A VALENCE , NISMES ET TOULOUSE
ERRATJ.
Page iO| ligne la, au lieu de : nauséabond , lisez : nauséabonde.
-~ 60y -~ I a, au lieu de: entraînés, /i5e2 : «ntrainé.
— 6a, — 9, au lieu de : tout , lisez : de tout.
— 6a, — 17» au lieu de : banc : Usez : ban.
' — ^ 64i — 1I9 au lieu de : jamais, /Î5es .* « Jamais.
— • 84» — - 7, au lieu de : composées, 7i5ez : composés.
— 93, — aSy au lieu de : delaSabara^/isez: de Sahara.
— 95, — la, au lieu de : opérés : lisez : opérées.
"~" 99t — ^o» au lieu de : sans douts, lisez : sans doute.
— 104 y — 37, au lieu de : k , lisez : avec.
— 187, — 5, au lieu de : années, lisez: an.
— i40y — i5y au lieu de : O ma mère , lisez : O mère.
— i47» — ^if au lieu de : achevé ici y /i5ez : achevé Ik.
— 164^ — 7, au lieu de: membre ) /tsez.* membres.
— 164, — 9, au lieu de: membre, /j5e».' membres.
ETUDES
xr XiES BocxifriB
Dans l'état actuel des choses , on peat dire que , coi^ables ou innocents , le jour où ils passent le seuit dWe maison d'arrêt ou de justice , ils sont perdus pour la société , que leur avenir est détruit, et que le crime s'empare d'eux comme d'une proie qui lui est destinée.
M. BÉREMGER DB LA Drôme , Pair de France (i).
A l'heure qu'il est , la bataille pénitentiaire est une bataille gagnée ou à peu près , et il faut être bien téméraire ou bien ami de l'humanité pour oser entrer M tard dans l'arène , et combattre aux côtés de tant de courageux et habiles chevaliers de la réforme tout couverts de gloire ou de nobles blessures ; toutefois , le courage tient souvent lieu de
(i) Des moyens propres k généraliser en France le système pénitentiaire, i voL in-8, 4" édition. Paris, Marc-Au»el, édit.
tolent , et , au soldat qui veut vaincre ou mourir à la frontière , on nç dit J^maiç ; il e^t trop tard !
Puissent donc nos feibles et paresseuses armes '
n'être point repoussées , et nous mériter l'indulgence et l'estime de tous !
TRÉYENIR D^ABOAD; — HÉPRiMER ENSUITE.
Avant toutes choses , au gouvernement comme an^ individus , nous dirons : réunissez tous vos efibils , employez tous vos moyens pour prévenir 1@ délit et h crime , puis prenez , s'il le faut , dans vos codes , dans vos bourses et dans vos coeurs de frères , votre dernière loi , votre dernier écu , votre dernier sentiment pour punir et régénérer les coupables ; tout autre marche serait illogique , immorale et aboutirait à un ablpnie*
CHAPrrRE I.
sRVAVioii tmà fttawtwit ^Atmum
Vflici un demi-siècle que la France enfante presque chaque année une grosse ou une petite révolution , des colosses comme 89 ou 1830 , ou des embryons dont on ne parle déjà plus. Tantôt c'est la noblesse qui succombe pour céder sa conroime à la bourgeoisie , qui à son tour se la laisse enlever par un soldat heureux ; tantôt c'est le droit divin qui renaît de ses cendres, jusqu'à ce qu'une nouvelle tourmente le rejette au vent, peut-être pour jamais.
Et, dans toutes ses douleurs, dans tous ses déchirements de mère , à qui la France croyait-elle donner le jour? à un peuple nouveau, à un peuple géant, à un peuple libre , à un peuple heureux. . . ; à qui tendait-elle ses riches mamelles ? au peuple , toujours au peuple î car c'est le peuple qui la nourrit , c'est le peuple qui sillonne ses champs , qui défriche ses forêts, qui comble les vallées, qui abat les montagnes , qui franchit les mers , qui donne
«cs reilles, ses sueurs et jusqu'à la dernière goutte de son sang pour défendre son honneur lorsqu'il est outragé ; et pourtant , après la victoire , le peuple seul est oublié ! et pourtant sa bonne foi et ses espérances sont toujours les mêmes ! Que ce soit un Mirabeau , un Danton , un Robespierre , un Na* poléon ou un Lafayette , qui lui dise : lève-toi et meurs pour la liberté ou la gloire ! aussitôt comme un seul homme , il se lève el meurt pour la liberté et la gloire , croyant léguer à ses neveux le bonheur qu'il n'avait fait que rêver pour lui.
A ceux qui le renient nous demanderons :
Qui est-ce donc qui sauve les hicendiés , les naufragés ? le peuple.
Qui est-ce donc qui garda nos millions de la Banque en 1830? le peuple.
Qui es^ce donc qui fait le plus l'aumône sans ostentation ? le peuple.
