FéutiEN, Hiitoiic de Paiii, Prvaseij t. I, p. 149. W Voir Zxf GnmJfs Cbmuqnes tle France, édit. P. Piris,

dégagea & interrompit brusquement ses contemplations. Cette mésaventure fut le point de départ d'une des réformes de ce règne la mieux faite pour frapper l'esprit populaire : Philippe manda le prévôt des marchands & l'invita à entreprendre sans délai le pavage de sa bonne ville. Ce fut le premier en datc'^'.

Deux portes donnaient accès aux cours du Mai & de la Sainte-ChapeUe. Dans la première, les degrés & le perron qui les couronnait donnaient accès au vestibule.

Quant à la Sainte-Chapelle, telle qu'elle existe encore à l'heure aâuclle , un san£luaire moins important l'avait précédée au tempsde Robert II qui, lors des transformations diverses apportées par SCS soins zn palais de la Cité, avait feit construire, dans l'enceinte de ce palais, une' première chapelle placée sous le vocable de

''' Des fouilles exécutées dans la me Saint-Denis ont naguère mis au jour des restes de ce pav^ : c'^uient des dalles ou carreaux en grès de trois pieds de cèti sut sis pouces d'épaisseur. Les eaux s'écoulaient au milieu de la rue : pas de trottoirs, comme dans les mes romaines; des borocs protégeaient le mur des maisons. Le milieu de la chaussée en était donc la partie la plus dédaignée j de là les expressions : être sur If pav^, rmer sur le carreau, & le carreau des HaBes.

i.mt NieoldSy Nous trouvons ce détail d-ins le traité d'hisroirc du moine Hugues de Fleury qui, aptes avoir dénombré les diverses églises dont Robert II fijt le fondateur, ajoLitc ; «Enfin il fit bâtir à Paris, dans son palais, l'église de Saiot-Nicoias. n

Cette chapelle ftit reconstruite en 1160 par Louis VII, dit /c Jmne, puis démolie & réédifiéc par Louis IX, en 1242. Voici les événements «qui amenèteii: Louis LX à faire cette nouvelle conittuftion :

B.T;udouin, empereur de Constantinople, vendit à Louis IX hi couronne d'épines cjui avait, dit-on, servi à la passion de Jésus- Christ. Cette relique coûta près de cent mille francs, nous déclare l'histoHcn de saint Louis, conicsscur de la reine Marguerite, ^ cependant une autre couronne d'épines, qui pareillement avait servi à !a même passion, existait depuis longtemps parmi les reliques conservées à l'abbaye de Saint-Denis. Dans deux processions générales, l'une en tigr, à l'occasion de la maladie du fils de Philippe Auguste, l'autre en 1106, pour diminuer un débordement de la Seine, on a vu les religieux de Saint-Denis

transporter à Paris, entre autres reliques, uoe Siii/ite couronne d'épines de Notre Sei^eur.

Ainsi, il est bien évident que Baudouin dupa. le roi de France & se joua de sa dévote crédulité! Bref, quelle que soit la vfaîe couronne, celle que Louis JX avait aussi chèrement achetée arriva d'Orient le lo août r239 Ai fiit déposée à Vineneuvc-l'Archcvcquc, où ce roi & toute sa famille se rendirent en grande solennité. Trois cassettes, l'une dans l'autre, contenaient cette relique : la première était de bois, ia seconde d'argent & la troisième d'or. Elles furent toutes trois ouvertes, &, aux yeux du public curieuK, on exposa cette rareté. De cet endroit elle fut ensuite portée par le roi, par Robert, comte d*Artois, & par plusieurs seigneurs qui marchaient nu-pieds» jusqu*à la ville de Sens. Enfin, huit jours après, cette couronne & son cortège arrivèrent à Paris. On fit une nouvelle station à l'abbaye de Saint- Antoinc-dcs-Champs. Là, un cchafeud ftn dressé en pleine campagne &, au milieu d'une pompe magnifique, la couronne fiât exposée aux regards des Parisiens. Enfin, le jeudi 18 août 1239, le roi se dépouilla de ses habits

royaux &, vêtu d'une simple tunique, pieds nus, se chargea, avec son frère Robert, de porter sur les épaules la relique jusqu'à la cathédrale de Paris. De cette église clic fut transportée, toujours en tcte a un cortège extraordinaire, à laSaintc-Chapcllc de Saiaf-NiceJas, dans l'enceinte du palais de la Cité.

