‹ Études sur le terrain houiller de CommentryChapitre 5 sur 23 · Oeinitz, Verst. d. Steink. in Sachs., p. 24, pi · texte numérisé non relu

Oeinitz, Verst. d. Steink. in Sachs., p. 24, pi

XXVUl, fig. 12, 13.

1860. Pyathooarpaa Candolliianmi. Weiss, Foss, FL d.

jûngsL SteinkohLj p. 85.

1879. Pampteiria Gandollai. Zeiller, Expl. Carte géoL Fr.,

IV, p. 84.

1883. Scolecoptaris Gandolleana. Stur, Zur Morph. u. Syst.

d. Culm u. Carh. Famé, p. 123 ; Carbon-Flora^ I,

1833 ou 1834. Peoopteris afilnis. Brongniart {non Schlotheim sp.), Hist. végét. foss., l, p. 306, pi. 100, fig. 2, 3.

Description de Vespèce. — Frondes trîpinnées. Ra^ chis lisses ou marqués seulement de quelques stries longitudinales. Pennes primaires larges de 8 à 15 centimètres, empiétant les unes sur les autres par leurs bords. Pennes secondaires alternes, étaléesdressées, empiétant les unes sur les autres par leurs bords, à contour linéaire^ longues de 6 à 10 centimètres, larges de 18 à 25 millimètres, conservant la

même largeur jusque très près de leur sommet^ puis arrondies ou contractées en pointe obtuse.

Pinnules alternes, étalées ou étalées-dressées^ parfois un peu arquées en dehors, à bords parallèles souvent un peu sinueux, contractées à la base du moins du côté antérieur, ordinairement un peu décurrentes du côté inférieur, quelquefois légèrement soudées entre elles, non contiguës ou se touchant à peine par leurs bords, parfois un peu inégales, en général quatre a cinq fois plus longues que larges, hautes de 10 à 15 millimètres sur 2 à 3 millimètres ou 3"™, 5 de largeur, très légèrement bombées sur les bords. A l'extrémité des pennes primaires et vers le sommet de la fronde^ les pennes secondaires simplement pinnées sont sans doute remplacées par de grandes pinnules, et les pennes primaires sont alors simplement pinnées à leur tour.

Nervation assez nette : nervure médiane droite, bien marquée, se suivant jusqu'au sommet des pinnules, très faiblement décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, un peu arquées, bifurquées un peu au-dessus de leur base en deux branches, dont la supérieure se bifurque parfois à son tour.

Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennea ot pinnules stériles. Sporanges réunis par quatre ou par cinq en groupes ou synangium disposés le long de la nervure médiane en deux séries parallèles, une de chaque côté, et couvrant toute la face inférieure des pinnules.

Remarques paléontolog iques . — Cette espèce, plus rare que les précédentes, est aussi beaucoup moins bien connue : on n'en a signalé jusqu'à présent que des fragments assez incomplets montrant seulement dos portions de pennes primaires sans leur sommet ni leur

base d'insertion sur le rachis principal. Outre Téchaittillon type de Brongniart, les meilleures fîg^ures de Pec. Candollei ont été données par Germar; l'une de ce8 figures, la fig. 3, qui montre de grandes pennes simplement pinnées g'arnies de pinnules de plus de î centimètres de longueur sur 3"", 5 à 4 millimètres de largeur, représente probablement les pennes primaires simplement pinnées qui, vers le sommet des frondes, chez les espèces de ce groupe, succèdent aux pennes primaires bipinnées.

Il n*a été recueilli à Commentry que des spécimens très imparfaits de cette espèce, tel que celui qui est figuré sur la Pl. XI, Fig, 3, et qui porte Tempreinte de plusieurs pennes secondaires éparses les unes à côté des autres.

Rapporta et différences. — Le Pec. Candollei ressemble quelque peu au Pec. lepidorachiSj qui, comme je Tai dit, lui a même été plus d'une fois réuni ; il en difTère cependant par ses pinnules bien plus séparées, à bords moins rectilignes, d'ordinaire un peu contracléos à la hase du coté antérieur ou même des deux côtés, et encore plus longues par rapport à leur largeur ; enfin ses rachis semblent tout à fait lisses ou du moins dépourvus de ponctuations. Il diffère d'autre part du Pec, eunenraj avec lequel il a assez d'analogie, parce que chez celui-ci les pinnules, un peu plus larges proporlionnellement, ne sont pas contractées à leur base et ont les bords moins sinueux, les nervures secondaires se bifurquent dès leur base sous des angles plus ouverts, et enfin les rachis sont nettement ponctués.

Synonymie. — La comparaison des échantillons figurés par Brongniart sous le nom de Pec. affinis avec lo type du Pec. Candolliana m'a convaincu qu'il y avait identité entre eux ; mais je ne crois pas du tout, par contre, que le Pec. affinis Brongniart soit la même

chose que le Filicites affinis Sohlotheim (1), dont les pinnules sont bien plus petites et exactement oontiguës, et qui rentrerait beaucoup plutôt dans le Pec, cyathest; toutefois la figure de Sohlotheim, qui ne donne aucun renseignement sur la nervation, ne permet aucune conclusion positive.

Provenance. — Tranchée de Foret, à 8 mètres au toit de la Grande Couche.

PECOPTERIS (ASTEROTHBCA) EUNEURA. Schimper.

(Pl. XI, FiG. 4.)

4877. Peoopteris enneura. Schimper, in GrandTSury, Flore carb. du dép, de la Loire, p. 71, pi. VII, fig. 3. Renault, Cour^ bot. foss.f III, p. 112, pi. 17, fig. 12-15.

1879. Stichoptaris euneura. Schimper, Handb, der PalàonLy p. 91, fig. 66 il).

1883. Scolecopteris euneura. Stur, Zur Morph. tt. Sijsl, d, Culm u. Carb. Famey p. 124; Carbon-Flora, I, p. 205.

Description de Vespèce. — Frondes vraisemblablement constituées comme celles des espèces précédentes, c'est-à-dire tripinnées. Rachis marqués de ponctuations assez fines. Pennes primaires larges de 12 à 20 centimètres. Pennes secondaires alternes, très étalées^ espacées d'un même côté de 15 à 25 millimètres, d'ordinaire non contiguës^ à contour linéairSy longues de 6 à 10 centimètres, larges de 12 à 20 millimètres, conservant la même largeur jusque près de leur sommet, puis rétrides en pointe obture ou obtusément aiguë. Pinnules alternes, très étalées, à bords parallèles, aiTondies au sommet, attachées par toute leur base, non contiguës ou se touchant très rarement

(1) Flora der Vorv^elt, pi. VIÏI, fig. 14 ; Petrefactenkunde, p 4M.

par leurs bords, trois à quatre fois plus longues que larges, hautes de 5 à 12 millimètres sur 2 à 3 millimètres de largeur, planes ou faiblement bombées sur

les bords.

Nervure médiane nette, se prolongeant jusqu'au sommet des pinnules, non décurrente à la base ; nervures secondaires assez marquées, naissant sous des angles très ouverts, et bifurquées dès leur base sous un angle assez ouvert, la branche inférieure presque à angle droit sur la nervure médiane.

Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes et pinnules stériles. Sporanges coriaces, ovoïdes, amincis en pointe au sommet, longs de 1"",5 à 2"",5 sur 0'™,4 à 0"",6 de largeur, groupés par 4 ou 5 en groupes ou synangium disposés le long de la nervure médiane en deux séries parallèles, une de chaque côté, et couvrant toute la face inférieure des pinnules. Sporanges externes un peu plus développés que les autres : synangium des deux séries parallèles convergeant par leur sommet les uns vers les autres et vers la nervure médiane, et le plus souvent rabattus, sur les empreintes, normalement ou obliquement à cette nervure.

Remarques paléontologiques. — Le Pec. euneura n'a été recueilli jusqu*à présent qu'en fragments peu étendus et fort incomplets, de sorte qu'il n'est encore que très imparfaitement connu ; il est plus que probable toutefois que ses frondes étaient constituées comme celles des espèces précédentes, dont il est très voisin. On trouve le plus souvent ses pennes entièrement chargées de fructifications formées de sporanges coriaces très saillants, et je n'en ai vu même aucun échantillon stérile parmi les empreintes recueillies à Commentry. La Fig. 4 de la Pl. XI représente une portion de penne primaire fertile, dont les synangium ont laissé sur la roche leur empreinte en

creux (FiG. 4 A) ; sur quelques points cependant, ces synangium^ formés chacun de quatre ou rarement de cinq sporanges soudés, étaient conservés sous forme de lame charbonneuse facile à détacher de la roche, ainsi que le montre la Fig. 4 B.

Rapports et différences. — Avec ses pinnules assez allongées et non contiguës, le Pec. euneursL est assez analogue, au premier coup d'œil, au Pec. Candollei; mais il a les pinnules un pou moins longues eu égard à leur largeur, plus étalées, non décurrentes vers le bas, non contractées à leur base du côté antérieur et plus rectilignes ; ses nervures secondaires se bifurquent sous des angles plus ouverts et ses rachis sont visiblement ponctués. Sa fructification semble en outre assez caractéristique, avec ses groupes de sporanges très développés et très saillants, presque toujours couches sur la nervure médiane et rejoignant presque, d'une série à Tautre, leurs sommets respectifs au-dessus d'elle.

Provenance, — Tranchée de l'Ouest, bancs de schistes intercalés dans la 2"*' couche.

PECOPTERIS (ASTEROTHECA) HEMITELIOIDES.

Brongniart.

(Pl. XI, Fig. 6, 7.)

4833 ou 1834. Pecopteris hemitelioides. Brongniart, Hist. végét. foss., I, pl. 108, fig. 1, 2; p. 3U. Grand'Eury, Flore carb. du dép. de la Loire, p. 70, pl. VIII, fig. 9. Renault, Cours bot, foss., III, p. 110, pl. 17, fig. 9-11.

1836. Hemit^lites cibotioides. Gœppert, Syst. fiL foss., p.

1838. Partsohla Brongniartil. Presl, in Sternberg, Ess, FL

monde prim. f II, fasc. 7-8, p. 116.

1838. Steffensia hemitelloides. Prcsl, in Sternberg, ibid., II,

faso, 7-8, p. 128.

1838. SUffanria ? dnbia. Presl, in Sternberg, t&id., II, fasc.

1879. Asterotheca hemitelioides. Schimper, Handb. dsr

Paiàont, p. 90, fîg. 65 (1,2).

1883. Scolecopteris hemitelioides. Stur, Zur Morph. u.

Syst. d. Culm u. Carb. Famé, p. 123 ; Carbon^Flora,

Description de Vespèce. — Frondes vraisemblablement constituées comme celles des espèces précé* dentés, c'est-à-dire tripinnées. Rachis, du moins ceux de dernier ordre, munis de courtes écailles lancéolées, étroitement appliquées contre eux. Pennes primaires larges de 10 à 20 centimètres.

Pennes secondaires alternes, étalées-dressées y espacées d'un même côté de 10 à 20 millimètres, ernptrftant un peu les unes sur les autres par leurs bords, à contour linéaire y longues de 6 à 15 centimètres, larges de 12 à 25 millimètres, conservant la même largeur jusque très près de leur sommet, puis rapide* ment rétrécies en pointe obtuse,

Pinnules alternes, étalées^resséesy souvent un peu arquéeSy à bords parallèles, ai^ondies au sommet , attachées par toute leur base, quelquefois légèrement contractées à la base, d'ordinaire non contiguëSy deux fois et demie à quatre fois plus longues que larges^ hautes de 6 à 12 millimètres sur 2 à 3 millimètres de largeur, planes ou légèrement bombées sur les bords.

Nervation nette : nervure médiane se prolongeant jusqu'au sommet des pinnules, non décurrente à la base ; yiervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, droites ou faiblement arquées, toutes simples.

Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes et pinnules stériles. Sporanges coriaces, ovoïdes, amincis on pointe au sommet, longs de 0"",75 à 1

millimètre sur 0"*"*,8 à 0°*'",4 de largeur, groupés par 4 ou par 5 en groupes ou synangium disposés le long de la nervure médiane en deux séries parallèles, une de chaque côté, et couvrant toute la face ou presque toute la face inférieure des pinnules. Synangium con* tigus dans chaque série, tantôt dressés, tantôt rabattus de côté, le sommet tourné vers la nervure médiane, normalement ou obliquement à cette nervure.

Remarques paléontologiques . — On n*a guère rencontré jusqu'ici que des fragments de frondes de Pec. hemitelioides trop peu complets pour pouvoir se faire une idée de la constitution de ses frondes autrement que par analogie avec les espèces précédentes. La dimension des pinnules subissait évidemment, d'un point à l'autre de la fronde, des variations assez importantes, comme le montrent les figures publiées par Brongniart et celles qu'on peut voir sur la Pl. XI, FiG. 6 et 7 ; sur les deux échantillons que représentent ces dernières figures, les rachis de dernier ordre sont manifestement munis de poils éoailleux ou d'étroites écailles, dont on ne retrouve pas de trace sur le rachis commun de la Fie. 6, ce qui semble indiquer que ces écailles étaient rapidement caduques.

J'ai observé les fructifications de cette espèce sur des échantillons fertiles recueillis à Saint-Etienne par M. Grand'Eury et donnés par lui à l'Ecole nationale des Mines ; les synangiurriy comprenant chacun tantôt quatre, tantôt cinq sporanges^ sont les uns dressés et fortement saillants, les autres rabattus contre la ner- \aire. C'est sous ce dernier aspect que se présentent les échantillons fructifies décrits par Brongniart, ainsi que le montre la fig, 2 A, pl. 108, de l'Histoire des végétaïux fossiles.

Rapports et différences. — Le Pec. hemitelioides appartient au môme groupe que les six espèces qui

précèdent et ressemble à bon nombre d*enire elles ; Tespacement de ses pinnules le rapproche notamment des Pec. Candollei et Pec. euneura, mais il se distingue facilement de l'un et de l'autre par ses nervures toujours simples, caractère qui ne permet pas non plus de le confondre avec le Pec. lepidorachiSy ni même avec les Pec, cyathea et Pec. paleacea^ qui ont toujours un certain nombre de nervures secondaires bifurquées à côté d'autres tout à fait simples. A ce point de vue, il ressemble au Pec. arborescensj mais celui-ci a les pinnules exactement contiguës et beaucoup plus courtes par rapport à leur longueur.

Synonymie. — Les quelques difîérences qu*on observe entre les diverses pennes figurées par Brongniart, et sur lesquelles Prosl s*est fondé pour les séparer non seulement spécifiquement, mais même génériqucmont, tiennent simplement à ce que ces pennes proviennent de régions différentes de la fronde et à ce que quelques-unes d'entre elles sont fructifiées, tandis que les autres sont stériles.

Provenance. — Tranchée de TEspérance, dans le banc des Roseaux. Puits Forêt, 6"* étage, dans le banc des Roseaux.

PECOPTERIS (ASTEROTHECA) OREOPTERIDIA.

SCHLOTHEI&I (sp.).

(PL. XV. FiG. 6 à 8.)

i804. Schlotheim, Flora der VoryK-elt, pi. VI, fig, 9. 1820. Filicites oreopteridius. Schlotheim, Peh'efactenkunde, p. 407.

1826. Pecopteris Oreopteridis. Sternbcrg, Ess. FI. moiide prim., I, fasc. 4, p. xix; II, fasc. 5-6, pi. XXIÏ, fipr. i ; fasc. 7-8, p. 449. Lcsquereux, CoaZ-F/ora, p. 238» pi. XLÏ, fig. 8.

1828. Peoopterle oreopteridius. Brongni^rt, Prodr.j p. 56,

i833 ou 1834. Peoopteris oreopterldia. Brongniart, Hist, vé-

gét. foss,, I, pi. 404, fig. 2. (an fig. 1 ?); pi. 105, fig. 4-3;

p. 347. Renault, Cours bot. foss., III, p. 440, pi. 18, fig.

5, 5 bis; pi. 49, fig. 7-42.Zeiller, Bu«. Soc. G^oZ., 3» sér.,

XIII, p. 138 (pars), (non pi. IX, fig. 1). 1836. Cyatheites Oreopterldia. Gœppert, Syst. fil, foss.,

4838. Alethopteris oreopteridie. Presl, in Sternberg. Ess.

FI, monde prim,, II, fasc. 7-8, p. 445. 1855. Cyatheites oreopteroides. Geinitz, Verst. d, Steink. in

Sachs., p. 25, pi. XXVIII, fig. 14.

1883. Grand'Eurya Renaulti. Stur, Zur Morph, u. Syst, d.

Culm u. Carb.Farney p. 46, fig. 42 c; Carbon-Flora, I,

p. 404, fig. 46 c.

Description de lespèce. — Frondes de très grande taille, tripinnées sur la plus grande partie de leur étendue, et peut-être quadripinnatifides ou même quadripinnées à leur base. Rachis lisses ; rachis primaires atteignant et dépassant même 3 centimètres de largeur ; rachis secondaires larges de 3 à 8 millimètres. Pennes pinmaires alternes, étalées-dressées dans la région moyenne, plus dressées vers le haut de la fronde, espacées d'un même côté de 3 à 10 centimètres suivant qu'elles sont plus ou moins voisines du sommet, empiétant assez fortement les unes sur les autres y à contour linéaire-lancéolé , longues de 10 à 50 centimètres^ larges de 3 à 15 centimètres, conservant la même largeur jusque très près de leur sommet, puis rétrécies en pointe obtuse ou obtusément aiguë. Pennes secondaires alternes, étalées-dressées^ tantôt contiguës ou empiétant même un peu les unes sur les autres, tantôt légèrement espacées, à contour linéaire-lancéolé ^ rétrécies au sommet en pointe obtuse ou obtusément aiguë ^ longues de 2 à 10 centimètres sur 6 à 15 millimètres de largeur suivant la région de la fronde ^ laquelle elles appartiennent,

Pinnules alternes, étalées ou éttiléeê'^TesséeSf atUchées par toute leur b&se et souvent légèrement soudées entre elles, habituellement contiguës y quelquefois un peu élargies à la base et faiblement décurrentes du côté inférieur, à bords parallèles ou très légèrement convergents, arrondies au sommet ^ une fois et demie à trois fois plus longues que larges^ hautoA de 2 à 8 millimètres sur l^^yb à 3 millimètres de largeur, d'ordinaire un peu bombées sur les bords ; vers le bout des pennes primaires et sur les pennes primaires supérieures^ les pinnules se soudant do plus en plus, les pennes secondaires deviennent d* abord pinnatifides, à lobes arrondis plus ou moins saillants, puis tout à fait entières, faisant place à des pinnules simples un peu plus grandes que les pinnules normales ; peut-être à la base de la fronde les pinnules deviennent-elles à leur tour lobées ou pinnatifides.

Nervation habituellement assez nette ; nervure médiane bien marquée, non déourrente ou faiblement décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles plus ou moins ouverts, bifurquées un peu au-dessus de leur base^ sous un angle assez aigu, en deux branches généralement simples^ dont la plus élevée est ^quelquefois bifurquée & son tour.

Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes et pinnules stériles. Sporanges coriaces, ovoïdes, amincis en pointe au sommet, groupés par 4 ou par 5 en synangium à contour rectangulaire ou arrondi, de 0°*'",75 à 1 millimètre de largeur, contigus, très saillants, disposés le long de la nervure médiane en deux séries parallèles, une de chaque côté, et couvrant toute la face inférieure des pinnules.

Remarques paléontologiques. — Les frondes de cette espèce devaient atteindre une taille considérable, à en juger par les dimensions des pennes et fragments

de frondes recueillis en grande quantité dans le bassin d'Âlais et particulièrement & la Orand'Combe ; peut-être dans leur région inférieure ces frondes devenaient-elles quadripinnatifides, sinon même quadripinnées.

Il n'en a été recueilli à Commentry que des échantillons stériles, appartenant à diverses régions de la fronde, tels qu'on les voit sur les Fio. 6 à 8 de la Pl. XV ; les deux échantillons des Fie. 7 et 8 montrent comment, vers le bout des pennes primaires, les pinnules se soudent graduellement les unes aux autres, donnant ainsi naissance à des pennes secondaires d'abord simplement pinnatifides (Fio. 7 B), puis tout à fait entières.

L'Ecole nationale des Mines a reçu de la Orand'- Combe de nombreux spécimens fructifies de Pec. oreopteridia, présentant tous les caractères du genre Asterotheca, comme l'avait indiqué M. Grand'Eury (1). Les sporanges, étroitement serrés et dressés les uns contre les autres, se disjoignaient sans doute une fois arrivés à maturité, s'écartant les uns des autres et se renversant sur le limite de manière à faciliter la dissémination de leurs spores : c'est ainsi en effet que se présentent les sporanges d'un échantillon silicifié étudié par M. Renault et rapporté par lui à cette espèce ; mais sur les empreintes je n'ai jamais remarqué cette disposition. On constate, en outre, sur l'échantillon silicifié décrit par M. Renault, que les synangium forment de chaque côté de la nervure médiane deux séries parallèles, soit quatre en tout pour une même pinnule : la même chose a lieu, du reste, chez l'espèce qui va suivre, le Pec. Platoni, sur les pinnules terminales formées par la soudure, en une penne simple, de petites pinnules élémentaires.

Rapporte et différences. — Le Pec. oreopteridia

(1) Flore carb. du dép. de la Loire, p. 71.

dilTère do toutes les espèces qui précèdent par la soudure très marquée de ses pinnules vers l'extréiniié des pennes et vers le sommet de la fronde, et par la substitution, qui en est la conséquence, de pennes secondaires pinnatifides aux pennes simplement pinnées : chez les Pecopteris précédemment examinés qui se groupent autour du Pec. cyat/iaa, le remplacement des pennes secondaires simplement pinnées par des pinnules simples est beaucoup plus brusque, et l'on ne voit pas ces pennes secondaires pinnatifides, puis lobées, à lobes parcourus par de nombreuses nervures, telles que les représente la Fig. grossie 7 B.

Parmi les espèces qui vont suivre, plusieurs offrent avec le Pec. oreopteridia d'étroites analogies, Tune surtout, le Pec, Platoniy qui s'en distingue cependant par ses grandes pinnules plus séparées, bien plus étroites par rapport à leur longueur, devenant peu à peu lobées et même pinnatifides sur leurs deux tiers inférieurs et passant ainsi à des pennes tertiaires simplement pinnées, garnies de petites pinnules bombées ; en outre, ces pinnules semblent repliées en dessous tout le long de leurs bords, et sont munies d'une nervure médiane très large, plate et finement ponctuée ; je reviendrai, du reste, plus loin, sur les caractères qui les différencient.

Le Pec. D&ubreei ne laisse pas non plus de ressembler quelque peu au Pec. oreopteridia ; mais il a les pinnules couvertes d'une fine villosité masquant souvent la nervation, il a les rachis ponctués, et les lobes de ses pennes ou pinnules pinnatifides sont très faiblement saillants, souvent même à peine indiqués.

Enfin le Pec, polymorphe ^ qui a aussi des analogies assez marquées avec le Pec. oreopteridia^ est presque toujours facilement reconnaissable à ses nervures secondaires deux fois bifurquées, les deux branche^ d^

la dichotomie se divisant Tune et Tautre à leur tour ; de plus les fructifications ne sont pas les mêmes.

Synonymie. — Je ne cite qu'avec doute, dans la liste synonymique, Tune des figures publiées par Brongniart, la forme plus allongée des pinnules, leur espacement assez marqué, du moins sur les pennes les plus basses, le reploiement de leurs bords en dessous me donnant lieu de croire que T échantillon figuré pourrait peut-être appartenir au Pec. Platoni plutôt qu'au Pec. oreopteridia, mais sans qu'il soit possible, faute d'avoir le sommet des pennes, de décider positivement entre ces deux espèces.

M. Stur a séparé spécifiquement et même génériquement du Pec. oreopteridia l'échantillon silicifié étudié par M. Renault, à sporanges disjoints et divergeant en dehors, à synangium rangés en quatre séries parallèles, deux de chaque côté de la nervure médiane ; mais, comme je l'ai fait remarquer, cette disposition des sporanges semble pouvoir être attribuée simplement à l'état de maturité plus avancée de ces fructifications. Quant à la disposition plurisériée des synangium^ elle s'observe sur les pinnules terminales du Pec. Pfatoni et il n'est nullement impossible qu'elle existe de même sur celles du Pec. oreopteridia.

Provenance. — Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche. Tranchée de l'Ouest, au toit de la 4*"* couche.

Grès argileux supérieurs (permiens).

PECOPTERIS (ASTEROTHECA) PLATONI. Grand'Eury.

(PL. XXII, Fio. 5, 6.) 1885. Pecopteria oreopteridia. Zeiller (non Schlotheim sp.), Bull. Soc. Géol.y 3* sér., XIII, p. 138 (pars), pi. IX, fig. 1. » Pecopteria Platoni. Grand'Eury msc.

