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CHAPITRE IX

Grand sympathique.

Pour terminer ce qui a rapport aux nerfs, il me reste maintenant à parler de cette série de ganglions dont le rôle est tantôt si manifeste, tantôt si caché, que Ton a confondus dans le terme général de grand sympathique ou de nerf de la vie végétative ou organique.

Les anatomistes, ne pouvant découvrir les mystérieuses fonctions qui lui appartiennent, en ont fait un nerf à part , exerçant une action complètement indépendante du reste du système nerveux. Entraînés dans cette voie, ils n’ont pu reconnaître en lui la même structure nerveuse qui caractérise les autres nerfs, et ainsi ils ont été conduits presque naturellement à faire jouer à chacun de ces ganglions le rôle de petit cerveau.

Quelques anatomistes , embarrassés d’expliquer son action sur les viscères des cavités, l’ont rejeté de la classe des nerfs, tandis que d’autres, apportant dans l’examen de cette importante question une étude plus approfondie des grands phénomènes du système nerveux, des connaissances plus positives et des recherches plus sérieuses, ont non seulement regardé le grand sympathique comme un nerf, mais lui en ont encore attribué et la structure et les usages.

Je ne parlerai pas ici de son origine, bien que

les opinions des auteurs diffèrent sur ce point, puisqu’il a été regardé par les uns comme venant de la moelle épinière, et conséquemment comme une dépendance de ce cordon nerveux ; et par d’autres comme un centre nerveux à part , une série de ganglions vivant d’une manière distincte en dehors du reste du système nerveux, comme ayant une influence spéciale exclusive sur les organes des cavités, ou une destination particulière qui le fait tendre à l’accomplissement des fonctions internes , ou plutôt organiques.

Pour pénétrer les mystères qui entourent ce point de la science , nous pensons que la seule marche à suivre est de poser et de résoudre les questions suivantes :

1 ° Ce nerf a-t-il, par rapport à celle des autres nerfs, une structure identique ou différente ? 2° Agit-il isolément ou concourt-il au grand système de l’innervation ? 3° Est-il sensible, sensitif ou moteur? 4° Est-il destiné aux artères , comme l’ont prétendu quelques anatomistes? 5° A-t-il enfin une action sur le coeur, le poumon, l’estomac, l’intestin, la vessie, etc.?

1° Le nerf sympathique a-t-il, 'par rapport à celle des autres nerfs, une structure identique ou diffé-ren te ?

La plupart des anatomistes sont convenus qu’il diffère du reste du système nerveux par sa structure, par son développement et par ses fonctions.

Cependant , un examen attentif du grand sympathique permet de reconnaître en lui la même disposition fibreuse que l’on remarque dans les autres

nerfs, et aussi la même apparence de filets, qui sont seulement plus rapprochés. 11 faut constater aussi que le long du trajet de ce long cordon nerveux , il existe desrenflemens gangliformes, qui n'ont pas tout à fait la même apparence que les rachidiens et que la plupart des ganglions crâniens. Mais, d’un autre côté, la structure chimique du grand sympathique ne diffère que bien peu de celle des autres nerfs. Il est inutile d’insister plus long-temps sur ce point , car il nous semble clairement démontré que la structure de ce nerf est à peu près semblable à celle de tout autre , et que l’identité est assez grande pour permettre de croire que ses fonctions doivent être semblables presque sous plusieurs rapports à celles des autres nerfs.

Existe-t-il , pour le développement , des différences entre le grand sympathique et les autres nerfs ? On dit qu’il est le premier développé , alors même qu’il n’y a pas encore de trace de moelle épinière et de renflemens nerveux ; on a appelé des faits à l’appui de cette théorie. Ainsi, M. Lallemand, de Montpellier , examinant un monstre chez lequel il n’y avait ni moelle épinière ni renflemens nerveux, a pu signaler pourtant l’existence du grand sympathique, qui, suivant lui, avait présidé à l’accomplissement des fonctions des viscères existans. On ne peut certainement pas se refuser à l’évidence de tels faits ; mais n’est-ce pas trop prétendre que de vouloir en déduire des preuves à l'appui de ce qu'on a voulu démontrer ? En effet , les autres nerfs se développent aussi avant la moelle épinière , et cependant

ils ne sont pas indépendans de ce cordon nerveux.

Le grand sympathique ne diffère donc pas des autres nerfs par son développement.

2° Si nous examinons maintenant les fonctions, nous voyons qu’il agit aussi bien sur les viscères euxmêmes que sur les vaisseaux qui s’y rendent, et notre opinion est basée sur l’anatomie. Mais quel est son mode d’action ? Agit-il de lui-même dans le grand phénomène de l’innervation , ou bien tire-t-il son influence des parties nerveuses avec lesquelles il est en rapport? Nous ne croyons pas nécessaire de résoudre , quant à présent , ces questions ; mais résumant notre pensée en un mot , nous nous bornerons à dire que nous le regardons comme un cordon de transmission , comme une grande chaîne anastomotique destinée à établir un courant électrique, nous réservant d’ailleurs de prouver plus tard que nous sommes peut-être dans le vrai.

