L'ACROPOLE
prélresses consacrées à la fois au service du temple.
Lesstatuesnu'on v vovait étaient celles de Vénus armée, de l'Amour tenant un arc, du Soleil, premier souverain de l'Aciocorintlie, au(|uel la déesse donnait ainsi l'hospitalité après Tavoir dépossédé.
Il faut avouer que celte admiiahle situation convenait, avant tout, à la déesse de la beauté et des grâces. La vue magnificjue cpi'on a d'une si grande liauteur embrasse les lieux les plus remarcjuables de la Grèce, les noms les plus j)oétiques. Au pied de la montagne, c'est l'isllune, cher à Neptune, théâtre des fêles et des jeu\ (|ui rassemblaient toute la Grèce. Il semble à peine séparer les deux mers dont les beaux flots viennent mouiir sur ses rives opposées. C'est bien , selon l'expression de Pindare, un pont jeté sur l'abîme'. Au nord, le Parnasse, l'Hélicon aux sommets neigeux , le Cithéron où le pâtre corinthien recueillit OEdipe. Au sud, la riche plaine de Sicyone que couronne le lointain Cyliène; plus bas, le défilé de Némée (jui conduit à Mycènes,.la ville d'Agamemnon. A l'orient, le golfe Saronique et « l'innondirable sourire de
[Jstliin., III, \. 38. )
iî8 CORINTHE.
« ses flots ', » les roches scyroniemies, encoi'e redoutées des voyageurs; Égine, aimée des arts; Salauiine, nom glorieux; Atljènes enfin, assise à gauche de l'Hymette et derrière laquelle le Pentélique s'élève doucement comme un fronton de temple. Plus loin encore, le capSunium, d'où Minerve étendait son bras protecteur sur lesflottes athéniennes.
Pour des âmes plus viriles que celles des Corinthiens, combien un tel spectacle était propre à enflammer l'ambition! Quel désir naturel de posséder tant de contrées qu'ils embrassaient du regard! Mais ils aimaient mieux en goûter mollement les charmes, au chant des courtisanes dont la longue procession venait, couronnée de fleurs, remercier Vénus armée, Vénus victorieuse des Perses.
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'Avrîpiôjxov Y£^a<7[xa. (Eschyle, Prométli., v. 89.)
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CHAPJTRE IV.