Quelques mois après, Baudouin, voyant tiue le commerce des relicjucs kii était proiîlablc, fit à nouveau proposer au roi de France la vente de plusieurs autres, dont le libraire Corrozet nous a laissé la liste. Ces nouvelles reliques furent reçues à Paris le 14 septembre [341^ avec la même mise en scène & le même respect qui avaient accompagné la réception de la couronne d'épines,

Pour loger dignement tant de richesses, Louis IX résolut alors de faire construire une nouvelle Sainte -Chapelle. Commencée en l'an 1242, elle ne fut achevée qu^en 1248. Pierre de Montrcuil, le plus habile architede de ce temps, celui qui a su faire valoir avec le plus de goût les élégantes formes de l'architeÂure sarrasinc, improprement appelée ^/i/^fff, fut chargé de l'esécution de ce travail.

Dans cette constmflion on peut dire cju?

Pierre de Montrcuil a laisse un bel exemple de snn talent, tant est parfait ce morceau d'architecture temarC|Uablc. Mais laissons la parole à riiistorîcn de saint Louis, déjà cité :

«Pour lesquelles reliques, dit-il, il fisc ferc 1.1 chapclc à Paris, en laquelc l'en dit que il despendit bien quarante mille livres de tournois A plus. Et il bcn aiez roi aourna d'or & d'argent & de pierres précieuses & d'autres ioiaux. Les lieux & les châsses où les saintes reliques reposent. Ht croit l'en que les aoumemcnz desdites reliques valent bien cent mille livres de tournois & plus, a

IVitic sur l'emplacement de l'ancienne chapelle Saint-Nicolas, cette nouvelle chapelle est dmililc. c'cst-i-dire à deux étages. La chapcUc inlchcurc était desrince aux habitants de la cour du Palais & dédiée à la Vierge. Quant A !,i tfiapellc supérieure, elle était dédiée à la Sainic-Couronnc. Cette division était due à ce que les rois, les hauts barons, les évêques, les .-ibbcs, etc., étaient si persuadés de leur supériorité sur le vulgaire qu'ils auraient cru s'avilir & compromettre leur dignité en priant

leur Dieu dans la mcmc église que celle où priaient les gens des classes infcrîcuïes de U société.

Féli bien, qui écrivait au commencement du xvnr siècle, évalue la dépense de cette chapelle, le prix des relicjues & de leurs ornements divers, à ttoù itùUimis, valeur de 5on temps. Il faudrait évidemment aujourd'hui doubler ce chiffre pour avoir, en valeur aélucUe, l'cstiniation exa£le des dépenses que lit Louis IX pour cette chapelle & tout ce qu'eUc renfermait.

Bien des souvenirs, ici^ malgré les incvîtablcs transformations des sièdcs, nous rappellent le temps où saint Louis, «vctu d'une cote de camelot, d'un seurcot de tyrctclnne, moût bien pigniez & sanz coife, & un chapel de paun blanc sus sa teste» "^ rendait la justice au petit peuple, soit dans le vestibule du côté nord, entre les deux tours de César & du Trésor, soit dans le jardin voisin, «A fçsnit êstcndre tapis pour nousscoir çntourli ». Dans l'aile sud qu'habitait le bon roi, une partie du rez-

Vi^if Ij Chv»ii/tir Je JuLNViJJ-E.fJ. Je WJiliv, piir, 6o,

siècle

dc-chausscc du xiii" siècle subsiste encore avec ses galeries obscures ; les cuisines df saint Louis, grande salle avec tjuatre cheminées gigantcscjucs, Si les tahks de charité où il servait les viandes auï pauvres.