Qui est-ce donc qui honore le plus l'industrie , les arts , les sciences , les lettres et les armes ? Le peuple , toujours le peuple ; car, de son sein , il sort autre chose que de misérables parias , que d'obscurs laboureurs , et la liste de ses grands hommes est plus longue qu'on ne pense.
Le peuple résume donc en lui toute gloire.
Ainsi , par reconnaissance , par instinct de con-
servatioii , si ce n'est par amour, laissez-le , une fois pour toutes , jouir de ses œuvres si chèrement acquises ; de grâce , un peu moins de révolutions dans les idées , soit avancées , soit rétrogrades , et un peu plus dans les choses positives et immédiatement réalisables : la vie est si comte et cinquante années d'attente grisonnent tant de têtes ! Et puis la mort , quelque impitoyable qu'elle soit, ne peut déjà plus suffire à son oeuvre de destruction. Elle a beau appeler à elle tous les fléaux, le choléra asiatique ou le soleil africain , la misère ou les révolutions , cette bonne mère , cette France , dont la fécondité ne vieillit et ne tarit jamais , enfante toujours de nouveaux héros, de nouvelles victimes. Malgré tout, la grande famille se multiplie , et , en vérité , que feraient les pauvres sur la terre , s'il ne leur était permis d'avoir beaucoup d'enfants ! Us n'ont pas , comme les riches , les plaisirs de la table; les fêtes et les jeux des villes et des champs ;^ ils n'ont pas , comme quelques-uns d'entre eux , nilogea l'Opéra, ni concubines dans les coulisses. Légitime ou illégitime , ils n'ont qu'mie épouse en qui ils concentrent toutes leurs joies , tout leur bonheur ; avec elles , ils oublient trop souvent :
Que le travail est rare ; La concurrence inmiense ;
Les impôts loui*ds ; Le mauvais riche égoïste ; Le propriétaire impitoyable ; L'hiver rigoureux ; Les maladies fréquentes ; Le bureau de charité insuffisant, humiliant pour des âmes fîères ; Le Mont-de-Pîété usuraire ; Et le pain cher (1) !
(i) On remarque avec étonnement qu'à mesure que la population augmente, la consommation diminue. Celle des citadins est inférieure & celles des habitants de la campagne. y<)ici ce qui résulte des statistiques de MM. Benoiston de Château-Neuf et de Chabrol :
(t Ters la fin du sîèele dernier, dit M'. Benoisfon de Chateau-Neuf , LaToisi^r, voubnt S9 rendre compte des consommations de la ville de Paris , trouva que , de 1787 à 89, l'habitant de Paris consommait par an , en moyenne , 174 livres d^ vi9ii4^9 d^ toute eapèc^, buvftii 130 bouteilles de vin , 4 d'eau-de-vié , et brûlait une voie de bois. Les droits d'entrée étaient alors de 5o millions ; on payait , en moyenne , 10 liv. 7 aoua par tète de bétail , 39 fr. pour l'hectolstre d^ vin ; la population de Paris était de 6qo,ooo âmes.
» Trente ans après, en 181 7, je refis, suivant les données nouvelles fournies par les registres de Poctrai, les calculs de I^voi§ier> don.t; Lagr^nge s'était aussi occupé , j.ç trouvai que chaque habitant de Paris consommait annuellement i49 liv. de viande, buvait 1 14 bouteilles de vin et brdlait une demi» voie dfe boi9« U on, coûtait ., QW, moyçnnç , 17 fr» 6i6 c à l'entrée par tête de bétail , 28 fr. par hectolitre de vin , et la population était de 7i4»ooo âmes.
» Aujourd'hui, M. Millot, anci^ ^^ve de l'école Polytechnique , vient de faire un calcul analogue , en prenant pour point de départ mes chiffres de 1817 , et il est arrivé à ce
Us oublieiit tout cek « les malheuimiit I et ûia)^ gré les huit ou âi\ étéànts qui , mourant presque de faim , grouillent dans un grenier lotit ati t€»it ,
ijL
sini^iiilier vësuhat qu« les cansottmaitioiiâ do Pwri» , )uic|,u'oii 1837 , diminuent k mesure que la population augmente.
» En 1769, îlfntrâit dans l'aris 3&8,O0O iêtéS de bétail ; il n'en entre aujourd'hui qn» Saô^ooo, et la popnla^n est considérablement augmentée ; pour que chaque habitant bût la même quantité de vin qu'il cette époque , it faudrait 962, ood boetolitresy et il n^en arrive que 872^000* Ëoin^ si k conSCAnraation du pain n'a pas diminué, elle n'est pas non plus devenue plus grande , et les 2,000 sac&de farine que Fon estime être ccmvertis chaK^ue jour eu. pain par 1^ l»C(illati|er8 de la capitale , n'en donnent pas encore tout a fait une livre à chacun de ses habitants. »
Diaprés M. de Càabrc^, dsns 20 dëpartèi»ei»U^ oâ le IM est la principale nourriture, la moyenne de consommation journalière d*un individu de la campagne est de i livre 8 onces , pltrs tme fraction ; tandis que celle d''un individu de Parts n'est que de 543 liv. par an , un peu moins dPuDe livre.