3° Le nerf grand sympathique est-il un organe de sensibilité et de mouvement? Tire-t-il son influence de la moelle épinière , ou bien la possède-t-il par lui-même ?

Si, comme l’ontfait M. Magendie etBichat, on tente la section de ce nerf, ou si on le déchire , l’animal ne manifeste aucun symptôme de douleur. Il semble donc évident qu’il n’est pas sensible; et cependant est -ce là une raison pour nier son influence sur les viscères des cavités? Je ne ie crois pas, et je puis appeler à l’appui de mon opinion l’expérience ellemême. Si , en effet , on excite certains ganglions du

grand sympathique, les ganglions centraux par exemple, on voit des oscillations s’établir dans les organes musculeux auxquels viennent se distribuer les rameaux qui partent des nerfs. Ce phénomène devient plus évident encore si l’on établit un courant entre la moelle épinière et le grand sympathique , au moyen de la pile galvanique.

Ce nerf ne naissant pas de la moelle, et n’ayant avec elle que des communications anastomotiques au moyen des nerfs qu’il envoie, on peut penser qu’un courant nerveux s’établit entre la moelle épinière, le grand sympathique, et les viscères auxquels celui-ci se distribue ; et alors , puisqu’il n’existe que des anastomoses , ce grand cordon nerveux doit être regardé comme un conducteur, semblable sous ce rapport aux cordons antérieurs de la moelle épinière. Ne sait-on pas, en effet, qu’après la section de l’une des branches de la cinquième paire, les anastomoses qui existent alors avec les autres nerfs ne suffisent pas pour rétablir la sensibilité éteinte et le mouvement aboli? Nous pensons maintenant, sans établir d’ailleurs de comparaison forcée, rapprocher cette expérience du fait naturel de la communication du grand sympathique avec les nerfs qui, nés de la moelle épinière, sont envoyés par elle.

Les différences qui signalent les fonctions de ce nerf sont donc en partie dues à la dissemblance d’origine.

Nous ne pensons donc pas, comme l’a fait M. Brachet , accorder au grand sympathique un rôle si exclusif dans les grands phénomènes organiques des

viscères. Il n’est pas possible non plus de retrouver dans ce nerf la structure de la moelle épinière; et bien qu’on ait voulu faire de chaque ganglion une espèce de petit cerveau, il n'est donné à personne d’y reconnaître un organe de sensibilité et de mouvement.

4° Avant d’appeler sur ce point les lumières de l’expérimentation, nous pouvons en passant nous demander si le grand sympathique est le nerf de la circulation. Malgré les recherches déjà combattues par celles de Scarpa, il est démontré aujourd’hui que les vaisseaux sont accompagnés par des filets du grand sympathique ; mais il est évident encore que dans l’épaisseur des organes , dans les muscles par exemple, viennent se rendre aussi de nombreux filets que le nerf envoie. Il n’est pas douteux après cela qu’on ne doive le regarder comme possédant une iniïuence égale sur les vaisseaux et sur les muscles. Nous ne pouvons insister davantage sur ce point sans rejeter ce que nous avons dit plus haut, en parlant de l’action du système nerveux sur les vaisseaux.

5° Nous allons étudier maintenant l’influence que le grand sympathique peut exercer sur le cœur, sur le poumon , sur les intestins , sur la vessie , etc.

Examinant ailleurs 1 influence du système nerveux sur le cœur, nous avons eu occasion de discuter la théorie de Haller et de son école, et nous croyons avoir démontré combien cet illustre savant s’était trompé en faisant dépendre d'une autre source la contraction qui anime les fibres qui composent cet organe, et en

1rs considérant comme dépourvues de tout influx nerveux. Si l’on fait attention maintenant aux recherches de Sœmmerring, qui tendent à prouver que la partie charnue du cœur ne recevait pas de nerfs, on ne s’étonnera pas que l’autorité de ce savant ait pu entraîner quelques physiologistes dans l’erreur qu’il appuyait de son expérience ; mais Scarpa , suivant une voie meilleure, a par de nouvelles recherches prouvé le contraire de ce qu’avançait Sœmmerring , et aujourd’hui on doit regarder les filets nerveux comme source de l’animation des fibres musculaires du cœur; on doit surtout rejeter l’opinion de Fontana, qui pensait que les nerfs du cœur ne servent à aucun usage, comme si un anatomiste, accusant ainsi la nature , avait le droit de dire qu’il existe des organes inutiles dans l’économie animale.