Depuis le début du xiu" siècle, les embellissements se poursuivirent dans la résidence royale, «ce neuf palais de merveilleuse &.

coustablc ccuvre, le plus bel que nul, si nous créons, en France oocqucs vistw, jusqu'à Philippe le Bel : c'est son ministre, le fomcuï Engucrrand de Marigny, qui divisa la Grami SaUe du premier étage, aujourd'hui salle des Pas-Perdus, en deux nefs par une rangée de sept piliers, la Et peindre d'aaur & d'or, & l'entoura des statues de tous les rois depuis Pharamond, sculptées par les prcraiers^wd^wj" en pierre du temps- Mais il ne s'cq tint pas, Timprudent ambitieux, aux ordres reçus : la noblesse de cour lui reprocha amèrement d'avoir dressé sa propre statue non loin de celles des rois, &. il semble bien que la catastrophe qui le frappa au début du règne suivant fut duc, pour une bonne part, aux rancunes de ses envieux.

Sans le moindre luxe dans sa consrruîlion,

— *n îî >•*— couvcne d'une simpic charpente en bois, cette ^and salie j telle qu'en possédaient dans leurs châteaux k plupart des hauts barons^scrv axe lors des grandes cérémonies : prestation de l'hommage des vassaus, réception des souverains ouambassiidcuTs étrangers, fctes publiques, A Tune des extrémités s'afiongeait la fameuse tahh de marbre sans lacjucllc il n'était pas de banquet royaU aucune ripaille de têtes couronnées : les per- , sonnagcs de sang royal avaient seuls qualité

Ipour s'y asseoir. Tous les seigneurs de moindre importance prenaient place i des tables particulières. £n 1254, Louis IX reçut à Paris k visite du roi Henri III d'Angleterre » qui était descendu à la Tour du Temple tft lui avait oifert I un grand repas. Le roi de France voulut à son tour traiter son frère d'Angleterre au palais de la Cité, & insista pour qu'U y passât une nuit. «Je suis ici dans mon royaume, iîi-il en souriint, & je veux à mon tour y être le maître '". 11 Cinq ans après, en 1259, nouveau séfour du roi Henri à Paris r le 4 décembre, dans la Grand SaUe du Palais & en présence des deux

''' Chnniifitf de M. I*Aiiis, trid. piir HuiLlird-bréliuDirs. 1. VUI, p. 86.

cours, il rendit hommage au roi de France pour son duché d'Aquitaine.

A la Pentecôte de 1513, Philippe le Bel arma chevaliers ses trois fils Louis, PhiUppc & Charles, au milieu de fêtes auxquelles assistèrent le roi Edouard II & sa femme Isabelle, fille du roi Philippe. Elles durèrent plusieurs jours & se terminèrent par un grand cortège des bourgeois de Paris & des corps de métier qui se rendirent en bon ordre, «à grand joie & à grand noise, au son des trompes, taborins, buisines & menestriers», de l'Ile Notre-Dame, par le cloître, jusqu'au palais où le roi & toute la cour étaient aux fenêtres pour les voir défiler (').

D'après Jean de Saint -Viftor, un contemporain, ils comptaient 30,000 hommes de pied & 20,000 cavaliers. «

''' Les Grandes ChroniqHes de France, là. P. Paris, t. V, p. 198.

Depuis la fin du xu' siècle, Philippe Auguste avait entouré Paris d'une nouvelle enccintcj cela nclui suffit pas encore, ik, selon certains auteurs, c'est lui qui j encastra une demeure teodilc à laquelle il donna le nom de Louitc.