Description de Vespèce. — Frondes de très grande

dimension, quadiipinnées dans une partie de leur étendue, puis quadnpinnalifides, et enfin tripinnées dans leur région supérieure. Hachis lisses, à l'exception de ceux de dernier ordre, qui sont souvent nuirqués en dessous de très fines ponctuations; rachis primaire atteignant au moins 5 centimètres de largeur ; rachis secondaires laides de t à 2 centimètres. Pennes primaires alternes, ëtalées-dressëes, espacées d'un màme côté de 8 à 20 centimètres, empiétant les unes sur les autres, à contour lancéolé ou linéaire^lancéoléj longues de 20 à 75 centimètres et larges de 10 à 30 eentimètres suivant qu'elles sont plus ou moins voisines du sommet de la fronde, conservant la même largeur sur une portion notable de leur étendue, puis effilées en pointe obtxAsément aiguë. Pennes secondaires al* tomes, étalées^ressées, empiétant les unes sur les autres par leurs bords, à contour linéaire^lancéolé^ rétrécies au sommet en pointe obtuse ou obtusément aiguëy longues de 5 et 20 centimètres sur 1 à 5 centimètres de largeur, simplement pinnées, bipinnatifides ou bi pinnées suivant la place qu'elles occupent.

Pennes tertiaires de la région inférieure et moyenne de la fronde alternes, étalées-<iresséeSy se touchant par leurs bords, à contour linéaire, effilées en pointe obtuse au sommet, longues de 2 à 3 centimètres sur 5 à 15 millimètres do largeur, garnies de pinnules alternes, étaléeS'dressées, an^ondiesaw sommety longues do 3 à 8 millimètres sur 1 à 2 millimètres de largeur, bombées et repliées en dessous sur les bords ; les plus grandes de ces pinnules, non contiguës, à bords parallèles ou faiblement convergents, légèrement élargies à leur base ; les plus petites contiguës à ta base, à bords légèrement cojivergents vers le sommet, affectant parfois un contour presque triangulaire arrondi au sommet. Par Huite de la soudure graduelle des pinnules à

mesure qu'on se rapproche des extrémités dos pennes primaires ou du sommet do la fronde, les pennes tertiairea des régions plus élevées sont seulement pinnatifideSy longues de 10 à 15 millimètres sur 3 à 4 millimètres de largeur, plus ou moins profondément di^ msées sur leurs deux tiers ou leurs trois quarts inférieurs en lobes ai*rondis ou triangulaires arrondis au sommet, séparés par deux sinus arrondis, simples ou irrégulièrement ondulées vers le haut. Vers le bout des pennes primaires et près du sommet de la fronde, les pennes tertiaires sont remplacées par des pinnules simples de 5 à 12 millimètres de longueur sur 1 à 2 millimètres de largeur, semblables à celles qui garnissent les pennes tertiaires inférieures.

Nervation assez nette et assez saillante : axe médian des grandes pinnules et des pennes tertiaires pinnatifides large et plat, finement ponctué, au moins en dessous, parcouru sur sa face supérieure par un faisceau vasculaire flexueux ; nervure médiane des petites pinnules droite, très faiblement décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, d'ordinaire une seule fois bifurquées, les supérieures simples.

Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes ot pinnules stériles, sauf un léger rétrécissement du limbe des pinnules. Sporanges coriaces, ovoïdes, amincis en pointe au sommet, groupés par 4 ou par 5, ou peut-être davantage, en synangium à contour rectangulaire ou arrondi de 0"'",60 à 0"'",80 de largeur, contigus, très saillants, disposés le long de la nervure médiane en deux séries parallèles, une do chaque côté, et couvrant toute la face inférieure du limbe ou débordant même un peu en dehors. Pinnules extrêmes, remplaçant les pennes do dernier ordre, portant souvent, de chaque côté de leur nervure médiane, deux séries de synangium .

Remarques peiléontologiqxies. — Cette belle espèce, dont je n'ai observé à Commentry que de petits fragments, représentés Fig. 5 et 6, Pl. XXII, a été recueillie à la Grand^Combe, dans le bassin d'Âlais, au toit de la couche Pilhouse, en échantillons très nombreux et de grandes dimensions; qui permettent de se faire une idée exacte du mode de constitution de ses frondes et de se rendre compte de la taille très considérable qu'elles devaient atteindre. L'un d'eux montre une penne tripinnée à peu près semblable à celle de la Fig: 6, Pl. XXII, mais à pinnules plus longues et plus espacées, dont le rachis principal, large de 15 millimètres, vient s'attacher sur un autre rachis beaucoup plus gros, mais incomplètement conservé, attestant ainsi que cette penne n'est qu'une penne primaire et que la fronde était réellement quadripinnée. Sur d'autres plaques, on voit des pennes primaires un peu moins larges, à pinnules un peu plus petites, dont les pennes de dernier ordre passent graduellement, en devenant d'abord pinnatifides, à des pinnules simples plus ou moins lobées à leur base, puis tout à fait entières, comme celles que montre la Fig. 5 de la Pl. XXII ; sur d'autres échantillons, le rachis primaire, large de 25 millimètres environ, porte seulement des pennes primaires tripinnatifides sur la plus grande partie de leur étendue, puis bipinnées, enGn bipinnatifides vers l'extrémité et simplement pinnées à leur sommet. Plus haut encore, les pennes primaires devaient être au plus bipinnées, comme dans la moitié supérieure de la Fig. 5 ; ensuite, les pinnules se réduisant peu à peu et se soudant les unes aux autres, les pennes primaires devenaient simplement pinnées, garnies de pinnules d'abord pinnatifides, puis lobées, enfin tout h fait simples, qui à leur tour diminuaient de grandeur, puis se soudaient graduellement, le sommet de la fronde repro-

duisant ain^i Taspoct du sommot des pennes primaires inférieures.

Les FiG. 5 et 6 de la Pl. XXII donnent une idée de cotte disposition, étant placées dans leur situation relative naturelle, on supposant le rachis primaire situé vers la droite et orienté verticalement : la Fig. 6 montre en effet une portion de penne primaire de la région inférieure ou du bas de la région moyenne, avec ses pennes secondaires bipinnées ; la Fig. 5 offre Tempreinte de fragments de deux pennes primaires consécutives de la région supérieure de la fronde, Tuno encore tripinnatifide et Tautre seulement bipinnée.

Plusieurs des échantillons recueillis à la Grand'Combo par M. Platon sont chargés sur toute leur étendue do fructifications couvrant entièrement la face inférieure du limbe et quelquefois même débordant en dehors, mais laissant le plus souvent la nervure médiane à découvert, sauf sur les pinnules les plus petites. Los sporanges qui constituent chaque synangium sont très étroitement pressés les uns contre les autres, formant des groupes à contour parfois presque circulaire, dont il est dilTicile, le grain de la roche étant assez grossier, de déterminer avec certitude les éléments constituants ; quelques-uns d'entre eux semblent cependant positivement formés de quatre sporanges convergents, mais d'autres paraissent en comprendre cinq et peutêtre même davantage, sans cependant qu'il soit possible de s'assurer si ce nombre do cinq est dépassé.

L'échantillon fructifié de la Grand'Combe quo j'ai

figuré dans le Bulletin de la Société Géologique de

France sous le nom de Pec, oreopteridia, à pinnules

portant chacune quatre rangées do syni^nghim, doit

certainement être rapporté au Pec. Platoni, d'après

l'espacement notable de ses pinnules ; il ressemble

d'ailleurs de tout point, sauf la disposition plurisériée

des synangiam, aux autres spécimens fertiles de cette espèce recueillis dans la même localité.

Rapports et différences. — Le Pec. Platoni ressemble beaucoup au Pec. oreopteridia et peut, dans ccitainos parties du moins de ses frondes, c*est-à-diro lorsqu'il se présente avec des pennes garnies seulement de petites pinnules, être facilement confondu avec lui : il est possible notamment, comme je Tai déjà dit, que Téchantillon d'Àlais représenté par Brongniart à la Gg. 1, pi. 104, de Y Histoire des végétaux fossiles^ doive être plutôt rapports au Pec, Platoni ; mais les pennes de cet échantillon ne montrant pas leurs sommets, il ne me parait guère possible de trancher la question. C'est, en e(Tet, lorsqu'on a affaire à des pennes à petites pinnules, par Texamen des pennes simplement pinnatiiides et des pinnules d'abord lobées, puis entières, qui succèdent aux pennes normales véritablement pinnées, que Ton peut arriver à distinguer ces deux espèces : chez le Pec, oreopteridia, comme on peut le voir sur la Pl. XV, Fig. 7, 7 H et 8, les lobes de ces pinnules sont plus larges, plus arrondis, plus serrés, et les pinnules elles-mêmes sont moins espacées que chez le Pec, Platoni ; enfin les pinnules terminales tout à fait simples sont bien plus séparées et bien plus étroites par rapport à leur largeur chez ce dernier que chez rospèce précédente. Lorsqu'on a afTairo à des pennes garnies soit de pinnules pinnatiiides ou lobées, soit de grandes pinnules, la confusion n'est plus possible, le Pec. oreopteridia n'ayant jamais ces pinnules irrégulièrement lobées, à lobes étroits séparés par des sinus arrondis, terminées par une étroite bande tout à fait simple, qu'on voit chez le Pec, Platoni^ sur la Fig. 5 par exemple, et ses pinnules les plus grandes n'étant jamais aussi espacées ni aussi étroites par rapport à leur longueur.

Le Pec. Platoni rappelle aussi, sous beaucoup do rapports, tant à Tétat fertile qu'à l'état stérile, le Pec, truncata Rost (1) ; mais celui-ci se distingue assez facilement par ses pinnules plus décurrentes, beaucoup plus larges par rapport à leur longueur^ et parcourues par des nervures secondaires bien plus arquées; en outre les aynançium paraissent être constamment formés de six sporanges et jamais d'un nombre moindre.

EnRn^V Alethopteris brevis Weiss (2), du permien de Lebach, paraît avoir aussi une assez grande analogie avec le Pec. P/atoni, par ses pinnules bien séparées, d'abord lobées sur leurs deux tiers ou leurs trois quarts inférieurs, puis entières, et repliées en dessous sur leurs bords ; mais les nervures sont beaucoup plus serrées et paraissent tout à fait simples.

L'espèce qui vient d'être décrite a été dédiée par M. 0rand'Eui7, qui so propose de la figurer avec plus de détails dans son étude sur la flore houillère du Gard, à M. Platon, géomètre en chef des mines de la Grand'Combe.

Provenance. ~ Tranchée Saint-Edmond, à 15 mètres au toit de la Grande Couche.

PEOOPTERIS DAUBREKI. n. sp.

(PL. XV, FiG. i à 5.)

Desctnption de V espèce. — Frondes de très grande taille, tripinnées dans une partie de leur étendue, quadripinnatifides et peut-être même quadripinnées dans leur région inférieure. Rachis primaire ; rachis

(1) Germar, Verst. d. Steink. x\ Wettin u, Lbbejùn, p. 43, pi. XVII.

(2) Weiss, Foss. FI. d. jàngst. Steinhohl.,^. 82, pi. XI, fig. 1. -^ Callipteris brevis. Rœmer, Letli. geogn.y I, p. 19*2, i\g. 22.

secondaires et tertiaires larges respectivement de 2 à 8 millimètros et de 0"™,75 à 2 millimètres, couveris de petites écailles ou marqués de nombreuses et fines ponctuations. Pennes primaires em,piétant fortement les unes sur les autres, à contour finëaire-Zancëolë, larges de 5 à 25 centimètres suivant la place qu'elles occupent, consei*vant la même largeur sur une portion notable de leur étendue, puis effilées vers le sommet en pointe obtvsément aiguëj les plus basses atteignant au moins O^jSO ou 0",60 de longueur. Pennes secondaires alternes, étalées^dressées ou tout à fait étalées, se touchant par leurs bords ou empiétant lëgèrement les unes sur les autres, à contour linéaire^ lancéolé, effilées au sommet en pointe obtuse ou obtu- .sèment aiguë, longues de 2 à 12 ou 15 centimètres sur 6 à 40 millimètres do largeur, suivant la région de la fronde à laquelle elles appartiennent. Pinnules de la région moyenne de la fronde alternes, étalées-dressées ou tout à fait étalées, devenant plus obliques sur le rachis vers Textrémité des pennes secondaires, attachées par toute leur base, d'ordinaire un peu contractées à la base, du moins du côté antérieur, et sou-vent légèrement soudées les unes aux autres, e:cactetnent contiguës, entières, à bords parallèles, aî*rondies au sommet, d'ordinaire un peu bombées sur les bords, deux à trois fois plus longues que larges, hautes de 3 à iO millimètres sur 1™",5 à 3 millimètres de largeur. Pinnules de la région inférieure de la fronde devenant peu à peu lobées, longues de 12 à 20 millimètres sur 3 à 5 millimètres de largeur, munies sur leurs bords de lobes an^ondis, à peine saillants, lavgQH de 1 millimètre ai"™, 5, etpassant ainsi à des pennes de troisième ordre, longues de 25 millimètres et plus, lobées ou pinnatiûdes, qui se transforment peut-être à la base de la fronde en pennes vérita-

blement pinnées, leurs lobes devenant alors de véritables pinnules. Surface supérieure du limbe entièrement couverte de poils appliqués, courts et assez fins.

Nervation difficile à distinguer et parfois même indiscernable sur la face supérieure des pinnules, mais visible sur la face inférieure. Nervure médiane nette, se prolongeant jusqu'au sommet des pinnules, un peu décurrente à sa base ; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, à peine arquées, habituellement dichotomeSi simples cependant sur les plus petites pinnules, et deux fois bifurquées ou même ramifiées à leur tour sur les grandes pinnules lobées.

Remarques paléontologiques. — Bien qu'il ait été recueilli à Commentry un assez grand nombre d'échantillons de cette belle espèce, dont quelques-uns de dimensions notables, il reste encore à observer certains détails de la constitution de ses frondes : ainsi, aucune des empreintes' recueillies ne montrant Tinsertion des pennes primaires sur le rachis principal, il est impossible de savoir quelle était exactement la forme de ces pennes primaires, c'est-à-dire si elles étaient ou non rétrécies à leur base ; d'autre part, les pennes primaires supérieures, sur lesquelles les pinnules devaient aller en diminuant et en se soudant graduellement, n'ont pas encore été rencontrées, et l'on ne peut que conjecturer, par analogie avec ce qui se passe sur les pennes primaires inférieures, que, vers le sommet, les pennes secondaires simplement pinnées devaient peu à peu devenir pinnatifides et faire place à des pinnules lobées semblables à celles qui garnissent les pennes secondaires du bas de la fronde, telles que les montrent les Fig. 3 et 4 de la Pl. XV.

On voit sur cette FiCr. 4 que, d'un côte à l'autre du rachis commun qui les porte, les pennes simplement pinnées sont inégalement inclinées, très étalées du côté

gauche, beaucoup plus dressées du côté droit, ce qui prouve bien que rensemblc de rcmpreinte correspond, non pas à un fragment de fronde voisin du sommet, mais à un fragment d'une penne primaire de la région inférieure ou du bas de la région moyenne ; sur les pen* nes secondaires les plus basses de cet échantillon, les pinnulcs sont nettement lobées, se rapprochant déjà beaucoup des pinnules lobées et presque pinnatifides de la Fia. 3, tandis que sur les pennes secondaires supérieures elles sont entières, et identiques comme forme et comme taille à celles de la Fio. 1 . Cette der* nicre figure ne reproduit qu'une portion d*une grande plaque portant les empreintes de trois pennes primaires consécutives, qui se suivent sur O^jSS de longueur sans montrer ni leur base ni leur sommet. Le mode de terminaison des pennes primaires est visible sur Téchantillon do la Fig. 5, qui représente le sommet d'une penne primaire placée peut-être assez bas sur la fronde, à en juger par la tendance que présentent ses pinnules à se lober sur leurs bords.

Je signalerai encore un autre échantillon, recueilli postérieurement à Texôcution de la Pl. XV, et qui montre des pennes secondaires, garnies de pinnules presque pinnatifides atteignant 25 millimètres de longueur, et passant ainsi à de véritables pennes tertiaires, ce qui laisse à penser que, tout à fait à leur base, les frondes pouvaient bien être quadripinnées.

Sur toutes ces empreintes, la face supérieure des pinnules se montre couverte de poils courts et abondants, couchés sur le limbe parallèlement aux nervures socondairos, qui sont parfois presque complètement masquées par eux et qui ne se voient tout à fait bien que sur la face inférieure du limbe, laquelle parait avoir (Hé complètomcnt glabre.

Il semble probable, d'après son analogie avec plusieurs dos espèces précédentes, que le Poe. Dauhreei

devait appartenir par son mode de fructification au genre Asterotheca; mais tant qu'il n'aura pas été observé à Tétat fertile, il est préférable de ne pas le classer dans ce genre, les caractères de forme et de nervation des pennes stériles ne constituant pas un guide assez sûr, et d'autres espèces analogues, telles que le Pec. polymorpha, différant des Asterotheca par leurs fructifications.

Rapports et différences. — L'espèce qui vient d'être décrite ressemble beaucoup au Pec. oreopteridia, mais il suffit d'un examen un peu attentif pour reconnaître la fine villosité qui couvre la face supérieure de ses pinnules et qui la distingue nettement de ce dernier ; on outre, les grandes pinnules lobées qui garnissent l'extrémité de ses pennes primaires et les pennes secondaires du bas de sa fronde ont les lobes beaucoup moins larges et moins saillants que chez le Pec. oreopteridia, et sont parcourus par des nervures moins abondamment ramifiées; enfin ses rachis sont écailleux ou ponctués, et non pas lisses.

Comparé au Pec. Platoni, auquel du reste il ressemble beaucoup moins, le Pec. Daubreei se distingue par ses pinnules tout à fait contiguës, beaucoup plus régulièrement lobées lorsqu'elles tendent à devenir pinnatifides, et par les poils qui couvrent leur limbe.

J'ai été heureux de pouvoir dédier cette espèce à M. Daubrée, membre de l'Institut, inspecteur général des mines et directeur honoraire de l'Ecole nationale des Mines.

ProveuEUce. — Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux et dans les bancs de poudingues. Puits Sainte-Aline, 8™* étage, dans le banc des Roseaux. Puits Forêt, 8*°" étage, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, à 5 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2°*® couche.

PECOI^ÊRIS DENSIFOLIA. Gceppbrt (sp.l.

(PL. XVI. FiG. 1 h 4.)

18G4. Cyatheitas doiflilolins. Gœppert, Fas^:. Fi. d, perm. Form., p. 1?0. pi. XVII, fig. 1, 2.

1869. Pecoptaris denoilolia. Schimper, Trait, de pal. vég., 1, p. 503. Renault, Cours bot. /bss., III, p. 113. pi. 18, ûg. 1,2 (an pi. 19, fig. 1-6 ?V

1883. An Grand'Eurya autnnensls. Stur, Zur Morph. u. Syst, d. Culm «. Carb, Famé, p. 46, figr. 12, a, b; Carbon-Flora, I, p. im, fig. 16 a, 6 ?

Description de l espèce. — Frondes probablement tripinnées, et sans doute quadripinnatiddes à leur base. Hachis primaire...; rachis secondaires larges de 3 à 8 millimètres, marqués de stries longitudinales très fines et peu régulières et munis en outre çà et là Je petites protubérances ponctifoi*mes ; rachis tertiaires larges de 1 à 2 millimètres, légèrement dépHmés en dessus et parcourus au fond do cette dépression par un faisceau vasculaire sinueux, duquel partent les nervures des pinnules.

Pennes primaires larges de 10 à 20 centimètres, atteignant 0™,60 et plus do longueur, e/yîiées en pointe au sommet et probablement un peu rétrécies à leur base. Pennes secondaires alternes, étalées-dressées ou tout à fait étalées, habituellement contiguës ou empiétant un peu les unes sur les autres, quelquefois légèrement cspaci'cs, à contour linéaire-lancéolé, eiïilées au sommet en pointe obtuse ou obtusément aiguë, longues de 5 à 12 centimèti-es sur 1 à 2 centimètres de largeur. Pinnules alternes, étalées-dressées, à bords parallèles, largement an^ondies au sommet, légèrement contractées à la base, soit des deux côtés, soit au moins du côté antérieur, un peu décun^entes vers

le bas, d'ordinaire exactement contiguës, habituellement bombées sur les bords, detix à trois fois plus longues que larges ^ hautes de 6 à 12 millimètres sur 2""°, 5 à 5 millimètres do largeur; pinnules de la base des pennes primaires inférieures, plus grandes, pinnatifides, munies de lobes arrondis faiblement saillants, et passant peut-être, tout à fait à la base de la fronde, à des pennes véritablement pinnées.

Nervation nette : nervure médiane très marquée, décurrente à ta base; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, bifurquées un peu nudessus de leur base en deux branches généralement simples et un peu arquées.

Remarques paléontologiques. — Cette espèce a été recueillie à Gommentry en fragments assez importants, sans cependant qu'aucun d'entre eux montre le rachis principal et Tinsertion sur lui des pennes primaires. On voit seulement, sur le plus grand d'entre eux, dont la Fig. 3 de la Pl. XVI ne représente qu'une petite portion, que les pennes secondaires inférieures subissent une légère réduction de longueur; en outre, la plus basse de ces pennes porte à sa base une grande pinnule lobée (Fig. 3 B), qui donne lieu de croire qu'à sa partie tout à fait inférieure la fronde devait être au moins quadripinnatifide^ sinon même quadripinnée.

Les FiG. 2 et 4, Pl, XVI, montrent le modo de terminaison des pennes primaires portant à leur sommet, à la suite des pennes secondaires normales, quelques grandes pinnules d'abord pinnatifides, puis simplement lobées, et enfin entières.

Sur presque tous les échantillons qui offrent l'empreinte do la face supérieure de la fronde, le rachis des pennes secondaires se montre assez nettement déprimé et parcouru suivant sa longueur par un faisceau vasculaire important, plus ou moins sinueux, sur lequel

prennent naissance les nervures des pinnules, ainsi qu'on le voit surtout sur les Pio. 4 et 4 A.

Parmi les empreintes actuellement connues de Pec. denaifolia, aucune ne présente de fructifications, de telle sorte qu*on ignore si cette espèce se rattache, comme la plupart des précédentes, au genre AsterothecsL ou si elle appartient à un autre type. M. Renault a, il est vrai, figuré sous ce nom des pinnules siliciGées qui portent à leur face inférieure de nombreux sporanges coriaces semblables à ceux des Asterotheca, et probablement légèrement soudés entre eux à la base par quatre ou par cinq, chaque nervule portant deux synangium à la suite Tun de l'autre. Bien que la nervation de ces pinnules soit tout à fait conforme à celle du Pec, densifolia, elle ne me semble pas assez caractéristique pour qu*on puisse, en Tabsence de spécimens plus complets, affirmer positivement que cet échantillon d*Autun appartienne à cotte espèce; mais s'il en était ainsi, le Pec, densifolia devrait, à mon avis, être classé, comme les Pec. oreopteridia et Pec. Platoni, dans le genre Asterotheca, la disposition plurisériée des synangium et la brièveté du réceptacle auquel sont soudés les sporanges de chacun d'eux, ne me paraissant nullement, ainsi que le l'ai déjà dit ailleurs, pouvoir constituer des caractères génériques.

Rapports et différences. — Le Pèc. densifolia ne rappelle guère, parmi les espèces précédentes, que le Pec, oreopteridia, mais il s'en distingue facilement par ses pinnules sensiblement plus grandes, toujours assez nettement contractées à la base, soit des deux côtés, comme Fig. 1 et 1 A, soit du côté antérieur seulement, de plus visiblement décurrentes du côté inférieur et ayant leur nervure médiane assez fortement décurrente vers le bas.

Il ressemble, d'autre part, par la forme générale de

ses pinnules et par la contraction qu*elles subissent à leur base, au Pec. polymorpha; mais celui-ci n'a ni les pinnules ni la nervure médiane décurrerîtes vers le bas ; de plus ses nervures secondaires sont bifurquées deux fois au lieu d'une, et les nervules sont beaucoup plus serrées, de sorte qu'avec un peu d'attention la confusion n'est pas possible.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, à 10™, 12'' et 15*" au toit de la Grande Couche.

PECOPTBRIS (8C0LBC0PTERIS) POLYMORPHA.

Bromgniart.

(PL. XVI, FiG. 5. 6.)

1834. Pecopteris polsrmorpha. Brongniart^ Hist. végét. foss., ï, p. 331, pî. 113. Orand'Eury, Flore carb. du dép. de la Loire, p. 74, pi. VIII, fig. 40, 11. Zeiller, Expl. Carte géol.Fr,, IV, p. 91, pi. CLIX, fig. 1-3. Renault, Cours boL foss., III, p. 116, pi. 20, fig. 1-10.

4877. Bcolecopterifl conspioua. Orand'Eury, Flore carb. du dép. de la Loire, p. 74, pi. VIII, fig. 10, 11.

4879. Aoitheoa polymorpha. Schim^er, Handb. der Pal'àont., p. 91, fig. 66(9-12).

4883. Scoleoopteiis polsrmorpha. Stur, Zur Morph. u. Syst, d. Culm u, Carb, Famé, p. 107, fig. 21 ; p. 124 ; Carbon- Flora, I, p. 198, fig. 25 ; p. 205. Solms-Laubach, Einleit. in die Pal'àophyL, p. 147, fig. 13 D. Zeiller, Flore foss.du bass. houilL de Valenciennes, p. 39, fig. 25 B.