Le même rapport existait chez les Romains , entre le citadin et le Campagnard!, que cfaetf ndus entre I%adyitant de Paris et celui ded cain||wi|nes«
^ Dans l'ancien état de Rome , la ^consommation était de 2 livres six centièmes de blé par jour, pour chaque cîtaditi.
Elle était de 3 Ëv. , plus une fraction^ pour )c campegxiard*
A Paris ^ elle est de i liv. , moins douze trois cent soixantecinquièmes.
Et dans los 20 départmnents cités:, àd 1 liv. 81 Otites ({uatré dixièmes.
Cette disproportion est énorme.
En Chine , la consommation des agriculteurs , qui se no^u*rissent principalement de riz nettoyé , est aussi de 1 livres 8 onces.
Cette identité est fort extraordinaire et curieuse, quand eUie se rencontre chez des peuples si éloignés.
sur un méchant gi'abat , ils se souviennent encore que Dieu a dit à Adam et Eve : Allez , croissez et multipliez !
Franchement , qu'ont fait pour le peuple toutes les révolutions , je ne dis pas pour sa liberté , mais pour son bien-être matériel ? Rien ou presque rien. Chaque nouveau gouvernement , avant de naître , promettait , il est vrai , la poule au pot , et le peuple a bien pu la faire cuire, mais , à coup sûr, il ne l'a jamais mangée; il fut toujours le Raton de la fable , qui tire les marrons du feu au profit de certains Bertrand plus rusés que lui.
Les crises financières , les guerres intestines ou extérieures , rendaient , il faut en convenir, tout gouvernement difficile et permettaient peu de travailler pour l'avenir. On sacrifiait tout au présent et à cet instinct de vie qui est inné chez les gouvernants comme chez les particuliers. Tout gouvernement né veut vivre , c'est son droit ; qu'il porte le nom de monarchie par di'oit divin , de république , d'empire ou de monarchie constitutionnelle. Quand il abdique, ce n'estjamais que comme contraint et avec l'espoir de ressaisir le pouvoir, pour lui ou ses descendants , dans un temps meilleur ou quelquefois plus mauvais.
Nous ne sommes pas de ces utopistes qui croient que les changements de dynasties , de gouverne-
ments , que les révolutions enfin , peuvent se faire rapidement , pacifiquement , l'histoire est là pour leur donner un démenti ; et la révolution de 1830, celle qu'on appela longtemps la glorieuse des trois jours, qu'on vient de débaptiser pour l'appeler un événement ; cette révolution, quoiqu'on en dise, la plus noble , la plus généreuse , la plus courte de toutes, dure pourtant depuis onze ans.
Le moyen ensuite de fonder quelque chose d'utile , de durable , d'extirper ces misères humaines qui sont si profondes, si vastes, qui demanderaient tant de repos , tant de veilles , tant de sollicitude; qui absorberaient à elles seules tous 1^ trésors que l'on consacre à se faire garder ou à s'entre-égorger !
Lorsque le calme est rétabli , le devoir de tout gouvernement est de donner au peuple de l'instruction d'abord , et du travail ensuite.
En France , dans ces dernières années , le gouvernement a beaucoup fait pour l'instruction du peuple, mais point encore assez. Le chiffre des hommes de vingt ans qui ne savent ni lire ni écrire est toujours monstrueux ; et il en sera de môme tant qu'une loi pénale ne forcera pas les parents^ à envoyer leurs enfants à l'école, avant de les ensevelir vivants dans une manufacture.
Et puisque nous venons de prononcer ce mot
uiagique aujourd'hui , maiiufactare ! qu'il nous soit permis , tout en nous prosternant devant les progrès de l'industrie et les richesses qu'elle enfante , de lui préférer cependant l'agricuhure , cette industrie de la nature , k première que Dieu nous ait apprise.
