CHAPITRE PREMIER
NERFS CRANIENS.
Fonctions du nerf olfactif.
Les anciens regardaient ce nerf comme un émonctoire , une espèce de canal portant aux fosses nasales la sérosité qui , sécrétée par le cerveau , était incessamment versée à la surface de la muqueuse pituitaire. Après avoir traversé de nombreuses années, la science n’a dû qu’aux modernes la véritable appréciation du nerf olfactif : et cependant il faut avouer que de nos jours on est loin d’être d’accord sur les usages comme sur l’origine et sur la structure de ce nerf.
Quelques anatomistes le regardent comme partie intime du cerveau , et comme un de ses produits. Cette opinion peut paraître spécieuse, si elle est 1 objet d’un examen superficiel : mais, après une attention plus sérieuse , on voit que ses trois racines se continuent évidemment avec les parties antérieures de la moelle; que toutes trois naissent, comme les autres nerfs, de la substance blanche du cerveau; qu’éloignées d’abord les unes des autres, elles se rapprochent ensuite pour former le nerf olfactif.
D’autres anatomistes, repoussant cette théorie, ont voulu démontrer par leurs recherches que le nerf olfactif vient de la moelle; mais ils ont admis que, dans
beaucoup d’animaux, il n’était qu’un prolongement du lobe antérieur du cerveau. Cette opinion paraît exacte au premier abord; mais si , chez l’homme, comme chez les animaux, on suit attentivement les parties qui composent ce nerf, il est facile de se convaincre que, dans tous les cas, il n’y a aucune différence sous le rapport du point d’origine.
Dans l’homme, on voit évidemment les fibres des pyramides qui se continuent avec le nerf olfactif. Celte évidence devient irrécusable, si l’on pratique une section dans l’épaisseur de la couche optique et du nerf olfactif, dans le sens antéro-postérieur.
J’ai employé ce dernier moyen sur des chevaux, chez lesquels le nerfoltactif offre beaucoup de volume et semble, comme le prétendent les anatomistes, continuer une circonvolution cérébrale, et j’ai acquis la conviction la plus profonde que ce nerf est réellement formé par les fibres prolongées des pyramides antérieures de la moelle , fibres qu’elles lui envoient avant de former la voûte des ventricules.
Ces développemens nous conduisent évidemment aux conclusions suivantes : 1° Que dans l’homme, comme chez les animaux, le nerf olfactif est un produit de la moelle épinière, et n’est qu’un développement des pyramides antérieures ; 2° que cette vérité résulte de preuves fournies par les sections indiquées plus haut, et du mode d’origine de ce nerf; 3° qu’il faut en déduire que ses usages doivent être identiques à ceux des cordons d’où ils naissent. 11 ne suffit pas, en effet, pour établir des caractères distinctifs entre lui et les nerfs de la moelle épinière, d’énoncer qu’il offre une