48.34. Pecopteris Miltoni. Brongniart {non Artis sp.), Hist. végét. foss., I, p. 333 (pars), pi. 114, fig. 1-7 (non fig. 8). Sternberg, Ess. FI. monde prim., II, fasc.7-8, p. 151 {pars).

1876. Gyathettes Miltoni. Heer, F^ foss. Helvet., p. 28, pi. VIII, fig. 5 (an fig. 6?); pi. IX; pi. X, fig. 1, 2; pi. XX, fig. 6 (an fig. 7 ?).

1883. Ha^Krlea fiosquetensis. Stur, Zur Morph. u. Syst, d. Culm u, Carb. Famé, p. 54; Carbon-Flora, I, p. 111.

Description de l'espèce, — Frondes de grande taille,

tripinnées dans la plus grande partie de leur étendue, quadripinnatifides et peut-être même quadripinnées à leur base. Rachis lisses ou marqués seulement de quelques stries longitudinales très espacées ; rachis primaire atteignant 4 centimètres de largeur et peutêtre davantage ; rachis secondaires larges de 3 à 12 millimètres. Pennes 'primaires alternes, élMes-dressées, espacées d'un même côté de 4 à 15 centimètres suivant la place qu'elles occupent, ernpiétsint un peu les unes sur les autres, à contour linéaire-lancéolé , longues de 20 à 60 centimètres et larges de 5 à 16 centimètres suivant leur position. Pennes secondaires alternes, étalées-dressées ou tout à fait étalées, se touchant par leurs bords, à contour linéaire-lancéolé, rétrécies au somrneten pointe obtuse ou obtusément aiguë, longues (le 2 à 8 centimètres sur 6 à 20 millimètres de largeur. Pinnules alternes, étalées ou étalées-dressées, à bords parallèles, large^tnent ain*ondies au sommet, à su7*face bombée, une fois et demie à trois fois plus longues que larges, hautes de 3 à 15 millimètres sur 2 à 5 millimètres de largeur; les plus grandes contractées à leur base en avant et en arrière ; les plus petites attachées par toute leur base et se soudant les unes aux auh'es; vers le bout des pennes primaires et sur les pennes primaires supérieures, les pinnules se soudant de plus en plus, les pennes secondaires deviennent pinnatifidcs, à lobes arrondis de moins en moins saillants, puis tout à fait entières; par contre, vers le bas de. la fronde, les pinnules deviennent peu à peu lobées, à lobes arrondis de plus en plus accentués, et sont peut-être même remplacées par de petites pennes tertiaires simplement pinnées. Pinnule basilaire de chaque peimo naissant du côté inférieur, presque à Vangle des dcAx rachis.

Nervation généralement nette : nervure médiane

bien marquée, assez forte, non décurrente à la base; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, bifurquées à très peu de distance de leur base en deux br^anches habituellement dichotomes, restant simples cependant sur les petites pinnules, et plus divisées au contraire sur les grandes pinnules lobées; nervules fines, assez serrées, et d*ordinaire assez étalées»

Pennes fertiles habituellement chargées de fructifications sur leur portion inférieure seulement^ le sommet restant stérile ; pinnules fertiles à bords généralement recourbés en dessous. Sporanges coriaces, longs de 3 à 4 millimètres sur 0°"",50 à 0"",75 de diamètre, longuement oflilés en pointe au sommet, réunis et soudés par quatre autour de réceptacles ou pédicelles très saillants normaux au limbe, mais souvent rabattus transversalement avec les capsules qu'ils portent; groupes de sporanges, ou synangiuni, disposés sous chaque pinnule en deux séries parallèles, une de chaque côté de la nervure médiane.

Remarques paléontologiques, — Cette espèce, abondamment répandue dans les terrains houillers du centre de la France, est connue maintenant d'une façon très complète, grâce d'une part à de grands échantillons appartenant aux diverses régions de la fronde, et d'autre part aux fragments silicifiés de pennes fertiles que M. Renault a pu étudier dans le plus grand détail. Les pennes primaires les plus basses qu'on ait observées sont seulement tripinnatifides, les pinnules qu'elles portent étant profondément lobées, mais ne passant pas encore à des pennes véritablement pinnées, de sorte qu'il n'est pas certain que la fronde ait été réellement quadripinnée à sa base. Dans toute la région moyenne, les pinnules, de dimensions variables, sont tout à fait entières, et nettement indépendantes à leur

base, sauf sur les pennes secondaires les plus voisines du bout des pennes primaires, où elles se soudent graduellement. Enfin, sur les empreintes qui montrent la partie supérieure de la fronde, comme celle de la pi. 113, fîg. I, de VHistoire des végétsmx fossiles^ et comme de grandes plaques recueillies à Carmaux, qui se trouvent à TEcole des Mines, on voit les pinnules primaires, d'abord bipinnées, devenir bipinnatifides, puis simplement pinnées par suite de la réduction et de la soudure de plus en plus marquées des pinnules.

Sur les empreintes de pennes fertiles, les capsules, le plus souvent rabattues en travers, dépassent généralement par leurs pointes les bords des pinnules, donnant à celles-ci Taspeot de peignes à dents rapprochées et très aiguës.

RsLpports et différences, '— Par ses pinnules contractées à leur base, le Pec. polymorpha ressemble au Pec. densifolia^ mais il s'en distingue facilement parce que ni ses pinnules ni leur nervure médiane n'oiTrent aucune décurrence à leur base, et parce que les nervules sont plus fines et plus serrées, les nervures secondaires étant plus divisées. Il a aussi, surtout dans les parties voisines du sommet de la fronde, ou ses pinnules ne sont plus contractées à leur base, une assez grande analogie avec le Pec. oreopteridia, mais il aies nervures plus serrées, et les pennes primaires un peu plus effilées à leur sommet ; de plus les pinnules terminales lobées de ces pennes primaires ont, d'ordinaire, les lobes plus petits et plus étroits que chez ce dernier ; enfin, en suivant les pennes vers le bas, on arrivera généralement à observer des pinnules plus grandes, contractées à la base, à nervures secondaires plusieurs fois bifurquées, faciles à distinguer de celles du Pec. oreopteridia, dont le Pec. polymorphe, diffère encore par son mode de fructification.

Synomjmie. — Ainsi que je l'ai fait remarquer il il y a quelques années (1), les échantillons du Bousquet, près Lodève, figurés par Brongniart comme Pec, Miltoni et désignés récemment par M. Stur sous le nom de Hsiwlea Bosquetensis^me paraissent, d'après l'examen des spécimens originaux, rentrer purement et simplement dans le Pec, polymoiyha, dont ils représent des portions provenant de la région inférieure de la fronde, à pinnules plus ou moins lobées : l'identité est déjà presque évidente, d'après la figure elle-même, pour la fig. 2 de la pi. 114 de V Histoire des végétaux fossiles, et la fig. 4, avec ses pinnules, les unes simples, les autres lobées, forme le passage entre les échantillons à pinnules simples et ceux à pinnules nettement pinnatifldes. J'ai d'ailleurs observé, parmi des empreintes do Pec. polymoy^ha recueillies dans le bassin d'Âlais, c*est-à-dire dans la localité type, des échantillons offrant précisément les caractères indiqués par Brongniart comme propres au Pec. Mi î toni, notamment de très gros rachis et des pinnules profondément lobées ; enfin l'échantillon fructifié représenté sur la fig. 7 de la même planche montre en divers points, particulièrement sur quelques-unes des pinnules de droite, les grandes capsules caractéristiques du Pec. polymorpha rabattues transversalement. L'identification no semble donc pas contestable.

Provenance. — Commentry, tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2'"^ couche, et à 1 mètre au toit de la 4"* couche.

Houillère de Montvicq.

Gros argileux supérieurs (permicns).

(1) Note sur la flore houillère des Asturies, p. 14, note 3.

PECOPTERIS INTEGRA. Andr.*: (sp.).

(PL. XVII, FiG. 2.)

1849. Sphmiopteris intégra. Andrœ, in Oevmur, Verst. d. Steink. V. Wettin u, Lôbejûn^ p. 67, pi. XXVIII, fig. 1-4.

1869. Peoopteris intégra. Schimper, Trait, de pal, vég., l, p. 530. Zeiller, Flore foss. du bass. houill. de Valenciennesj p. 211, pi. XXV, fig. 5.

Description de Vespèce. — Frondes d'assez grande taille, tripinnéesy et peut-être quadripinnatifides à la base. Rachis marqués de stries longitudinales irrégulières, plus ou moins fines ; rachis secondaires attei« gnant 7 millimètres de largeur et peut-être davantage. Pennes primaires alternes ou subopposées, plus ou moins étalées, empiètent un peu les unes sur les autres, à contour lancéolé ou linéaire-lancéolé, effilées vers le sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 12 à 40 centimètres et davantage, sur 4 à 15 centimètres de largeur. Pennes secondaires alternes, étaléesdressées, se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour linéaire-lancéolé, rétrécies vers le sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 3 à 10 centimètres et plus, larges de 8 à 20 millimètres. Pinnules alternes, assez obliques sur le rachis, contiguës, à contour ovale-linéaire, arrondies au sommet, nettement décurrentes du côté inférieur et légèrement soudées les unes aux autres, plus ou moins contractées du côté antérieur et échancrées à leur base par le prolongement du sinus aigu qui sépare chacune d'elles de la suivante, deux à trois fois plus longues que larges, longues de 6 à 15 millimètres sur 3 à 5 millimètres de largeur ; pinnule la plus basse de chaque penne secondaire naissant du

côté inférieur, presque dans l'angle des deux rachis, parfois pourvue de lobes arrondis légèrement saillants et presque pinnatifide, du moins sur les pennes primaires inférieures ; vers le bout des pennes secondaires et sur les pennes secondaires supérieures, les pinnules se soudent de plus en plus, les pennes secondaires devenant ainsi graduellement pinnatifides à lobes de moins en moins saillants, puis entières.

Nervation très nette, tranchant sur le limbe, qui parait avoir été de consistance assez délicate. Nei^ure médiane arquée et nettement décurrente à sa base ; nervures secondaires naissant sous des angles de 35^ à 45", arquées^ une ou deux fois bifurquées sous des angles aigus ; nervure secondaire basilaire naissant du côté inférieur, à Torigine même de la nervure médiane ; nervure la plus basse du côté antérieur à peu près parallèle à Téchancrure de la pinnule.

Remarques paléontologiques. — Le fragment de penne primaire de Pec. intégra représenté sur la Fick 2 de la Pl. XVII parait avoir souffert, du moins dane sa région inférieure, d'une macération un peu trop prolongée, car c'est sans doute à cette cause qu'il faut attribuer la corrosion du bord des pinnules, qui semblent irrégulièrement échancrées ; celles des pennes latérales supérieures sont seules tout à fait intactes ; néanmoins on distingue assez nettement, sur les pinnules basilaires des deux pennes inférieures, des lobes assez saillants qui donnent à penser que la fronde pouvait être quadripinnatifide à sa base, les pinnules devenant peut-être alors régulièrement lobées.

Sur d'autres échantillons recueillis soit à BuUy- Grenay dans le bassin do Valenciennes, soit à Saint- Etienne, j'ai vu, comme sur ceux qu'a figurés Germar, les pennes secondaires devenir seulement pinnatifides

vers leur extrémité, par suite de la soudure de plus en

plus prononcée des pinnules, et faire place, vers le sommet de la fronde, à de grandes pinnules d'abord pinnatifides, puis entières.

Rapports et différences. — Cette espèce se rapproche à certains égards du Pec. polymorpha^ notamment par la contraction que présentent ses pinnules à leur base du côté antérieur, et par la division, en deux branches, souvent bifurquées Tune et l'autre, de ses nervures secondaires ; mais elle s'en distingue facilement par l'obliquité généralement plus forte de ses pinnules, par leur décurrence le long du rachis et la soudure qu'elles contractent par suite les unes avec les autres à leur base, par la décurrence très accentuée de la nervure médiane, émettant dès sa base une nervure secondaire plusieurs fois bifurquée, enfin par l'obliquité beaucoup plus forte des nervures secondaires, tranchant nettement sur un limbe bien moins épais.

Par cette soudure constante de ses pinnules entre elles, le Pec. intégra no laisse pas de rappeler le Pec. unita et les espèces du même groupe, mais il en diffère par Téchancrure basilaire que présentent ses pinnules du côté antérieur, ainsi que par ses nervures secondaires toujours plus divisées.

L'examen de ses fructifications, lorsque Ton aura la bonne chance de rencontrer des échantillons fertiles, permettra seule de préciser ses affinités.

Provenance. — Tranchée de Forêt, dans le banc dos Roseaux. Tranchée de Longoroux.

PECOPTERIS (PTYCHOCARPUS) UNITA. Brongniart.

(PL. XVIII, FiG. 1 à 5.)

1332 ou 1833. Pecopteris longifolia. Brongninrt {non Phillips), Hist. régéf. foss., I, p. 275, pi. 82, lîg. 2. SUrn-

berg, Ess, FL monde prim., II, fasc. 7-8, p. 158. Germar, Verst. d, Steink. v, Wettin u. LÔbejîin, p. 35, pi. XIII, fig. 1-5.

1836. Diplazites longilolius. Qœppcrt/Syst. fil, foss., p. 275.

1819. Desmophlebis longifolia. Brongniart, Tabl. d. genr. d. végét. foss., p. 23.

1869. Ooniopteris ^Desmophlebis) longifolia. Schimper, Trait, d.pal. vég., ï, p. 544.

1869. Stiohopteris longifolia. Werss, Foss. FI. d. jûngst. Steinkohl, p. 97, pi. IX-X, fig. 7, 8.

1835 ou 1836. Pecopteris unita. Brongniart, Hist. végét. foss.t I, p. 342, pi. 116, fig. 1-5. Sternberg, Ess. FI. monde prim., II, fasc. 7-8, p. 158. Grand'Eury, Flore carb, du dép, de la Loire, p. 76, pi. VIII, fig. 13. Lesquereux, Coal-Flora, p. 223, pi. XL, fig. 1-7, Renault, Cours bot. foss., III, p. 119, pi. 20, fig. 11-19.

1818. Cyatheites unitus. Gœppcrt, in Bronn, Ind. pal., I, p. 365. Geinitz, Verst. d. Steinh. in Sachs,, p. 25, pi. XXIX, fig. 4, 5.

1^9. Gyathocarpasnnitos. Weiss, Foss. FI d.jungst.Stein'» kohL, p. 88, pi. XII, fig. 5, 6.

1877. OUgooarpia unita. Btur, Culm-Flora, p. 294, 306.

1879. Stiohopteris imita. Schimper, Handb. der Pal'âont»t p. 90, fig. 65 (6-8).

1883. Diplazites unitus. Stur, Zur Morph. u. Syst. d. Culm u. Carb, Famé, p. 143; Carbon-Flora, I, p. 214.

1888. Ptychooarpus unitus. Zoiller, Flore foss. du bass. houill. de Valenciennes, p. 40, fig. 26.

1836. Diplazites emargrinatus. Gœppert, Syst. fiU foss.^ p. 274, pi. XVI, fig. 1,2.

1838. Pecopteris emarginata. Presl, in Sternberg, Ess. FI. monde prim., II, fasc. 7-8, p. 158. Bunbury, Quart. Joum.., II, p. 84, 90, pi. VI, fig. 1-5. Lesquereux, CoaZ- Flora, p. 225, pi. XXXIX, fig. 11.

1869. Goniopteris (Desmophlebis) emarginata. Schimper,

Trait, de pal. vég., I, p. 544.

1870. Alethopteris emarginata. Lesquereux, Geol Surv. of

Illinois, IV, p. 398, pi. XIÏI, Vi^. 4.

1881. Ooniopteris emarginata. Weiss, Aus d, Steink^ p. 17, pj. 18, fig. 110.

1869. Ptychocarpus hexastichus. Weiss, Foss. FI. d.jungst. Steinkohl.y p. 95, pi. XI, fig. 2.

1880. Ooniopteris oblonga. Fontaine et White, Permtan Flora, p. 83, pi. XXX, fig. 3-5.

Description de Vespèce. — Frondes de grande taille, tripinnées, assez brusquement contractées à leur sommet en pointe obtusément aiguë. Rachis munis de petites écsiilles appliquées, étroitement lancéolées, caduques, ou nus et marqués çà et là de petites cicatricules allongées j souvent peu visibles ; rachis primaire large de 2 à 3 centimètres et plus ; rachis secondaires larges de 2 à 7 millimètres. Pennes de divers ordres facilement caduques. Pennes primaires alternes, plus ou moins étalées, espacées d'un même côté de 5 à 10 centimètres, empiétant fortement les unes sur les autres, à contour linéaire-lancéolé, très faiblement rétrécies à la base, effilées ou contractées au sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 20 à 60 centimètres et sans doute davantage, sur 4 à 12 centimètres de largeur. Pennes secondaires alternes, étalées ou étalées-dressées, se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour linéaire, rétrécies au sommet en pointe obtuse, longues de 4 à 12 centimètres sur 5 à 15 millimètres de largeur; les plus basses de chaque penne primaire souvent un peu réfléchies en arrière.

Pinnules alternes, étalées-dressées, à bords parallèles, arrondies au somm^et, longues de 3 à 8 millimètres sur 1""",5 à 3°"°,5 de largeur, exactement contiguës, légèrement décurrentes à la base et soudées les unes aux autres sur une hauteur variable ; celles des pennes secondaires moyennes et inférieures soudées seulement sur 1/6 à 1/4 de leur hauteur ; celles des

pennes secondaires supérieures, soit vers rextrémité des pennes primaires, soit vers le sommet de la fronde, se soudant de plus en plus complètement j de telle sorte que les pennes secondaires sont de moins en moins profondément pinnatifides, puis seulement ondulées, à lobes arrondis de moins en moins saillants, et enfin tout à fait entières.

Nervation généralement nette : nervure médiane de chaque pinnule nettem^ent décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles plus ou moins ouverts, toutes simples, de plus en plus arquées à mesure que les pinnules sont plus complètement soudées, atteignant In bord du limbe sans se souder à celles des pinnules ou des lobes contigus.

Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes et pinnules stériles, souvent chargées de fructifications seulement sur leur portion inférieure et restant stériles à leur sommet. Sporanges presque cylindriques, légèrement effilés au sommet, réunis en groupe ou synangium au nombre de 5 à 8 autour d'un réceptacle très saillant, auquel ils sont soudés sur toute leur hauteur, et soudés en outre les uns aux autres. Synangium tantôt dressés, tantôt rabattus sur le côté, disposés sous chaque pinnule ou lobe en deux séries parallèles, une de chac(ue côté de la nervure médiane, et formant ainsi, sur les grandes pennes simples terminales constituées par la soudure des pinnulee, plusieurs rangées parallèles.

Remarques paléontologiques. — Les pennes secondaires de cette espèce se rencontrent tantôt détachées et éparses à la surface des schistes, tantôt encore en place et constituant des pennes primaires plus ou moins longues ; mais il est beaucoup plus rare do trouver ces pennes primaires encore attachées au rachis principal comme on le voit sur la Pig. 1 de la Pl. XVIII ; cepen-

dant l'Ecole nationale des Mines possède d*autres échantillons recueillis à la Grand'Combe et appartenant à la base de la fronde, qui montrent de gros rachis, larges de près de 3 centimètres, portant un certain nombre de pennes primaires à pennes secondaires garnies de pinnules légèrement soudées à la base : entre ces pennes encore en place, on voit la place d'autres pennes intermédiaires qui se sont détachées et ont disparu ; ces gros rachis primaires sont généralement lisses, et marqués seulement de petites cicatriculos correspondant à l'insertion des écailles ; celles-ci se voient encore sur une partie des rachis secondaires, mais elles manquent sur les autres. Parmi les échantillons représentés sur la Pl. XVIII, celui de la Fig. 1 est le seul où on les observe nettement.

On peut suivre sur les figures de cette planche les variations que présente le degré de soudure des pinnules, d'une région à l'autre de la fronde. Vers le bas des pennes représentées Fig. 2 et 3, les pinnules ne sont soudées qu'à la base, comme le montre la Fig. 2 À; plus haut, elles se soudent sur près ou même sur plus de la moitié de leur hauteur (Fig. 2 B et 1 À) ; enfin, vers le bout des pennes primaires et au sommet de la fronde, les pennes secondaires, à bords d'abord ondulés (Fig. 4 A, 4 B et 1 B), finissent par devenir tout à fait entières, et du rachis de ces pennes partent seulement des nervures une ou deux fois dichotomes (Fig. 1 C).

Les fructifications sont nettement visibles sur la penne de la Fig. 5, stérile vers le haut (Fig. 5 C), fertife vers le bas (Fig. 5 A) ; les synangium, un peu moins développés que d'habitude, sont, pour la plupart, légèrement rabattus parallèlement à la nervure médiane de chaque lobe ; ils sont représentés par une lame charbonneuse relativement épaisse, et quelques-uns d'entre

eux, brisés au-dessous de leur sommet, laissent voir leur section transversale et Tintérieur des loges ou des sporanges étroitement soudés qui les constituent (Fia. 5 B). Sur les grandes pennes terminales, semblables à celles de laFio. 4 ou du sommet de la Fio. i,les synangium, habituellement contigus et couvrant toute la face inférieure du limbe, sont plurisériés, et Ton compte souvent entre Taxe de la penne et le bord trois et quatre séries parallèles, ainsi qu'il arriverait d'ailleurs sur Téchantillon Fig. 5 et 5 à, si les lobes étaient plus complètement soudés.

Rapports et différences. — Le Pec, unita se distingue facilement des espèces qui précèdent par la soudure constante, bien que plus ou moins prononcée, de ses pinnules toujours assez visiblement décurrentes à la base, ainsi que l'atteste leur nervure médiane, non contractées en avant, et parcourues par des nervures secondaires arquées absolument simples ; la disposition de ces nervures sur les pennes terminales (Fig. 4 A, 4 B, 1 B et 1 Cj, est do plus tout à fait caractéristique.

Synonymie. — On a reconnu depuis longtemps que le Pec. longifolia Brongniart et le Diplazites emargi-» natus Gœppert ne représentaient que les pennes terminales du Pec. unita ; mais, bien qu'il soit le plus ancien, le nom de Pec. longifolia ne peut être conservé, n'ayant pas été défini par Brongniart dans son PrO" drame de 1828 et ayant été appliqué par Phillips à une autre plante avant sa publication dans VHistoire des végétaux fossiles. Le Ptychocharpus hexastichus de M. Weiss est fondé de même, ainsi que l'a déjà fait remarquer M. Grand'Eury (1), sur des pennes secondaires de Pec. unita à bords entiers, chargées de fructifications, mais à synangium couchés sur le côté et déformés par la compression.

(1) Flore carb. du dép. de la Loiret p. 76.

Quant au Goniopteris oblongà Fontaine et White, il

m'est impossible de trouver aucune différonce entre lui et les formes les plus habituelles du Pec. unitSL.

Provenance. — Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche, et dans les schistes à 21 ou 22 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée de rOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2™* couche, et au toit de la 4'"* couche. Tranchée de r Espérance, dans le banc des Roseaux.

PECOPTERIS LAUNAYI. n. sp.

(PL. XVII, FiG. i.)

Description de l'espèce, — Fronde probablement tripinnée. Rachis secondaires atteignant 8 millimètres de largeur, chargés d'écaillés lancéolées^ caduques, et marqués après leur chute de cicatricules ponctiformes très nombreuses. Pennes primaires à contour ovale^lancéoléy atteignant 40 ou 50 centimètres de longueur sur 16 centimètres de largeur. Pennes secon-daires alternes, très étalées, espacées d'un même côté de 10 à 15 millimètres, ne se touchant pas par leurs bords, larges de 7 à 10 millimètres sur 5 à 8 centimètres de longueur, à contour linéaire, contractées au sommet en pointe obtuse, à rachis large de 1 millimètre, canaliculé en dessus et finement ponctué ou couvert d'écaillés.

Pinnules alternes, d'ordinaire tout à fait étalées, souvent légèrement arquées et un peu inégales, à bords parallèles ou faiblement convergents, arrondies au sommet, hautes de 3 à 5 millimètres sur 1°*°*,5 à 2 millimètres de largeur, soudées les unes aux autres à h base, mais non contiguës, et séparées par des sinus obtusément aigus.

Nervation nette : nervure médiane assez forte,

droite ou arquée, légèrement décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, droites ou à peine arquées, toutes simples, et assez serrées.

Remarques paléontologiques. — Je ne connais de cette espèce que le seul échantillon dont une portion est représentée Pl. XVII, Fio. 1 ; c'est une penne priniaire, très vraisemblablement, longue de 36 oentimètres, ne montrant ni son sommet Ai sa base, mais affectant un contour assez nettement ovale, les pennes secondaires les plus basses diminuant peu à peu de longueur, comme on peut le voir sur la gauche de la figure.

Rapports et différences. — Cette espèce ressemble beaucoup au Pec. unita, mais elle me paraît en différer par la forme plus ovale de ses pennes primaires, par les ponctuations plus fortes, plus nombreuses et plus arrondies dont sont marqués ses rachis, par Tespacement de ses pennes secondaires et de ses pinnules, par la disposition beaucoup moins oblique de celles-ci, enfin par ses nervures secondaires plus droites et un peu plus serrées.