Qui oserait comparer le troubfe , Fagitation , la laideur, la peine , les sooffirances et la misère des malheureux roineiirs , avec la paix , le cahne , la beauté^ virile , le travail facile et sahitaire , les jouissances et le bonheur vrai de nos laboureurs? qui oserait préférer l'air empesté, nauséabond des fabriques, la chaleur dévorante des foumeanx, à l'air embaumé des champs , à la chaleur vivifiante du roi des astres ? personne , hélas ! mais , séduits , aveuglés par l'exemple d'un pays voisin , qui ne peut vivre que par l'industrie , puisque le sol lui manque pour l'agriculture ;
D'un pays qui inonde l'univers de ses produits manufacturés, après les lui avoir achetés bruts ;
D'un pays qui leste indifféremment ses vaisseaux de bonnets de coton ou d'hommes eon(kmnés à mourir avant de toucher à la terre d'infamie , qui •leur est promise pour prison ;
D'un pays doi>t toutes les richesses ne suffiront bientôt plus à éteindre k dette -
D'un pays que dévorera encore la tsme (tes pau-
vres , et qui compte daiis son sein des candidats à la députation assez puissanuxient riches et assez réellement fous pour jeter les millions à pleines mains dans l'urne électorale, insulter ainsi à la misère du peuple et corrompre sa conscience (1);
D'un pays qui, sous un manteau de pourpre doublé de parch^nins yermoulus, cache plus de haillons, plus de pbiesque n'en pourrait étaler le monde entier, aveuglés, disons -nous, par cet exemple , nous avons voulu aussi couvrir les mers de vaisseaux et eiporter de nouveaux pi^uits. Pour cela , il a &tki créer des fabriques avec les SOC& brisés de nos charrues, étioler, rabougrir no6 euÊoits, augmenter notre dette, multipliei' nos fidllites et refaire des titres de noblesse aux fil& de ces fiers boui^ois qui» en 89, en avairat fait un si fastueux auto-da-fé. Pour que notre similitude
soit parÊûte avec F Angletcore , il ne nous; manque phis que ht guiUotiise perfectionnée, la mort à
fond de cale ! — Fasse le ciel que , mieux éclairés
sur nos propres besmns, sur ce qui doit nous pro*
curer les richesses durables et le bonheur, nous
(i) Aux dernières élections, le duc de Clewland ayant souscrit jour ioo,oQo livres sterlings (2,400,000 fr.) afin d'aider son élection et celle de ses amis les wighs , aussitôt le duc de Northumberland a souscrit la même somme pour soutenir sou élection et celle de ses amis les tories.
rendions à l'agidculture tous les bras que lui a ravis Tindustrie, sa traîtresse rivale (1).
Avec l'agriculture , la concurrence , ce chancre industriel qui enfantera infailliblement une révolution , n'est point à craindre au même degré. Le blé se vend dans tous les pays, il nourrit tous les hommes , tandis que les cachemires , les velours , les riches tapis , les tentures d'or et d'argent , ne vêtissent pas tous les humains , ne meublent pas toutes les habitations.
De la concurrence illimitée naît l'abaissement du salaire ; de l'abandon de l'agriculture pour l'industrie, l'absence de travail dans les ateliers où les bras surabondent , et par conséquent la misère , la misère qui, à moins d'un courage sublime , mène toujours au vice , et le vice au crime (2).
(i) M. de Gasparin, député de la Drôme, nous a dit et permis de répéter que , dans la ville d'Orange , dont il est maire , il n'y a pas eu , depuis un siècle , une seule condamnation à mort , et que le prix de la journée s'élève maintenant k 3 fr. dans toutes les campagnes. On chercherait vainement un pareil résultat dans des départements industriels.
(2) Voici ce que dit M. le docteur Guépin, de la famille pauvre de Nantes : « Nantes étant un terme moyen entre les villes de grand commerce et de grande industrie , teUes que Lyon , Paris, Marseille , Bordeaux et les places de troisième ordre j les habitudes des ouvriers y étant meilleures'peut-étre que partout ailleurs , nous ne croyons pouvoir mieux choisir pour mettre en évidence les résultats auxquels nous devons ariîver, et -leur donner un caractère de certitude absolue.
Méditez ensuite, uous vous en supplions, ce que vous a dit M. Moreau-Christophe :
« A moins d'avoir étouffé tout sentiment de justice, il n'est personne qui n'ait dd être affligé en voyant l'énorme disproportion qui existe chez les ouvriers pauvres entre les joies et les peines j vivre pour eux, c'est uniquement ne pas mourir.
« Au delà du morceau de pain dont il a besoin pour lui et pour sa famille, au delk de la bouteille de vin qui doit lui 6ter un instant la conscience de ses douleurs, l'ouvrier ne voit plus rien et n'aspire à rien.
