CHAPITRE IV
LA ari OLYMPIQUE.
Dans la vallée de F Alphée y au pied du mont Eronins et à peu de distance du temple de Jupiter Olympien^ on trouve un piédestal de statue d'environ un mètre de haut. La marque des pieds et des crampons qui la fixaient est encore visible. Sur la face de ce piédestal se lit Tinscription suivante :
H n O A I C H T (0//// H A€ia)NT(|)A AB|0'* APX€A AONTON €AYTHC€Y€P r€T H N €K TO) N I € P 0) N T O Y A I O//// X PHMATW N A N €CT H C€N
*H itSkiç ^ tS)[v] 'flXita>v T(iTov) «Xdfeiov
280 ELIBE.
'Ap'^éXaov, Tov
l«UT^; eùep-
YgTYJV , Ix TWV
tspcov Totl Ato[ç]
ypYJIAOtTWV à-
Quelque clairs que soient les termes de cette inscription , elle n'offre qu'un médiocre intérêt, <îonmie tant d'autres qui assurent l'immortalité à des noms inconnus. Qu'était-ce, en effet, que cet Archélaûs avec ses prénoms romains? A quelle époque vivait-il? Par quels bienfaits avaitil mérité la reconnaissance des Éléens et surtout de Jupiter, dans le trésor duquel puisait le sénat olympique* ?
* C'était probablement le sénat même d'Élis. Ainsi les Hellanodices étaient à la fois les présidents des jeux et les chefs de la république. A certaines épo(|ués, le sénat se déplaçait , et, en changeant de lieu, changeait d'attributions. Un édifice spécial avait été construit dans l'Altis pour ses séances. (Paus., EHd.y I, c. X XT II et XXIV. ) C'était dans le Bouleutérion qu'il prononçait, aux grands jours, sur les appels portés à son tri* bunal par les athlètes mécontents du jugement des Hellanodices (Pausan., Elid., II, c. III.), qu'il discutait, dans des séances moins solennelles et plus fréquentes , les intérêts du culte , l'administration des revenus sacrés, les récompenses méritées par les ministres saints, leur élection peut-être.
Mais, sur les deux faces latérales da piédestal, deux autres inscriptions plus longues satisfont en partie à ces questions , et en même temps jettent quelque lumière sur un point beaucoup plus important, sur la Constitution religieuse de la Cité olympique.
Olympie n'était pas seulement un théâtre et une terre commune ( irocyxotvo^ x^P>) où se réunissaient les Grecs, réconciliés pour quelques jours : c'était une ville véritable, ville de temples, d'autels, de statues , entourée de murs , traversée par des rues. Olympe terrestre qu'habitaient toutes les divinités , sous la présidence du grand Jupiter. Delphes était l'oracle de la religion grecque, Eleusis était le trésor de ses mystères; mais Olympie était le grand sanctuaire national où tous les dieux avaient droit de cité , comme tous les Grecs droit d'entrée.
Lorsque, les jeux terminés , la foule joyeuse s'était écoulée, lorsque les derniers chants de triomphe avaient fait retentir la vallée de l'Aiphée , tout rentrait dans le calme et le silence accoutumés, mais non pas dans l'oubli. Les temples de Jupiter, de Junon , de Cérès, de Cybèle, de Vénus, n'étaient point fermés pour une olympiade entière ; les soixante et quelques autels élevés aux divinités de toute sorte, depuis Saturne,
232 ÉLTDE.
roi déchu du passé, jusqu'aux dieitx inconnus, secret de l'avenir, ne restaient point exposés aux intempéries des saisons, sans qu'une main pieuse y allumât la flamme de fréquents sacrifices. De nombreux ministres résidaient dans cette sainte solitude, et, loin du tumulte des villes, loin des passions humaines , se consacraient tout entiers au service des dieux. Chaque mois , chaque jour ramenait un ordre non interrompu de cérémonies et de prières ; l'odeur agréable des victimes ne cessait jamais de monter vers le ciel.
Les titres, comme les attributions des serviteurs des dieux, étaient différents; mais les plus humbles fonctions étaient encore honorées, et le fournisseur de bois voyait son nom inscrit à côté de ceux des grands prêtres sur les Tables sacrées. J'appelle ainsi les listes de tous les ministres du culte ; elles étaient dressées b chaque nouvelle olympiade, et gravées sur la pierre ou le marbre. Les Éléens étaient également jaloux d'immortaliser ceux de leurs concitoyens qui se vouaient aux autels, et ceux qui avaient remporté la palme olympique ; les prêtres qui leur conciliaient la faveur des dieux, et les athlètes qui leur attiraient l'admiration et l'envie des autres villes.
Ce sont précisément deux de ces tables sacrées qui se retrouvent copiées sur le côté du piédestal.
Archélaûs était un des grands prêtres d'OIympie : cette dignité^ aussi bien que le trésor dans lequel les Éléens puisèrent pour lui témoigner leur reconnaissance, indique vaguement de quelle nature étaient ces bienfaits qui lui valurent une si éclatante récompense : quelque partie d'Olympie embellie ou restaurée à ses frais, quelque privilège , quelque immunité obtenue , par son crédit, de l'empereur ou du proconsul. Archélaûs avait été élu quatre fois grand prêtre pendant des olympiades différentes : on aurait donc pu copier toutes les tables sacrées qui correspondaient à ces sacerdoces ; mais, comme il n'y avait déplace que pour deux copies sur les faces latérales du piédestal, on préféra naturellement les dernières tables qui rappelaient les précédentes et qui étaient les plus honorables pour lui. Elles sont de la 256* et de la 261" olympiade.
On lit sur la face latérale de gauche :
M6T6KeXHPOY
TCOnPOTHCCNZOAYMniAAOC OeOKOAOlOAYMniKOI AYP . BACl A61 AHC
*A.APXeAAOCAPXeAAOYTOr AYP.lOYAlANOCnPeiMOY
cnoNiotopoi
AYP.N60KAHCBACIAeiA0Y AYP.ABACKANTOCZUIAOY AYP.ZUnYPOCIUnYPOY
MANTeiC COCC.CT£»ANOCKAYTlAAHC BIB.*AYCT6INIANOCKAYTIAAHC K A . n O A Y K P A T H C I A M I A H C KA.TeiCAMeNOCIAMIAHC
eîHrHTAI BIB .MAPKOC KA . YIIATI ANOC
YnocnoN AOtOPOi
Z M C I AAO C B A C I A e 1 A O Y CKCnTACAPXeAAOY CUCIKAHCIOYAI ANOY CnON A AYAAI