DEUXIÈME PARTIE ParM. B. RENAULT
!• — CAIiAHARlÉfifi
Sous le nom de Calamariées, beaucoup d'auteurs comprennent toutes les plantes qui présentent une tigre calamitoîde , c'est-à-dire dont la partie centrale est occupée par une moelle relativement volumineuse, dont la longueur est partagée en une série d'articles tous semblables et munie ou non aux articulations, de gaines^ de feuilles libres distinctes ou des rameaux disposés en verti cilles.
Le cylindre ligneux, du moins dans les tiges qui ont conservé quelque structure, présente, toujours du côté de la moelle, une couronne de lacunes alternant d'un entre-nœud au suivant.
La surface des tiges ou des rameaux est marquée quelquefois de côtes et de sillons longitudinaux ; souvent l'écorce est lisse, maie, presque toujours, les empreintes accusent des cannelures plus ou moins profondes dues soit aux stries longitudinales de la surface, soit, et c'est le cas le plus fréquent, aux faisceaux ligneux de la tige.
Les tiges aériennes étaient insérées sur les articulations de tiges souterraines, do rhizomes ; parfois elles paraissent issues de sorte de stolons.
Le genre Equisetum , le seul représentant actuel
des Calamariées, reproduit assez bien le port el les traits principaux d'organisation de ces plantes.
Dans ce genre, les épis ne montrent qu^une seck espèce de spores qui, cependant, donnent nsissaam les unes à des prothalles mâles, les autres à des prothalles femelles, sans qu'aucun caractère extérieur nail été signalé pour leur distinction. Certaines Calamariées fossiles présentent, au contraire, dans des épis séparés, ou réunis dans le même, des microspores et des macrospores. Les faisceaux qui forment le cylindre ligneux des tiges et des rameaux sont très grêles et œ s*augmentent jamais par l'addition de bois secondaire.
Les Calamariées, au contraire, d'après la plupart des paléontologistes, offriraient tantôt uniquement un bois primaire sans traces de bois secondaire, tantét un bois secondaire rayonnant analogue à celui des Gymnospermes et pouvant atteindre dans certains genres, CsLiamites gigsLS entr'autres, plus de 20 centimètres d'épaisseur de l'extrémité du cylindre tournée du côté de la moelle à la surface extérieure. Dans les deux cas , ces végétaux se seraient reproduits au moyen de spores comme les Cryptogames.
Comme jusqu'ici les fructifications appartenant aux différents genres de Calamariées sont loin d'être toutes connues, que leur organisation sur les empreintes laisse le plus souvent des doutes sur leur nature cryptogamique ou phanérogamique , que les Cryptogames actuelles offrant du bois secondaire sont extrêmement rares, nous diviseront dans ce travail le groupe des Calamariées en deux sections : la première renfermant les plantes articulées munies seulement de bois primaire; la seconde comprenant celles qui offrent un bois secondaire plus ou moins développé ; nous exposerons en même temps quelques faits qui paraissent militer en faveur de la nature phanérogamique de ces dernières.
PREMIÈRE SECTION Ekjuisetinées.
Plantes frutescentes herbacées ou arborescentes à tiges aériennes dressées, le plus souvent partant de rhizomes offrant à peu de chose près la même organisation que les tiges, à surface corticale lisse (Annularia, Âsterophyllite, etc.) ou marquée de cannelures longitudinales. Organes appendiculaires, feuilles, racines ou rameaux disposés en verticilles sur les articulations, tige présentant au centre une moelle relativement considérable persistante ou de peu de durée et souvent des diaphragmes transversaux disposés aux nœuds en forme de cloisons. Cylindre ligneux formé d'une couronne de faisceaux vasculaires verticaux parallèles dans chaque entre -nœud et alternant d'un entre-nœud au suivant, munis à l'extrémité tournée du côté de la moelle d'un canal aérien présentant éga«lement le même phénomène d'alternance que les faisceaux ligneux ; sur le bord externe de la lacune on remarque deux groupes assez grêles de trachées et de trachéides séparés par un amas de cellules oambiformes (Leptome). Ces bandes vasculaires, qui sont peu développées dans r entre-nœud, prennent beaucoup plus d'importance aux articulations de la tige et surtout des épis.