« Si vous voulez savoir comment il se loge,enti'ez dans une de ces rues où il se trouve parqué par la misère, comme les juifs l'étaient au mojen-âge par les préjugés populaires dans les quartiers qui leur étaient assignés. — • Entrez en baissant la tête dans un de ces cloaques ouverts sur la rue , et situés au-dessous de son niveau ; l'air y est froid et humide comm^ dans une cave ; les pieds glissent sur le sol malpropre, et l'on craint de tomber dans la fange. De chaque côté de l'allée qui est en pente et par suite au-dessous du sol, il y a une chambre sombre , grande, glacée , dont les murs suintent une eau sale, et qui ne reçoit l'air que par une méchante fenétr^Urop petite pour donner passage à la lumière , et trop mauvais pour bien clore. Poussez la porte et entrez plus avant, si l'air fétide ne vous fait pas reculer ; mais prenez garde , car le sol inégal n'est ni pavé ni carrelé, ou au moins les carreaux sont recouverts d'une si grande épaisseur de crasse qu'il est impossible de les voir. Ici deux ou trois lits racommodés avec de la ficelle qui n'a pas bien résisté : ils sont vermoulus et penchés sur leurs supports ; une paillasse, une couverture forihée de lambeaux frangés , rarement lavée , parce qu'elle est seule quelquefois, des draps et un oreiller; voilk le dedans du Htj quant aux armoires on n'en a pas besoin dans ces maisons ; souvent un rouet et un métier de tisserand complètent l'ameublement. *t •
« Aux autres étages, les chambres plus sèches, un peu
plus éloquentes, et qui aura un immense écho dans tout le pays (1).
« En substituant à l'intérêt général l'intérêt particulier, on déprave la société. Et n'est-ce pas une vérité, aussi connue que le monde, que la morale privée et la morale publique sont autant nécessaires au maintien de ceux qui gouvernent qu'à ceux qui sont gouvernés ?
« Est-ce qu'il y a jamais eu dans l'univers une grande société sans bonnes mœurs publiques, et y a-til jamais eu surtout une grande société libre? Cela ne s'est jamais vu. Tout gouvernement qui sème les vices tôt ou tard recueille des révolutions : cela s'est vu depuis le commencement des siècles. »
■si:
Plus loin, l'honorable M. de Tocqueville ajoute avec une chaleureuse conviction :
« C'est donc à ces mœurs qu'il faut songer, c'est de ce côté qu'il fam que tous les bons citoyens, je le répète et je les en supplie, dirigent leurs regards ; car là est le péril qui menace non pas le ministère , non pas un homme , non pas un parti , mais , permettez-moi de le crier à cette chambre et à la France tout entière , qui menace notre honneur au dehors, notre sécurité au dedans, la sécurité de la
(i) Discours de M. de Tocqueville à la chambre des députés , séance du i8 janvier 184^.
nation et de chaque citoyen qui la compose, et qui met en péril tout ce qui attache et lie les hommes au sol de la patrie. »
Après de telles paroles , ne sent6z-yous pas vos pieds trembler sous Tabime? ne sentez-vous pas l'odeur des torches qui vont incendier le monde et faire couler des fleuves de sang?
Et pour combattre .cette armée de malheureux qui agite ses haillons en criant : J'ai froid ! qui reste la bouche béante , en disant : J'ai faim ! qu'avez- Vous pour apaiser de si légitimes clamews ? Que répondez-vous à ces millions d'hommes, de femmes et d'enfants, qui vous crient incessamment, comme à Lyon : Vivre en travaillant ou mourir en combattant!
Où sont les grands travaux pour les temps de disette? où sont les ateliers industriels du gouvernement pour les temps de crise ?
A ces myriades de &ntômes vivants , vous jetez en pâture les aumônes des bureaux de bienfaisance et celles de la charité privée, c'est-à-dire mie miette de pain par semaine ou par mois , laissant au désespoir et à la mort le soin de calmer, par le vol ou la tombe, la faim dévorante des autres jours. Et pendaitf que la misère jonche vos pavés de cadavres , vos prisons de voleurs et d'assassins , que
voit-on de la part des escrocs du grand monde? les
■^ ^ démolir pieiTe à pierre cet aiiti'e sauvage où l'on
^""^ voie impunément les trésors de l'Etat , la fortune
'^•^ '* des familles! de cet autre qui, à lui seul, vomit
**■<" plus de monstres furieux que les déserts de l'Afii-
*^ ^ que! de cet antre qui, en quelques heures, vous promène dans des palais ou vous étend glacé sur les
''«*•' dalles de la morgue !
^- î Immoralité des immoralités !
■-■■ * Aussi voilh qu'un soir, sortant d'un hrttel de la
*^*M Chaussée -d'Autin où se donnait mi bal, nous
^ » à vlmessur le perron un homme, jeune encore, mais
*^**r pâle , languissant et enveloppé dans un long man-
ï^**» teau , qui n'était sur de pareilles épaules que pour
■< p < dissimuler l'absence d'autres vêtements : Vous eus-
^^3* ' siez dit un linceuil jeté sur une statue de marbre.
*r^^ Un grand seigneur.... non, c'est un gi'and agio-
^^ «S teur qu'il faut dire , avait oi'donné à ses gens de
c*rt( faire avancer son caresse. Profilant de cet instant
f>af qui semblait favorable, l'homme du peuple s'ap-
l^Btt procha du joueur, et nous entendîmes à peu près
=*iac ceci, qui fût sans doute provoqué par quelques
K paroles hautaines et méprisantes du grand seigneur
tr au petit pied.
cl — « Pour un enfant du pauvre qui meurt au coin
■â-'ili d'une borne , dit alors avec dignité et noblesse le malheureux ouvrier, n'y a-t-il pas dix bâtards de
joueuiis qui naissent sous les fleurs et les lamhrid dorés de prostituées ?