Mais rien ne prouve que ce sait réellement li l'origine de cc château, & l'histoire, sur ce point, tout comme pour h p-r/m ^es Tbfiwfs, est restée assez obscure. «Les uns, dit M. Vitet, attribuent à Chrldebert, les autres seulement à Louis le Gros les premiers fondements de ce palais; ceux-ci en font d'abord un rende2-vous de chasse, de louveterie ou Lupani; ceux-là» en font des l'origine un château fort, un moyen de commander la rivière en face de la cité. Cc qui paraît probable, c'est qu'il existait li avant Philippe Auguste un caste! fortifié, que cc roi y fit de grands changements, le rcconfiïruisit même en entier, mais qu'il n'en fut pas le fon-

dateur. Les historiens du temps désignent sans cesse la grosse tour bâciç en 1204 par ce prince sous le nom de la Tour nmue, ce qui constate cvidemnicnt l'existence d'autres tours plus anciennement construites. C'est en 1204 que pour la première fois le nom de Louvre est officiellement prononcé. Jusque-là le champ est ouvert aux conjeâures.

Plus encore que k date de fondation du Louvre, la recherche de i'étymologie de son nom a été, pour les éiudits, l'objet de recherches nombreuses. Pourtant il paraît certain que le Tcrra-in sur lequel fut élevé ce château s'appelait \c L-ouvri (nom celtique, scmbic-t-il), bien avant que Philippe Auguste y fît con- *.truirc la toar mentionnée par M. Vitct. Une charte de l'an 1215, citée par Sauvai» porte que Henri, archevêque de Reims, fit construire une chapelle à Paris dans un lieu dénommé Louvrf. D'où venait ce nom? Du Haillan a imaginé que^ «le château du Louvre étant un des plus beaux édifices de la Fiance, Philippe Auguste l'appela ainsi parce que, dans le langage du tcmpSj le mot Lo/^tc signifiait l'œuvre, comme qui diroit quaâ-chtf-À'mtvrei

L'opinion de Sauvai, quoiï^uc oflrant bien

-de vraisemblance, s. été adoptée par l'abbé

îuf & par JaiHotj cet annaliste affirme

l'un vicuï giossairc ktiri-saxan traduit le moi cdfieOuw, c'est-à-dire château fort , par le moi kouetr, qui se scr;iii, au cours des ans, transformé en Louvre. A cette liste d'étymologies diverses, nous afoutcrocs encore l'opinion assez répandue qui tire le mot Louvre de Lapus ou Lupjia, s'appuyant sur ce que, dans l'origine, ainsi que nous le disions plus haut, ce château royal était un rendez-vous de chasse situe au milieu d'une foret très Fréquentée par les loups.

Quoi (ju'iî en soit, destiné à faire face i l'ennemi du dehors & à imposer respeét aux

trisicns, il tenait, suivant l'usage général du oycn âge, par un seul côté i la ville» «^ communiquait par l'autre avec la campagne,

^îe ne fut rien de plus^ i l'origine* qu'un norme donjon de trente-deux m^ctres de haut, où le roi, en sûreté derrière des murailles de Bouze pieds d'épaisseur, centraligait ses archives, son trésor, recevait l'hommage de ses vassaux, A l'occasion jetait même dans les fers les vas-

saui révoltés ou traîtres à leur suzerain. Cette prison, ce fut le comte Fcrrand de Flandre, le prisonnier de Bouvincs où il combattit avec les ennemis de la France, «qui Testrcna»..

Quatre ferrans ''' bien ferrés Tratnoietit Ferrand bien enferré''^'.

Il y resta douze ans avant d'être mis «hors de geôle » .

Cenc tour neuve, ou tour Ferrand, s'élevait au milieu d'une enceinte reftangulaïre de bâtiments défendus eux-mêmes par des tours rondes : tour de la Làbrairie, du Milieu; vers les jardins, de la Taillerie, de la Grande ChapeUe, du Coin, de V^irtiUerie, du Fer à chevalj vers la rivière, de l'Horloge, de la Fauconnerie, de la Toumelle, de VEcluse, & entourés de fossés qu'alimentait la Seine. Deux portes principales, protégées par des tours, s'ouvraient, l'une à l'est, sur la ville & la muraille, l'autre, au sud, sur le fleuve. Au nord & à l'ouest, de simples poternes donnaient sur la campagne.