Feuilles simples uninerviées libres jusqu'à la base ou plus ou moins soudées en forme de collerette étalée ou de gaine dressée contre la tige ou le rameau.
Fructifications généralement spiciformes formées, tantôt d'une série de bractées disposées en verticilles, tous fertiles, tantôt de deux séries de bractées égale-* ment disposées en verticilles fertiles et stériles alter-*
nant entre eux. Les bractées stériles sont peu moifiées, les bractées fertiles ou sporangiophores m contraire sont presque toujours peltifonnes et portsn sur la face interne un nombre généralement pair è sporanges. Ces derniers sont ou adhérents à la paît! horizontale du sporangiophore ou engagés asaez profondément dans la partie charnue du disque peltiforcië Les sporanges ont une enveloppe résistante formée de cellules dont les parois s'engrènent avec celles des cet Iules voisines. Les corps qu'ils renferment peuves: être ou des spores qui donnent naissance en germante un pro thalle mâle ou femelle, ou des microspores et des macrospores ; les microsporanges et les macrosporanges sont tantôt portés par des épis différents, tantôt son'* réunis dans un seul. On sait que lesEquisetum vivants sont isosporés, c'est-à-dire ne présentent qu'une seule espèce de spores produisant indifféremment des prothalles mâles ou femelles ou rarement portant k la fois les archègones et les anthéridies ; les spores sont munis d'élathères très sensibles aux variations d'humidité; jusqu'ici, aucune spore fossile n'a offert d'organe de dissémination analogue.
Genre CALAMITES. Schlotheim.
Tiges cylindriques, articulées, portant à la surface des côtes séparées par des sillons alternant aux articulations ; aux angles supérieurs formés par l'extrémité des côtes, on remarque souvent des mamelons arrondis ou ovales ; quelquefois ces mamelons se retrouvent également aux angles inférieurs. Aux articulations se montrent quelquefois des cicatrices discoides marquées de sillons rayonnants, solitaires ou disposées en nombre plus ou moins grand en verticille ; ce sont les traces laissées par des rameaux tombés.
L'intérieur de la tige est creux, la moelle disparaissant de bonne heure ; à son pourtour, les empreintes ont conservé les traces des faisceaux vasculaires souvent houillifiés, constituant le cylindre ligneux. L'écorce épaisse, mais entièrement cellulaire et lacuneuse, n'est indiquée fréquemment que par son épiderme.
Quelles que soient les dimensions des Calamités, dont quelques-unes comme les C. Suckowi ont pu atteindre plusieurs décimètres de diamètre, la quantité de houille laissée par ces plantes n'est représentée que par une faible pellicule, ce qui prouve que le système ligneux est toujours resté sans accroissement bien sensible et que Técorce était dépourvue de couche subéreuse ou hypodermique présentant quelque importance.
La partie inférieure des tiges allait en s'atténuant en pointe plus ou moins recourbée et s'insérait sur un rhizome souterrain également articulé ; des radicelles plus ou moins nombreuses, très grêles vertioillées, partaient des articulations. Le genre Calamité se distingue du genre Equisetum par Tabsence complète de gaine aux articulations des tiges aériennes, des rhizomes et des rameaux.
CALAMITES SUCKOWI. Brongt.
(Pl. XLIII, Fio, 1 à 8. —PL. XLIV, Fig. 4 et 5)
1828. Calamités Snckowl. Brongt, Hist. Végét. Fos., t. 1, p. 124. Sternberg, Ess. FI. monde prim,, II fas. 5-6, p. 49. Geinitz, VersL d. Steink in Sac/is, p. 6, pl. XIII, fig. 1-3, 5 et 6. Weiss, Fos, FL d. jungst. Steinkohl, p. 117, pl. XIII. Grand'Eury, FI. du dép. de la Loire, p. 14, pl. 1, fig. 1-6. Zeiller, Expl. Carte géoL Fr. IV, p. 12, pl. CLIX. Bassin kouiller de Valenciennesy p. 333, Atlas, pl. LIV, fig. 2, 3, pl. LV, fig. 1.