Pour dix soldats amputés et décorés sur le champ de bataille , n'y a-t'-il pas vingt haussiers et trente baissiers qui comptent bien adssi sur l'étoile des braves ?
Pour un ouvrier qui pâlit de faim , qui se gèle de fîpoid , n'y a-t-il pas vingt boursiers que rougit l'orgie, qu'asphixient les fourures?
Pour un hospice , n'y a-^il pas cent pakSs ?
Pour une croix de bois, n'y a-Ul pas, au Père- Lachaise, mille tombeaux de marbre? »
— Le jeune homme aurait parlé encore, mais le quasi grand seigneur l'interrompit d'impatience ,
^ et lui dit avec une humeur superbe :
— c Que parlez-vous de misère , de soufifrances ! Est-ce ma faute si vous êtes né pauvre? et ne diraiton pas que vous allez prédire la fin du monde ou la chute du 5 p. 0/0 ! Tout est pour le mieux. . . Voilà des siècles que la terre tourne, et vos clameurs ne l'arrêteront pas dans sa marche, vos larmes n'amèneront pas un nouveau déluge ni une baisse de 25 centimes... Passez votre chemin , bon homme, et ne troublez pas nos fêtes du bruit de vos sanglots!.... Que Dieu vous garde! je n'ai pas de monnaie.... »
— € Mais, monseigneur, ayez pitié de moi!.... de l'ouvrage ou une aumône ! . . . . »
— c le n'ai pas de monnaie , tous dis-je ! . . . »
— c Mais ma fenune est à l'hospice qui se meurt. . . mais j'aifîx enÊmits qui depuis deux jours sont sans pain... l'aumône, s'il vous plaît, à moins que TOUS n'aimiez mieux que je vous vole ou vous assassine! »
— € Holà ! quelqu'un \ :. . . qu'on jette ce manant. ... en prison ! »
A ce moment , nous nous réveillâmes , car c'était un hon'ible cauchemar que nous éprouvions. Est-ce à dire pour cela que le rêve n'ait jamais été une réalité?
Etonnez -vous ensuite que le cœur humain, comme une éponge , aspire toutes ces inmioralités !
Etonnez-vous ensuite que la fenune du monde se vende pour un cachemire , pour un équipage, pour un bijou ; que la grisette , qui n'a plus d'ouvrage , se fesse inscrire au bureau des mœurs ! Oui , au bureau de prostitution ! Oui , mi xix^« siècle , il y a une maison que le gouvernement ne démolit pas non plus, où toute femme, au-dessus de 16 ans, peut aller demander à vivre de la lionte ! et on la reçoit, et on ^iregistre son nom, et elle se prostitue au milieu de ses larmes,— et elle vend ses caresses pour nn morceau de pain pour nourrir quel-
quefois son vieux père ! Et personne n'est là pour
sauver la pauvre fille! Peisonne, personne
pour sauver le père et la fille ! .... l'un meurt quelques jours après à l'hôpital Où donc peut aller
mourir le pauvre , si ce n'est là !^ . . l'autre à l'hospice d^ incurables ! . . . .
Pitié y pitié , mon Dieu , de tant de misères , de tant de crimes !
Etonnez-vous ensuite si l'ouvrier, devenu mendiant par absence d'ouvrage , change de profession lorsque se lasse la charité et qu'il devienne voleur ou assassin !
Etonnez-vous ensuite, quand vous repoussez avec indignation le libéré d'une première faute, l^uelle n'eut peut-être d'autre origine que votre organisa-^ tion sociale , étonnez-vous qu'il persévère dans le crime, puisqu'il n'a plus qu'à choisir entre le crime ou le suicide (1) !
Par nos préjugés, par notre absence de sociétés de patronage s'étendant à tous les libérés , vous rendez la récidive nécessaire , et vous venez chaque année vous lamenter sur son accroissement ! Mais , en vérité , lorsqu'on se donne un peu
(i) <c H en est autrement aux Etats-Unis. Le voleur et le faussaire qu'ont flétris les lois sévères de Rhode -Island ,' trouvent sans peine dans le Connecticut , du travail et de la considération. » M. Gustave de Beaumont.
la peine de sonder les plaies sociales , si quelque chose doit surprendre , c'est qu'un seul libéré puisse se régénérer, c'est que le chancre des prisons ne nous ait point encore tous dévorés !
