CONCLUSIONS
Nous nous appuyons sur les observations que nous venons de citer pour répondre aux quelques doutes émis sur la vabur du procédé que nous avons vu employer.
M. de Wecker (1) fait aux sutures élévatrices les repro^^f^ ches suivants : « Leur action, très lente à s'établir, n'est pas d'un dosage facile. En outre, la suture sous-cutanée très difficile à placer d'une façon exacte sous la peau pour pouvoir être supportée longtemps, se montre insuffisante lorsqu'il s'agit de guérir un ptosis accusé. »
Nous ne croyons pas cependant que la réaction cicatricielle nécessaire soit plus lente à s'établir après section par le fil qu'après section par le bistouri. De plus, il n'y a pas de complications à craindre; pas de perte de substance longue à réparer, pas de plaie étendue ouvrant une porte d'entrée aux germes infectieux, ce qui est à considérer dans un milieu nosocomial, pas de lambeau exposé à se sphacéler.
L'application des sutures est quelquefois difficile, lorsque l'œil est excavé et l'arcade sourciliore proéminente, mais ce fait est rare, et quand il se présente, le premier procédé employé par M. Dransart est tout indiqué. (1) Do "Wecker (loc. citée).
Quant à !a douleur dHerminée par l'action des flls, .ûque se faisant sentir assez vivement, elle n'est point insupportable. L'inflammation nécessaire qui suit n'est pas non plus une objection sérieuse; elle ect de courte durée et n'a pas de suites sérieuses. Nous nr l'attribuons pas, comme M. Dransart, à la piqûre du cr rtilage tarse, l'ayant observée dans un cas où ce ca- tilago n'avait point été touché (obs. VI); elle est due, croyons -nous, uniquement à la présence des fils.
Le dosage n'est sans doute pas d'une précision mathématique ; mais en quoi une incision peut-elle le simplifier ? L'effet plus ou moin:; grand que l'on peut obtenir en variant le nombre des sutur-s nous paraît plus facile à apprécier pour un cîiirurgien n'ayant pas l'habitude de ce genrn d'opéra-ion, que celui d'une perte de substance qui peut être ou trop faible ou t,rop considérable. Il serait difficile d'ajouter un lambeau à une paupière devenue trop courte ; mais on pourrait toujours revenir sur l'opération de Dransart, qui ne laisse pas de marques cicatricielles, et en corriger les effets .
Mais nous ne croyons pas que ceci soit nécessaire. Dans le cas qui fait l'objet de notre cinquième observation le ptosis était aussi complet que possible, cependant le résultat des sutures l'élévatrices est excellent, grâce à la gymnastique exécutée chaque jour par le frontal ; et à ce •sujet nous insisterons ains' que le f; \t notre maître, sur la nécessité d'exercer préalablement ce muscle .au rôle qu'il est destiné à remplir.
Nous avons terminé cr:itte tâche, nous n'ajouterons qu'un mot, il a trai. à évaluation des résultats obtenus.
Le.s auteurs se contentent de consigner, à la suite de leurs obsei'vations l'inévitable « bon résultat » — Il est difficile de porter une appréciation à l'aide de cette seule
note ; les chiffres seraient à notre ^avis beaucoup plus éloquents.
Nous avons indiqué (Obs VI) un moyen de contrôle d'une exactitude mathématique à l'aide du périmètre. Il serait désirable qu'un procédé analogue fut emploj^é. Non seulement il donnerait des renseignements plus précis, mais il permettrait encore, plusieurs années après, de voir si, sous l'influence des contractions de l'orbiculaire, le tissu cicatriciel ne s''est pas laissé distendre, faisant perdre ainsi au sujet opéré un peu des avantages que lui donnait l'intervention chirurgicale 'dans les premier-s temps.
Vu par le président de la thèse, PANAS.
Vu, et permis d'imprimer.
Le vice-recteur de l'Académie de Paris, GREARD.
Vu : le Doyen.
BÉGLARD
Paris. — Typographie J. Ramolini, Boul. St-Mareel, 22.