N'ayant pu Tidentifier à aucune des espèces déjà décrites, je l'ai dédiée à M. de Launay, ingénieur au Corps des Mines à Moulins, auteur de Tétude pétrographique des roches de Commentry.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, au toit de la 4"* couche.

PECOPTERIS MONYI. n. sp, (PL. XVII, FiG. 3, 4).

Description de Vespèce. — Fronde vraisemblablement tripinnée. Rachis secondaires ponctués , largea de 3 à 8 millimètres. Pennes ^^rimaires atteignant au

moins 40 ou 50 centimètres de longueur, et larges de 10 à 15 centimètres. Pennes secondaires alternes, étalées ou étalées-dressées, se toixhant par leurs bords, à contour linéaire-lancéoléy effilées vers le sommet en pointe ohtusément aiguë, longues de 6 à 8 centimètres sur 12 à 18 millimètres de largeur. Pin-nules alternes, étalées-dressées ou tout à fait étalées, à bords parallèles ou très légèrement convergents, arrondies au sommet, deux à trois fois plus longues que larges, hautes de 5 à 9 millimètres sur 2 à 3 millimètres de largeur, exactement contiguës, d'ordinaire un peu décurrentes et soudées les unes aux auh^es à la base*

Nervation nette : nervure médiane assez forte, droite ou légèrement sinueuse, un peu décurrente à la base ; nervures secondaii^es naissant sous des angles plus ou moins ouverts, faiblement arquées, les unes simples, les autres bifurquées.

Remarques paléontologiques . — La différence de taille que Ton remarque entre les deux pennes dont les FiG. 3 et 4 de la Pl. XVII représentent des fragments, indique que ces pennes devaient occuper des positions différentes et que ce devaient être, par conséquent, des pennes primaires, celle de la FiG. 4 plus voisine que l'autre de la base de la fronde. Il semble que, comme chez le Pec. unita, les pennes secondaires devaient être facilement caduques, le rachis de la Fig. 4 étant dépouillé de ses pennes secondaires sur une assez grande étendue.

Rapports et différences. — Cette espèce se rapproche beaucoup du Pec. unita^ mais elle a les rachis marqués de ponctuations plus nombreuses et plus arrondies, les pennes secondaires plus effilées à leur sommet, et de plus les nervures secondaires en grande partie bifurquées, ce qui la distingue nettement du Pec.

unitsLj chez lequel les nervures secondaires sont toujours simples.

M. Lesquereux a figuré, sous le nom de Pec, venU'losa (1), un fragment de penne qui ressemble aussi extrêmement à Tespèce que je viens de décrire, mais qui a cependant les pinnules plus fortement infléchies, plus décurrentes, contiguës sur une plus grande hauteur, et la nervure médiane beaucoup plus forte ; en outre l'échantillon figuré est trop fragmentaire pour permettre une identification tant soit peu sûre, de sorte qu'il m'a paru nécessaire de donner un nom nouveau à l'espèce de Commentry.

Elle est dédiée à feu M. Mony, administrateur de la Société de Commentry-Fourchambault, qui a toujours témoigné le plus vif intérêt pour les recherches géologiques et paléontologiques entreprises par M. Fayol et n'a cessé de les encourager.

P7'Ot3enance. — Tranchée de l'Espérance, dans les bancs de poudingues et dans le banc des Roseaux. Puits Forêt, 8°** étage, dans le banc des Roseaux.

PECOPTERIS ELAVERICA. n. sp.

(PL. X, FiG. 3 à 5).

Description de Vespèce. — Fronde tripinnatifide ou peut-être quadripinnatifide. Rachis lisses, canaliculés sur leur face supérieure. Pennes primaires (ou secondaires ?) alternes, étalées-dressées, souvent un peu flexueuseSy espacées d'un même côté de 2 à 3 centimètres, empiétant les unes sur les autres, longues de 6 à 10 centimètres sur 15 à 50 millimètres de largeur. Pennes secondaires (ou tertiaires ?) alternes, étaléesdressées, tantôt se touchant par leurs bords, tantôt un

(1) Coal-Floray p. 230, pi. XLI, fig. 1.

peu plus séparées, à contour linéaire-lancéolé ou ovale-lancéolé, rétrécies au sommet en pointe aigv£ oit obtusément aiguë, plus ou moins décurrentes à la base le long du rachis, longues de 10 à 25 millimètres sur 2""™, 5 à 8 millimètres de largeur, les plus basses pinnatifides, les plu^ élei:)ées simples et seulement dentelées sur les bords ou tout à fait entières.

Pinnules ou lobes des pennes inférieures, alternes^ dressés ou étalés-dressés, longs do 2"""*, 5 à 5 millimètres sur 1 à 2 millimètres de largeur, soudés les uns aux autres sur la moitié au vnoins de leur hauteur^ h sommet ogival, aigu ou obtusément aigu; ces lobes se soudant de plus en plus complètement, les pennes supérieures ne présentent plus sur leurs bords que des dents à peine saillantes obtusément aiguës, et se soudent elles-mêmes entre elles à leur base.

Nervation habituellement peu nette; nervures médianes des lobes se détachant des rachis sous des angles de 40** à 50** ; nervures secondaires peu nombreuses, naissant sous des angles de 40° à 50**, droites ou un peu arquées, la plupart simples ; les inférieures seules, aboutissant au sinus séparatif, quelquefois bifurquées.

Remarques paléontologiques. — Le petit nombre d'échantillons de cette espèce que j'ai eus jîous les yeux ne m'a pas permis de m'assurer exactement de la constitution de ses frondes, et je n'ai pu savoir si les fragments qu'on voit sur les Fio. 3 à 5 de la Pl. X représentent des portions de frondes avec les pennes primaires étalées à droite et à gauche du rachis principal, ou seulement des pennes primaires tripinnatifides. Ce qui donnerait peut-être plus de poids à cette dernière hypothèse, c'est qu'il semble que, sur Téchantillon de la Fig. 3, on passe plus rapidement que sur les autres des pennes bipinnatifides inférieures aux pennes simplement pinnées ou même seulement pin-

natifîdes de la région supérieuro, de même que chez le Pec. unita, par exemple, on passe plus brusquement des pennes simplement pinnées aux pennes tout à fait simples, à l'extrémité des pennes primaires inférieures ou moyennes que sur les pennes primaires supérieures (Pl. XVIII, FiG. I) dès la base desquelles les pinnules sont déjà fortement soudées. Dans ce cas, Téchantillon de la FiG. 3 représenterait une portion de penne primaire de la région inférieure de la fronde ; celui de la FiG. 5 appartiendrait à la région moyenne, et celui de la FiG. 4 à la région supérieure ; mais tant qu'on n'aura pas recueilli de cette espèce des empreintes plus complètes, il ne sera guère possible de trancher la question.

On voit, en tout cas, sur ces Fig. 3^à 5, comment on passe des pennes de dernier ordre plus ou moins profondément pinnatifîdes aux pinnules simples ou à peine dentelées de la région supérieure : sur les pennes inférieures des Fig. 3 et 5, les premières pennes de dernier ordre sont à peine décurrentes à la base ; mais les suivantes le deviennent déjà nettement, dès le milieu ou même dès le premier tiers de cette penne inférieure de la Fig. 3, ainsi que le montre la Fig. grossie 3 B ; la décurrence s'accuse encore davantage sur la penne la plus élevée de la Fig. 5, représentée grossie Fig. 5 Â, et sur celles de la Fig. 4, qui en diffèrent à peine, et on arrive ainsi aux pennes garnies seulement de grandes pinnules dentelées du haut de la Fig. 3, représentées grossies Fig. 3 A.

Rapports et différences, — Par la soudure de plus en plus accentuée de ses pinnules ou lobes, cette espèce n'est pas sans analogie avec le Pec. unita^ mais elle s'en distingue nettement par la forme aiguë ou obtusément aiguë de ces lobes et par la dentelure de Bes pennes supérieures, ainsi que par la déourrence

habituellement très marquée de ses pennes de dernier ordre. De plus, ses frondes devaient avoir un aspect très différent de celles du Pec. unite, notablement plus petites que celles-ci si elles étaient seulement tripinnatifidos, et beaucoup plus découpées au contraire si, comme on peut le penser, elles étaient quadripinnatifides.

Parmi les espèces actuellement décrites, je n'en connais du reste aucune avec laquelle celle-ci ait de réelles affinités et à côté de laquelle elle puisse être naturellement placée.

Le nom appliqué à cette espèce est tiré de celui de la rivière d'Allier (Elsiver), et par conséquent de celui du département dans lequel est situé le bassin de Cornmentry.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux. Puits Forêt, 8"' étage, dans le banc des Roseaux.

PfîCOPTERIS FEMINiEFORMIS. Schlothkim (sp.). (PL. XVIII, FiG. 6; PL. XXXI, Fm. 6).

1804. Schlotheim, Flora der Vorwolt, pi. IX, fig. 16.

1820. FilioitesfœxninaBlormis. Schlotheim tPetrefactenkunde, p. 407.

1826. Pecopteris arguta. Sternberg, Ess. FI. inonde prim,, I, fasc. 4, p. XIX; II, fasc. 7-8, p. 157. Brongniart, Ilist. végét. foss., I, p. 303, pi. 108, fig. 3, 4. Zeiller, ExpL Carte géol.Fr., IV, p. 93, pi. CLXVI, fig. 5, 6. Renault, Cours bot. foss., III, p. 120, pi. 20, fig. 20, 21.

1836. Polypodites elegàns. Gœppert, Syst. fil. foss., p. 344, pi. XV, fig. 10.

1886. Aspidites sœgutus. Gœppert, ibid., p. 359.

1838. Pecopteris? Sohlotheiiuil. Presl, in Sternberg, Ess» FI. monde prini., II, fasc. 7-8, p. 161.

1855. Gyatheites argutus. Geinitz, Verst. d. Sleinh. in Sachs. y p. 24, pi. XXIX, fig. 1-3.

1869. Goniopteris (Sngoniopteria) arguta. Schimper, Trait. depaL vég.y I, p. 543.

1877. Oligocarpia fœminaoformis. Stur, Culm-Flora, p. 294,

1881. Pecopteris loBminœlomils. Sterzel, Palàont. Charaht. d. ob. Steink. u. d. Rothl. im erzgeb, Beck., p. 116.

1881. Goniopteris arguta. Weiss, Aus d. Steink., p. 17, pi. 18, fig. 109.

Description de Vespèce, — Frondes vraisemblablement tripinnées. Rachis primaires...; rachis secondaires larges do 5 à 7 millimètres, marqués çà et là de fines ponctuations habituellement peu visibles ; rachis de troisième ordre larges de 1 à 2 millimètres, canaliculés en dessus. Pennes primaires larges de 20 à 30 centimètres, atteignant au moins 40 à 50 centimètres de longueur. Pennes secondaires alternes, plus ou moins étalées^ se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour linéaire^ lancéolé^ parfois légèrement rétrécies à leur base, graduellement effilées vers le sommet, à partir de leur dernier tiers, en pointe très aiguë, longues de 10 à 15 centimètres et davantage, sur 2 à 3 centimètres de largeur. Pinnules alternes, habituellement étalées presque à angle droit sur le rachis, longues de 7 à 20 millimètres sur 2 à 5 millimètres de largeur, soudées les unes aux autres à la base sur l^^jS à 3 millimètres de hauteur, à contour étroitement triangulaire, légèrement rétrécies vers le sommet, tei^minées en pointe aiguë ou obtusément aiguë, dentelées en scie sur les bords, ceux-ci étant munis de dents obliques, obtusément aiguës, larges de 0"*"',50 à

Nervure médiane très nette, assez forte, presque normale au rachis, non dôcurx'ente à sa base ; nervures secondaires naissait sous des angles de 30® à 40* environ,

a8S6Z fortes, toujours simpleê, droites et aboutissant au sommet des dents; nervures secondaires inférieures de deux pinnules continues aboutissant aux dents inférieures, presque au fond du sinus séparatif de ces pinnules, et formant ainsi, avec le rachis, un triangle à peu près équilatéral.

Rem&rqtLes paléontologiques. — On n'a jamais rencontré de cette espèce que des portions de pennes primaires ne montrant ni leur sommet ni leur insertion sur le rachis principal de la fronde ; mais la différence d'inclinaison des pennes latérales simplement pinnées sur le rachis commun qui les porte, nettement marquée sur plusieurs échantillons, prouve que ces pennes bipinnées sont des pennes primaires et non des frondes complètes. Le fragment représenté sur la Fia. 6 de la Pl. XVIII, du côté droit, avec ses pennes plus dressées, diminuant assez rapidement de longueur, indique une portion de penne primaire voisine de son extrémité, et donne à penser que ces pennes se terminaient en pointe aiguë. L'échantillon Fia. 6, Pl. XXXI, doit au contraire correspondre à la base d'une penne primaire : il montre nettement la terminaison de ses pennes secondaires, très pointues à leur sommet, les dernières pinnules se réduisant presque à rien. Sur quelques points de cet échantillon, le limbe est déchiré et même en partie détruit à la base des pinnules, et celles-ci semblent alors réirécies en coin à la base et indépendantes, tandis que partout ailleurs elles sont très nettement soudées.

Le Pec. feminœfoi*mis n*a pas encore été observé à Tétat fertile, de sorte que ses affinités réelles demeurent tout à fait problématiques.

Rapports et différences, — S'il se rapproche en effet du Pec. unita et des auti*es espèces du même groupe par la disposition de ses nervures secondaires, dont les

plus basses aboutissent presque exactement au même point du limbe que les nervures correspondantes des pinnules voisines, sans cependant se souder avec elles, il s'en distingue dès le premier coup d*œil par les dentelures très accusées de ses pinnules et par ce fait que le degré de soudure de celles-ci ne parait subir d'un point à l'autre d'une mémo penne, non plus que d'une penne à l'autre, aucune variation. 11 est donc permis de penser qu'il peut appartenir, par. son modo de fructification, à un groupe très différent.

Synonymie. — Sur la figure donnée par Schlotheim comme type de son Filicites fœyninœformis, les pinnules paraissent toutes indépendantes ; mais ce n'est là, comme Ta montré M. Sterzel, qu'un accident de conservation semblable à celui qu'on remarque en certains points de l'échantillon que j'ai figuré Pl. XXXI, FiG. 6. J'ai, d'autre part, reconnu sur les échantillons figurés par Brongniart, l'existence des dents caractéristiques de cette espèce, qui, étant en partie engagées dans la roche, n'ont pas été reproduites sur le dessin. Le Pec. argutsi de Brongniart est donc bien identique au Filicites fœminaeformis de Schlolheim malgré la différence considérable qu'on remarque entre les figures de l'un et de l'autre ; mais ce dernier nom spécifique, ayant la priorité, doit nécessaii*ement être conservé. Le Polypodites elegans de Gœppert, ayant pour type le Pec. argutâ de Brongniart, que Gœppert regardait comme différent du Pec. arguta de Sternberg, c'est-àdire du Filicites fœminœformis, doit par conséquent rentrer aussi dans la synonymie.

Mais il n'en est pas de même à mon avis du Pec. elegans de Germar (1), qui, avec ses pinnules en-

(1) Germar, Verst. d. Steink. v. Wettin ii. Lôbejûn^ p. 33, pl. XV.

tières soudées sur une hauteur beaucoup plus grande, à nervures latérales s*unissant à celles de leurs voisines avant d'avoir atteint le bord du limbe, me parait constituer une espèce parfaitement distincte ; aussi ne Taije pas fait figurer dans la liste synonymique.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, dans les bancs do schistes intercalés dans la 2°*'' couche.

PECOPTERIS STBRZELI. n. sp.

(PL. V, FiG. i, 2; PL. VI. FiG. 1, 2; Pl. VII, FiG. 1 à 3;

PL. VIII, FiG. 1, 2.)

Description de lespèce, — Frondes de grande taille, quadripinnati&des, atteignant sans doute 3 mètres de longueur environ, et portées au sommet de troncs verticaux arborescents. Rachis marqués de stries longi^ tudinales assez régulières ^ ^IxiH ou moins accentuées, et en outre de ponctuations éparses indiquant laprésence d'écaillés ; rachis primaires larges à leur base de 3 à 4 centimètres, nus d'abord sur une certaine longueur, larges do 1 à 2 centimètres dans leur portion fouillée, souvent un peu infléchis on zigzag à la naissance des pennes primaires ; rachis secondaires larges de 3 à 8 millimètres, droits ou faiblement arqués, mais non infléchis en zigzag. Pennes primaires alternes, plus ou moins étalées, espacées d'un même côté de 15 à 50 centimètres, tantôt bien séparées, tantôt contiguës ou empiétant même un peu les unes sur les autres par leurs bords, à contour ovale-lancéolé, rétrécies vers le sommet en pointe aiguë ou obtusément aiguê, longues de 40 à 60 centimètres sur 15 à 35 centimètres de largeur vers leur tiers inférieur. Pennes secondaires alternes ou subopposées, d'ordinaire très étalées, les plus basses réfléchies en arrière, les supérieures étaléesdressées, tantôt contiguës par leurs bords ou empiétant

même un peu les unes sur les autres, tantôt plus séparées, à contour linéaire-lancéolé, effilées vers le sommet en pointe aiguë ou obtusément aiguë, parfois très légèrement contractées à la base, longues de 5 à 20 centimètres sur 15 à 60 millimètres de largeur. Pennes de troisième ordre alternes, habituellement très étalées, tantôt contiguës, tantôt un peu plus séparées, à contour étroitement triangulaire, obtuse^ ment aiguës ou obtuses au sommet, se soudant les unes aux autres à leur base sur une hauteur variable, soit directement, soit par l'intermédiaire d'une étroite bande membraneuse bordant le rachis, longues do 15 à 25 millimètres sur 5 à 12 millimètres de largeur, plus ou moins profondément pinnatifides , divisées en 5 à 13 segments ovales légèrement obliques sur le rachis, obtv^ ou obtusém^ent aigus au sommet, à bords entiers ou légèrement sinueux, parfois un peu repliés en dessous, séparés par d'éti^oits sinus aigus plus ou moins profonds ; les pennes secondaires supérieures, par suite do la réduction et de la soudure graduelle de ces segments, puis de leur disparition, sont ellesmêmes simplement pinnatifides et semblables aux pennes tertiaires de la région moyenne.

Nervation habituellement assez nette : nervure médiane des pennes de dernier ordre très accentuée, di'oite, atteignant presque jusqu'à leur sommet ; nervures secondaires obliques, parfois un peu décurrcntes à leur base, constituant dans chaque lobe une nervure médiane plus ou moins sinueuse, émettant à droite et à gauche plusieurs nervules légèrement arquéos, les supérieures simples, les inférieures une ou deux fois bifurquées sous des angles aigus.

Tige arborescente haute de quelques mètres sur 15 à 20 centimètres de diamètre, à écorce marquée de fortes ponctuations très serrées correspondant sans doute à

Tinsertion d'écaillés, et portant des cicatrices foliaires elliptiques, hautes de 6 à 8 centimètres environ sur 35 à 40 millimètres de largeur, disposées en quinconce, et espacées de 25 à 60 millimètres de bord en bord sur une même file verticale, les files verticales étant ellesmêmes distantes de 5 à 7 centimètres. Cicatrice vasculaire principale elliptique, haute de 4 à 6 centimètres sur 15 à 20 millimètres de largeur, concentrique à la cicatrice pétiolaire et accompagnée à son intérieur, vers le tiers ou le quart supérieur de son grand axe, d'une seconde cicatrice en forme de v renversé très ouvert, longue de 8 à 12 millimètres. Ecorce marquée en outre, du moins sur sa face interne, de petites cicatrices linéaires allongées verticalement, correspondant aux radicules adventives.

Remarques paléontologiques. — Cette belle espèce a été recueillie à Commentry, où elle est assez commune, en échantillons fort nombreux, dont quelquesuns de très grande taille, qui permettent de se rendre bien compte du port et du mode de constitution de ses frondes, ainsi que dos variations dont elle était susceptible. Sur certaines empreintes, le limbe parait avoir été assez délicat : il semble presque translucide, se détachant en brun assez clair sur la roche, et les nervures très visibles tranchant sur lui par leur couleur noire ou du moins très foncée ; les lobes des pennes sont tout à fait plans et laissent voir très nettement les sinuosités de leurs contours ; tel est le cas, notamment, de l'échantillon représenté Fig. 1, Pl. VII, sur lequel on voit une penne primaire encore attachée au rachis principal, et à pennes secondaires non contiguës ; les figures grossies montrent la forme exacte et la nervation des lobes^ qui, peu nombreux et étroitement soudés sur les pennes secondaires supérieures (Fio. 1 A), deviennent beaucoup plus nombreux et plus saillante

sur les pennes moyennes ou inférieures (Pig. 1 B) ; quelques-uns de ces lobes ont le bord tout à fait entier, tandis que les autres sont visiblement ondulés et présentent presque des dentelures obtuses ou obtusément aiguës. Sur d'autres empreintes, au contraire, le limbe est représenté par une lame charbonneuse assez épaisse, sur laquelle la nervation est quelquefois assez difficile à distinguer ; les lobes, à surface un peu bombée, ont leurs bords légèrement repliés en dessous et n'offrent plus la moindre dentelure ni sinuosité ; mais on trouve entre ces deux extrêmes une série ininterrompue d'intermédiaires. Ainsi sur Téchantillon de laFiG. 1, Pl. V, le limbe est déjà moins délicat que sur celui de la Fio. 1, Pl. VII, et les lobes ont le bord presque entier (Fig. 1 A, 1 B, Pl. V); on remarque en outre que les pennes secondaires sont à peu près contiguës ou empiètent même un peu les unes sur les autres à leur base ; sur l'empreinte Fig. 2, Pl. V, le limbe est un peu plus charbonneux, mais encore bien étalé à plat. L'échantillon de la Fig. 3, Pl. VII, offre déjà, ainsi que celui de la Fig. 1, Pl. VI, une tendance des lobes à devenir bombés, tendance plus accusée encore sur le petit fragment Fig. 2, Pl. VII ; enfin, sur la portion de fronde de la Fig. 2, Pl. VI, les lobes, nettement bombés, ont leurs bords visiblement repliés en dessous, et prennent par suite une forme légèrement différente^ obtusément aiguë au sommet (Fig. 2 A), tout en laissant cependant voir encore un peu les sinuosités de leurs contours* Sur tous ces échantillons, d'ailleurs, les caractères généraux de forme et de nervation restent parfaitement constants, malgré les légères modifications de détail que je viens d'indiquer et qui semblent liées au degré plus ou moins considérable dé< paisseur du limbe.

; Cette variation dans l'épaisseurj^du limbe peut tenir

à ce que les fragments de fronde ont subi une macération plus ou moins prolongée ; mais peut-être n*est-co pas seulement au mode de conservation quMl faut Tattribuer, et existait«-elle déjà à l'état vivant : on observe en efTet sur beaucoup de Fougères vivantes, suivant la station où elles ont vécu, des variations tout à fait semblables. Ainsi le Pteris aquilina ou fougère à l'aigle, Tune des espèces les plus communes de nos pays, se montre sous des aspects très différents, suivant qu'il pousse au soleil en terrain sec, ou à l'ombre sur un sol humide : dans le premier cas, le limbe est très épais, la nervation presque indiscernable, les pinnules ont leurs bords fortements repliés en dessous, et les pennes très rapprochées les unes des autres donnent à Tensemble de la fronde un aspect très dense ; dans le second cas, au contraire, le limbe est excessivement mince, la nervation parfaitement visible, les pinnules tout à fait planes, et la fronde affecte, par suite de l'espacement des pennes, une apparence beaucoup plus lâche. J'ai recueilli ainsi, dans des bois humides, des spécimens de cette fougère si différents du type habituel qu'à peine étaient-ils reconnaissables. Il se pourrait fort bien qu'il fallût attribuer à des différences analogues d'habitat les différences d'aspect qu'on observe, chez le Pec. Sterzeli^ par exemple entre l'échantillon Fig. 2, Pl. VI, à pennes rapprochées et à limbe très épais, et celui de la Fm. 1, Pl. VII, à pennes plus espacées et à limbe beaucoup plus délicat.