Ce n'est pas, d«k reste, la première fois que nous émettons de pareilles idées , car yoici ce que nous disions, il y a peu de mois, dans le Constitua tionnel :
c M. le ministre de l'intérieur vient aussi d'opérer, dans la prison de Nîmes , quartier des jeunes 'détenus , la plus belle des réformes , celle qui , avec le système d'isolement , doit in£ulliblement réduire de moiti^, dans un avenir prochain, le chiffire de qps récidives ; notts voulons parler du renvoi des gardiens et de leur remplacement par un ordre i*eligieux. Cet essai, nous n'en doutons point, amènera la même application à toutes les prisons de jeunes détenus ou d'adultes : Que n'a*ton commWiQé par Paris !
< Mais les cellules et les ordres religieux ne font que préparer les détenus à une vie meilleure quand viendra [la liberté ^ et si à cette époque la société demeure imprévoyante, froide et cru^e; si, en d'autres termes , eUe veut vivre et mourir avec ses vieux et impitoyables préjugés ; si chaque honome ferme son cœur et sa porte d*un triple verrou , que ^viendront les obérés?
€ Croyez-vous que tous auront le sublime courage de se laisser mourir de faim , faute d'ouvrage?
€ Croyez-vous que tous recoun*ont au suicide?
« Croyez-vous que quelques-uns ne s'indigne^ ront pas contre des hommes qui ne savent que punir et jamais pardonner?
« Croyez-vous que, de travailleurs dédaignés, ils ne se feront pas mendiants , puis voleurs, puis assassins? el à qui la faute? La main qui vous aura vainement demandé une obole pour acheter un morceau de pain, se lèvera alors, n'en doutez pas, pour vous arracher le superflu de cet or dont vous faites un si triste usage, trop heureux si elle vous laisse Une vie que vous méprisez chez les autres.
« Certes, nous avons dit notre opinion sur le système de détention actuelle, sur les causes des récidives, et nous venons de l'exprimer formellement encore aujourd'hui ; mais cette source du mal n'est point la seule (1). Tout le monde, à propos du nombre toujours croissant des récidivistes, peut
(i) a Les systèmes pénitentiaires n'agissent que dans la prison , tandis qu'il faut agir dans la société , où \eà crimes se commettent ^ les systèmes pénitentiaires ne s'occupent à dé-* truire que les effets du vice, tandis qu'il faut s'occuper à détruire ses causes. Tant que les causes du crime resteront les mêmes, il y aura chaque année, a de légères variations près , la même moisson de coupables , la même pâture aux geôliers , la même curée aux bourreaux. »
M. GnAiifER DE Gassagnac. - ^
avoir le facile courage de s'en prendre à des murailles plus ou moins bien disposées et à des gardiens plus ou moins moraux. Mais, ce qui est plus rare, c'est de dire la vérité à tous, tî'est de mettre le doigt sur toutes les pUes. Eh bien ! la plus grande de toutes les plaies saignantes , la plus difficile à guérir, elle est au cœur de la société même, ellç est dans tous les hommes qui se cuirassent, du berceau à la tombe , dans un criminel égoïsme. Oui , oui , c'est la société qui fait la moitié de nos récidives , et, h part quelques habiles artisans qui , sur la re* commandation de patrons , ouvrent leurs ateliers aux libérés , e{ les admettent jusque dans Fintimité de la famille , citez-hous beaucoup d'heureux de la ten*e qui v^uijilent, d'im ancien détenu, faire seulement leur palefrenier ! Et puis qu'on s'étonne de la qumitité des crimes !
€ D'où vient qu'à cette époque toute statisticienne , si nous pouvons nous exprimer ainsi , personne ne s'est avisé de chiffî^r, puisque tout est réduit en chiffres , le nombre de portes qui se sont fermées, qui se ferment chaque jour à l'approche d'un libéré?
« Le nombre de cœurs qui ont battu d'épouvante et non de pitié ?
€ Le nombre d'yeux qui sont restés secs , quand |b n'ont pas été ^amboyants de mépris?
€ Le nombre de bourses qui se sont trouvéei; vides pour le pauvre , et pleines d'or pour une messaline, pour une chanteuse , pour une acrobate?
« L*hâpital , la prison ou la morgue ; voilà la part du pauvre ou du libéré ! C'est au milieu de toutes ces misères qu'il doit incessamment graviter, et vous ne voulez pas que les moins ou les plus courageux de ces honmies , que ceux qui tiennent à vivre ne s'insurgent pas contre la société (1) ! Mais c'est vouloir l'impossible , c'est nier Dieu qui a mis l'homme sur la terre pour qu'il y vécût au moins par son travail.
c Qui donc donne du ti'ayail aux libérés adultes , aux forçats ?
c Qui donc , dans beaucoup de départements encore , patrone les jeunes libérés?
c Qui donc patrone la famille pauvre et prévient les crimes? Personne ou presque personne ! . . .
c Hâte&>vous , car le mal est profond et s'étend au corps entier : c'est de gangrène immorale que vous périrez ! . . .
c Hftte&vous , car, venir en aide aux pauvres et aux libérés, c'est prévenir les suicides (2) , les délits
(i) t( Quand l'homme a commis une faute qu'il suppose irréprochable, Porgueil lui fait chercher un abri dans cette faute même. » M. de Chateaubriand.
