‹ Études sur le PéloponèseChapitre 45 sur 66 · Avô[a](; 'AXeîàvopou · texte numérisé non relu

Avô[a](; 'AXeîàvopou

Ligne i^^. — La couronne, les bandelettes, les lettres, toute la tête de l'inscription sont dans un élat de conservation tel, (|n'aucune confusion

n'est possible. H y a bien Aïop tepa. C'esl un exemple curieux d'une des particularités du dialecte éléen.

u Les Erélriens \ » dit Stiabon, « avaient reçu « une colonie de l'Elide; c'est pourquoi ils em- « ploient fiéquemuienl la lettre p, non-seulement à « la fin des mots, mais au milieu : usage que raille « la comédie. ^>

Dans une inscription très-ancienne, trouvée à Olympie par M. Gell ^, on voit, en effet, le p substitué au c à la fin des mois les plus usuels, de l'article, de l'enclilicjue, To^p pour toîç, Tip pour- Ti; 3.

De plus, on trouve dans Pausanias un exemple du p à la place du g au milieu du mot. Au lieu de donner- à Apollon ^ le surnom de Thesmios , comme les Athéniens, les Eléens l'appelaient Thermios. De même, ils disaient ôepp-a pour Gscaa^.

' 'Etcoi'xouç la^^ov àiz "HXioo; , àcp' o& xai tw Ypâu.u.aTi tw ^ TToXXw ypYiffâjxevoi oux Itz\ xéXsi (jlovov àXXà xal ev u-éato twv ^v)u-a- Twv xe)coj[j.toor,Tai. (L. X, p. /»48.)

' Voy. Bœckh., t. I, n" ii.

^ 'A Kpaxpa Toîp FaXEioiç xai toîq 'HpFatotç. ... aï os tig xi Ypotcpea

4 Tov [jlÈv oy) irapa 'HXei'ok; 0£p[xiov 'AirôXXtova xai aÙTw uoi irapiaTotTO eîxâî^stv wç x.axà 'AxÔtôoc -(iMQ^'x.-^ eir; ©ectixio;.

{Elid.,\, c. XV.j

^ Hésychius, il est vrai, in' dit pas si celte altération l'-tait

:}18 KUDE.

Ligne 1. — Mzt èy.v/zi^ou n le même sens que j)liis haut, ai'cr hi ireve ^ à Xarrivée de la trêve, au commencement de la trêve sacrée, qui a suivi l'olympiade...

11 est assez sitigulier, que, dans trois inscriptions, nous avons les trois manières difféientes de compter le temps. Dans la premièie, la date est fixée par l'olympiade <y«/.yw/V; dans la seconde, par l'olympiade qui court ; dans la troisième, par l'olympiade qui précède : le futur, le présent, le passé ' .

La durée du sacerdoce se prêtait, en effet, à ces variations. Archélaùs, par exemple, entrait en charge après la aSS*^ olympiade, exerçait ses fonctions pendant la 256^, les quittait à l'arrivée de la 257*^. Il est clair qu'avec ces trois termes el différentes piépositioiis on peut imaginer plusieurs combinaisons chronologiques, qui toutes arrivent au même résultat.

Quant à la date perdue de celte troisième inscription , il est probable qu'elle est un peu anté-

particulière au dialecte éléen; mais l'analogie ne permet-elle pas de conclure du dérivé à la racine ? Voyez, du reste, pour les particularités du dialecte éléen, Arens, de Ling. grœc. dimlectis , t. I , p. 226 et t. II, y. 535.

1 tj) Trpo TT)!; « V (, oAuanaooi;.

hTTt tViî C ; a OAUlATClOtÔO?.

Toïï [x«Ta svjv . . : . oXu[Ji7riaîa.

LA CITÉ OLYMPIQUE. Mi)

rieure aux deux précédenles; mais il ne faul pas remonter beaucoup plus haut que la première. Car les caractères offrent une ressemblance complète: ce sont les mêmes M, les mêmes €, les mêmes C. D'un autre côté, ce cpii me ferait classer cette table sacrée avant les deux autres, c'est la rareté des noms et surnoms romains.

Lignes ^-S. — Le nombre des tbéocoles, comme celui des spondophores, comme celui des sTriarov- ^o^y^ncTcâ est encore de trois. Evidemment c'est une loi, et non plus un basard, qui se rencontre aussi constamment. Titus Flavius Damaristus est peut-être le ^rand-père ou le grand-oncle de Titus Flavius Arcbélaùs. Titus Flavius Narcissus, le ypa[A[xaT£uç , appaitient à la même famille.

Lignes i2-i5. — L'absence de devins iamides ne peut s'expliquer (jue par des naissances tardives et des morts prématurées : de sorte que, pendant plusieurs années, cette famille ne pouvait fournir aucuns devins aux autels d'Olympie: les pères étaient morts, les fils trop jeunes : on attendait.