Quant aux différences de taille qu'on remarque entre les divers fragments de pennes primaires représentés sur les Pl. V, VI et VII, elles tiennent évidemment, soit à ce que ces pennes primaires occupaient sur la fronde des positions différentes, les plus courtes étant plus rapprochées du sommet, soit à ce qu elles provenaient de frondes inégalement développées. On cons-

tate d'ailleurs des variations semblables dans les dimensions des pennes représentées, à échelle réduite, su rla Fio. 1 de la Pl. VIII : cette figure reproduit, au dixième de la grandeur naturelle, une grande plaque recueillie à Commentry et donnée au Muséum d'histoire naturelle, sur laquelle on voit des portions très étendues de trois ou quatre frondes de Pec. Sterzelij avec des pennes primaires à peu près complètes encore attachées auxrachis principaux. Cesrachis sont plus ou moins infléchis en zigzag, et d'un fragment à Vautre on constate dans l'aspect général des pennes primaires, à pennes secondaires plus ou moins rapprochées, à linibe plus ou moins épais et plus ou moins replié en dessous sur ses bords, des difTérences semblables à celles que j*ai signalées tout à l'heure entre les divers échantillons des Pl. V à VII. Sur toutes ces pennes primaires, les pennes secondaires inférieures se montrent invariablement réfléchies en arrière, comme sur la FiG. 2 de la Pl. VI et sur les Fig. 1 et 3' de la Pl. VIL Cette disposition indique, pour cette dernière, que le point où le rachis est brisé devait être très voisin de son insertion sur le rachis primaire do la fronde, et permet de mesurer à peu près exactement la longueur totale de cette penne, dont il n'a été possible de représenter sur la figure que la base et la région supérieure, et qui devait avoir une longueur de 0*^,60 sur 0"',35 de largeur, les pennes secondaires atteignant O^'JS de longueur ; sur la même plaque, en dehors des portions représentées sur la Pl. VII, on voit d'autres pennes secondaires de la même espèce encore plus larges que celles de la Fig. 3', qui indiquent, pour l'ensemble de la penne primaire à laquelle elles appartenaient, des dimensions plus considérables encore.

Ces pennes primaires se bifurquaient parfois, comme le montre la Fig. i de la Pl. VI, mais ce n'est là, évi«

demment, qu'un cas tout à fait accidentel, une sorte de monstruosité, comme pour les Fougères de nos pays chez la plupart desquelles on a constaté, à diverses reprises, des bifurcations anormales du rachis principal ou des rachis secondaires.

Un autre accident, qui modifie parfois un peu l'aspect des pennes de dernier ordre du Pec. Slerzeliy et qui pourrait faire croire au premier abord à des fructifications, c'est la présence, sur les nervures ou sur le limbe lui-même, de petites protubérances ponctiformes, mesurant de 1/8 à 1/5 de millimètre de diamètre (Pl. V, FiG. 1, 1 B), semblables à celles qui ont été signalées plus haut sur les pinnules du Sphenopteris Decorpsi et qui doivent être imputées à un champignon parasite, peut-être, probablement même, identique à celui de cette dernière espèce, et rappelant l'ËJccipulitea Neesi Gœppert.

Enfin, pour compléter les observations faites sur le Pec, Sterzeliy je dois revenir sur l'indication que j'ai donnée plus haut relativement aux troncs arborescents sur lesquels ses frondes étaient portées : cette indication repose sur l'intéressante découverte faite dans la tranchée de TËspérance, dans le banc des Roseaux, d'un grand tronc de fougère couronné à son sommet par des frondes de cette espèce. La Fio. 2, Pl. VIII, reproduit, aux 15/100 de la grandeur naturelle, partie d'après un dessin fait sur place par les ingénieurs de la mine au moment de la découverte, partie d'après les échantillons conservés, l'aspect de ce tronc et des frondes qui l'entouraient. Ces frondes, suivant les renseignements qu'a bien voulu me donner M. Fayol, étaient assez nombreuses au voisinage du sommet du tronc, rayonnant autour de lui dans tous les sens et dans divers plans, dans des situations telles, en un mot, qu'il n'était pas possible de mettre en doute leur dépendance

mutuelle. Le rachis de Tune de ces frondes, représenté en d d! d" sur la Fig. 2, infléchi et rompu en d', semble, au premier abord, venir s'attacher sur le tronc lui-même ; mais j'ai constaté, en examinant cette portion de Téchantillon, conservée à Commentry, que ce rachis ne présente, au point où il est interrompu, aucun élargissement dénotant le voisinage de la base d'insertion, et je suis d'autant plus porté à croire qu'il ne partait pas do la cicatrice placée immédiatement audessous do ce point, que cette cicatrice se trouve à plus d'un mètre au-dessous du sommet et qu'il me parait peu probable que le tronc ait pu conserver ses feuilles sur une pareille hauteur ; je crois donc, pour ce rachis, à une simple superposition accidentelle. Mais il n'en est pas de même pour les rachis, brisés d'ailleurs assez près de leur base, qu'on voit au sommet du tronc, et dont deux au moins, au voisinage du point b, viennent manifestement s'insérer sur les cicatrices pétiolaires, ainsi qu'on le voit sur la Fig. 2 b, de grandeur naturelle, dessinée d'après nature sur cette portion de l'échantillon, qui a été donnée par M. Fayol à l'Ecole nationale des Mines : ces deux rachis s'élargissent considérablement en approchant de leur point d'insertion, et l'un d'eux, celui de droite, vient coiffer la cicatrice, qui n'apparaît audessous que grâce à la cassure de la roche ; l'autre est brisé un peu au-dessus de la cicatrice, mais on voit, sur l'écorce fortement ponctuée du tronc, les fortes stries qu'il y a laissées on s'imprimant contre elle, et la direction de ses contours latéraux, qui viennent embrasser les bords de la cicatrice pétiolaire, ne laisse pas de doute sur son insertion réelle. Un peu plus haut, en e, on voit trois autres rachis, dont l'insertion, bien que moins évidente, ne semble cependant pas douteuse.

Tous ces rachis sont nettement striés en long et marqués en outre gà et là de ponctuations assez fortes.

bien visibles surtout à quelque distance de leur base : ils sont ainsi parfaitement identiques d'aspect à ceux des frondes dont les débris gisent autour du sommet 1 du tronc, et à ceux des frondes plus complètes de la plaque représentée sur la Fig. 1 de la Pl. VIII. Sur ces deux plaques, celle de la Fig. 1 comme celle de la Fig. 2, les pennes primaires des frondes présentent toujours le même aspect caractéristique, avec leurs pennes secondaires inférieures nettement réfléchies vers le bas ; les Fig. 2 a et 2 A représentent, Tune de grandeur naturelle et Tautre grossie, des portions d*une penne secondaire de la penne primaire a, identiques de tout point à celles qu'on voit sur les Pl. VI et VII.

Au point de vue du mode de division des frondes, je dois ajouter que j*ai des doutes sérieux sur Texactitude de la ramification en trois branches attribuée par le dessin, au point (ï\ au rachis d d d'\ et absolument différente de ce que jai vu sur tous les autres échantillons. Cette partie de la plaque n*ayant pas été conservée, je n*ai pu l'examiner, mais je suis porté à croire que, sur ce point comme sur d'autres, des croisements accidentels de rachis différents, incomplètement conservés, ont été pris à tort par le dessinateur pour des ramifications d'un rachis unique.

Quant au tronc lui-même, il ressemble beaucoup au Gaulopteris peltigera Brongniart (sp.); il s'en distingue toutefois par se6 cicatrices moins serrées et plus étroites proportionnellement à leur hauteur ; les ponctuations dont son écorce est marquée sont aussi un peu plus fortes et plus grossières que chez celui-ci. Ces ponctuations sont extrêmement nettes à la partie inférieure du tronc, en c, où l'on voit l'empreinte laissée par l'écorce ; Tune des cicatrices de cette empreinte est représentée en vraie grandeur Fig. 2 c. Un peu plus haut, en fy l'empreinte en creux est masquée par une

lame charbonneuse fortement striée en long, représentant sans doute les racines, qui, chez la plupart des troncs de Fougères du terrain houiller, sinon chez tous, descendaient sous Técorce, entre elle et le cylindre ligneux central. Puis, de fen b, la surface du tronc, qui se présente en relief, est à peu près lisse, mais marquée de petites cicatrices linéaires allongées verticalement, qui doivent correspondre à Finsertion ou au passage de ces racines : d'après l'examen des parties supérieures où, comme on le voit en e et sur une partie de la Fig. 2 h, reparaissent des ponctuations semblables à celles de la FiG. 2 c, il me paraît probable que, de f en 6, la surface externe de l'écorce a été enlevée, à l'exception toutefois des cicatrices pétiolaires, et qu'on n'a affaire qu'au moule de sa surface interne.

C'est, je crois, la première fois qu'on observe ainsi un tronc de fougère fossile encore muni des pétioles de ses frondes et en relation avec celles-ci, et qu'on peut le rattacher à l'espèce qu'il portait. Peut-être, en apportant à l'observation des échantillons en place la même attention qu'à Commentry, pourrait-on avoir ailleurs, et pour d'autres espèces, pareille bonne fortune.

Rapports et différences. — Au point de vue du mode de découpure de ses pennes, le Pec. Sterzeli ressemble à s'y méprendre au Pec. Pluckenetiy et lorsqu'on a affaire à de petits échantillons il peut être tout à fait impossible de les distinguer l'un de l'autre. Mais les frondes de ces deux espèces, prises dans leur ensemble, avaient certainement un port tout à fait différent. M.

Sterzel a montré en effet (1) que le Pec. Pluckeneti, ou

(1) Ueber Dicksoniites Pluckeneti Schloth. sp. (Botanisches Centralblatt 1883, n»» 8/9, p. 282-287 et 313-319, pi. VI). — Neuer Beitrag zur Kenntniss von Dicksoniites Pluckeneti Brongniartsp. {Zeitschr. d. deutsck. geol Gesellsch., XXXVIII, p. 773-806, pi. XXI).

du moins respëce à laquelle Brongniari a attribué ce nom, avait des rachis divisés par une série de bifurcations successives, portant ainsi des pennes bipinnées ou tripinnatifides opposées deux à deux, plus ou moins divergentes, comprenant entre elles, dans Tangle qu'elles forment à leur base, tantôt un simple bourg^eon, tantôt un prolongement du rachis commun. Cette disposition rappelle celles des frondes des Diplotmémées, chez lesquelles, toutefois, les ramifications du rachis primaire sont dyssymétriques, et surtout celles des frondes de la plupart des Gleichéniées vivantes. Elle a été observée par M. Sterzel sur plusieurs échantillons de Zwickau et de Lugau en Saxe, et je l'ai constatée moi-même sur des échantillons provenant également de Zwickau, qui se trouvent dans les collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris ; elle avait d'ailleurs été signalée dès 1855 par M. Geinitz dans sa Flore houillère de la Saxe (1). Enfin elle se reconnaît très bien sur un échantillon de Carmaux qui se trouve à l'Ecole des Mines et dont j'ai figuré un fragment dans V Explication de la Carte géologique de /a France (2): il montre, en effet, deux pennes bipinnées ou plutôt tripinnatifides dont les rachis convergent l'un vers l'autre par leurs portions inférieures ; le point de réunion n'est pas visible, mais la réduction des pennes secondaires qui naissent dans l'angle compris entre ces deux rachis atteste qu'ils partent d'une origine commune. De cette réduction des pennes secondaires situées du côté intérieur de la bifurcation résulte une dyssymétrie de ces pennes primaires ou du moins de ces pennes tripinnatifides, qui n'existe nullement chez les pennes primaires tripinnatifides du Pec. Sterzeli; quant aux pennes de dernier

(1) Verst. d, Steink, in Sachs., p. 30, pi. XXXIIl, fig. 5.

(2) ExpL Carte géol Fr., IV, Atlas, pi. CLXVIII, fig. 1.

ordre, elles sont habituellement beaucoup plus grandes et plus divisées chez ce dernier, où elles présentent fréquemment 9 à 11 lobes et quelquefois même 13, que chez le Pec. Pluckeneti où elles n'en ont généralement que 3 à 7 et très rarement 9.

Cette division des pennes de dernier ordre en un grand nombre de lobes se présente, en revanche, chez une autre espèce observée à Wettin, nommée par Andrée Sphenopteris crispa, mais non décrite, et depuis figurée par M. Sterzel sous le nom de Dichsoniites Pluckeneti (1), puis reconnue par lui comme distincte et nommée définitivement Dicksoniites crispus Àndrœ (sp.) (2). L'analogie des petits fragments de cette espèce figurés par lui avec Tespèce de Commentry m'ayant fait penser qu'elles étaient peut-être identiques, j'ai communiqué à M. Sterzel les Pl. V à VII, qu'il a bien voulu examiner à ce point de vue ; il a , eu l'obligeance, d'autre part, de m'envoyer en communication une très bonne photographie de l'échantillon du musée de Halle étiqueté par Ândrœ comme Sph. crispa. De ce double examen est résultée pour moi la conviction que, malgré la grande ressemblance qu'elles ont en petits fragments, ces deux espèces ne sont pas identiques, mais diffèrent Tune de l'autre par un certain nombre de caractères : le rachis du Dicksoniites crispus est en effet marqué seulement de stries longir tudinales et non pas de ponctuations comme ceux de l'espèce de Commentry ; ses pennes secondaires sont plus fortement dressées ; enfin les pennes de dernier ordre paraissent plus séparées^ moins soudées à leur base, et surtout leurs lobes, d'après les figures données

(1) Ueber Dicksoniites Pluckeneti, p. 9, pl. VI, fîg. 7, 8, 8 a.

(2) Neuer Beitrag zur Kenntniss von Dicksoniites Pluckentti, p. 775.

par M. Sterzel (1), séparés par des sinus descendant presque jusqu'au rachis, empiètent nettement les uns sur les autres, ce qui n*a jamais lieu chez la Fougère que je viens de décrire.

L'espèce paraissant par conséquent nouvelle, j*ai été heureux de lui donner le nom de M. Sterzel, à qui la science paléontologique doit tant d'intéressantes observations et qui m'a si obligeamment prêté son concours dans les recherches que j'ai eu à faire pour cette détermination.

Parmi les très nombreux échantillons de Pec. Sterzeli recueillis à Commentry, aucun, malheureusement, ne s'est présenté à l'état fertile. Il eût été intéressant de pouvoir vérifier si cette espèce a le même mode de fructification que le Dicksoniites crispuSj auquel elle ressemble tant, à savoir des sores ou groupes de sporanges placés sur le bord postérieur des lobes, près de leur base, à raison de un sur chaque lobe, et probablement protégés d'un côté par un reploiement du bord du limbe et de l'autre par une membrane protectrice spéciale : les sporanges eux-mêmes n'ayant pas été observés, on ignore à quelle famille appartient le Dicks. cinspus. Quant au Pec. Sterzeli ^ la ressemblance absolue de son tronc avec les autres Caulopteris du terrain houiller, reconnus, d'après les études anatomiques faites sur des échantillons silicifiés, pour appar* tenir à la famille des Marattiacées, donne lieu de croire qu'il doit également venir se classer dans cette famille.

Synonymie. — Je suis convaincu que Ton a souvent, sinon décrit et figuré, du moins cité le Pec, Sterzeli sous le nom de Pec. PliLcheneti, faute d'avoir pu, sur des échantillons incomplets, le distinguer de ce dernier. Je me demande même s'il ne faudrait pas lui

(1) Ueber Dicksoniites Pluckenetiy pi. VI, fig. 8, 8 a.

rapporter Tune des figures publiées sous ce dernier nom par Germar (1), laquelle montre deux pennes bipinnécsou plutôt tripinnatiOdes placées parallèlement l'une à côté de l'autre, comme si elles avaient été insérées sur un rachis commun, et dont Tune porte à sa base des pennes secondaires subopposées nettement réfléchies en arrière, comme celles de Tespèco de Commentry; ce caractère, joint à la symétrie parfaite de ces deux pennes, m'inspire les doutes les plus sérieux sur la légitimité de leur attribution au Pec. Pluckeneti ; d'autre part, leurs dimensions relativement faibles, le peu de longueur de leurs pennes de dernier ordre, qui ne présentent que 3 à 5 et au plus 7 lobes, ne me permettent pas de les rapporter formellement au Pec. Sterzeli, bien qu*il soit fort possible qu'elles lui appartiennent réellement, et qu'elles proviennent en ce cas de la région la plus élevée de la fronde, ce qui expliquerait la réduction de taille de toutes leurs parties.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans le banc dos Roseaux. Tranchée des Chavais, dans le banc des Roseaux. Puits Forêt, 8*°^ étage, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche. Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"*" couche et à 1 mètre au toit de la 4"*" couche.

J'ai également observé le Pec, Sterzeli parmi des échantillons recueillis à Blanzy par M. Mathet, dans la carrière Saint-François, et envoyés par lui à l'Ecole nationale des Mines ; je l'ai vu aussi à la Grand'Combe, dans l'étage de Champclauson.

(1) Verst. d. Steink. v. Wettinu. Lôôejun, pi. XVI, fig. 8.

SPIROPTERIS. ScHiMPER.

(Pl. IX, FiG. 1).

1869. Spiropteris. Schimper, Trait, de pal. vég.f I, p. 688.

Frondes de Fougères en vernation, c'est-à-dire non encore développées, et enroulées en crosse en totalité ou en partie.

Schimper a compris sous ce nom, sans vouloir en former un genre véritable, toutes les frondes ou portions de frondes de Fougères encore enroulées en crosse spiralée, et par conséquent non déterminables spécifiquement ni même génériquement, puisqu'elles ne laissent voir aucun des caractères de forme ni do nervation de leurs pinnules. Tantôt la fronde entière est encore sous cette forme do crosse, tantôt Taxe primaire ou même les axes secondaires sont déjà déroulés, et ce ne sont plus que les pennes primaires ou secondaires qui afTectent la forme spiraléo.

De telles empreintes se rencontrent assez fréquemment, et comme elles sont de nature à tromper les observateurs non prévenus, il ne m*a pas paru inutile d'en faire figurer une comme exemple.

L'échantillon représenté sur la FiG. 1 de la Pl. IX parait devoir être considéré comme une penne primaire dont les pennes secondaires sont encore enroulées en spirale, mais toutes prêtes à se développer et à s'étaler ; il semble probable, d'après ce qu'on peut deviner de la forme et de la dimension des pinnules, que cette penne appartient à quelque Pecopteris ; c'est pourquoi j'en ai placé la description à la suite des espèces de ce dernier genre.

Cet échantillon a été recueilli dans la tranchée de rOuest, dans les bancs intercalés dans la 2™^ couche ; mais on en a trouvé d'autres tout à fait analogues sur plusieurs autres points, notamment à la tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux.

Genre CALLIPTERIDIUM. Weiss.

1828. Peoopteris. Brongniart, Prodr,, p. 54 (pars); IIi6t. végét. fous., I, p. 267 ^pars),

1869. Neuropteridium. Weiss {non Schimpcr), Foss. FL d,

jûngst. SteinkoliL, p. 28.

1870. Gallipteridium. Weiss, Zeitsclir. d. deutsch* geoL

Gese«sc/i.,XXn,p.858.

Frondes habituellement tripinnéos. Rachis primaire garni, entre les pennes primaires bipinnées, de petites pennes simplement pinnées ; rachis secondnir'c garni, entre les pennes secondaires simplement pinnées, de pinnules attachées directement sur lui. Pinnulos attachées par toute leur base, souvent un peu soudées les unes aux autres, à bords parallèles ou légèrement convergents, entières, arrondies ou obtusément aiguës au sommet. Nervure médiane nette, mais se subdivisant en nei^vules avant d'atteindre le sommet des pinnules; nervures secondaires partant do la nervure médiane sous des angles plus ou moins ouverts, une ou plusieurs fois bifurquées sous des angles aigus ; nein)ures inférieures naissant directement du rachis.

Les espèces comprises dans le genre Callipteridium,

cVabord décrites sous le nom générique de Pecopteris,

ont été quelquefois aussi classées parmi les Aletho-

pterisy à cause de la substitution, vers le sommet des

pennes primaires, de grandes pinnules simples aux

pennes secondaires, par suite de la soudure graduelle

des pinnules de celles-ci. Les Callipteridium ont,

d'autre part, par leur nervation, par la présence le long

de leur rachis do petites pennes simplement pinnées entre

les pennes primaires, quelques affinités avec les Odon-

topterisy auxquels M. Weiss a même propose de les

rattaclier comme sous-genre. îSi je les range ici parmi

les Pécoptériclées plutôt que parmi les Aléthoptéridées ou les Oclonloptcridées, c/est que le» pinnule» ou les portions de pennes, prises isolément, rentrent beaucoup plus naturellement dans le groupe des Pécoptérîdées que dans aucun des deux autres : ils ont en oiTet des pinnules à nervure médiane très nette et bien marquée, non décurrentes ou à peine décurrentes à leur base ot dilTèrent par le premier de ces caractères des Odontoptéridées, et par le second des Aléthoptéridées.

Aucune espèce de ce genre n*a été jusqu'à pré«*ent rencontrée à Tétat fructifié, de sorte que ses affinités réelles demeurent tout à fait problématiques.

CALUPTERIDIUM PTEHIDIUM. ScHLOTHBlM (sp.).

(I^L. XIX, FiG. 1 à 3.)

180 i. Schlotheim, Flora der Vonvelt, pi. XIV, flg. 27.

1820. Filicltefi ptaiidina. Schlotheim, Petrefaclenktmde, p. 406.

1828. Pacoptaris pteroidea. Brongniart» Prodr* p. d7 ; (an

Hiêt. végél, foss., I, p. 329, pi. 99, fig. 1?). 18:^3 ou 183i. Pecopteris ovata. Brongniart, Hist, végét. foss., I, pi. 107, iig. 4; p. 328. Sternberg, Ess. FL monde priin,, II, fasc. 7-8, p. 150.

1836. Alethopteris ovata. Gœppert, Syst. fil. foss., p. 315.

1845. Nauropteris ovata. Gcrmar, Verst. d. Steink. r. Wellin u. Lobejûn, p. 33, pi. Xlï.

1877. Galliptarlditim ovatain. Grand'Eury, Flore carb, du dép. de la Loire, p. 109. Zciller, Expl. Carte géoi. Fr,, iV, p. G6, pi. CLXVI, Vig, 3, 4. Renault, Coiin bot. foss,f Illyp. 155, pi. 15, fig. 4; pi. 18, ûg. 3, 4.

1839. Nauroptaria mirabilia. Rost, De filic. ectyp., p. 23.

1869. Natiropteridium mirabila. Weiss, Foss. FL d.jûngst.

Steinkohl., p. 29.

4870. Gallipterldium mirabUe. Weiss, Zeitschr, d. deutsch. geol. Gesellsch,, XXII, p. 877; Ausd, Steink., p. 14, pi. 13, flg. 85, 86;

Description de Veapèce, — Frondes de grande taille, tripinnées, atteignant une largeur de 1 mètre et plus, et sans doute quelques mètres de longueur. Rachiê de divors ordres marqués de strieê longitudinales régu^^ Hères et assez fines ; rachis primaire large de 1 à 3 centimètreB, habituellement infléchi en zigzag à la naissance de chacune des pennes primaires bipinnéeS| et garni entre celles-ci de pennes secondaires sim-« plement pinnées, longues do 4 à 10 centimètres ; rachis secondaires larges de 3 à 10 millimètres, droits ou légèrement arqués.

Pennes primaires alternes, très étalées^ espacées dun même côté de 8 à 20 centimètres, se touchant par leurs bords ou empiétant faiblement les unes sur les autrosi à contour étroitement ovale^lancéolé^ rétrécies vers le sommet en pointe aiguë, et assez fortement contractées à la base^ au moins du côté supérieur^ longues de 20 à 60 centimètres sur 8 à 25 centimètres de largeur. Pennes secondaires alternes, étalées ou élalées-^dressées, se touchant par leurs bords ou très faiblement espacées, à co7itour linéaire-lancéolé, effilées vers le sommet en pointe obtusénient aiguë^ longues de 6 à 15 centimètres et larges de 8 à 30 millimètres. Pinnules alternes, très étalées, souvent un peu arquées en faux en avant, exactement contiguës, attachées au rachis par toute leur base et souvent soudées les unes aux autres sur une très faible hauteur, à bords parallèles ou très légèrement convergents, arrondies ou obtusément aiguës au sommet, à surface un peu bombée, longues de 4 à 15 millimètres sur 3 à 6 millimètres de largeur ; pinnule tei*minale ovale-linéaire, un peu plus longue que celles qui la précèdent. Ra* chis secondaire portant^ entre deux pennes secon^ daires consécutives, de une à trois pinnules, attachées

directemeyit sur /ui, souvent élargies à la base et affectant alors un contour triangulaire.

Nervation généralement nette : nervure médiane bien marquée, non décuin^ente à la base, légèrement arquée en avant; nervures secondaires nomby^euses^ assez fines et serrées^ naissant sous des angles de 35* à 60*, arquées, une ou plus généralement deux fois bifurquées sous des angles aigus ; nervules inférieures naissant directement du rachis.

Remarques paléontologiques. — Cette espèce est connue depuis longtemps par des fragments de dimensions plus ou moins considérables, sur lesquels on a pu observer tous les détails de la constitution des frondes ; mais je ne pense pas qu*on en ait jamais recueilli d'empreinte aussi complète que celle qui est figurée, réduite à 1/5 de la grandeur naturelle, sur la FiG. 1 de la Pl. XIX, et dont la Fio. 1 a représente une portion avec ses véritables dimensions. On voit le rachis primaire garni sur toute sa longueur, c'est-àdire sur O^jOO de long, entre les pennes primaires bîpinnées, de pennes simplement pinnées, et bifurqué à son sommet, la fronde se terminant ainsi par une penne bipinnée semblable aux autres pennes primaires. On pourrait, d'après cette disposition, d'après la présence des pennes simplement pinnées attachées directement sur le rachis, regarder la fronde comme constituée par un rachis muni à droite et à gauche de pennes simplement pinnées et divisé par une série de dichotomies en branches régulièrement dyssymétriques. Tune des branches, alternativement celle de droite, puis celle de gauche, demeurant prédominante de manière à constituer le rachis primaire do la fronde, l'autre se terminant sans bifurcation nouvelle et formant une penne primaire bipinnée. Cette constitution des frondes, sauf

la dyssymétric des deux branches de chaque bifurcation, est celle de la plupart des Gleichéniées vivantes, dont un grand nombre ont aussi le rachis garni, d'une bifurcation à Tautre. de pinnules ou de pennes simplement pinnées, et avec lesquelles le CalL pteridium a ainsi, par son port, une analogie marquée. 11 est malheureusement impossible, dans l'ignorance où Ton est des organes de fructification, de juger s*il y a, entre les Callipteridium et les Gleichéniées, dos affinités plus sérieuses qu'une simple ressemblance dans le mode de végétation.