1833. Calamités floqualis. Sternberg, Ess. FI, mond. prim,, II, fasc. 5-6, p. 49.
1834. Calamités (Stylooalamites) Saokowi. AVeiss, Scr> koh. Calam. II. p, 129, pi. U, fîg. 1, pi. III, fig. H pi. IV, fig. 1, pi. XVII, fig. 5.
Tiges le plus souvent comprimées variant de 5 â 9 centimètres de diamètre, articulées ; les entre-nce«6 inférieurs ont 3 à 6 centimètres de long ; ceux de ia partie supérieure atteignent 6 à 20 centimètres ; striées en long, mais peu profondément, les côtes sont plaies, larges de 1"*"*,5 à 2°"°, alternant d'un entre-nonc à l'autre, les sillons qui les séparent ont à peine 0^? de largeur, sur le moule interne ils sont souvent limités par deux stries longitudinales très nettes courait le long des côtes ; peut-être est-ce la trace de deux bandes vasculaires parallèles qui composent le faisceau vasculaire correspondant aux côtes saillantes chez les Equisétacées.
Les mamelons placés à Tangle supérieur un peu arrondi résultant de la bifurcation des côtes sont circmlaires, peu saillants mais bien limités ; ceux qui ^ trouvent à leur base, au point de la bifurcation, som ponctiformes et moins visibles.
Les tiges renflées à une petite distance de leur origine s'amincissent en se recourbant plus ou moins pour venir s'attacher à un rhizome'(FiG. 3, Pl. XLIII) ; les articulations rapprochées à la base s'éloignent à U partie supérieure ; les tubercules qui sont entre les côtes, à la partie supérieure des entre-nœuds, deviennent de moins en moins visibles et disparaissent.
Lorsque des tiges primaires subissaient un envasement, des tiges secondaires pouvaient prendre naissance aux articulations envasées et après avoir augmenté peu à peu de diamètre, s'élever verticalement autour de la première.
D'autres fois, les tiges verticales aériennes se montrent insérées sur les articulations de tiges souterraines
liorizontales, rhizomes analogues à ceux de nos Equi* sétacées actuelles.
Ces rhizomes n'ont pas les articulations aussi nettes ni les côtes aussi visibles que les tiges ; des racines 3S8ez nombreuses sont insérées aux nœuds.
Cette espèce de calamité présente donc des rhizomes définis, traçants, émettant des tiges qui deviennent aériennes^ susceptibles elles-mêmes de fournir de nouvelles tiges partant des articulations quand elles sont enterrées.
Malgré la grandeur des tiges, la quantité de houille que le système ligneux et cortical a laissé est extrêmement faible et ne dépasse guère 0"'',5 en épaisseur. Dans les échantillons bien conservés, on reconnaît l*épiderme extérieur lisse qui recouvre actuellement les filets de houille laissés par le système vasculaire.
Les radicelles ne sont plus représentées que par une mince pellicule de houille laissée par Tépiderme et qui a pris la forme d'un ruban; vers le milieu, on remarque la trace très grêle, sinueuse, d'un cylindre ligneux central; elles ont de 5 à 15 millimètres de largeur, et leur longueur est de 10 à 30 centimètres. La pellicule charbonneuse, due seulement à Tépiderme, est formée de mailles rectangulaires disposées par files longitudinales assez régulières, qui représentent les cuticules épaissies des cellules épidermiques.
Les radicelles sont simples ou rameuses : sortant sur les rhizomes et à la partie inférieure des tiges des tubercules placés au-dessous des articulations, elles s'étendent horizontalement.
Par suite de son mode de développement souterrain, le C. Suckowi se pliait très bien à la surélévation des terrains où il végétait, en se reproduisant sans cesse à des niveaux de plus en plus élevés.
La surface du C. Suckowi no porte aucune em-
preinte pouvant se rapports soit à des feuilles, S8S des rameaux ; il faut donc se représenter ces pi; développées comme des tiges longuement atténuée pointe à la partie supérieure, très rapidement décflêsantes et recourbées à la base, hautes de 4 à 5 mèces Les articulations inférieures seules portaient des «fines appendiculaires verticillés, qui étaient des nés ou de jeunes tiges secondaires.