Lignes \^ et ]']. — Le ypa[xt;.aT6u; , au lieu de venii" le dernier, comme nous l'avons vu précédemment, passe avant le musicien et les enfants. Il doit probablement celte légère piérogative au lien de parenté «pii Tunil à l un des trois grands |îf»"'l res.

Lignes io--il\. — Celte fois, les £7vic'7Tov(^op)(^vi* cTat ne sont pas les fils des théocoles, mais leurs petits-fils. Le seul Niger, comme Damaristus n'avait pas d'enfants, était entouré dans les cérémonies saintes par quatre membres de sa famille, Sophon et Posidippe ses fds, et ses pelits-fils Syntropbus et Aristonicus.

Deux lettres manquent au nom de Sjntrophus ; le sommet de la première est encore visible et paraît appartenir à un A ou un M. Je ne connais pas d'exemple de ce nom dans les insciiplions grecques; mais Spitrophus et Syntrophe sont extrêmement communs dans les inscriptions latines.

Ligne i[\. ~ Le mot incomplet que contient cette ligne ne peut être un nom propre; car il n'y avait c|ue trois sTTicrTvov^opyvîGTai et tous les trois viennent d'être cités. En outre, la terminaison T^'ç indique un nom qualificatif et désigne vraisemblablement les fonctions ({ue remplissait Antbas , fils d'Alexandre.

D'autre part, il est à remarquer que le ^uleuç ne figure point dans cette inscription, et que, d'oidinaire , il occupe l'avant-flernier rang dans les tables sacrées, le dernier par conséquent, lorsque le greffier n'est pas après lui, comme il arrive ici.

De même que nous avons vu appeler les ca-

LA CITÉ OLYMPlQl'i:. 321

milles de Irois titres différents (ùrocTrovi^ofpopoi, ÛTvOG-JTOvt^opyriGTai, eTrtcrovr^opy/j'jTai), il se |)()iiiTait que les fonctions de ^uT-eu; fussent désignées pai' pkisienis mots, d'anlant (|ue le nom ^uXeu; (bûcheron) devait païaître bas et peu flalteni- pour celui qui le poitail.

K]aOvi[y-£po[()u]T-/î; signifierait donc le saciificateur ordinaire, de cba(|ue jour, celui (pii assistait le grand prêtre, et peut-être le reuiplaçait ])our les saciifices les moins importants. Bien que ce mot se piésente pour la piemière fois, il n'est pas inadmissible, et les inscriptions nous en ont révélé bien d'autres. Il est composé comme l'adjectif ■/,a()r,[j.£po€i,o; , et rappelle le mot UpoOÙTr.;, (pii n'est également connu (pie j>ar les inscriptions '. .l'avais [)résenté jadis cette lestitution avec une extrême réserve, .le la maintiens aujourd'hui avec toute confiance, fort de l'appiobation d'un des maîtres de lu science épigra|)lii(|ue, de M. I.e Bas.

Li'ji^iic '23. — Le nom du dernier personnage est-il Antbas ^? La teiininaison «ç est plus fréfpiente dans le dialecte dorien , et nous en avons des exemples dans ces inscriptions mêmes : Aplnodas, Sceptas, Soléridas.

' \()\('/ \ K.i:])Hc. (les J/isciipl. :;r. et lui., recueillies p;ii- la eumniissiiHi de iNloree, par Pli. Le ii;is, i. I , p. if».

* Aiillias est le nom d'uii (ils de Neptune cite pai" P.iii sanias , Coiinth.^ \X\L

;j-2-2 KLIDE.

Je résume darjs un rypide tableau les laits les plus vraisemblables (|ui résultent de ces trois inscriptions et des textes qui les éclairent.

Les charijes sacrées étaient de deux sortes, les unes tempoiaires, les autres à vie.

Les ministres (|ui n'exerçaient leurs fonctions que pendant la durée d'une olympiade étaient:

Les trois thcocolcs^ nommés par le soit;

Les trois spomlophores , leurs fils ou plus [)roclies parents;

hes trois hyposjHyndop flores , leurs fils plus jeunes ou petits-fils;

J^es joueurs de flûte ^ désignés prol)ablemenl par un concours '.

Les ministres à vie étaient:

Les devins , qui appartenaient à deux familles j)rivilégiées, et pienaienl possession des autels par droit héréditaire;

\jà?, exéifètes ^ interprètes des dogmes, gardiens des traditions, dont l'élection avait été sans doute détei-minée par quelcjues difficiles épreuves; mais cette garantie et leur science assuraient la perpétuité de leurs fonctions;

Le xyleus^ ministre subalterne et agent commercial delà communauté;

I For. '\\e\cker, Sjlloge Epigrnmni., u° 158

Krîpi»; vixyîuac; xaÀov àyôiva Aidç.