La Fia. 2 de la Pl. XIX représente un autre sommet de fronde, semblable à celui de la Fig. 1, mais avec une penne primaire à peu près complète, montrant son sommet simplement pinné, la soudure graduelle des pinnules ayant pour effet de substituer peu à peu, aux pennes secondaires normales, des pinnules simples, à bords d'abord ondulés, puis tout à fait entières, soudées elles-mêmes à leur base aux pinnules portées directement par le rachis.

On voit sur ces différentes figures que les pennes simplement pinnées vont en se raccourcissant peu à peu vers la base de chacune des pennes primaires, aussi bien sur le rachis principal que sur ces pennes elles-mêmes, et surtout sur leur bord supérieur, c'està-dire dans l'angle interne de la bifurcation du rachis si Ton admet que ces frondes soient réellement constituées par une série de dichotomies successives, comme je l'ai indiqué tout à Theure en les comparant à celles des Gleichéniées. A la base de chacune des pennes secondaires, la pinnule inférieure est insérée dans l'angle des deux rachis, c'est-à-dire moitié sur le rachis de troisième ordre, et moitié sur le rachis secondaire, ce dernier portant ensuite une ou deux pinnules

à contour plus ou moins triangulaire ; cette disposition est surtout bien visible sur divers points de la Vie. 2 et sur la Fia. 3.

Rapjyorts et différences. — Le Calt. pteridiu^n ressemble beaucoup, sauf les moindres dimensions de toutes ses parties, au Call. gigns ; mais outre que ses pinnules sont plus petites, elles sont aussi un peu plus séparées, ne se touchant les unes les autres que vers leur base, au lieu d'être contiguës presque jusqu'à leur sommet ; elles ont en outre les nerv\ires secondaires moins divisées.

Synonymie. — Les figures parfaitement nettes données par Sohlotheim et auxquelles il a attribué le nom de Filicites ptei^idixu^^ transformé ensuite par Brongniarten Pecopteris pteroides, représentent incontestablement l'espèce que je viens de décrire, et ont été, du reste, citées en synonymie par presque tous los auteurs, qui ont néanmoins conservé, les uns le nom spécifique iVovatum, les autres celui de mirabile, bien qu'ils soient tous deux de beaucoup postérieurs à celui de 8chlotheim. Aucun doute n'étant permis sur l'identification, il faut nécessairement revenir à ce dernier nom, puisqu'il a la priorité.

Quant à la figure publiée par Brongniart sous le nom de Pec. pteroides à la pi. 99 de V Histoire des v>égétaux fossiles, il me parait fort douteux qu'elle appartienne au Cftll. pteriditim^ bien que certains caractères, notamment la présence de pinnules fixées directement sur le rachis, soient ceux de cette espèce, ainsi que j'ai pu le constater sur Téchantillon original qui se trouve au Muséum ; mais les pinnules ne semblent pas du tout soudées les unes aux autres à leur base, et, d'après la figure grossie donnée par Brongniart, oUes seraient même légèrement contractées en avant

comme en arrière, ce que je n'ai jamais vu chez le C&IL pteridium.

Provenance. — Gommentry, tranchée de l'Espérance dans le banc des Roseaux. Puits Sainte-Aline, 8* étage, dans le banc des Roseaux. Tranchée de l'Ouest, à 1 mètre au toit de la 4* couche.

Houillère de Montvicq.

CALLIPTERIDIUM GïGAS. Schlotheîm («p.).

(PL. XX, FiG. 1 à 3.)

1849. Pecepteris gigas. Gutbier, Verst.d, Rothl. in Sachs., p. U, pi. VI, fig. i-8, (an pi. IX, fig. B ?).

1858. Alathopieris gigav. Geinitz, Lêilpfl. d. RotfiL u. d. Zechsi. in Sachs, t p- 12, pi. 1, fig. 2, 3.

1870. CallipUrldiujn giyas. Weiss, Zeitschr. d, deuUch. geol. Gesellsch.y XXII, p. 879. Sterzel, FI. d. Rothl. im nordw. Sachs. y p. 49, pi. VII, fig. 4.

Description de Vespèce. — Frondes de grande taille, vraisemblablement tripinnées et constituées comme celles de l'espèce précédente. Rachis primaire..,; rachis secondaires larges de 4 à 15 millimètres, ma7*qués de très fines stries longitudinsiles . Pennes primaires ^ contour ovale^lancéolé , effilées en pointe vers le sommet, contractées à leur base, atteignant 0*^,80 à 1 mètre de longueur et 0"",40 de largeur. Pennes secondaires alternes, étalées ou étalées-dressées, se touchant par leurs bords ou faiblement espacées, à contour linéaire'-lancéoléj effilées en pointe obtusément aiguë, longues de 10 à 25 centimètres et larges de 25 à 45 millimètres. Pinnules alternes ou subopposées, étalées y souvent un peu arquées en faux en avant. exactement contiguës et se touchant d'ordinaire par leurs bords jusqu'à une très petite distance de leur

sommety soudées à leur base sur une très faible hauteur, à bords parallèles, nrrondies ou obtusémenl aiguës au sommet, légèrement bombées sur les bords, trois à quatre fois plus hautes que larges y longues de 10 à 25 millimètres sur 4 à 8 millimètres de largeur ; pinnule terminale ovale-linéaire, très étroite, un peu plus longue que celles qui la précèdent. Rachis secondaire portant^ entre deux pennes secondaires consécutives, devLX ou trois pinnules attachées directement sur lui.

Nervation généralement nette : nervure médiane bien marquée en creux, non décurrente à la base, arquée en avant vers le haut; nervures secondairof^ nombreuses, fines et très serrées^ naissant sous des angles de 30* à 50®, arquées, se divisant plusieurs fois par dichotomie sous des angles aigus ; nervules inférieures naissant directement du rachis.

Remarques paléontologiques. — On ne connaît de cette espèce que des fragments de pennes secondaires ou primaires, et l'on n'a jamais trouvé, jusqu'à présent, ces dernières attachées sur le rachis principal, pas plus qu'on n'a pu les suivre jusqu'à leur sommet. On ne peut donc juger de la constitution des frondes que par analogie avec l'espèce précédente ; il est vraisemblable que, comme chez le CalL ptendiutn, le rachis primaire était garni, entre les pennes primaires normales, de petites pennes simplement pinnées, de même que, sur les pennes primaires, des pinnules viennent s'attacher directement sur le rachis entre les pennes secondaires ; ces pinnules sont bien visibles sur la moitié supérieure de la Fig. 1 et sur la Fig. 3, Pl. XX. Sur la portion de gauche de l'échantillon Fig. 1 , dont une partie seulement a pu être représentée, on constate que les pennes secondaires vont en diminuant

de longueur vers le bas, ce qui indique que les pennes primaires aiTectaient un contour ovale -lancéolé.

J^apports et différences. — Ainsi que je l'ai dit plus haut, le CalL gigas dilTëre du Call. pteridium non seulement par sa taille plus grande, mais par le rapprochement de ses pinnules, étroitement contiguës cVordinaire sur presque toute leur longueur, ainsi que par sa nervation plus serrée, les nervures secondaires se bifurquant toujours à plusieurs reprises.

11 ressemble aussi au CsilL plebejum Weiss (1), dont leK pinnules atteignent aussi des dimensions considérables ; mais les pinnules de ce dernier sont bien plus séparées, contiguës seulement à la base et presque indépendantes ; leurs bords sont légèrement ondulés et leurs nervures secondaires sont sensiblement plus étalées.

Synonymie, — 11 me parait fort douteux, comme Ta déjà fait remarquer M. Geinitz, que la figure donnée par Gutbier sous le nom de Pec. gigas à la pi. IX de son ouvrage, appartienne à cette espèce.

P?'oi;enance. — Tranchée de Forêt, à 10 et à 15 mètres au toit de la Grande Couche.

A léthoptéridées .

Frondes régulièrement pennées, à pinnules assez grandes, plus ou moins espacées, attachées par toute leur base, décurrentes vers le bas le long du rachis, et se soudant généralement un peu les unes aux autres. Nervure médiane très nette se suivant jusqu'au sommet des pinnules. Nervures secondaires nombreuses, d'ordinaire assez serrées, simples ou divisées, libres ou anastomosées ; les plus inférieures naissant directement du rachis.

(1) Zeitschr. d. deutsch. geol. Gesellschaft, XXIf, p. 873, pi. 21, fig. 4.

Genre ALETHOPTERIS. Sternberg.

1826. Al«t1iopt«ris« Sternberg, Ess. FL monde prim., I, fasc.

Frondes de grande taille, généralement tripinnées et même quadripinnatîfides ou quadripinnées. Pinnules assez grandes, attachées par toute leur base, souvent un peu contractées en avant, et décxvn^entes vers le bas le long du rachîs, à bord entier, à surface généralement un peu bombée, arrondies ou aiguës au sommet. NervAire viédiane très nette, se prolongeant presque jusqu'au sommet do la pinnule ; nei^ures se-condaires se détachant sous dos angles plus ou moins ouverts, plus ou moins arquées et étalées, tantôt simpies, tantôt une ou plusieurs fois bifurquées, non anas^ tomosées entre elles.

Vers l'extrémité des pennes primaires moyennes et sur les pennes primaires voisines du sommet de la fronde, les pinnules diminuent de taille et se soudent les unes aux autres, de telle sorte que les pennes secondaires deviennent rapidement simples, d'abord lobées ou ondulées sur les bords, puis tout à fait entières, et semblables, sauf leur taille plus grande, aux pinnules normales. Les pennes primaires sont habituellement fouillées dès leur base, les premières pennes secondaires naissant à Torigine même des rachis secondaires.

U parait résulter de toutes les observations faites, aussi bien sur les Alethopteris de Tétage houiller moyen que sur ceux do Tétage houiller supérieur, que les espèces de ce genre avaient de très grandes frondes, susceptibles d'atteindre plusieurs mètres de longueur, mais non portées sur des troncs arborescentSi ^t par-* tant directement du sol ou du moins de tiges ou <}e

rhizomes ne n'élevant presque pas au-dessus du sol.

Comme il arrive pour les CRllipteridium, on est encore dans Fignorance du modo de fructification dos AlethopteriSf aucune empreinte fertile reconnaissable pour leur appartenir n'ayant été jusqu'à présent rencontrée. On trouve, il est vrai, quelquefois des échantillons de ce genre sur lesquels les pinnules ont leurs bords repliés en dessous, comme les pinnules fertiles des Pteris vivants, d*où le nom générique choisi par Btemberg ; maïs on n'a jamais pu découvrir, dans ce repli du bord des pinnules, aucune trace d'organes fructificateurs, et il est fort possible, sinon même probable, qu'on n'ait affaire là qu'à un reploiement accidentel, dû soit à ce que les pinnules n'étaient pas encore complètement développées, soit à des conditions particulières d'habitat, peut-être, par exemple, à ce que la plante vivait sur un sol plus sec.

Cette interprétation parait d'ailleurs confirmée par une observation faite par M. Renault sur dos pinnules Bilicifiées qu'il regarde comme appartenant à un Aiethopterie'ei qui porteraient le long de leur nervure médiane, et non sur leurs bords, des sporanges piriformes, isolés, et dépourvus d'anneau (1). D'après ce dernier caractère, les Alethopteina se rangeraient dans la famille des Marattiacées, à laquelle du reste M. Renault les avait déjà rapportés antérieurement, d'après la structure de leurs pétioles ou de leurs rachis.

ALETHOPTERIS GRANDINI. Brongnurt (sp,).

(PL. XXI. Fm. 1 à 8.)

1832 ou 1833. Pecopteris Grandini. Brongniart, Hist. végét. fosa,. I, p. 286, pi. 91, fig. 1-4. Heer, FI foss. Uelvet,, p. 33, pi. XII, fig. 10 a.

(1) Renault, Cours bot fo$8,, III, p. 160, note 1 ; p. 220,

1836. Alethopteris Qrandini. Gœppert, Syst. fil. foss,, p. 299. Renault, Cours boL foss.^ III, p. 157, pi. 27, fig. 3, A. Zeiller, Flore foss. du bass. houilL de Valenciennes, p. 237^ pi. XXXVIII, fig. 1, 2.

1876. Pecopteris Serlil. Hecr (non Brongniart), F/, foss, HelveL, p. 32, pi. XII, fig. 8 (an hg. 9?).

Desci^iption de V espèce, — Frondes de grande taille, tripinnées sur la plus grande partie de leur étendue, bipinnatifides seulement vers le haut, puis bipinnées, et ensuite tripinnées, probablement quadripinnatifides à leur base, mais connues seulement par des fragments incomplets, les pennes secondaires étant caduques. Rachis primaire large de 1 à 2 centimètres au moins ; rachis secondaires larges de 3 à 5 millimètres, finement striés en long. Pennes primaires étalées, assez brusquement contractées vers le sommet en pointe aiguë. Pennes secondaires alternes, assez étalées, se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour linéaire-lsincéoléj effilées vers le sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 7 à 20 centimètres sur 12 à 40 millimètres de largeur, simplement pinnées à la base et sur la plus grande étendue des pennes primaires moyennes, mais remplacées vers Textrémité de celles-ci, et sans doute aussi sur les pennes primaires supérieures, d*abordpar des pennes simplement pinnatifides, puis par de grandes pinnules simples à bords ondulés et finalement tout à fait entières, longues de 2 à 5 centimètres sur 6 à 8 millimètres de largeur.

Pinnules des pennes secondaires moyennes alternes ou subopposées, étalées-dressées, droites ou un peu arquées, décurrentes à leur base et soudées les unes aux autres sur 1 à 6 millimètres de hauteur, séparées par des sinus obtus ou obtusément aigus, à bo7*ds presque parallèles, parfois très légèrement élargies

vers le milieu, an*ondies au sommety à surface faiblement bombée, longues de 6 à 25 millimètres et larges de 4 à 10 millimètres; pinnule tei^minale courte, ovale ou ovale-linéaire, plus ou moins soudée à celles qui la précèdent.

Nervure médiane nette, droite ou arquée, très /aiblement décun*ente à la base; nei^ures secondaires naissant sous des angles de 45^ à 60^, arquées, divisées par une ou deux bifurcations successives en nervules fineSy assez sellées \ nervules inférieures naissant directement du rachis.

Remarques paléontologiques. — Les Fig. 1 à 8 de la Pl. XXI ne montrent pour la plupart que des pennes secondaires de cette espèce, détachées^ comme il arrive le plus souvent, du rachis qui les portait ; parmi les échantillons recueillis à Commentry, bien qu'ils soient en nombre assez considérable, je n'en ai pas rencontré de plus complets. Celui que Brongniart a représenté à la figure 3, planche 91, de Y Histoire des végétaux fossiles est le seul, à ma connaissance^ sur lequel on voio le rachis primaire de la fronde et l'insertion d'une des pennes primaires.

Sur quelques échantillons, on remarque, à la base des pennes secondaires, que les pinnules inférieures présentent sur leurs bords des ondulations assez marquées, ce qui donne lieu de penser que dans la région tout à fait inférieure de la fronde les pinnules étaient sans doute plus ou moins profondément lobées et que les pennes secondaires devenaient ainsi peu à peu bipinnatifides.

Peut-être la penne à pinnules lobées qu'on voit sur la Ptr. XXI, Fio. 7, représente-t-elle une de ces pennes secondaires de la base de la fronde; cependant son peu de longueur relative me porte à croire qu'on a plutôt aiîaire ici à une penne primaire voisine du sommet

de la fronde, les penne» lobées qu'elle porto représentant des pinnules sMondaires à pinnules très réduh* te» et presque complètement soudées les unes aui autresi Les autres échantillons ne montrent que des pennes secondaires à pinnules entières, maij» plue ou moins développées ; cependant sur les FiOi 3 ot 4 on voit en outre les sommets de deux pennes primaires, garnis de grandes pinnules entières succédant à des pennes secondaires pourvues de petites pinnules large* ment soudées entre elles.

Sur le fragment do penne de la Pig« 6| les pinnules sont plus étroites proportionnellement à leur longueur et plus séparées qu'à Tordinaire; mais Tesamen de Téchantillon fait voir que cette difîérence d'aspect tient surtout à ce que les pinnules ont leurs bords assex fortement enroulés en dessou.Si de telle sorte qu'elles offrent moins de largeur que d'habitude ; la nervation est d'ailleurs absolument la même que sur les pinnules normales, ainsi qu'on peut le constater en comparant les figures grossies 2 A et 6 A. Sur d'autres empreintes^ les pinnules sont plus petites, et l'enrottlement de leurs bords est plus accentué encore^ si bien qu'on est amené à rattacher également à YAloth. Grandinij mais comme forme exceptionnelle et anormalei des échantillons tels que celui de la Fig. 5, à pinnules extrêmement étroites; peut-être la penne représentée sur cette figure a-t-'olle subi un arrêt dans son développement; peut'êtro aussi le changement de forme dès pinnules et l'enroulement très prononcé de leurs bords devraient-ils être attribués à ce que ces pinnules auraient pdrté des fruotifioations sur leur face inférieure s cette hypothèse concorderait bien avec co que M. Renault a dit de 1» réduction du limbe des pinnules fructifères A'Alethopteris (1), mais elle est malheareu*

i] Cours foss, bot., III, p. 160, note 1; p. 220.

soment tout à fait gratuite, l'échantillon ne présentant pas sa face inférieure et rien ne permettant de reconnaitro »'il était fertile ou stérile.

Rapports et différences. - — h' AL Grandini se distingue assez facilement de la plupart des espèces du genre Alethopteris par la brièveté relative do la pinnule terminale de ses pennes secondaires. Si on le compare kïAL Grand' Euryi, la forme très différente de leurs pinnulos ne permet pas de les confondre, celles de VAlé Grandini étant presque exactement symétriques par rapport à leur nervure médiane et à peine contractées à leur base, tandis que celles de VAL Grand'Euryi sont nettement contractées du côté antérieur et par suite dyssymétriques.

Provenance. — Puits Forêt, 8™" étage, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche, et dans les schistes à 3"* et à 10'" au toit de la Grande Couche. Tranchée de TOuest, à 5"^ au toit de la Grande Couche, et dans les bancs do schistes intercalés dans la 2'"* couche^ Tranchée du Prc Gigot, à 5"* au toit de la Grande Couche. Tranchée Saint-Edmond, à 15'° au toit de la Grande Couche.

Houillère do Montvicq.

ALETHOPTERIS GRAND'EURYI. n. sp.

(PL. XXII. FiG. ii\4).

Description de l'espèce^ — Frondes probablement tripinnées, et peut-être quadrlpinnatiiides à leur base.

Rachîs primaire ; rachis secondaires atteignants

millimètres de largeur et pout*être davantage , striés longitudinalement. Pennes primaires larges de 10 à 15 ou 20 centimètres, effilées en pointe vers le sommet. Pennes secondaires alternes^ étalées-dressées ou dres-

sces, empiètent assez fortement les unes sur les autres, à contour linéaire^lancéolé, effilées vers le sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 3 à 8 ou 10 centimètres sur 8 à 35 millimètres de largeur, simplement pinnées à la base et sur la plus grande étendue des pennes primaires moyennes, et remplacées vers Textrémitc de celles-ci et probablement aussi sur les pennes primaires supérieures par de grandes pinnules simples d'abord lobées, puis tout à fait entières.

Pinnules des pennes secondaires moyennes alternes, étalées-clressées , plus ou moins serrées, d'ordinaire un peu espacées, plus rarement tout à fait contiguës ou même empiétant légèrement les unes sur les autres, à contour ovale, contractées vers le bas du côté antérieur et nettement décurrentes du côté postée rieur, à peine soudées les unes aux autres et séparées par des sinus aigus, ai^ondies ou obtusément aiguës au sommet, longues de 7 à 20 millimètres sur 3 à 7 millimètres de largeur; pinnules basilaircs des pennes secondaires inférieures souvent contractées à leur base on arrière comme en avant, et munies de lobes plus ou moins profonds.

Nervation assez nette ; nervure médiane légèrement décuiTente à la base ; nervures secondaires assez fineSf naissant sous des angles de 30® à 45®, arquées, une et d'ordinaire plusieurs fois dichotomes; nervules inférieures, correspondant à la portion décurronto des pinnules, naissant directement du rachis.

Remarques paléontologiques. — Les échantillons des Fio. 1 à 4 de la Pl. XXII, avec leurs rachis de grosseurs différentes et leurs pinnules très inégalement développées, représentent évidemment des portions de pennes primaires appartenant à des régions différentes de la fronde. Vers le bas de la Fig. 3, on remarque, à la base de la penne secondaire inférieure, une pinnule

contractée en arrière comme en avant, et pourvue de plusieurs lobes sur son bord postérieur, ce qui indique une tendance des pinnules à devenir pinnatiiides et à faire place à des pennes simplement pinnées; il est permis de croire, d'après cela, que la fronde était quadripinnatifide ou même quadripinnée dans sa région inférieure. L'échantillon de la Fio. 1 doit provenir d'une penne primaire déjà plus éloignée de la base de la fronde, à en juger par les dimensions moindres de ses pinnules; les plus basses de celles-ci, à l'origine des pennes secondaires, se montrent cependant encore nettement contractées à leur base aussi bien d'un côté que de Tautre et munies sur leur bord inférieur d'un lobe plus ou moins saillant, comme on le voit FiG. 1 B. Sur les empreintes des Fig. 2 et 4, les pin* nules sont toutes entières, et Ton voit, vers le haut de la Fig. 4, les grandes pinnules qui succèdent aux pennes secondaires et qui sont, d'ailleurs, semblables aux pinnules normales de la F|g. 1 .

Rapports et différences. — Cette espèce se distingue facilement de la plupart des autres Alethopteris par la forme ovale de ses pinnules, nettement contractées à la base du côté antérieur, et dyssymétriquea par rapport & leur nervure médiane. Elle rappelle un peu certains Callipteris, mais ses rachis ne sont pas, comme ceux de ce dernier genre, garnis entre les pennes secondaires de pinnules décurrentes, décroissant r^ulièrement de l'une à l'autre ; elle ne laisse pas non plus d'offrir quelques analogies avec certaines formes du Mariopteris muncata, notamment avec la forme nen^o^a, mais ses pinnules sont beaucoup plus grandes et plus décurrentes, et la variation de grosseur des rachis des pennes bipinnées conduit à regarder cellesci comme des pennes primaires se succédant en disposition régulièrement pennée le long d'un rachis commun

et non comme des sections de pennes quadriparthes. Par Tensemblc de ses caractères, elle a d'ailleurs des affinités bien plus étroites avec le genre Alethopteiris qu'avec n'importe quel autre.

Au point de vue spécifique, elle ressemble beaucoup à l'espèce qui a été figurée par Steîninger (1) sous le nom de Neuropteris lanceolata el qui présente également des pinnules ovales, contractées en avant à leur base et décurrentes du côté inférieur; mais celles-ci sont nettement aiguës à leur sommet, de sorte que l'identification n'est pas possible.

Elle a, du reste, plus de ressemblance encore avec VAleth, discrets Weiss (sp.) (2), et si l'on compare les échantillons, à pinnules relativement courtes et rapprochées, des Fio. 2 et 4, Pl. XXII, avec les figures publiées par M. Weiss, on est au premier coup d'œil tenté de croire à leur identité ; mais, après un examen comparatif approfondi de ces dernières figures et des divers spécimens recueillis à Commentry, il m*a paru que l'espèce qui vient d'être décrite devait être distinguée de celle du bassin de SaarbrUck, laquelle appartient d'ailleurs à l'étage houiller moyen et non à l'étage houiller supérieur : les échantillons figurés par M. Weiss semblent, à en juger par la largeur de leurs pinnules, devoir appartenir à des portions de la fronde déjà assez éloignées du sommet, et les pinnules sont notablement moins longues par rapport h leur largeur que celles des régions correspondantes de l'espèce de Commentry ; elles sont aussi moins nettement dyssymétriques, moins élargies vers leur milieu et moins

(1) Geogn. Beçchr. d. Landes zw. d. unt, Saar u, d. Rkeine, p. 37, Ûg. 2.

(2) Callipteris discreta» Weiss, Zeitsch. d, deutsch, geoh Gesellsch., XXII; p. 872, pl. 20, fig. i, 2.

séparées, ce qui donne à l'ensemble des pennes un aspect général plus dense ; enfin les pinnules les plus basses ne présentent aucune trace des lobes qu'on voit sur les échantillons des Fio. 1 et 3 de la Pl. XXII.