Cette question a d’ailleurs été épuisée par nous quand nous avons traité de l’influence du système nerveux sur l’organe central de la circulation ; alors nous avons formulé notre opinion en déclarant qu’il n’était pas dans notre opinion d’admettre une idée exclusive sur l’influence de telle ou telle partie du système nerveux , et alors aussi nous avons appuyé notre opinion d’expériences multipliées qu’il n’est pas plusutilede répéter ici qu’il ne le serait de rentrer dans la discussion de ce point scientifique. Nous quitterons donc celte question suffisamment éclairée, pour nous occuper de l’action du grand sympathique sur le poumon.

Pour définir tout ce que le grand sympathique peut exercer d’influence dans le phénomène de la respira-

tion, il est nécessaire de savoir si le reste du système nerveux n’a pas sur le poumon une influence qui lui soit propre.

En examinant sous ce rapport le nerf pneumogastrique, nous avons spécifié sans réserve de quelle action il pouvait être doué; et, pour fixer ici nos souvenirs, il nous suffira de rappeler qu'après la section de ce nerf, nous avons signalé des alterations profondes dans le poumon; que, si un long espace de temps s’était écoulé depuis la section , nous avons pu nous convaincre que cet organe avait subi des changemens aussi variés que nombreux , tels que perte de substance, affaiblissement des cellules, disparition complète ou incomplète de la crépitation aérienne: suivent enfin des- engorgemens inflammatoires à divers états, en présence de matière tuberculeuse dans beaucoup de circonstances.

On distingue dans la respiration uu besoin de respirer, nécessité inconnue de l’être qui vit dans le sein de sa mère, et propre aux animaux qui respirent; et enfin des phénomènes organiques qui appartiennent à l’exhalation , à la sécrétion et à des vésicules bronchiques. Le nerf pneumo - gastrique et le nerf ganglionnaire président-ils à tous ces phénomènes? Dans le but d’éclairer cette question , des expériences ont été tentées par plusieurs physiologistes, et notamment par M. Brachet de Lyon, qui accorde au nerf pneumo - gastrique la faculté de transmettre les impressions du poumon et le besoin de respirer; et au nerf grand sympathique l'influence sur les vaisseaux , les cryptes.

Il n’est pas douteux pour nous que le pneumogastrique ne soit le nerf de sensation du poumon , qu’il ne serve d’organe de transmission, qu’il 11e soit destiné à rendre compte à l’agent de la volonté, de la présence des corps qui menacent la vie, en s’opposant au passage de l'air, pour effectuer l’hématose , comme le mucus, les fausses membranes, etc.

M. Brachet a démontré, par des expériences curieuses , qu’après la section des nerfs pneumo-gastriques , l’animal n’éprouvait plus le besoin d’expulser le mucus contenu dans l’intérieur de ses bronches, et que si la toux survient par l’introduction dans leur intérieur de quelques corps étrangers , cela tient à ce que les nerfs laryngés ont été respectés.

Il est bien évident pour nous que le pneumogastrique n’est pas seulement un nerf de sensibilité du poumon , mais qu’il a encore pour fonction de maintenir les bronches dans leur élasticité, et que, aussitôt qu’il a été coupé, les muscles qui entourent la muqueuse cessant toute action , il y a affaissement, et par suite perte de l’élasticité du viscère.

Notre opinion ne diffère pas moins de celle de M. Brachet, en ce sens qu’il regarde à tort le grand sympathique comme exerçant sur le poumon une influence différente de celle du pneumo - gastrique , par cette seule raison , que du mucus se dépose dans les bronches , et qu’une exhalation de sérosité s’effectue dans ces conduits. Je reconnais volontiers que le premier de ces nerfs n’est pas un organe de sensibilité ; mais on ne peut nier qu’il ne soit un organe

de transmission du fluide nerveux; or, telle propriété appartient aussi au pneumo-gastrique. Il n’y a donc de distinction à faire entre eux que pour la faculté sensitive qui existe dans le premier.

Au demeurant, il n'est pas nécessaire qu’un appareil nerveux préside à la circulation du sang dans les vaisseaux. S’il en était ainsi, en effet, toute circulation devrait cesser dans ces greffes animales , dont le pédicule a été coupé, qui ne communiquent plus avec le système nerveux général , et qui ont perdu la sensibilité dont ils étaient doués auparavant à un si haut degré. Ainsi dans une paupière que j’ai faite de toutes pièces, aux dépens des parties molles de la joue, il existait bien un mouvement communi qué, une circulation, une sécrétion, mais il n’y avait aucune trace de sensibilité ; le résultat a été le même pour ces lambeaux avec lesquels j’ai réparé une perte de substance de deux paupières renversées (blépharoplastie). Ce phénomène, déjà mis hors de doute, a été vérifié par moi d’une manière concluante, dans l’obturation des fistules vésico-vaginales , par le lambeau de chair pris aux dépens de la fesse. Dans ce cas la circulation a continué, car autrement la vie se serait éteinte ; et cependant des poils se sont développés , et les fonctions de la peau ont été conservées. Ces expériences prouvent assez que le système nerveux ganglionnaire , comme tout le système nerveux général, ne tient pas sous sa dépendance absolue les plus petites parties de l’appareil circulatoire, et que l’exhalation pourrait bien se faire dans les bronches , sans que

pour cela le nerf ganglionnaire y présidât d’une manière rigoureuse. Je me sers à dessein de ce mot, parce que je pense qu’il apporte au viscère dont nous parlons sa quote-part d’influx nerveux, par le moyen de ses communications avec la moelle épinière .