Les tiges ne présentent aucun resserrement oa contracture aux articulations.
Nous donnons (Fio. 1, Pl. XLIII) une porticu èi C. Suckxywiy très peu aplatie et mesurant 8 oesit:mètres de diamètre environ.
Provenance. — Tranchée Saint Edmond, à 16 loètrès au toit de la Grande Couche ; le grès formant b n: ouïe est composé de grains assez gros.
L'échantillon représenté (Fie. 2), également peu dé formé, mesure 15 à 16 centimètres de diamètre ; \» côtes sont un peu moins saillantes que dans le précédent.
Provenance. — Tranchée de Forêt dans un banc àe grès fin au mur de la Grande Couche.
La base de tige que nous avons figurée (Fi g. 3} eâl
réduite au de sa grandeur naturelle, peu déformée^
longuement atténuée et recourbée à sa partie iii/<^
rieure ; elle devait s'attacher à une tige souterraine.
Provenance. — Tranchée Saint-Edmond, à 20 mitres au toit de la Grande Couche. La roche qui sert de moule est un grès à gros grains .
Les FiG. 4 et 5, Pl. XLIV se rapportent à des p(fttions de tiges moulées par des grès fins et qui présentent très nettement, même à Tœil nu, les deux bandes longitudinales qui limitent les sillons formés par le système vasculaire ligneux.
Provenance. — Tranchée de Forêt dans un banc de grès fin au mur de la Grande Couche.
CALAMITES GISTI. Brongt.
(PL. XUII, FiG. 4 ; PL. XLIV, FlO. 1 ; PL. XVII, FiG. 4)
182B. CtelamilM Oistii. Brongt., HUt. vegét. fass., l, p. 129,
pi. 20, fig. i à 5; Qrand'Eury, Flore carb. du dép. delà
LoirCy p. 19, pi. II, fig. 2, 3. Unger, Gen.etspec, p. 46.
Geinitz, Steirikohlen formation y in Sac/isen, p. 7, tab, XII,
fig. 4, 5, tab. Xin, fig. 7.
Cette espèce, trouvée pour la première fois à Wîlkesbare, en Pensylvanie, par Cist, a été rencontrée depuis dans un nombre considérable de bassins houillers et à des hauteurs extrêmement variables, dans les mines de Saarbruck, à Montrelais^ dans les anthracites de Puy-Rîcard, près de Lamure ; il est très répandu également dans les dépôts houillers de Saxe, de Silésie, à tous les niveaux du bassin de Valenciennes (Zeiller).
Le calamités Cisti se distingue facilement du C. Suc-^ howi par ses articles plus longs par rapport au diamètre, par ses dimensions plus petites en largeur, par ses côtes et ses sillons plus étroits et par les mamelons plus allongés elliptiques placés au-dessus des articulations.
Les tiges de C. Cisti développées ont 10 à 12 centimètres de diamètre; les entre-nœuds, plus allongés que dans Tespèce précédente, mesurent 7 à 18 centimètres dans les espèces figurées. Les côtes atteignent à peine 1 millimètre en largeur, sont aiguës à leurs extrémités et portent au sommet des mamelons allongés verticalement, moins accusés que dans le C. Suckowi. Quelquefois, on distingue des mamelons plus petits et alternants au-dessus de Tarticulation (Fio. 4, Pl. XLIII) (1).
(1) Peut-être est-ce la trace de faisceaux se rendant dans une gaine rapidement caduque.
Les sillons sont limités par deux petites bandes blables à celles de Tespèce précédente et qui fitf vraisemblablement la même origine.
Le sommet des tiges était pourvu de nombreux nmeaux disposés en verticilles ; eux-mêmes portaient ds ramules à leurs articulations, mais de même que la tiges, les rameaux et les ramules étaient oomplètemai: dépourvus de gaines et de feuilles.
Les tiges étaient cylindriques, non contractées aox articulations et conservaient le même diamètre pandas^ un certain temps; elles s'atténuaient (Fio. 1, Pl. XLIV beaucoup moins vite en haut et en bas que le C. &ickowi ; leur partie inférieure parait également moist recourbée ; elles semblent avoir poussé par XoaShi partant de rhizomes souterrains.