En résumé, si, comme je le crois, les Fio. 1 à 4 de cette planche appartiennent réellement toutes à la même espèce, il n'y aurait de ressemblance qu'entre les portions supérieures de la fronde de Tespëce de Commentry et les parties plus éloignées du sommet de l'espèce de Saarbrilck, la première se distinguant de la seconde par ses pinnules plus étroites par rapport à leur longueur, plus renflées vers leur milieu, par l'aspect plus lâche de sa fronde, et par la division des pinnules inférieures en lobes nettement accentués.

L'espèce que je viens de décrire me paraissant ainsi ne pouvoir être identifiée avec aucune autre, je Tai dédiée à M. Grand'Eury, Téminent paléontologiste de Saint-Etienne, qui a prêté un si actif concours à la pu« blication, par la Société de l'Industrie minérale, des Etudes sur le terrain houiller de Commentry.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, à 5" au toit de la Grande Couche.

Odon top ter idées .

Frondes souvent irrégulièrement pennées, à pinnules attachées par toute leur base, plus ou moins déourrentes vers le bas, à nervure médiane nulle ou peu importantei à nervures secondaires plusieurs fois bifurquées sous des angles aigus, et naissant, en totalité ou en partie, directement du rachis.

Genre ODONTOPTERIS. Brongniart.

1822. Filicit68 (Sect. Odontopteris). Brongniart, Class. végét. fos8., p. 34.

1826. Odontopteris. Sternberg, Ess. FI. monde prim.,l, fasc. 4, p. XXI. Brongniart, Prodr,, p. 60.

Frondes de grande taille, à ramification irrégulière et souvent dyssymétrique, au moins bipinnées, et peutêtre quadripinnées. Pinnules fixées au rachis par tottte leur base, parfois légèrement contractées en avant, habituellement décurrentes vers le bas sur le rachis, à bord entier, aiguës ou arrondies au sommet ; pinnule basilaire des pennes de dernier ordre généralement contractée à sa base en avant et en arrière^ et diffé* rente des autres par sa forme.

Nervure médiane souvent presque nulle, quelquefois cependant assez accentuée^ se divisant en nervules avant d'atteindre le sommet des pinnules, plus ou moins décurrente à sa base ; nervures secondaires naissant et se divisant sous des angles aigus, les inférieures y en plus ou moins grand nombre, partant directement du rachis.

Les portions de frondes d* Odontopteris qu'on recueille en empreintes dans le terrain houiller présentent très fréquemment, chez certaines espèces du moins, une dyssymétrie frappante : le rachis, parfieùtement rectiligne, n'est garni d*un côté que de pennes simplement pinnées, tandis qu*il porte de l'autre des pennes bipinnées, et en outre, entre les bases de celles-ci, de petites pennes simplement pinnées. Cette dyssymétrie peut s'expliquer en admettant qu'il y a eu jdus bas une bifurcation du rachis primaire, et que les deux branches de ce rachis ne portent, du côté intérieur de cette bifurcation, que des pennes simplement pinnées, le dé-

faut d'espace n'ayant pas permis le développement de pennes bipinnées ; mais il est à noter qu'on ne trouve pas, ou du moins qu'on n'a pas observé, à ma connaissance, même sur des plaques de grande taille, la deuxième branche du rachis qui devrait faire vis-à-vis à la première et en reproduire symétriquement la disposition par rapport à la bissectrice de la bifurcation. On peut alors se demander si, comme je l'ai indiqué pour le Callipteridium pteridium^ et avec plus de raison encore, les frondes d^Odontopteris ne devraient pas être regardées comme constituées par un rachis ne portant normalement que des pennes simplement pinnées^ mais se divisant plusieurs fois par dichotomie et sans régularité : l'une des branches de la dichotomie se développant, à chaque bifurcation nouvelle, dans le prolongement de la portion inférieure du rachis, il se formerait ainsi un axe rectiligne portant d'un côté des pennes simplement pinnées, et de l'autre, outre des pennes simplement pinnées, dos pennes bipinnées dont chacune représenterait la deuxième branche de chaque bifurcation, seule déviée, et garnie à droite et à gauche de pennes simplement pinnées. Les observations faites sur VOdont genuina, où l'on n'observe que des portions bipinnées de frondes, se bifurquant d'une manière à peu près symétrique, tendent à confirmer cette interprétation et à faire regarder les pennes primaires bipinnées des autres espèces comme représentant des branohes du rachis primaire succédant à une bifurcation plutôt que comme des pennes primaires véritables, comparables comme valeur à celles des Pecopteris ou des Alethopteris.

Outre les pennes normales, le rachis des Odontopteris^ ou du moins de certaines espèces de ce genre, portait, fixées directement sur lui sans régularité apparente, de grandes folioles simples, orbiculaires ou réniformes,

à bord entier ou frangé, à nervures rayonnant à partir du point d'attache (Cyclopteris)^ totalement différentes des pennes et des pinnules normales, et qu*on est forcé, lorsqu'on les trouve isolées, de classer à part faute de pouvoir les rattacher à l'espèce dont elles dépendaient.

Les frondes d'Odontopteris devaient atteindre des dimensions considérables, comme Ta déjà indiqué M. Grand'Eury, et il semble, d'après les observations qu'il a pu faire à Saint-Etienne, qu'elles devaient partir directement du sol, formant des touffes plus ou moins serrées (1). Toutefois, les axes trouvés à Commentry en relation directe avec des frondes d'Odont. yenutna, qui venaient s'attacher sur eux, sont de nature à faire supposer que ces frondes, au lieu de former dos touffes, naissaient, plus ou moins rapprochées les unes des autres, sur les côtés d'une tige qui s'allongeait en rampant sur le sol ou qui peut-être se dressait verticalement ou obliquement en s'appuyant sur quelque support, car le diamètre en est trop faible pour qu'on puisse penser que ces tiges se soient maintenues debout par leurs propres forces, chargées, comme elles devaient l'être, d'un poids de feuillage considérable.

L'étude anatomique de fragments de pétioles silicifîés reconnus par M. Grand'Eury comme appartenant à des OdontopteriSj a montré que les espèces de ce genre devaient, comme les Alethopteris^ rentrer dans la famille des Marattiacées (2). Malheureusement le modo de fructification est encore inconnu ou à peu près: M. Grand'Eury a, il est vrai, observé un fragment de penne d'OdontopteriSj dont les pinnules, arrondies au sommet, portent des capsules ovales isolées au bout de

(1) Flore carb, du dép. de la Loire, p. 127, tableau B.

(2) Renault, Etude du genre Myelopteris, p. 21.

chwune des nervures (1) ; ces capsules paraissent offrir une ligne de déhiscence longitudinale, comme celles des Marattia, mais elles présentent en outre des sortes de côtes parallèles à cette ligne médiane, dont il est impossible, quant à présent, de deviner la signification. M. Weiss a distingué, dans le genre OdontopteriSj deux groupes ou sous-genres distincts, fondés sur les caractères de la nervation (2) : dans le premier, qu'il a désigné sous le nom de XenopteriSf la nervure médiane est nulle ou presque nulle, en tout cas fort peu impor^ tante ; dans le second cas, au contraire, nommé par lui Mixoneuxa, les pinnules ont une nervure médiane nette*' ment accentuée, de laquelle part un bon nombre des nervures secondsiires. Les Xenopteria oomprenneAt notamment le plus grand nombre des espèces à pinnules aiguës, comme les OdonU Brardi, Odont. jReiohiana, Odont. minor^ Odont genuina; mais ils comprennent égaleo^ent plusieurs espèces à pinnules arrondies, telles que YOdont Duponti^ et celle-ci notamment semble, , avec ses pinnules basilaires pourvues d'une nervure médiane nette, tandis que les suivantes en sont dépourvues, établir entre les deux groupes un lien si éteoit qu'il m'a paru préférable de ne pas les séparer et de conserver purement et simplement le genre Odontppte'' ris dans son sens primitif, sans y établir de subdivision.

ODONTOPTERIS MINOR. Brononiart.

(PL. XXV, FiG. 3 à 5.)

1891 ou 1832. OcioBto|»teii8 mlnor. Brongniart, Hist. véffét. foss,, l, p. 253, pL 77. Sternberg, E8$, F2. monde prim,,

(i) Flore carb. du dép. de la Loire, p. 111, pi. XIII, fig. 4.

{'i)Zeit8chr. d. deutsch, geol Gesellsch., XXII, p. 858 (Sludien uber Odontopteriden),

II, fasc. 5-6) p. 79. Renault, Coûté bot fass., III, p. iSf , pi. 30, fig. il.

1870. Zttnopteriimi&or. Weiss, Zeitschr. d, déutsch, geol. Gesellsch., XXII, p. 865.

Deêcription de l'espèce. — Frondes de grande taille, tripinnées, mais & ramiGcations irrégulières et souvent dyssymétriques. Rachis de divers ordres marqués de stries longitudinales assez flnes et assez serrées. Rachis primaire atteignant 1 centimètre de largeur et davahtage, souvent divisé par dichotomie en branches d'égale importance portant du côté interne de la bifurcation des pennes primaires simplement pinnées, et du côté externe des pennes primaires bipinnées et entre celles-ci de petites pennes simplement pinnées.

Pennes primaires bipinnées, étalées-dressées, espacées d'un même côté de 3 à 10 centimètres, empiétant les unes sur les autres , à contour étroitement ovalelancéolé, légèrement retrécios à leur base et assez rapidement contractées vers leur sommet en pointe aiguëj longues de 15 à 30 centimètres sur 6 à 12 centimètres de largeur. Pennes primaires simplement pinnées et pennes secondaires étalées ou étalées-dressées, se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour linéaire-lancéolé y graduellement effilées à partir de leur milieu environ en pointe très aiguéf, longues de 3 à 10 centimètres sur 6 à 20 millimètres de largeur.

Pinnules alternes, étalées-dressées, exactement contiguës, à bords parallèles ou faiblement convergents, à sommet ogival, souvent légèrement soudées entre elles à la base et séparées par des sinus très aigus, deux fois et demie à trois fois et demie plus hautes que larges, longues de 5 à 12 millimètres sur l""^^b à 4 millimètres de largeur ; pinnule terminale plus courte

que celles qui la précèdent ; pinnules basilaires liabituellement différentes des pinnules normales, celle du côté antérieur ovale, contractée à la base, celle du côté postérieur cunéiforme, bilohée ou trilobée.

Nervation généralement très nette ; nervure médiane à peine prédominante, décurrente à sa base; nervures secondaires naissant sous des angles aigus, arquées, une ou deux fois divisées par dichotomie ; nervures inférieures naissant directement du rachis.

Surface du limbe parcourue, en outre des nervures proprement dites, par de très fines lignes, souvent peu distinctes, dont chacune est comprise entre deux nervures vraies.

Remarques paléontologiques. — Presque tous les échantillons tant soit peu développés (VOdont. m.inor se présentent avec l'aspect de celui de la Fie. 5, Pl. XXV, c'est-à-dire avec leur rachis principal garni d'un côté de pennes simplement pinnées, et de l'autre de pennes bipinnées entre lesquelles il porte un certain nombre de courtes pennes simplement pinnées, décroissant graduellement de la base d'une penne secondaire jusqu'à celle qui vient immédiatement' au-dessous. Cette disposition dyssymétrique semble indiquer qu'il y a eu plus bas bifurcation du rachis, les pennes situées en dedans de la bifurcation étant alors moins longues et moins divisées que celles qui sont en dehors et dont rien ne contrarie le développement.

On peut encore admettre, cependant, comme je l'ai dit plus haut, pour expliquer cette constitution des frondes, que le rachis primaire ne porterait normalement que des pennes simplement pinnées, mais qu'il se diviserait par une série de dichotomies successives. Tune des branches de la dichotomie ne subissant aucun changement de direction, et l'autre se déviant toujours du même côté ; Taxe de ce que j'ai regardé comme des

pennes primaires hipinnées ne serait pies alors qu^uae des branches du racbis jMrimaire, et les pennes simplement pinnées seraient toutes des diyisions homologues de la fronde, et devraient être regardées comme des pennes primaires. C^est, du reste, ce que j'ai agrément indiqué en parlant du Cailipteridium pteridium, dont les frondes sont constituées d'une façon analogue» mais ofTrent une apparence générale beaucoup plus régulière et plus symétrique.

Sur plusieurs écbautillonjs d'OdonL minort lacueîllis notamment h B^nzy et à Lavaveix-Ies-Miuies, on peut suivre depuis leur origine jusqu'à leur sommet ces portions de fronde bipinnées, que jai décrites comn^e pennes primaires, et on les voit se terminer par un raccourcissement assez brusque des pennes de dénouer ordre, dont les pinnules se soudent en jmême temps les unes aux autres, do sorte que le sommet lui-même est garni de pinnules d'abord dentelées, puisentières, comme on le voit en haut et à gauche de TéchantilloD FiG. 5, mais moins nettement sur cette figure que sur. Téchantillon loi-même.

La forme dos pinnules basilaires des pennes simplement pinnées, ou tout au moins de la pinnule du côté inférieur, est susceptible, d'un échantillon à l'autre ou même d'une penne à l'autre siu* un môme échantillon, de certaines variations, dont les Fie. 3, 3 A, et 4, 4 B, montrent à peu près les deux termes extrêmes, taiitôt ovale et à peine lobée comme FiO. 3 A, tantôt cunéiforme, presque tronquée au sommet, bilobée ou trilo* bée, comme Fio. 4 B.

Rapports et différences, — UOdont. rainer ressemble extrêmement à VOdont. Reichiana Gutbier (1), et la

(1) Abdr. u. Verst. d. Zvfick, SchyMtrzhohL^ p. 65, pi IX, fig. 1-3, 5, 7; pl.X, fig. 13.

distinction entre Tun et Tautre est même parfois un peu délicate, les principaux caractères indiqués par Gutbier comme propres à ce dernier, tels que la forme en coin de la pinnule basilaire, et la soudure des pinnules en pennes simples vers le sommet, se retrouvant chez YOdont minor. Ce dernier se reconnaît toutefois à SOS pinnules plus étroites par rapport à leur largeur, plus aiguës au sommet et sou^nt arquées en avant; elles paraissent en outre avoir eu le limbe plus délicat. Comparé à VOdont. geiiuina, VOdont. minor se distingue au premier coup d'œil par ses pinnules beaucoup plus hautes que larges, plus pointues et d'ordinaire notablement plus petites.

Provenance. — Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche. Tranchée Saint- Edmond, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche. Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"*" couche. Puits de rOuest, au toit de la B"* couche.

ODONTOPTERIS GENUINA. Grand'Eury.

(Pl. XXIV, FiG. 1 à 3; PL. XXV, FiG. 1, 2; PL. XXXI, FiG. 1.)

1877. Odontopteris genuina. Grand'Eury, Flore carb. du dép. de la Loire, p. 115.

Description de Vespèce. — Frondes de grande taillci bipinnées, à ramification irréguliôre, portées par des pétioles larges de 2 à 4 centimètres, marqués de stries longitudinales très fortes et très régulières, nus sur 1 à 2 mètres de longueur, épaissis à leur base et partant d'une tige (probablement rampante) large de 5 à 10 centimètres, marquée de très fortes stries longitudinal les régulières larges de près de 1 millimètre, et parais* sant ainsi presque cannelée. Rachis de divers ordres fortement et régulièrement striés en long; rachis

primaire large de 3 à 30 millimètres, fréquemment divisé par bifurcation.

Pennes primaires alternes ou subopposées, simplement pinnées, étalées, se touchant par leurs bords ou légèrement espacées, à contour linéaire-lancéolé, effilées vers le sommet en pointe aiguë ou obtusément aiguë, longues de 5 à 25 centimètres sur 1 à 3 centimètres de largeur.

Pinnules alternes ou subopposées, étalées-dressées, exactement contiguës, à bords parallèles ou très légèrement convergents, à boj^d antérieur droit ou faiblement concave, à bord postérieur fortement arqué et convexe, généralement tronquées parallèlement au rachis, aiguës ou obtvsément aiguës au sommet, légèrement soudées à la base et séparées par d'étroits sinus aigus, à peine plus hautes que larges, affectant généralement la forme d'un parallélogramme dont un des angles serait arrondi, hautes de 6 à 16 millimètres sur 5 à 15 millimètres de largeur; pinnule basilaire du côté inférieur légèrement réduite, contractée à la base, à contour ovale ; pinnule terminale plus courte que celles qui la précèdent.

Pennes primaires voisines des bifurcations du rachis, en dehors comme en dedans, généralement plus courtes et plus larges que les autres, garnies de pinnules arrondies ou ogivales au sommet, lesquelles peuvent atteindre 35 millimètres de longueur sur 20 millimètres de largeur.

Nervation très nette : nervure médiane à peine prédominante, décurrente à sa base : nervures secondaires naissant sous des angles assez aigus, plusieurs fois bifurquées, sinueuses; nervures inférieures naissant directement du rachis. Surface du limbe paraissant dépourvue de fausses nervures entre les nervures proprement dites.

Remarques paléontologiques, — Cette belle espèce est abondante à Commentry, où il en a été recueilli un grand nombre d'échantillons, présentant des formes assez dissemblables, mais liées par de nombreux inter^ médiaires et dépendant souvent d'un seul et même rachis. La plus fréquente est la forme à grandes pinnulesy telle que la montre le bel échantillon figuré, au tiers de la grandeur naturelle, sur la Fig. 1 de la Pl. XXIV, et reproduit partiellement en vraie 'grandeur à la Fig. 1 a. Sur la Fia. 2 de la même planche, le rachis principal est bifurqué et porte, au-dessous de cette bifurcation, des pennes garnies de très grandes pinnules arrondies au sommet et très différentes des pinnules normales; mais à mesure qu'on s'éloigne de la bifurcation, les pinnules reprennent peu à peu leur forme et leur taille habituelle, et la dernière penne à droite, au voisinage de la cassure de Téchantillon, est tout à fait semblable à celles de l'échantillon Fia. 1. Sur le fragment représenté Fia. 2, Pl. XXV, les pfnnules sont au contraire beaucoup plus petites qu'à l'ordinaire, mais leur forme et leur nervation restent les mêmes, comme le montre la comparaison de la Fia. 2 A, Pl. XXV, avec la Fia. 1 A, Pl. XXIV. D'ailleurs l'échantillon Fia. 1, Pl. XXV, récolté à Blanzy, est exactement intermédiaire, au point de vue des dimensions, entre cette petite forme et la forme normale, et les relie manifestement l'une à l'autre.

Il est possible, à en juger par la réduction notable de taille que subissent les pinnules sur l'échantillon Fia. 2, Pl. XXIV, en passant des pennes inférieures au point de bifurcation à celles (}ui sont placées au-dessus, que ces variations de dimensions aient été liées à la place qu'occupaient les pinnules et au nombre des bifurcations qu'avait subies au-dessous de leur insertion le rachis principal de la fronde; mais il est tout aussi

naturel d'admettre que ce sont là des différences individuelles, telles que celles qu*on observe sur les Fougères vivantes, suivant qu'on a affaire à des frondes plus ou moins développées. En tout cas, ces variations ont ici une étendue considérable et intéressent non seulement la taille, mais la forme des pinnules, les grandes pinnules arrondies de la Fie. 3 et du bas de la FiG. 2, Pl. XXIV, ressemblant si peu aux pinnules normales, qu'on hésiterait certainement à les rapporter à VOdont. genuina, si la Fig. 2 ne les montrait en relation directe avec la forme ordinaire. Sur un autre échantillon recueilli à Blanzy et donné par M. Mathet à l'Ecole nationale des Mines, le rachis se bifurque sous un angle de 40*^ environ, et ses deux branches ne portent plus, au-delà de la bifurcation, du côté externe comme du côté interne, du moins dans l'étendue visible sur l'empreinte, c'est-à-dire sur près de 0°*,20 de longueur, que de courtes pennes ayant chacune trois ou quatre pinnules de la forme normale et terminées par une pinnule ovale-cunéiforme arrondie au sommet.

Les frondes de VOdont genuina devaient, avec ces variations dans leur mode de découpure, offrir un aspect des plus particuliers. On les a trouvées à diverses reprises, à Commentry, en rapport avec des tiges très fortement striées et presque cannelées, à ramification irrégulière, comme le montre la Fig, 1, Pl. XXXI» qui représente une de ces tiges réduite au 1/10 de la grandeur naturelle ; large vers le bas de 0",025 à 0",030, cet axe atteint plus haut 0"^,10 de largeur, et émet tantôt sur ses bords, tantôt sur sa face antérieure, des rameaux à la base desquels on n'observe aucune trace d'articulation et qui sont presque toujours fortement réfléchis en arrière ; quelques-uns de ces rameaux ou des fragments qui s'en sont détachés se montrent bifurques et garnis de pennes d'Odont genuina. Bien

qu'il ait été recueilli à Commentry plusieurs échantillons analogues, il n*a pas été possible de se faire une idée bien exacte de la nature de cet axe et de la disposition qu*il affectait à Tétat vivant : était-ce une tige rampante, un rhizome, et l'inflexion en arrière des pétioles de frondes qui s'en détachent tient-elle à ce que ces frondes s'étaient flétries et rabattues sur le sol ? Ou bien faut-il supposer que la tige était dressée et que les frondes retombaient naturellement en arrière, entraînées par leur poids ? On ne saurait, quant à présent, répondre à ces questions avec certitude, mais il est intéressant de noter que cette inflexion des pétioles vers l'arrière est constante sur tous les échantillons, et que ceux qui sont simplement étalés à droite et à gauche sont plutôt une exception. Il semble cependant qu'en général ces derniers soient ceux qui sont placés le plus haut, comme on le voit sur la Pio. 1, Pl. XXXI, ce qui viendrait à l'appui de cette hypothèse que les pétioles réfléchis vers le bas ou vers l'arrière correspondraient aux frondes âgées ot déjà flétries, les dernières venues s' étant simplement rabattues normalement à Taxe qui les portait. On a pu, à diverses reprises, suivre ces tiges sur 2 mètres de longueur et davantage, et les pétioles qui s'en détachaient sur 1 mètre ou 1*,50; jamais, jusqu'à présent, on n'a trouvé de Cyclopteris attachés sur ces derniers, mais on ne peut conclure de ce renseignement négatif que VOdont. genuina ait été réellement dépourvu de ces grandes folioles stipales dont M. Grand'Eury a constaté la présence sur d'autres espèces du même genre (1] et qui, du re«t0) étaient peutêtre caduques.

Rapports et différences. — Par la grande dimension de ses pinnules, VOdont. genuina rappelle surtout

(1) Flore car6. du dép, de la Loire, p. 111, 113, 114, 115.

VOdont Brardi, mais il a les pinnules beaucoup plus larges par rapport à leur hauteur, moins aiguës au sommet, et moins arquées en avant; de plus il ne parait pas offrir exactement le même mode de division pour ses frondes, car aucun des échantillons recueillis n'a présenté ces rachis, portant d'un côté des pennes simplement pinnées et de l'autre des portions de frondes bipinnées, qu'on observe si fréquemment chez VOdont BrsLvdi aussi bien que chez les Odont. Reichiana et Odont. minor.

Synonymie. — Je me suis assuré, en examinant au Muséum d'histoire naturelle les échantillons-types de M. Grand'Eury, que c'était bien à cette espèce qu'il avait appliqué en 1877 le nom d'Odon^ genuina \ mais il est peut-être difficile de prendre cette date comme celle de l'établissement de l'espèce, la diagnose donnée dans la Flore carbonifère du département de la Loire étant un peu insuffisante.

Provenance, — Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux. Tranchée des Chavais, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, à 12 mètres au toit de la Grande Couche.

ODONTOPTERIS OBTUSA. Brongniart.

(PL. XXIII, FiG. 1, 2.1

1831 ou 1832. Odontopteris obtusa. Brongniart, Hist. végét. fos8,, I, p. 255, pi. 78, fig. 4 (non fig. 3).

1838. Zamites obtasus. Sternberg. Ess. F/, monde prtm., II, fasc. 7-8, p. 199.

i^O. Mizonetira obtnaa. Weiss, Zeitscht, d. deutseh, geoL

GeseUsc/i.,XXII, p. 865 fexd. syn,)

Description de Vespèce. — Frondes (ou portions de frondes) bipinnées. Rachis primaire large de 5 à 10 millimètres, marqué de stries longitudinales assez

fines. Pennes primaires alternes ou subopposées, étalées, un peu flexueuses, se touchant à peine par leurs bords, à contour linéaire-lancéolé, effilées vers le sommet en pointe obtuse, longues de 8 à 10 centimètres sur 15 à 20 millimètres de largeur. Pinnules alternes ou subopposées, étalées ou étalées-dressées, habituellement contiguës, à bords parallèles, légèrement contractées en avant et un peu décurrentes en amnère le long du rachiSy indépendantes ou très faiblement soudées les unes aux autres, arrondies au sommetj environ deux fois plus hautes que larges, longues de 6 à 12 millimètres sur 3 à 6 millimètres de largeur ; pinnules inférieures de chaque penne primaire assez fortement contractées à la base ; la plus basse du côté inférieur presque ovale; pinnulo terminale ovalecunéiforme, à peine plus grande que celles qui la précèdent.