Je me résume en disant que M. Braehet a trop accorde au nerf ganglionnaire, quand il s’est occupé de son influence sur le cœur, et qu’il a été trop avare avec lui, quand il a parlé de son action sur le poumon.

Etudions maintenant l’action du nerf ganglionnaire sur l’estomac, les intestins et les autres organes contenus dans la cavité abdominale, et commençons par la sensation qui nous annonce le besoin d’ali— mens, et aussi par les mouveinens de l’estomac.

Le sentiment de la faim est une sensation intime qui s’annonce par un malaise dans la région épigastrique, suivi d’un bien-être remarquable après l’introduction du bol alimentaire. Les divers étals de peine ou de plaisir sont dus, comme on peut déj<à le prévoir, d’après ce que nous avons dit en parlant du besoin de respirer, au nerf pneumo-gaslrique et non au grand sympathique.

Dans une série d’expériences faites par M. Braehet de Lyon , et exposées dans son ouvrage sur les fonctions du système nerveux ganglionnaire, on voit que la sensation de la faim , qu’il avait rendue violente et impérieuse, cessa tout à coup par la section du nerf pneumo-gaslrique. M. Braehet ajoute que l’animal

a pu manger, mais sans rechercher les alimens , et qu’il a dépassé le degré de satiété , puisqu’il ne s’est arrêté que lorsque les alimens remplissaient l’oesophage. Telle est l’expérience qu’il a tentée sur un chien barbet quil a affamé. Il est arrivé aux mêmes résultats dans les expériences qu’il a tentées encore sur des cabiais, chez lesquels la faim avait été excitée au point de les faire courir à la recherche d’alimens en poussant des cris: on lit la section du nerf pneumogastrique, alors ils ne cherchèrent plus de nourriture; et même, quand on la leur présentait, ils la prenaient avec indifférence.

Déjà M. le professeur Adelon avait admis un nerf intermédiaire et conducteur entre l’estomac et le cerveau; il appuie ce qu’il avance sur la stupéfaction du système nerveux par les opiacés, et secondairement l’inertie de l’estomac et l’abolition delà faim, et enfin sur l’influence de la volonté et des actes de l’intelligence sur l’estomac qui arrêtent la sensation de la faim. C’est donc à tort que M. le professeur Broussais regarde le grand sympathique comme le nerf qui prodigue à l’estomac cette faculté sans cesse renaissante qui fait désirer des alimens. M. Brachet fait remarquer de même avec raison que le sentiment de lassitude, celui de brisement , de découragement extrême, sont des impressions perçues par le cerveau et qui appartiennent au système cérébro-spinal, et non, comme le prétend M. Desruelles, au grand sympathique.

Comme déjà nous avons parlé de l’influence du pneumo-gastrique sur l’action de l’estomac , je me

bornerai à dire que M. Brachet a fa il la section du nerf pneumogastrique sur des chevaux, des lapins, des cabiais et des chiens après l’ingestion des alimens, et qu’il a eu occasion d’observer que dans les uns l’avoine n’avait point été altérée, que dans les autres la masse alimentaire était aussi restée intacte; que seulement il existait du suc gastrique dans l’intérieur de l’estomac, mais qu’il n’y avait pas de couche chyleuse à l’extérieur de la masse alimentaire; résultat qu’il explique par la cessation d’action des fibres musculaires de l’estomac. Voilà donc un nerf qui préside à la contraction de l’estomac, suivant M. Brachet, et non à la déposition du suc gastrique dans l’intérieur de ce viscère. M. Brachet, conséquent avec lui- même, regarde le nerf ganglionnaire comme présidant à l’exhalation, à la sécrétion folliculaire de l’estomac, et comme ayant aussi sous son empire l’absorption qui s’y rattache.

Les raisons que M. Brachet apporte à l’appui de son opinion nous semblent loin d’être convaincantes pour expliquer la chymification, ou les phénomènes chimiques et vitaux qui y concourent.