M. Grand*Eury a désigné sous le nom de C.foliosus[l des empreintes de rameaux calamitoîdes analogues à celles du C. Cisti, mais les sillons en sont un pei moins prononcés. La partie supérieure des tigres, articulée à grande distance, porte encore de courtes feuilles rapprochées et soudées à la base ou bien les cicatrices laissées par ces feuilles disposées en chaîne horizontale; ces cicatrices, qui se touchent par leurs bords, sont elliptiques, allongées transversalement et sont marquées d'une dépression vasculaire centrale.
Sous le nom de Calamostachys^ M. Grand'Eury a signalé des épis grêles et délicats tenant encore à des rameaux articulés, sans feuilles, mêlés à des rameaui de C. Cisti et foliosiLS : ce seraient là les vrais épis des calamités. Ces épis, longs de 20 à 22 millimètres et larges de 3, sont articulés, disposés en assez grand nombre aux articulations; ils paraissent formés uniquement de verticilles de bractées fertiles ; ces bractées,
(1) Flore carbonifère du département de la Loire.
d'une forme peltoide, ont porté en dessous des sacs sporifères, mais que Ton n'a pas encore vus nettement, à cause sans doute de leur petitesse.
La Fio. 4, Pl. XLIII, représente une portion de tige de C. Cisti sur laquelle les articulations sont distantes d'au moins 18 centimètres ; on peut remarquer sur la surface les deuxbandes parallèles longitudinales laissées par les faisceaux des entre-nœuds.
Provenance. — Houillères de Montvicq, & 206 mètres de profondeur, au toit de la couche n^ 2.
La FiG. 1, Pl. XLIV, se rapporte à la partie supérieure du C. Cisti ; elle montre deu x articulations ; la tige malheureusement est fracturée à ces deux endroits ; à rarticulation supérieure, on voit cependant les cicatrices laissées par trois rameaux. La Fio. 2, même planche, représente une portion de jeune rameau muni de deux articulations.
Provenance. — Tranchée Saint-Augustin, à 5 mètres de la Grande Couche.
Enfin, la FiG. 4, Pl. LVII, montre une portion de tige d'un assez fort diamètre, mais dont les articulations sont beaucoup moins écartées que dans les échantillons précédemment cités.
Provenance. — Tranchée Saint-Augfustin.
CALAMITES ARTISL Sauveur.
(Pl. XLIV, PiG. 5)
Galamites Artisii. Sauveur, Végét. foss, de la Belgique,
pl, VU et vm.
Nous rapprochons l'échantillon représenté (Fia. 3, Pl, XLIV) de ceux figurés par Sauveur (1) (Fig. 3, Pl. vu, Fio. 2, Pl. VIII), mais avec des dimensions
(1) Végétaux fossiles des terrains houillers de la Belgique,
moindres. Les Fig. 1 et 2 de la Pl. VII semblei^ rapporter plutôt au C Suckowi. Les caractères del» pèce sont les suivants :
Tiges variant de 2 à 5 centimètres de diam^A à entre-nœuds inégaux, les articulations portent rkr unes, uniquement des cicatricules de faisceaux foliaires; les autres, une cicatrice raméale de petite dim^isits: La distance des articulations varie entre 4 et 9 oeaÉémètres et demi. Les côtes sont distantes de 1 millimélre à 1,5, assez saillantes, arrondies. La tige est recouverte d une mince pellicule de houille ; là où elle inan(;iie, dans les sillons placés entre les côtes, on distingue les deux lignes parallèles qui limitent chacun d'eux.
La tige est légèrement contractée aux articulations.
Rapports et différences. — L'espèce que nous décrivons se rapproche du Calamités ramosus par la présence de cicatrices raméales à certaines, articulations, mais ces cicatrices sont plus petites dans notre échantillon. Les entre-nœuds sont également plus courts, les côtes sont saillantes et arrondies, tandis que dans le C. ramosus elles sont plus larges et plus aplaties.
Provenance. — Tranchée de Forêt dans un banc de grès, au mur de la Grande Couche.