(i| pfrraiicl, cheval /^ris.

'*' Chronique rimée de Phi!. MouskÉs, ^d, par Rciffcnbcrg.

Le donjon comptait à chaque ctagc luiit tcnêtres de tjuatrc pieds de haut & trois dç Jarge, protégées par des treillis.

Apres Philippe Auguste, chacun de ses successeurs contribua pour sa part à ia transformation graduelle du Louvre. Philippe le Bel y établit des iiccs, 6c, Philippe le Lorig, une ménagerie potir ses lions*".

'" C'est lui aussi. rVnus apprend M. Douct lî'Arci] (voir le N^iiPMti rpcnrtl des fimptrs ilf l'Afjteiitene. pLhlic par la Soci>ju- de l'HiMiitrc de Fciacc, Préface), ^và ^ir^lait 'y. IVugc supécicui Je la grossi: Tour Ju Louvre un gr.ind il^pôt de Jraps J'ur & de ^oie. L'hA.biCuJc d'cjiU&ser dn valeur, improductivcin, miîtaux précieux, inj-aiix, richcN Étoiles, tenait \ l'iynorantc ttutitftnii^ue Ju moyen âfjc. ,\ b fin du vi'slcdïjFréiii-gfindct manartt 5a tille Riyimihc \ \in. prince espagnol, lui donna une *|U3nTitiî ribuicmc d'or, d'argent fit de vciemeats prccicux : cinquanic voilurcs suffirent i pcmc à transporter le tout. H est vrai t^uc la pauvre fiancée fut entièrement pillée au cours de sun voyage. Devant l'étonnemcnt de Cliilpéric & des leudes pr&enis, !Frcdégojide observa ; cNc pcnsca pas i]uc ces richesses proviennent du trésor des aneicas rais Francs; elles sont le fruit de mes revenus, des dons du roî ik de ma bonne administration)) (GAEbOritB de Tou^s^ Hi.fî. ites Frases, I. VI. ch. XLv). Les rois Francs transportaient !i Icuf suite lf( gardaient sous la main un trésor, fruit de Icutn pllUge à la guerre ou de lewrs cxaftîons. Clovis ayant rair assassiner successivement plusieurs petits roiï Francs, Gfégoilt de TijufSj i^ui relate ces faits, conclut chaque

es V c|ui laissa au vieux Louvre du moyen tige l'empreinte la plus marquée de son aclivicc. Il fut «un sage artiste, nous apprend Christine de Pisan, i^ bien le monsiroit en devisant ses édifices»'''. L'impartialité nous oblige à confirmer te jugement & à rendre hommage à l'ailîvité de ce roi t|ui continua les travaux de Piiilippc Auguste dans le vieux château & entreprit ceux de l'hotcl Saint-Paul.

«Le chastel du Louvre à Paris fist édifier à neuf moult notable iSc bel édifice, 11 Au début de sa régence, il continua bien à habiter l'ancien palais. Lors de sa tragique entrevue avec la populs tion parisienne conduite par le prévôt Etienne Marcel, en février 1558,1c jeune régent y occi^ pait l'étage supérieur « sur les merceries :

c'est-à-dire au-dessus de la galerie des merciers construite par Philippe le Bel t'-*'. Après la chui

tois par cette rcmartjuc : ull s'empara de leurs trésors. u Les exemples de cette piat^ue persistent jusqu'au xiv* siècle. Dès la mort de Chadcs V, ioa ftère, le duc d'Anjou, courut ^ MduQ & se fit livrée le tr^ot du feu roî czcbij daos U muraille du château.

'" Voir le UvTf dfs jrt'is dn roy CharUs l^ ch. xi.