Ap res la section du nerf pneumo-gaslrique, dit-il, l’exhalation , la sécrétion et l’absorption continuent dans l’estomac ; et comme, suivant lui, à tout acte de l'économie préside une influence nerveuse, il trouve tout naturel d’expliquer ces phénomènes par l’action du nerf ganglionnaire qui envoie de nombreux filets à l’estomac : mais autant vaudrait dire , suivant nous , que la circulation ne doit pas se continuer dans les membres inférieurs, lorsque les nerfs qui s’y rendent

onl cessé toute action motrice et sensitive: il n’en est cependant rien , puisque la il y a une exhalation et une absorption continuelles. J’ai donc pensé que le nerf pneumo-gaslrique et le grand sympathique concourent en commun, mais pour une part différente, à l’accomplissement de la chymification. Au reste, M. Brachet avoue que l’expérimentation n’a pu rien lui apprendre sur cette question qu’il a voulu résoudre.

Enfin , les expériences de M. Brachet sur le pneumo-gaslrique me semblent démontrer tout le contraire de ce qu’il a avancé , puisque, sur les animaux soumis à ces expériences, il n'a pas trouvé de suc gastrique dans l’estomac ; il est vrai qu’il explique ce phénomène par la révulsion occasionnée par la plaie grave , dit -il , qui résulte de la section du nerf pneumo-gaslrique.

Examinons maintenant quelle est l’action du nerf ganglionnaire sur l’intestin grêle. M. Brachet a cherché encore à résoudre cette question par l’expérimentation. Il est certain que le nerf pneumo-gastrique envoie des filets au duodénum, et que nécessairement les contractions de cet organe doivent être sous sa dépendance ; mais je ne crois pas avec lui que le nerf ganglionnaire, pas plus pour l’intestin grêle que pour l’estomac , soit seulement chargé de présider à l’exhalation , la sécrétion et l’absorption. Il dit avoir démontré par ses expériences que la section du nerf pneumo-gastrique entraînait la paralysie de la première portion de l’intestin grêle, et que le bol alimentaire ne cheminait pas au delà du duodénum

après cette paralysie. Il a fait prendre des feuilles de chou à un cabiai, et deux heures après il a fait la section des nerfs pneumo-gastriques. Six heures après celte section il a ouvert l'animal. L’estomac contenait une certaine quantité de chou divisé, d’une odeur particulière, d’un gris verdâtre, liquide ou presque liquide. L’intestin grêle contenait une grande quantité du môme liquide d’une couleur jaunâtre; on ne reconnaissait plus la structure du chou. Les vaisseaux chylifères étaient remplis de chyle.

Un autre cabiai qui avait pris le même aliment fut sacrifié sans lésion du pneumo-gastrique. On trouva exactement après l’avoir ouvert ce que l’on avâit observé chez l’autre. La chymification seulement était un peu moins avancée. M. Brachet conclut de ces faits et de plusieurs autres que la section du nerf pneumo-gastrique paralyse l’action musculaire du duodénum, au point d’empêcher le cours du bol alimentaire, puisque, six heures après la section de ce nerf chez le premier cabiai, la masse alimentaire occupait la même place que chez le second, tué deux heures après l’ingestion des choux.

Bien que l’absorption ait eu lieu, cela ne prouve pas que le nerf grand sympathique ait présidé à ce grand phénomène , commun à tous les corps vivans. Mais il est facile de démontrer, contrairement à l’opinion de M. Brachet, que le nerf ganglionnaire a aussi sa part d’influence sur l’intestin grêle, puisqu’il est vrai que le mouvement d’ondulation du reste de cet organe continue; et cependant il est sous la seule dépendance du grand sympathique, et le mom

vement péristaltique est involontaire, à causedes communications indirectes du grand sympathique avec la moelle épinière.

La fin de l’intestin grêle et les gros intestins sont sous l'influence du grand sympathique, et des nerfs spinaux qui s’y rendent. Après la section de la moelle épinière dans la région lombaire, il survient une paralysie du train postérieur, des gros intestins et de la vessie. Ainsi, quoique l’animal mange, il n’y a aucune évacuation ni par la vessie ni par le rectum, excepté lorsqu’il y a un trop plein.

Il n’existe nulle sensation , nul besoin d’évacuer les matières fécales ou les urines : aussi ce conduit et cette poche menacent-ils de se gangrener dans un point, et sont-ils exposés à une rupture. Il est donc vrai que le besoin d’excrétion urinaire, de défécation, comme toute action d’expulsion des organes qui président à ces fonctions, sont sous l’influence de l'axe cérébro-spinal. Nous avons pu nous convaincre souvent de cette vérité en observant des cas de fractures de la colonne vertébrale compliquées de lésions de la moelle : et d’ailleurs elle a été démontrée, suivant nous, d’une manière victorieuse par des expériences que M. Brachet a faites sur des chiens et des chats. Mais, pour que de semblables phénomènes se manifestent , il faut que la moelle soit détruite en totalité; car si la destruction n'a été que partielle, il peut arriver, comme l’a vu M. Royer, que les fonctions de l’intestin et de la vessie se continuent incomplètement.

