LE STYX
les nobles mobiles du cœur luiiiiaiii, il fallait parler aussi aux mobiles plus bas el donner à la loi sa plus sûre sanction : la ciainte du châtiment. J'ignore quelle expiation était réservée au parjure. Mais il est si facile d'épouvanter Fimagination de l'enfance et des peuples ignorants! Les Félasges de l'Arcadie ne devaient pas être n»oins féconds en récits terribles (pie les Pt^lasges de l'Elrurie. Probablement ou affirmait (pie le supplice du sacrilège ne commençait (pi'après sa mort : <jn ne s'exposait point ainsi à être démenli. Celle vengeance posthume, attribuée au St\x. en lit bientôt un fleuve des enfers.
Le châtiment des mortels est lesté un myst(Me, mais Hésiode nous appiend cpiel était celui des dieux'. «L'habitant de l'Olympe (pii man(pfe à « son serment reste sans haleine et sans voix inie « année entière; ni l'ambroisie ni le nectar n^ap- « procbent de ses lèvres. Lnsuite, pendant neuf « ans ^, il est séparé des dieux éternels, exclu de
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(r/iroo., V. 7*^5.) ' Les iiciil n-|)li-> du Slv\ ne ici .liciil-iU pas ii la l<»is unevrrité géogiapliiiiiic ri im sviiilxilc ;'
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« leurs conseils, de leurs festins. » Après ce ternie,
il reprend sa place sur X Olympe neigeux ^
Si l'on voulait transporter sur la terre la punilion des dieux et traduire cette description poétique en langue vulgaire, on pourrait en conclure que la loi condamnait le parjure à un an de prison ^ et aux privations que la prison entraîne; qu'ensuite il était exclu pendant neuf années des assemblées et des fêtes, déchu de ses droits politiques , signalé au mépris de ses concitoyens. Pour les anciens, la prison était l'image la plus parfaite de l'enfer ; ainsi , Aïdonée , de roi des Thesprotes, devint loi de l'infernale demeure, pour avoir puni Thésée ravisseur de quelques années de captivité.
Homère place simplement le Styx aux enfers ^, où ses eaux, qui forment le Cocyte, se jettent dans l'Achéron. 11 énonce un fait géographique, sans chercher à l'entourer de fictions et de monstres. Bien plus, Hésiode montre la redoutable fdle de l'Océan au milieu d'un palais magnifique, entouré
' Hésiod., ibid.
' La prison n'est-elle pas ce tombeau où l'on est enseveli vivant, sans haleine, sans lumière, sans voix ?
•' "livÔa [xàv tU 'A/épovra IlupicpXeYÉQwv T£ ^éouffiv
(Odjss., XIII, 5 14.)