CALAMITES OANNAEFORMIS. Schloteuc.
(PL. XLIV, Fm. 6 et 7)
1804. Calamités oannœtonniB. Sohlotheim, ein Beitrag zur. Flora der vorv^elt, pl. XX, fig. 1.
Calamités cannseformis. Brongt, Hist. végét. fass., p. 131, tab. XXÏ.
Calamités cannœformis. Lindley et Hutton, Fos. Flora, tab. LXXVII, LXXIX.
Calamités cannsoformis. Gutbier, Abd., tab., fig. 4.
Calamités cannsBlormis. Unger, Foss. Flora, d. Ueberg. Geb., p. 118. Unger. Gen. et species, p. 47.
Calamités oannaefonnls. Oeinitz, Preissc/ir.» p. 32, tab. XIV, fig. 16-19, id. Verstein d. Steink, p. 5, tab. XllI, fig. 8, tab. XIV, fig. 1, 2, 4, 5.
Galamltes oamMBformia. Grand*£ury, FL carb, du
départ, de la Loire^ p. 19, pi. II, fig. 1 et 3. Zeiller, ExpL de la carte géoL de la France, p. 46.
Tiges de 12 à 15 centimètres de diamètre attei- ^nsint la taille dépassant peut-être même celle du CsLlamites Suckawi; contractées aux articulations qui étaient assez espacées, les côtes convexes assez saillantes ont 1 ,5 à 2 millimètres de largeur ; elles se terminent en coin à leurs extrémités, les mamelons placés à la partie supérieure des côtes sont un peu elliptiques ou arrondis. L'enveloppe charbonneuse est plus épaisse que dans les calamités précédentes et semble provenir d*un véritable cylindre ligneux, par conséquent, le C. csinnseformis pourrait se ranger dans le genre Art/iropitus, sous le nom de A. cannaeformis.
Les tiges cylindriques sur une certaine étendue s'atténuent en pointe, mais moins rapidement que dans le C. Suckowl. La partie inférieure de la tige est recourbée quand elle s'attache à un rhizome, un peu au-dessus des articulations, dans les parties qui ont été recouvertes de vase ou de sable partent des radicelles assez volumineuses et plongeantes, comme celles des Ar^ thropitiLS,
Les tiges paraissent généralement dépourvues de feuilles et de branches; cependant certaines d'entre elles laissent voir des cicatrices, qui ont dû appartenir à des rameaux.
Nous figurons (Pl. XLIV, Fig 7) une base de tige peu déformée de C. cannsBformis présentant une courbure et une diminution plus régulières que celles du C. Suckowi.
Provenance. — Tranchée Saint-Edmond à 14 mètres au toit de la Grande Couche.
L'échantillon représenté (Fia. 6) est plus aplati ; i montre deux articulations : Tune d'elle of&e plusi^ars cicatrices raméales.
Provenance. — Tranchée Saint-Edmond à 1 mètre as toit de la Grande Couche.
Genre EQUISETUM
Le genre Equisetum compte un assez grand nombre de représentants fossiles répandus dans les couches tertiaires et dans les couches secondaires, donf plusieurs offrent des dimensions gigantesques si on les compare à celles des espèces vivantes , entre autres l'Eq. Mougeoti du grès bigarré, TEq. arenaceum du keuper et l'Eq. columnare de Toolithe.
 Tépoque paléozoîque, on n'en a signalé jusqu ici que des fragments douteux rencontrés dans le terrain houiller et qu'on a réunis sous le nom d'Equisetites^ leur attribution au genre Equisetum ne pouvant être regardée comme certaine.
L'échantillon que nous allons décrire permet d*afSrmer l'existence à l'époque houillère supérieure d'Equisetum véritables, comparables par leur taille aux espèces géantes de la période secondaire.