II faut déclarer ici que la sensation qui nous in-

vite à satisfaire un besoin, et la contraction des intestins et de la vessie viennent de la moelle épinière, d’une part, par les nerfs rachidiens, qui produisent exclusivement la sensation, et, d’autre part, par le nerf ganglionnaire , qui n’est qu’un moyen de transport du fluide nerveux.

Enfin, suivant M. Brachet, l’influence du nerf ganglionnaire agit bien sur la vessie , mais en s’étendant seulement à l’absorption, à l’exhalation et à la sécrétion, et elle n’aura aucune puissance sur les contractions qui seraient produites par l’axe cérébrospinal. Emettre notre opinion sur ce point serait nous exposer à redire ce que nous avons énoncé en parlant de l’intestin ; nous éviterons cette redite , croyant inutile de revenir sur des explications déjà données.

Après la destruction delà moelle épinière, la vessie se laisse distendre, parle liquide urinaire, au point de ne le laisser sortir que par engorgement.

M. Brachet examine ensuite l’action du nerf ganglionnaire sur les organes génitaux de l’homme et de la femme. Il admet que dans l’homme le nerf ganglionnaire préside à la sécrétion du sperme, se fondant sur ce que ce liquide continue à être sécrété après la section de la moelle épinière. L'opinion de M. Brachet peut être contestée , puisque la sécrétion du sperme peut s’effectuer après la destruction du nerf ganglionnaire comme après celle de la moelle épinière , le sang artériel étant apporté sans cesse flux organes qui président à ce phénomène.

M. Brachet pense encore que chez la femme ce

nerf agit sur la trompe utérine, puisque après la destruction de la moelle épinière, la fécondation peut encore avoir lieu par Implication de la trompe sur rovaire. M. Brachet fait continuer cette influence du nerf ganglionnaire sur l’utérus pendant la gestation, puisque, bien que l’action de la moelle épinière ait été abolie , le produit de la conception continue à se développer dans l’utérus jusqu’au moment de l’accouchement. Mais, par une contradiction singulière, M. Brachet veut que l’accouchement soit sous l’influence'de la moelle épinière; et, suivant lui, la section de cet organe, au moment de l’accouchement , peut arrêter cette fonction. Il nous semble que M. Brachet n’a pas interprété d’une manière rigoureuse les phénomènes qu’il a observés et les résultats de ses expériences. En effet, il n’y a rien d’élonnant que la matrice se développe par le fait même de la présence du fruit de la conception, puisque le tissu de cet organe, complètement inactif pendant la gestation, ne se dilate et ne s’hypertrophie que d’une manière passive, puisque enfin on n’y remarque aucune contraction jusqu’au moment de 1 accouchement. Ainsi la première expérience de M. Brachet ne prouve rien, suivant nous, car la suivante détruit ce qu’il avait avancé. Comment pourrait-il se faire que la moelle épinière pût agir dans un certain moment sur l’utérus, et être, dans un autre, dépourvue entièrement de cette action , si ce n’était pas un résultat de la différence des tissus propres de l’utérus ?

Enfin , M. Brachet étudie le rôle que joue le nerf

ganglionnaire dans les sympathies et l’influence qu’il peut avoir sur la vision.

Maintenant que j’ai résumé, par une appréciation aussi exacte qu’il m’a été possible de la faire, les recherches de M. Brachet , qu’il me soit permis de tracer un tableau fidèle des vivisections qui me sont propres, et des résultats que j’en ai obtenus.

Il ressort évidemment de tout ce qui précède, que le nerf ganglionnaire n’est point un nerf de sentiment et de mouvement , puisqu’il n’a aucune influence volontaire sur les organes dans lesquels il se distribue, et puisque, soit qu’on le divise, soit qu’on le pique, soit qu’on le déchire , il n’indique aucune sensibilité ; mais qu’il est l’agent du mouvement involontaire, et le conducteur de l’influx nerveux venant de la moelle épinière ; que ce nerf n’a pas d’influence distincte et spéciale sur tel ou tel point des organes, puisqu’il n’est pas plus destiné aux artères qu’aux autres tissus , et puisqu’il est vrai que ses filets, a p rès avoir accompagné les artères , se perdent aussi bien dans le tissu muqueux que dans le musculaire ; que ce nerf, comme tous les autres, tire bien son influx nerveux de la moelle épinière ellemême , mais par anastomose, circonstance qui entraîne l’insensibilité et ne donne lieu qu’à l’établissement d’un courant nerveux entre elle et les viscères; que le nerf ganglionnaire n’a pas sur le cœur, comme l’a dit M. Brachet, une influence différente de celle qu’il exerce sur l’estomac et les intestins : car son organisation est partout identique , et sa distribution semblable ; qu’enlin nous sommes conduit par cette

suite de déductions irrécusables à ne pas partager 1 opinion deM. Brachet, qui pense que ce nerf a une action exclusive sur la sécrétion, l’exhalation et l’absorption de l’estomac et de l’intestin. Nous avons donné plus haut les motifs qui nous ont amené à celte conviction contraire. Quelques expériences prouve— 1 ont, j’espère, que la plupart des opinions des auteurs ont été basées sur des expériences qui ne me paraissent pas être d’une exactitude mathématique , et être à l’abri de tout reproche.

