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Zeuç acpevoç, valsv o' oy' èv îCipuydpo> iijtuôivt. ^ C'est cette lacune (|ue Castor comble par une théocratie de trente-six ans. Sept prêtres d'Apollon Carnien se seraient transmis le pouvoir après Zeiixippe, lieriiit i roi «le \.\ première dynastie.
nifi SIGYONE.
Ainsi, celte liste est eiionée précisément pour l'éptxpje la plus récente et la mieux connue. Que <loit-ce être poui' les temps antérieurs? Mais l'on sait, en général, à quoi s'en tenir sur ces dynasties grecques, qui doivent être d'autant plus suspectes qu'elles sont plus complètes et remontent plus haut dans les époques fabuleuses.
La Sicyonie était un pays trop riclie et trop convoité pour écliappei" aux Héraclides. P/^rt/r^j-, fils de Téménus, s'empara de la ville pendant la nuit, et partagea ensuite le trône avec le roi qu'il avait renversé, Lacestadès. Son histoire et celle de ses successeurs est ignorée. A une époque également inconnue, la royauté fut abolie, et le gouvernement démocratique établi à sa place. Mais aussitôt la guerre éclata entre le parti aristocratique et le parti populaire. Après de longs troubles, la multitude victorieuse put se livrer si entièrement à ses caprices, qu'elle éleva au trône Ortha^oras ^ un cuisinier, s'il faut en croire certains témoignages ^ . Ce fut au commencement du huitième siècle, vers la aS*^ olympiade, l'ère des tyrannies dans toute la Grèce, que Sicyone donna la première le spectacle d'un roi parvenu et d'un État heureux pendant cent ans, sous des souverains qui n'avaient d'autre force que l'amour du
' l^liit., de Sera Nuni. tùnd. — Liban., t. Ml, p. iSi.
SON IIISTOIHK. :Vû
peuple, (l'autre noblesse ([ue leur respecl des lois.
Ortliagoras transmit sans obstacle la couronne à son fils ^ndreus. Celui-ci eut pour successeurs Mjron , Aristonymas ^ C/isthène^ le dernier et le plus illustre de cette famille où l'usurpation fut consacrée par l'hérédité. « H faut en chercher la M cause, » dit Aristole \ a dans la modération « avec laquelle ils usaient de leur autorité, dans <^ leur soumission constante aux lois et dans les « égards qu'ils témoignaient au peuple. On dit « que Clisthène couronna le juge qui, dans un « procès, lui avait donné lorl. >»
Clisthène était, en outre, un habile général; l'orgueil des Sicyoniens dut être singulièrement flatté, lorsque les Amphictyons de Delphes lui décernèrent le commandement de leurs troupes, dans la guerre contre Cirrha ^. 11 soutint aussi contre Argos une lutte dont les détails nous sont inconnus. Mais Hérodote raconte^ que, dans sa haine contre les Argiens, il prosciivil les chants d'Homère, où leur nom est si souvent célébré, changea les noms doriens (|ue j)ortaient les tribus sicyoniennes, abolit le culte du héros
' Polit., I. V, ( . y.
' Pans., Phoc, XXXVII.
^ Flrmd., \\ r^- et ^«.
l]^ SICYONE.
Adtasle, parce qu'il était Argieii d'origine, si bien que l'oracle de Delphes, qu'il coiisullait à ce sujet, l'appela biigand.
Comment croire que l'oracle, quoi(|u'il représentât le principe doricn , pût traiter de brigand celui auquel les Ampliiclyons confiaient la défense de la cause sacrée, celui qu'ils donnaient poui- collègue au vertueux Solon ? J'avoue que le témoignage d'Âristole me semble d'un bien autre poids, d'autant (|u'Hérodole se plaît à raconter sur- le même prince des faits plus dignes du roman que de la gravité de l'histoire'. C'est ainsi que Clisthène auiait fait crier par toute la Grèce la main de sa fille, et donné l'hospitalité pendant un an à tous les prétendants qui se rendirent à son appel. On pense s'il en accourut, du continent, des îles, de l'Ionie, de l'Italie; des Sybaiites efféminés, des Arcadiens grands chasseurs, des Molosses et des Éloliens gigantesques, de spirituels Athéniens. Je crains même c|u'Hérodote, ou la légende qu'il a lecueillie, n'ait été cheicher ses héros jusque dans les enfers, témoin un certain Léocédès, fils de Phidon , roi d'Argos, qui était mort depuis plus de cent ans. Pendant une année entière, ce ne furent que courses, jeux, chasses, festins, conversations et autres épreuves
' Héiod., VI, c. i-i6 et siiiv.