'" Les agrandisscmencs ex^cuiis par ce prince ne suffiiiaieiit déjà plus à loger les cours ujuvcraîncs en même

— •*! 31 )••* — du malheureux prcvôti le dauphin acheva le nouveau mur d'enceinte cnmmcnce par l'administratjon iqui venait de sutcomber, le dirigeant du rinrd au sud suivant une ligne tjiii relierait aujourd'hui le guichet de Rohan, la place du Carrousel ^ le guichet du qua.i au pont des Saints-Pères. Le Louvre était, dès lors» complètement englobe dans l'enceinte parisienne. A l'abri d'un assaut de l'ennemi, U rude forteresse était prête à se transformer & à recevoir tous les embellissements que comportait sa nouvelle condition, celle d'un palais de ville.

Le jeune prince trouvait le Louvre trop bas ; i! commença par en exhausser les ailes de lo à 12 mètres, les couronna de terrasses, augmenta le nombre des logements & les rendit

icmps i^uc le roi. On avait donc surélevé le premier ^la^c, & c'est dans ces. nouveaux appartcmeots^sous les comble*, cfuc logeait aJors le dauphin. Les mots de sa biographie : «le foy Charles V fut logié es chambres Sc^latiiii que son pcrCjlc roj Jehan, Sa £iirci>, déstgneiit simplement un logement à ratage supérieur, & non psï,comtnç dan* notre laogue inOidertic, une chambre misérable ou^tfeiï, Dans le pohe Eu«. DcschartipB, c'est, au conMaîre, U partje la plui importante d'un chiTcau,

plus commodesi bref, tout rédifice adopta une physionomie plus moderne. Les deux nouveaux escaliers tournants, les -vis, avaient été l'objet de soins tout particuliers : l'un, de 83 marches, desservait les quatre cuges, l'autre, de 41 marches, montait jusqu'à la terrasse. Pour les ' achever, comme si les carrières de la banlieue n'eussent plus suffi, on fut, remarque Sauvai, «oblige de troubler le repos des morts» au profit des vivants, & de prendre dix pierres tombales dans le cimetière des Innocents. Du reste, le «m,aistre des œuvres» , le célèbre Raymond Du Temple fit de son mieux : il décora la cage de l'escaiier de dix grandes statues de pierre placées dans des niches, chacune reposant sur un piédestal & surmontée d'un dais : statues du roi, de la reine & des jfrinces de leurs familles. A chaque palier s'offrait un banc ou reposoir «afin que le roi pcust se reposer en montant». Enfin la vis se terminait par les statues de la Vierge & de Jean-Baptiste, & sa voûte était ornée elle-même des armes royales,

La plupart des appartements furent remis à neuf ou subirent une profonde transformation :

parmi cclik qui bordaient la grande cour intérieure, c'ctaicnc îa ^ aride sjfle tie iairtî Ijjuii, seul souvenir de ce roi dans le châtesu pour lequel i! n'avait jamais témoigné grand inccrcc, U sji/r netwt dit roi, U salie tient'e df la reine, la chambre du comdl, ^nn^ s.tllr Imjie àont le roi fit, en 1366, orner les parois de peintures figurant des oiseaux, des cerfs au milieu de paysages. Sous la voûte de la grosse tour, se trouvait la chambre du trésor particulier du roi, dont s'empara le rapacc duc d'Anjou, w 11 fu saisisde tous les jcuiaulx du roi son frère, dont il avoir sans nombre», nou* raconte Froissart"'. Enfin la chapelle, car on ne pouvait concevoir de château royal sans chapelle, la chapelle, disons-nous, dédiée à la Vierge, était surmontée d'un petit clocher en menuiserie.

Au-dessus de la porte, un grand fronton gO' thiquc, orné d'une image de la Vierge &d'angcs portant des encensoirs ou jouant de divers instruments, supportait les armes du rni & de la reine. A rinrcricur, treize statues de prophètes étaient dressées le long des parois. Des jardins

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