J ai , sur un chien , pincé, irrité le grand sympathique, sans déterminer de contractions dans aucun muscle, dans aucun viscère. L’animal n’a manifesté aucune douleur. J’ai répété sur plusieurs lapins la même expérience, qui m'a toujours donné les mêmes résultats.

Sur un lapin , j’ai enlevé les deux ganglions cervicaux supérieurs du nerf grand sympathique ; pendant l’opération , l’animal n’a pas manifesté la plus légère douleur, et je n’ai pas pu observer le moindre

trouble dans les fonctions générales. Trois jours après,

il a succombe: déjà la veille ilavaitles yeux chassieux, bien qu’il fût encore vif et qu’il eût conservé la vitesse de sa marche.

A 1 autopsie, je n’ai trouvé de sérosité ni dans la poitrine ni dans le péricarde. Le larynx était rempli d’une sérosité sanguinolente. Le cœur qui , quelques

minutes après la mort, avait conservé sa flaccidité, elle

sang qui était reste liquide , avaient subi quelques heures api es les changemens suivans. Le sang était

coagulé et le cœur avait pris île la résistance; il participait «à la rigidité cadavérique générale.

Il y avait du pus dans le tissu cellulaire, «au devant et sur les côtés de la trachée, et à la base du crâne.

Sur un autre lapin , j’ai opéré la section des filets de communication du nerf grand sympathique; les ganglions cervicaux inférieurs furent enlevés en suivant le filet de communication qui va s’y rendre.

L'animal devint abattu et succomba le lendemain, après avoir montré une grande gêne dans la respiration , après «avoir éprouvé des convulsions caractérisées par l'inclinaison de la tête sur le dos , par Talon gement et le redressement subits de tous les muscles.

A l’autopsie, je trouvai de la sérosité dans le péricarde, et une infiltration purulente dans le tissu cellulaire extérieur, dans celui qui entoure les vaisseaux et les nerfs carotidiens.

Comme chez l’autre animal, le cœur, d’abord mou dans les premiers instans qui suivirent la mort, fut bientôt envahi p«ar la rigidité cadavérique, et le sang perdit sa liquidité. La coagulation commença par les veines éloignées du cœur, elle finit par les veines caves, les veines pulmonaires et les cavités du cœur.

Il est donc vrai que, tant que le système nerveux conserve de l’influence , et qu une douce chaleur existe au sein des organes, le sang demeure liquide, et qu’il se coagule aussitôt que tout cela a complètement disparu.

J’ai coupé les filets de communication du nerf grand sympathique entre les deux ganglions cervi-

eaux, il n’est survenu aucun changement dans l’état de l’animal , sur lequel j’ai pu , après neuf jours , recommencer une expérience nouvelle.

Tout ce qui précède démontre que le nerf grand sympathique n’est point un organe sensible et moteur , mais qu’il est seulement un nerf conducteur ; que les animaux sur lesquels j’ai expérimenté n’ont présenté aucun trouble qui pût démontrer l’importance de son influence sur les autres organes, puisqu’il existait chez tous une inflammation purulente grave, qui m’a semblé suffisante pour entraîner la mort.

Jusqu’à présent je n’ai que signalé légèrement les opinions des auteurs; il importe cependant que je fasse connaître des théories qui sont plus que douteuses.

J’ai jusqu’ici regardé le nerf trisplanchnique comme insensible, et cependant le grand Haller ( Opéra med. , tome 1er, page 357 ) dit avoir vu manifestement un chien, chez lequel il irritait le plexus hépatique , témoigner de la douleur.

Pour rendre claire l’idée de Haller on ajoute que le galvanisme, qui ne produit de mouvement que dans les fibres qui reçoivent des nerfs, a prouvé l’existence du système nerveux dans les animaux inférieurs , en y excitant des mouveinens. Or, dans ces animaux, dit-on , il n’y a que le nerf grand sympathique, et pourtant le mouvement est produit ; c’est ce que l’on observe dans les sangsues , dans l’huître , dans le colimaçon de vignes , dans les vers , sur la seiche commune; tout cela démontre bien l’irritabilité, la

présence d’un Uuide, mais non l’existence du sentiment et du mouvement.