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à l'nide des(|iielles le roi Hxail el mùrissuil son clioix. Il ne pouvait manquer d'èlre admirable de sagesse! Far malheur, le jour même du jugement tant attendu^ après un repas poui- lequel cent JDœufs avaient été égorgés, au moment où Clistliène allait proclamer vainqueur Hippoclide, d'Athènes, celui-ci se mit à danser sur la table d'une manière qui ne faisait l'éloge ni de sa tempérance ni de sa jnjdeur. Clisthène ne put se consoler qu'en donnant sa fille à un autre Aihénien, à Mégaclès, de la famille des Alcmœonides.
Aucun peuple n'a légué à Ihistoire plus de mensonges que le peuple atliénicMi , et de plus chaimants mensonges. Le fort d'Hérodote est d'avoir- été l'hôte des Athéniens, et d'avoir trop souvent ajouté foi à leurs récits. L'union d'un de leurs concitoyens avec la fille d'un roi était un événement tout à fait propre à exercer- leur imagination. Us l'exercèrent si bien que les nrodernes ont trouvé dans Hérodote une comédie toute pvéte; Molière, après les Filspagnols, en fit la Pr/'/icesse (V Elide.
Les Sicyoniens recouvrèrent leur- liberté après la mort de Clisthène; ou, pour mieux dire, ils retombèrent dans les troubles, dans les révolutions, et ne cessèrent d'être déchirés par- la haine des riches et des pauvres, celte éternelle maladie des républiques. Pendant trois siècles, la lutte
;J50 SlGYOïNK.
semble ne s'être ralentie (jue lorsqu'un tyran populaire réunissait dans ses mains toute l'autorité. Le parti aristocratique le faisait assassiner; le peuple le pleurait, lui élevait un tombeau magnifique, et les dissensions reprenaient leurs cours. L'aristocratie pure et vrainient dorienne périt dans ces guerres civiles ^ ; la démocratie perdit sa force et sa dignité, et l'on vit bientôt les prétendants se multiplier, se renverser les uns les autres, se disputer ou se partager Sicyone comme une proie. Eupltron usurpa même le pouvoir, avec l'aide des Arcadiens et des Argiens ^ qu'il avait appelés. Le peuple, devenu indifférent, les laissait faire. Son dernier effort fut de porter à la magistrature suprême Clinias\,\ion\xne vertueux, qui fut promptement assassiné. Ce fut son fils AralLis qui réveilla les Sicyoniens de leur indolence et de leur servitude, ramena les exilés, réconcilia les partis, glace à l'argent de Ptolémée, et rétablit le gouvernement démocratique. En même temps, jugeant sa patrie trop faible pour se maintenir libre au milieu des dangers qui l'entouraient, il la fit entrer dans la ligue achéenne, Sicyone, du reste, n'avait jamais été puissante par les armes, ni d'iinnieui- belliqueuse. Son
• 1*1 11 t., fie (C Aratus.
^ Xenopli., Hellen., VU, .',5.
SON HISTOlUi:. ;{5I
j^énie, sa ricliésse, les arts, la portaient plulôl à la mollesse. Au temps de sa plus grande prospérité, on ne voil pas qu'elle ait réuni plus de tiois mille hommes; c'était à la bataille de Platées'. A Salamine, elle n'avait que quinze galèies'^, quand Mégare , Égine, tant déchues, en comptaient vingt.
Entraînée par Coiinthe dans la guerre du Péloponèse, elle eut beaucoup à souffrir des descentes de la flotte athénienne. Dès la première année, Périclès ravagea laSicyonie, et battit les Sicyoniens qui voulurent lui résister ; Diodore dit même que la ville ne fut sauvée que par l'arrivée des Spaitiates ^. Iphicrale, général athénien, les vainquit également sous leurs murs 4, et leur tua quinze cents hommes. Chaque apparition des vaisseaux athéniens dans le golfe de Corinthe annonçait à Sicyone une défaite, x^ussi ne fut-ce qu'à contre-cœur et par force ^ qu'elle resta jus-
' Hérod,, IX, '>.':.