EQUISETUM MONYI B. R.etR.Z. (1) (PL. LVII, PiG. 7)
L'Eq. Monyi figuré présente l'empreinte d'un fragment long de 115 millimètres, d'une tige articulée de 34 millimètres de largeur. Les articles sont au nombre de quatorze et leur longueur individuelle varie de 5 à 10 millimètres ; vers le bas de l'échantillon, ils mesu-
(i) Comptes-rendus des séances de TAcadémie des Sciences, 5 janvier 4885.
rent environ 7 millimètres, puis ils se raccourcissent un peu ; deux ou trois d'entre eux n'ont plus que 5 millimètres, ensuite ils s'allongent graduellement et les derniers ont une hauteur constante de 9 à 10 millimètres. Â chaque nœud s'attache une gaine munie de dents aiguës étroitement appliquées contre la tige ; les folioles qui constituent cette gaine sont au nombre de 28 à 30 par verticille complet; elles ne sont soudées que sur une hauteur de 2 à 2,5 millimètres; leur partie libre varie de 5 à 7 millimètres suivant la longueur des articles auxquels elles correspondent; large de 2 millimètres à la base, elle va en s'atténuant graduellement et se termine en pointe aiguë. Quelques-unes de ces folioles se montrent munies sur le dos d'un sillon peu profond, large de O^^jb à leur base, compris entre deux lignes légèrement saillantes, ainsi que cela a lieu chez plusieurs des Equisetum vivants.
La surface même de la tige est en grande partie masquée par les gaines et par leurs dentelures ; cependant, on la discerne assez nettement sur quelques points , où elle est conservée sous forme de lame charbonneuse excessivement mince et l'on peut constater l'existence de côtes presque plates très faiblement accentuées, sillonnées de fines stries longitudinales, distantes les unes des autres de 1/5 ou 1/6 de millimètre ; ces côtes sont surmontées chacune par une des dents de la gaine, se bifurquent à leur extrémité et alternent nettement d'un entre-nœud à l'autre.
On ne distingue à la base des gaines aucune cicatrice indiquant la présence de rameaux ; les tiges en étaient donc dépouillées sur une partie au moins de leur longueur.
Il résulte de la description qui vient d'être donnée que cet échantillon présente nettement tous les carac* tëres propres aux Equisetum ; la très faible épaisseur
de U houflle qui 1a recourre dans certaines parties rdique d'ailleurs une tîge largemenl fiatoleuse à prà relativement minces.
Ce fragment peut être rapporté au genre Equiseifr avec tout autant de certitude que les tiges des teirsx secondaires ou tertiaires classés depuis loi^tempste ce genre.
Nous devons signaler Tanalogie notable que préserat avec l'espèce que nous venons de décrire VHipp^irits gigantea Lindley et Hutton .1) 'Equisetites gigantsa Schimper) du terrain houiller moyen d'Angleterre ;Œâ! chez celui-ci les dents des gaines, plus écartées les mm des autres, sont beaucoup plus grandes et atteignent ja^ qu'à 20 millimètres, les articles mesurent 50 huSmètres de longueur; enfin la tige, deux fois plus grossie présente une surface entièrement lisse, caractère qui > fait hésiter les auteurs anglais à rapprocher leur phtk des Equisetum auxquels ils la comparent néanmoins
Sans pouvoir, bien entendu, nous prononcer fe^ mellement au sujet d'un fossile que nous ne connaissons que par la figure qui en a été publiée, noai croyons cependant probable que cette espèce , vu ss ressemblance avec celle de Commentry , devra rentrer également dans le genre Equisetum, ce qui reculerai» jusqu'au terrain houiller moyen, la première apparitioa de ce genre sous la forme gigantesque qui caractérise un si grand nombre de ses représentants à Tépoque secondaire.
[Provenance. — Tranchée de Forêt.
(i) Foêêil Flora of. Gre&t Brit&in, T. II. pi. 114.
AMMIJIiARliSES
Genre ANNULARIA. Sternberg.
1820. Casuarinites . Schlotheim, Petrefactenhunde. p. 397 (pars) .
1822. AsterophylllteB. Brongniart, clas. végét. foss.^ p. 10 t'pars).
1833. Annularla. Sternberg Ess, FI. monde prim., I, fasc. 2, p. 31, 36; fasc. 4, p. XXXI. Brongt. prodr., p. 155.
1826. Bomia. Sternberg, Ess. FI. monde primitif, I, faso 4, p. XXVIII (pars).