Que prouvent les expériences de M. de Humboldt, bien qu’elles tendent à établir une communication entre la bouche et le rectum d’une grenouille dont les cuisses avaient été liées, et chez laquelle le rectum, dans lequel était introduit un morceau de zinc sur lequel elle était assise , éprouva des contractions quand on approcha d’elle le second métal? Il ne me semble pas en résulter que le courant électrique ait traversé les filets du grand sympathique, comme l’a prétendu M. Lobstein.

Cette autre expérience d’Acbard , par laquelle on établit une communication entre le rectum et la bouche, au moyen du galvanisme, ne précise pas davantage la transmission du fluide à travers les filets du grand sympathique, bien que l’homme sur lequel était faite cette expérience éprouvât des douleurs dans le ventre ; car, entre les deux ouvertures mises en communication, il existe des nerfs du mouvement. Enfin , avec le secours du galvanisme , M. de Humboldt a effectué des contractions sur les organes involontaires de l’homme affecté d’un anus contre nature avec renversement de l'intestin. Mais Haller, qui avait produit de la douleur par l’excitation du plexus hépathique, n’a pu faire apparaître aucun mouvement dans le coeur , en excitant soit la moelle, soit les nerfs cardiaques. L’expérimentation n’a pu rendre Bichat témoin de ce phénomène. Cependant de Humboldt a, sur deux lapins et sur un renard, démontré que le cœur est sous l’influence des nerfs

cardiaques, et pour arriver à ce résultat, il se servait du galvanisme en agissant seulement sur les nerfs, et en isolant le cœur de manière à ce que l’expérience ne pût être contestée.

Pour arriver aux résultats cherchés, j’ai moi-même mis en usage le galvanisme ; et si une aiguille était plongée soit dans la moelle épinière , soit dans le grand sympathique , et l’autre dans le cœur, on augmentait ou on anéantissait les contractions de cet organe , suivant que le courant galvanique était prolongé ou instantané ; comme si une certaine dose de fluide apporté au cœur devait rompre l’équilibre de cet organe, et anéantir les contractions de ses fibres.

Il est donc vrai que les nerfs conduisent le fluide, dont l’afflux peut anéantir les contractions;, mais ces phénomènes sont loin de démontrer que ce nerf soit sensible, puisqu’il est seulement organe de transmission du fluide.

Il ressemble aux nerfs de la vie animale pour la structure, mais il en diffère par son origine , comme nous l’avons déjà dit. On n’a pas besoin , pour démontrer son analogie avec les nerfs de la vie animale , d’avoir recours aux résultats de l’expérimentation. Ainsi on a dit : Enlevez une portion du nerf pneumo-gastrique, et il se régénérera; faites subir la même opération au grand sympathique, et il se reproduira. Fontana, dit-on encore, possédait des pièces où le nerf intercostal avait été régénéré , et où la structure de la partie nouvelle était semblable à la partie détruite. Telle était l’opinion de Cruikshank , de Fontana.

[1 fhut îépondre psr des faits a des faits avancés, et c’est ainsi que je veux combattre cette assertion quand je parlerai des cicatrices des nerfs (car, suivant moi, les nerfs ne se reproduisent pas, et il y a absence totale de leurs fonctions).

Pour nous , le nerf grand sympathique ne diffère des autres que parce qu’il n’est pas soumis à l’influence de la voionté , et que la moelle épinière ne lui distribue qu’indirectement le fluide qu’il doit répandre dans les viscères thoraciques et abdominaux , par les cordons innombrables de communication avec les racines des nerfs rachidiens.

Johnson , il est vrai, a donné l’explication de cette absence d’action de la volonté , en assurant que les ganglions existans sur le trajet du nerf étaient là pour enlever à l’empire de la volonté les filets qui lui obéissaient avant de traverser ces ganglions. Que répondre à cette assertion si contraire à la vérité, qu’elle la réfute, pour ainsi dire, d’elle-même? Bichal lui - même a regardé chacun de ces ganglions comme un système particulier d’action ; et pour combattre ce système , nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit plus haut , puisque nous les regardons comme recevant le fluide de la source commune, de la moelle épinière, mais sans l’émettre, puisque enfin il est prouvé que, dans les animaux à système nerveux compliqué, l’action cesse dans un nerf aussitôt qu’il a été coupé , ce qui indique que le fluide ne se forme pas dans le nerf luimême.

Faut - il attribuer à ce nerf, comme le pense Lob-

stein, ces commotions que l’on ressent dans la région épigastrique après de vives impressions, ou faut -il en placer la source dans le plexus solaire, qui serait alors regardé comme un point central ? Quoi qu’il en soit , il faut dans ces commotions épigastriques regarder le nerf pneumo- gastrique comme le nerf de transmission de l’influence cérébrale, opérant ainsi, comme le pensait Chaussier, une décharge électrique.

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