Le »re(/îef\, gardien des fastes olyin|ji(|iies, des décrets du sénat, des revenus sacrés.

Ce n'était pas seulement aux grands jours que ces minisires entouraient les autels: ils vivaient à Olympie même, dans la solitude et la retraite, et habitaient le Théocolion. Chaque jour ramenait un nouveau devoii-, un nouveau sacrifice, auquel tous étaient tenus d'assister, excepté le greffier et les deux théocoles (|ui n'étaient pas de service ce mois-là.

C'était naturellement (|uand les cliarges leii»poraiies allaient expirer et les charges à vie lecommencer une nouvelle carrière, au moment où la religion préparait ses plus magnifiques pompes, (pie l'on gravait sur la pierre les noms de lous ceux (jui avaient servi les dieux pendant l'olvnq)iade.

Comme ces trois tables sacrées sont du m'' siècle après Jésus-Christ, on doit se demander si les renseignements qu'elles offrent ont un caiaclère légitime de généralité; si la constitution religieuse d'Olvnq)ie sous les empereurs est encore la constitution des l)eaux temps de la Grèce? Sans vouloir rien affiinier, il me semble que dans ces inscriptions tout atteste la plus grande fidélité aux traditions, et les formules, (jui appartiennent évidemment à une époque beaucoup plus reculée, et les titres des différents ministres, et l'hérédité

32i ÉLIDK.

des cliaiges dans certaines familles d'origine anli(|ne et fabuleuse. La confirmalion constante qu'elles rencontrent dans le texte de Pausanias n'est pas non plus sans valeui-, bien que Pausanias ne vécût qu'un siècle plus lot, sous l'empereur Adrien.

Quand la Grèce eut été asservie })ar les Romains, les jeux d'Olympie perdirent ce caiaclère de grandeur, d'orgueilleux enthousiasme, (pie la liberté donne aux fêles nationales. Mais rien ne prouve que cette décadence fût allée plus loin. Les plaisirs étaient |)Ius nécessaires (pie jamais aux Grecs, depuis que la vie politique ne les occupait plus; les con(piérants l'avaient si bien compris cpie, le lendemain de la luine de Corintlie, de peur que les jeux Islbmiques ne fussent inleiiompus, ils chargèrent les Sicyoniens de les faiie célébrer.

LaGièce, condamnée au calme sous le joug de ses maîtres, se consola par l'amoin- des aris, des lettres décimes, par les fêles. Les Romains, les premiers, concouraient par leur- présence à accroître la pomj)e et l'éclat des jeux 01ympi(jues. Les proconsuls ' et les magistrats qui gouvei-

' Un édifice particulier était destine au gouverneur romain, lorsqu'il assistait auxji'ux. C'était \e Leonidœuin.

(Paus., EUcL, I, c. XV.)

LA CITK OLYMPIQUE. :i-2r)

liaient la pmvii)ce d'Acliaïe, les jeunes Bomaiiis qui, selon l'habitude, complétaient en Grèce leui éducation , les voyageuis qui la visitaient, les i iclies Romains (jui venaient y hàlii de Ions côlés des palais et des villas', tous ces barbares civilisés savaient applaudir aux vainqueurs d'Olynipie, et même y laite disputer le prix en leur- nom.

Les Kléens, qui avaient exercé avec lant de zèle et de jalousie leur rôle de pacificateuis , de juges, de maîtres des céiémonies , purent se donner tout entiers à ces soins iuqiorlants. La main prolectrice de Rome était lourde |)arlois, rjuand . elle enlevait à Olympie (|uel(pies cenlaines de stalues pour end^ellir- un palais ou un temple; et si le Jupiter lui-même échappait à la convoilise de Caligula , c'est (|ue l'on cioyail alors qu'il était impossible de Iransporler l'immense colosse de Phidias. Mais les Eléens avaient aussi des jours de joie et d'orgueil, cpunid les empereurs venaient assislei' à leurs (êtes, quand ÎSéron descendait lui-même dans le stade pour v disputer la victoire.

Je ne pense donc pas (pie les jeux Olvnq)i(pjes eussent rien perdu' de leur célébrité, (pioiqu'ils eussent perdu leui- véritable grandeui-. Ce ne lut plus la Grèce libre, mais l'empiie romain tout

' Aujoiird'liiii mémo, il reslc dans la vallrc d'Olvinitic dos mines romaînos

entier qui eut" le droit de s'y asseoir. Comment les traditions sacrées n'eussent-elles pas été conservées avec plus de respect encore que les traditions du stade et tle l'iiijîpodrome? Elles se continuèrent jusqu'à l'avènement du christianisme. Alors Olyrnpie vit fermer ses temples et renverser ses autels; et, comme si la nouvelle religion avait une force que Rome elle-même n'avait point eue , le Jupitei- de Phidias alla orner une place de Constantinople et périr misérablement dans un incendie.

LACHAIE.

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