(a) En 1839, d'après le dernier rapport du garde de*
et les crimes ; c'est , eu un mot^ résoudre la seule question sociale qui , avec celle de Torganisatiou du travail, nous minent et nous menacent de la plus terrible des révolutions. Trêve de politique, occupez-vous d'humanité et de travail.
€ Que le gouvernement prenne donc l'initiative ; qu'il organise, pai* une loi , ou autrement, de vastes sociétés de patronage sur tout le territoire , s'étendant aux enfants pauvres et à tous les libérés , sans distinction d'âge ni de sexe. Le succès de cette mesure est infaillible , car il est démontré par une longue expérience de la société de patronage de la Seine, dont tout le nM)nde sait les prodiges, par celles de Lyon , Strasbourg , Bordeaux , Rouen , Marseille, Besançon, Grenoble, etc.
c En attendant que la main du gouvememant , seule assez puissante, puisse s'étendre à tout, les particuliers ne se lassent pas de Tencourager par l'exemple, et au premier rang nous devons signalet* à la reconnaissance du pays un haut fonctionnaire de l'Etat (1) qui, dans ses inspections générales, ne se borne pas à étudier les moyens de régénérer les dét^us , mais se préoccupe aussi de ceux qui
sceaiu^ , sur la justice criminelle , il y a eu 2,747 suicides , 161 de plus qu'en i838, 3o4 de plus qu'en iSSj, 407 de plus qu'en i856. Le département de la Seine en compte seul 486.
(i) M. Gh. Lucas, inspecteur général des prisons du royaume*
doiveiit assurer Texistence des libérés et prévenir leur retour au mal.
c Pour cela , il organise partout où il le peut des sociétés de patronage , et , tout récemment encore, il vient d'en fonder une à Saumur.
c Puisse le gouvernement comprendre enfin que son tour est arrivé , et que , s'il restait neutre plus long-temps, il assumerait sur lui une écrasante responsabilité !
« Le ministère de l'intérieur marche, il est vrai, d'un pas rapide dans la voie du progrès ; nous voudrions le voir courir. Nous sommes , peut-être , un peu pressés , un peu exigeants , dira-t-on ; oui , pressés et exigeants , comme les incendiés qui appellent à genoux , les mains tendues vers le ciel , la goutte d'eau qui doit préserver quelques lambeaux de leur habitation ; pressés et exigeants comme les noyés qui luttent contre la mort et s'efiforcent de regagner la terre. >
A l'œuvre donc , il en est temps encore !
A l'œuvre dans l'intérêt de ceux qui ont déjà succombé !
A l'œuvre dans l'intérêt de ceux qui pourraient succomber !
A l'œuvre dans t intérêt des riches , qui ne succomberont jamais !
A l'œuvre , car la thérapeutique des souffirances
du pauvre, ce n'est pas Y aumône, c'est ï éducation d'abord , le crédit ensuite , le travail toujours.
Toute la science sociale est là.
Et pourtant , voilà tantôt vingt siècles que vous dîtes au peuple qui vous nouixit et qui , lui , meurt de faim , patience ! patience !
La patience est une &usse monnaie dont le peuple ne voudra plus bientôt, car« avec elle, il n'a pas crédit chez le boulanger, lorsqu'il a faim.
Après tout, qu'est-ce quelafeim? C'est une mauvaise conseillère.... Vous l'ignorez peutrêtre, vous tous les heureux de la terre, qui n'avez jamais souffert que du mal contraire.
La faim ! mais c'est elle qui chasse le lion du désert et le pousse au carnage ! . . . N'estril pas à craindre aussi que le peuple , ce lion des villes quand il est las de soufirir, ne soit un jour poussé par elle de la rue dans vos palais?
Donc , par amour pour vos fi*ères , par respect pour les volontés du Christ ou par égoïsme et pur instinct de conservation , prévenez ce malheur ! non pas avec quelques pièces d'or, des fourgons de pains ou de boulets , mais avec des livres , des charrues et des outils. . . Faites la paix avec le paupérisme , et non la guerre , car la misère , devenue chronique , est une maladie qui ne se guérit que par des remèdes énergiques , mais pacifiques... L'au-
mône peut à peine produire une convalescence d'un jour.
Alors , direz-vous , nous la tuerons , la misère !
La tuer? insensés ! mais la mitraille , qui tue les hommes , tua-t-elle jamais les passions , les idées, les institutions?
Or, tuer les hommes , à propos de la misère , sans tuer les passions , les idées , les institutions qui Tengendrent, c'est, tant qu'un seul homme restera debout sur la terre , c'est ne rien tuer du tout!....
C'est uniquement légitimer les représailles aux grands jours des révolutions, dont Dieu nous garde !