Nervation souvent peu nette : nervure médiane assez accentuée et prédominante, décun^ente à la base; nei^ures secondaires naissant sous des angles aigus, arquées, se divisant par plusieurs dichotomies successives en nervules fines et assez serrées; nervures inférieures naissant directement du rachis, mais en petit nombre. Surface du limbe marquée, entre les nervures, de fines lignes parallèles à celles-ci.

Remarques paléontologiques. — La Fig. 1 de la Pl. XXIII représente le meilleur échantillon de cette espèce qui ait été recueilli à Commentry : les pennes de droite ^mblent un peu moins longues que celles de gauche, ce qui donne à penser que le rachis a dû subir un peu plus bas une division en deux branches, et que les pennes de droite sont placées à Tintérieur de la bifurcation. L'une de ces dernières montre sa terminaison par une pinnule ovale ou rhomboïdale légèrement plus grande que celles qui la précèdent. Vers le

bas des pennes, les pinnules sont plus fortement contractées à la base, et la plus inférieure do toutes, affectant une forme ovale, n*est plus attachée que par un point.

Sur Téchantillon Fig. 2, qui vient de Terrasson, et qui est le type même do lespèce, le parenchyme a presque complètement disparu, sans doute par suite do la macération, et il ne reste que Tépiderme des pinnules, dont on voit au microscope les cellules allongccs parallèlement aux nervures (Fig. 2 B).

Rapports et différences, — Cette espèce se distingue do celles qui précèdent par ses pinnules tout à fait arrondies au sommet, et par sa nervation, dans laquelle la nervure médiane joue un rôle beaucoup plus important, rappellant ainsi celle des Nevropteins] la contraction des pinnules à leur base la rapproche également de ce dernier genre. Mais VOdonL obtusa ressemble surtout à une espèce de l'étage houîller supérieur qui a été souvent confondue avec elle, ayant été figurée par Brongniart sous le même nom, et qui a été décrite et figurée par Gœppert sous le nom de Neuropteris lingulala {\) ] mais celle-ci a les pinnules plus grandes, plus larges par rapport à leur longueur, et se distingue du reste facilement de VOdont, obtusa par le développement de la pinnule terminale do chacune de ses pennes, laquelle est beaucoup plus grande que toutes celles qui la précèdent.

Synoni/TYiie. — Le nom d'Odont. obtusa ayant été presque toujours appliqué à tort et ayant donné lieu à des confusions nombreuses, j*ai cru devoir figurer à nouveau à la Pl. XXIII, Fig. 2, l'échantillon qui a servi de type à Brongniart pour rétablissement do cette

(1) Genres des pl. fous., livr. 5-6, p. 104, pl. VIIMX. fig. 12, 13.

espèce et qui est conservé dans les collections du Muséum d'histoire naturelle sous le n" 485. Brongniart a, il est vrai, figuré sous le même nom, à la fig. 3 de sa pi. 78, un autre échantillon de la même provenance, mais en faisant remarquer lui-même que ce dernier pourrait bien appartenir à une espèce différente, et qu'il considérait celui de la fig. 4 comme le véritable type de VOdont. obtusa; seulement la figure grossie 4 A n*a donné aucun détail sur la nervation qui, en effet, semble au premier coup d*œil absolument indistincte ; or, il suffit de mouiller les pinnules^ qui, comme je l'ai dit, sont réduites à leur épiderme, pour faire prendre à celui-ci une couleur brune, sur laquelle les nervures se détachent très nettement en noir (Fig. 2 A); on discerne même au microscope le réseau cellulaire épidermique (Fig. 2 B). La comparaison des Fig. 1 et 2 de la Pl. XXIII et des figures grossies correspondantes montrent bien l'identité de taille, de forme et de nervation de l'espèce de Commentry et de lOdonl. obtusa de Brongniart.

Quant à l'échantillon de la iig. 3 de la pl. 78 de \ Histoire des végétaux fossiles, il me parait qu'il doit être rapporté à YOdont. lingulata Gœppert (sp.), lequel est peut-être lui-même identique à lOdoiit. subci'^nulata Rost (sp.) (1), dont le nom aurait la priorité; sans discuter cette dernière question, je ne crois pas inutile de faire remarquer que c'est à TOdonf. lingulata, que doivent être rapportés les échantillons de SaarbrUck décrits par M. Weiss sous le nom iVOdont. obtnsa (2) et

(1) Neuropteris subcrenulata, Ront, De filic> ectyp., p. 22. 0«rinar, Verst» d. Steink, v, Weltin xi, Lobejûn, p. 11, pl. V, fig. 1-4.

(2) Foss, FLcLjiïngst. SteinholiLf p. 36, pl. Il, pl. III; pl. VI, fig. 12.

ceux de la Graud'Combe que j'ai moi-même signalés 80US ce dernier nom(l).

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans les bancs de poudinges. Tranchée de Forêt, à 15" au toit do la Grande Couche .

ODONTOPTERIS DUPONTI. n. sp.

(PL. XXV, FiG. 6).

Description de lespèce. — Portions de frondes bipinnées, à rachis strié longitudinalement. Pennes (probablement primaires) alternes, assez étalées, droites ou légèrement flexueuses, se touchant par leurs bords, à contour linéaire-lancéolé, obtuses au sommet, longues de 20 à 35 millimètres sur 8 à 12 millimètres de largeur. Pinnules alternes ou subopposées, étalées-dressées, contiguës et légèrement soudées à leur base, séparées par d'étroits sinus aigus, à bords parallèles ou faiblement convergents, obtuses au sommet, h peine contractées à leur base du côté antérieur, et nettement décurrentes vers le bas le long du rachis, environ une /bis efdeînie plus longues que larges, longues de 5 à 8 millimètres sur 3 à 5 millimètres de largeur; pinnules basilaires de chaque penne assez nettement contractées à la base, celle du côté inférieur orbiculaire, ou cunéiforme arrondie au sommet; pinnule terminale ovale ou rhomboïdale à angles arrondis, notablement plus grande que les autres.

Nervation assez nette : nervure médiane très faiblement accentuée, décurr ente à sa base, mais devenant prédominante dans les pinnules basilaires; nervures secondaires naissant sous des angles aigus, arquées.

(1) Bull Soc. Géol, 3« sér , XIII, p. 137.

pliisieur8 fois bifurquées; nervures inférieures naissant directement du rachis. Surface du limbe parcourue entre les nervures par de très fines lignes parallèles à celles-ci, et dont chacune est comprise entre deux ner^ vures proprement dites.

Remarques paléontologiques. — L'échantillon représenté Pl. XXV, FiG. 6, étant le seul de cette espèce qui ait été recueilli, il est impossible, quant à présent, de savoir au juste comment étaient constituées les frondes de VOdont. Duponti. Il est permis de croire, toutefois, par analogie avec les espèces voisines, et notamment avec ïOdont. lingulat&j que les rachis devaient se diviser par une série de bifurcations plus ou moins régulières, portant peut-être parfois d'un côté des pennes simplement pinnccs, et de l'autre des pennes ou dos portions de frondes bipinnées semblables à celle qui est représentée Fig. 6 ; il est probable, en outre, que les pennes simplement pinnées devaient, sur d'autres points, acquérir une longueur plus considérable, et porter, entre leurs deux pinnules basilaires et leur grande pinnule terminale un plus grand nombre de pinnules normales.

Au point de vue de la nervation, VOdont. Duponti semble marquer le passage entre les deux groupes distingués par M. Weiss : ses pinnules basilaires ont en effet une nervure médiane très nette et rappellent les pinnules des Nevropteris^eiinsi que cela a lieu chez les Mixoneura, tandis que ses pinnules normales, avec leurs nervures partant en abondance du rachis et leur nervure médiane restant sans grande importance, présentent les caractères essentiels des Xenopteris.

Rapports et différences. — VOdont. Duponti se distingue facilement des Odont. minor et Odont. genuina par ses pinnules arrondies au sommet et par sa grande pinnule terminale : il diffère également par ce

dernier caractère de VOdont. obttiêà^ chez lequel la pinnule extrême de chaque penne, bien qu'un peu plu8 grande que les précédentes, est beaucoup moins développée qu'ici ; il se rapproche à cet égard de VOdont. lingulataj mais il a les pinnules bien moins grandes et n'a pas, comme ce dernier, dans chaque pinnule, une nervure médiane nettement accentuée.

Je n*ai pu, en somme, rapporter l'espèce que je viens de décrire à aucune des formes spécifiques déjà distinguées dans le genre OdontopteriSf et, devant lui donner un nom nouveau, j'ai été heureux de la dédier à M. Et. Dupont, inspecteur général des mines, ancien ins* pecteur de l'Ëcole nationale des Mines, à qui les colleclions do cette Ecole sont redevables d'un grand nombre de belles empreintes végétales du bassin de Valenciennes et des mines de Blanzy.

Fi^vensince. — Tranchée de Forêt, à 1 4" au toit de la Grande Couche.

Névroptéridées.

Frondes ramifiées suivant le mode penné, mais à division souvent irrégulière. Pinnules en général assez grandes, attachées au rachis par un seul point ou du moins par une faible partie de leur base, souvent échancrces en cœur à la base, à bord le plus souvent entier, à sommet tantôt arrondi, tantôt aigu. Nervure médiane plus ou moins développée, quelquefois nulle, se divisant en nervulcs avant d'atteindre le sommet des pinnules; nervures secondaires généralement nombreuses, naissant sous des angles le plus souvent aigus, arquées, plusieurs fois dichotomes, libres ou anastomosées en réseau.

Genre NEVROPTERIS. Brongniart.

1822. FUioites (Sect. Nevropteris). Brongniart, Class, végét. foss., p. 33.

4862. NêtiroptarUi. Sternberg, Eés. FI. monde prim., I, fasc. 4, p. xTi. Brongniart, Prodv.y p. 60.

Frondes ordinairement de grande taille, à ramification irrégulière et parfois dyssymétriquei bipinnées ou tripinnées. Pinnule$ fixées au rachis par un seul pointf plus rarement par une faible fraction de leur largeur, contractées et souvent échancrées en cœur à la base, à bords parallèles ou légèrement convergents, habituellement entiers, plus rarement munis de crénelures peu profondes, à sommet aigu ou arrondi. Nervure médiane d'ordinaire bien marquée, se divisant plus ou moins loin au^^dessous du sommet en nervules dichotomes ; nervures secondaires généralement nombreuses, naissant sous des angles aigus, plus ou moins arquées, se divisant à plusieurs reprises par dichotomie et ne s' anastomosant pas les unes avec les autres.

Gomme celles des Odontopteris, les frondes des Nevroptem houillers ou du moins de la plupart d'entre eux atteignaient des dimensions considérables et, suivant toute vraisemblance, partaient directement du sol. Chez plusieurs espèces au moins, le rachis principal de la fronde se divisait par une série de bifurcations, à la suite desquelles la ramification cessait, sur chaque branche et sur une certaine longueur, d'être symétrique d'un côté à l'autre, les pennes situées en dedans de la bifurcation étant plus courtes et simplement pinnées, par exemple, alors que celles qui étaient en dehors conservaient leur longueur normale et restaient bipinnées ; plus loin, une fois les deux branches suffisam-

ment écartées, les pennes du bord interne reprenaient leur longueur et leur mode de division habituels. Outre les pennes normales, et surtout, à ce qu'il semble, au voisinage de ses points de bifurcation et au-dessous d'eux, le rachis principal portait, chez beaucoup de NevropteinSy de grandes folioles simples, à bord enentier, réniformes, orbiculaires ou ovales, de forme variable du reste sur un même individu, fixées directement sur lui par un seul point et à nervation rayonnante (Cyclopteris) ; ces folioles se trouvant le plus souvent détachées, comme celles du même genre qui proviennent des Odontopteins et dont elles ne peuvent, une fois isolées, être distinguées génériquement, on est obligé de les classer à part, en un groupe 8i>écial.

Le genre NevropteHs paraît, comme le genre Odontopteris, un genre vraiment homogène et naturel, mais on ne pourra être assuré qu'il en est réellement ainsi que lorsqu'on aura pu reconnaître le mode de fructification des différentes espèces qui le constituent. Malheureusement, les frondes fertiles de Xevropteris restent encore à découvrir, bien qu'à deux ou trois reprises on ait signalé des pinnules ou des fragments de pennes qui paraissaient porter des organes reproducteurs ou offrir des réceptacles spéciaux dans lesquels ceux-ci auraient été contenus, mais on n'est arrivé à cet égard à aucune certitude. La découverte la plus intéressante à ce point de vue est celle qui a été faite récemment par M. Kidston (1), d'une portion de penne de New, heterophylla réellement fructifiée, et réduite, dans sa portion fertile, à un rachis nu, divisé en plusieurs branches très grêles, dont chacune porte à son sommet un corps quadrilobé dont on n'a pu encore déterminer

(1) Transact.oflh^ Royal Soc. ofEdinburgh,XXlU,\y. 150, pi. Vni, fig. 7,

la nature et qui représente sans doute soit quatre sporanges soudés à leur base, soit un involucre à quatre valves ayant peut-être contenu des sporanges. D*après cela, les portions fertiles des pennes des Nevropteris^ ou tout au moins de certaines espèces de ce genre, auraient été dépourvues de limbe et entièrement différentes d*aspect des pennes stériles, de telle sorte qu'il serait fort difficile, ou pour mieux dire impossible, si Tonvenait à en trouver des fragments, do les rapporter aux espèces auxquelles elles auraient réellement appartenu.

Si les fructifications des Nevropteris demeurent encore problématiques, on a pu du moins étudier en détail la constitution anatomique de fragments de pétioles et de rachis provenant d'espèces de ce genre, et M. Renault (1 ) y a reconnu une analogie marquée de structure avec les pétioles et les rachis des Marattiacées vivantes : il rapporte d'après cela les Nevropteris à cette famille, à laquelle les AlethopteHs et les Odontopteris lui paraissent également appartenir.

NEVROPTERIS CRENULATA. Brongniart.

(PL. XXVI, FiG. 1, V ; PL. XXVII, FiG. 1 à 5.)

1830. Nevropteris crennlata. Brongniart, Hist, végét. foss.,

I, p. 234, pi. 64, fig. 2. Sternberg, Ess. FI. monde prim.^

II, fasc. 5-6, p. 70. Lesquerenx, Goal-Flora, p. 116. pi. XVI, fig.9-il. Renault, Cours bot. foss,, III, p. 174, pi. 29» fig. 14.

Description de Vespèce. — Frondes bipinnées (ou peut-être tripînnées ? ?) ; 7"ac/i2s primaire (ou secondaire??) large de 5 à 15 millimètres, strié longitudi^ nalementy ainsi que les rachis secondaires (ou tertiai-

(1) Comptes-rendus Acad. se, XCIII, p. iOI ; Coiir:^ hol. /bs.>? , III, p. 168.172,221,

res??). Penneê de dernier ordre (primaires, ou secondaires?) alternes, étalées ou étaléês-^ressées ^ se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, quelquefois plus espacées, distantes d*un même côté de 4 à 6 centimètres, k contour étroitement ovale-lancéolé, un peu rétrécies vers leur base et amincies vers le sommet en pointe obtuse ou ofctusément aigue^ longues de 20 à 40 centimètres sur 4 à 10 centimètres de largeur. Pinnules alternes ou subopposées, étalées ou étalées-dressées, continues h leur base ou légèrement espacées, de forme variable suivant la place qu'elles occupent, ovales ou orbiculaires vers la base des pennes, ovalesMnéaires ou linéaires-lancéolées vers leur milieu et leur sommet, en cœur à la base, à bords plus ou moins convexes, se rétrécissant peu à peu vers le haut, obtures ou obtusement aiguës au sommet^ munies sur leurs bords, surtout dans leur région supérieure, de courtes dents triangulaires obtusément aiguës et souvent peu visibles, à surface un peu bombée, longues de 15 à 20 mil* limètres, et larges de 6 & 16 millimètres. Pinnule terminale un peu plus longue que celles qui la précèdent. Pennes simplement pinnées remplacées parfois, probablement au voisinage de points de division du raohis, par de grandes pinnules simples, orbiculaires ou ovales.

Nervation souvent peu nette : nervure médiane assez forte, ne se subdivisant qu'à une très faible distance du sommet ; nervures secondaires naissant sous des angles aigus, très arquées, se divisant une ou plusieurs fois par dichotomie en nervules espacées^ au nombre de 7 à 10 par centimètre sur le bord du limbe.

Remarques paléontologiques. — On peut suivre, sur les diverses pennes de Téchantillon de la Pu XXVI,

que 868 grandes dimensions n'ont malheureusement pas permis de représenter en entier, la variation graduelle de forme des pinnules, qui, d'abord presque orbiculaires, deviennent plus loin quatre ou oinq fois plus longues que larges. Â la base de la plaque, le rachis porte du côté droit, au lieu d'une penne garnie de pinnules, une grande pinnule tout à fait simple (FiG. i'), à laquelle succèdent des pennes simplement pinnées, dont la longueur va d'abord en croissant : ainsi la penne a a, représentée en demi-grandeur Fig. 1 a, est plus longue que celle qui la précède ; puis vers le haut, la longueur diminue graduellement, et la fronde ou la portion de fronde se termine par une penne simplement pinnée semblable aux pennes latérales* Ce mode de terminaison se retrouve d'ailleurs sur la Fig. 2 de la Pl. XXVII et sur d'autres échantillons recueillis à Blanzy. Le rachis de ce grand échantillon de la Pl. XXVI étant interrompu un peu audessous de la pinnule simple qu'il porte à sa partie inférieure, il est impossible de dire avec certitude ce que représente cet échantillon : est-ce une fronde tout entière, ou une portion d'une fronde divisée par une ou plusieurs bifurcations successives du rachis principal, ou seulement une penne primaire? Les pennes de droite et do gauche paraissant bien également inclinées sur le rachis, je penche plutôt vers Tune des deux premières hypothèses que vers la dernière, les pennes primaires ayant assez habituellement leurs pennes latérales inégalement inclinées, celles du bas plus étalées que celles du dessus. D'autre part, la grande pinnule simple que le rachis porte vers sa base donne à penser qu'il pourrait bien y avoir eu un peu plus bas une bifurcation du rachis, cette pinnule se trouvant alors placée du côté intérieur de la bifurcation ; en ce cas l'échantillon de la Pl. XXVI ne représenterait

qu'une portion d'une fronde peut-être très grande, dont le rachis pourrait s'être bifurqué à plusieurs reprises ; mais il est impossible, faute de renseignements plus complets, de se prononcer à cet égard d'une façon positive.

Le plus grand nombre des pinnules de cet échantillon paraissent, au premier coup d'œil, avoir leur bord parfaitement entier, les dents étant repliées en dessous ou engagées encore dans la roche ; mais j'ai réussi à 1 aide du burin, à les dégager sur divers points, notamment sur plusieurs des pinnules du côté supérieur de la penne a a. De même sur les Fig. 1, S, 4 et 5 de la Pl. XXVII, les dents ne sont bien visibles que sur certaines pinnules, tandis que d'autres semblent avoir le bord entier. Quant à la Fig. 3 de la même planche, elle me parait représenter une pinnule analogue à celle de la Fig. 1',Pl. XXVI, mais placée peut-être plus bas encore sur le rachis.

Le limbe de ces pinnules semble avoir été assez épais, et la nervation est, par suite, souvent difficile à distinguer. Il arrive assez fréquemment que l'intervalle compris entre les nervures est aussi foncé ou même plus foncé que celles-ci, comme on le voit Fig. 4A, Pl. XXVII. Quelquefois même, comme sur l'échantillon de la Pl. XXVI, les nervures sont complètement ou presque complètement invisibles, et les pinnules sont seulement marquées de larges lignes noires ou brunes, arquées (Pl.XXVI, Fig. 1, 1 A, 1 B), occupant l'intervalle des nervures, et entre lesquelles on aperçoit de fines ponctuations, qui correspondraient peut-être à l'insertion de poils dont on ne discerne cependant aucune trace sur les autres empreintes.

Rapports et différences. — Le Nevr. crenulata se distingue facilement de toutes les espèces du même genre parlescréneluros de ses bords, qui ne se rotrou»

vent chez aucune autre. Par l'espacement de ses ner- "vules, il se rapproche des New. cordata et New, Blissi, mais il a les pinnules plus petites, surtout moins larges que le premier, les nervures plus fortes et le limbe beaucoup plus épais et à bords plus bombés que Tun et que l'autre.

Synonymie. — Je n'ai pu, malheureusement, retrouver au Muséum l'échantillon type de Brongniart, mais je n'ai aucun doute sur l'identiQcation, Brongniart ayant fait remarquer que les crénelures étaient plus courtes et moins distinctes qu'elles ne sont représentées sur sa figure; quant à l'apparence de pédicelle que les pinnules de cette figure type présentent à leur base, elle se retrouve, bien qu'un peu moins accentuée, sur quelques-uns des échantillons de Commentry, notamment sur ceux qui sont figurés Pl. XXVII, Fig. 4 et 5,

Provenance. — Tranchée de TEspérance, dans le banc des Roseaux. Puits Saint-Charles, 6"' étage, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Granche Couche.

NEVROPTERIS CORDATA. Brongniart.

(Pl. XXVII, Fig. 6 à 10; Pl. XXVIII, FiG. 1, 2.)

1830. Ifbvropteiis cordata. Brongniart, /ftsL végét. foss., I, p. 229, pl. 64, fig. 5. Stemberg, Ess. FI. monde prim., II, fasc. 5-6, p. 69 (pars). Gœppert, Sysi. fil. foss.j p. 192 (pars) ; Fos8. Fi. d. perm. Form.y^. 100 (pars), (an pl. XI, fig. 1, 2 ?).

1854. An Neuroptwis speciosa. Lesquereux, Boston Journ. Soc. nat. hisl., VI, p. 417?

1858. An Neuropteris Rogersi. Lesquereux, in Rogers, GeoL of. Penn*a, II, p. 856, pl. VIÏ, fig. 2?? Coal- Floray p. 83, pl. VI, fig. 7-10 ?

1883. Nevropterls speciosa. Brongniart, in Renault, Cows bot. foss.y III, p. 172, pl. 29, fig. 8, 9.

Description de Vespèce. — Fronde» probablement bipinnées (peut-être tripinnées ^?;, à rachis marqués de stries longitudinales plus ou moins régulièrea. Pennes de dernier ordre alternes ou suboppoaées, étalées ou étalées-dressées, à contour éti^oitement ovale-^ lancéolé, légèremerit rétrécies à leur base et ainincies vers le sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 12 à 35 centimètres et probablement davantage, sur 5 à 12 centimètres de largeur. Pinnules alternes ou subopposées, étalées ou étalées-dressées, contîguis ou empiétant même légèrement les unes sur les autres, plus rarement un peu espacées, de foime variable suivant la place qu'elles occupent, ovales ou orbiculaires vers la hase des pennes, à bords parallèles vers le milieu de celles-ci et quelquefois un peu convergents, tout à fait entières, arrondies ou obtuses au sommet, quelquefois obtusément aiguës, rarement tout à fait aiguës, à base cordifonne, à limbe plan et paraissant peu épais, longues de 2 à 9 centimètres sur ' 15 à 40 millimètres de largeur.

Nervation généralement très nette : nervure médiane assez fine, presque nulle sur les pinnules orbiculaires, mais se suivant, sur les pinnules linéaires, jusqu'aux trois quarts environ de leur longueur, puis se subdivisant en nervules ; nervures secondaires très fines, naissant sous des angles aigus, légèrement arquées, se divisant par plusieurs dichotomies en ?iervules espacées, aboutissant obliquement au bord du limbe, au nombre de 8 à 15 par centimètre.

Remarques paléontologiques. — Je n'ai vu de cette espèce que des échantillons trop peu complets pour pouvoir juger bien exactement du mode de constitution de la fronde et de la place que pouvaient occuper sur celle-ci les très grandes pinnules ovales ou orbiou-* laires, telles que celles des Fie. 7 et 8, Pl* XXVII,

qu'on trouve associées aux pennes simplement pinnées, et dont la nervation ne permet pas de douter qu'elles appartiennent à la même espèce. Il semble probable cependant qu'elles étaient fixées directement sur le rachis principal ou sur ses ramifications, peut-être audessous des premières pennes simplement pinnées, comme on le voit, pour le Nevi\ crenulato, sur les Pio, 1, 1' de la Pl. XXVI. Les pennes simplement pinnées sont souvent presque opposées deux à deux, ainsi que le montre la FiG. 10 de la Pl. XXVII et qu*on le constate sur un fort bel échantillon de Blanzy, donné à l'Ecole des Mines par M. Mathet et portant quatre pennes attachées par paires, presque opposées deux à deux sur un rachis de 15 millimètres de lar^ geur, et portant des pinnuies de 3 à 5 centimètres de longueur sur 15 à 20 millimètres de lai'geur ; l'une de ces pennes se suit sur 0™,30, et le point où elle est brisée semble devoir être encore assez éloigné du Hommet ; d'autres pennes, provenant également de Blanzy et qui se trouvent au Muséum, ont des pin* nules presque doubles comme longueur et comme largeur de celles dont je viens de parler, ce qui donne à penser que ces pennes devaient atteindre une longueur totale considérable. Sur les échantillons qui présentent Textrémité des pennes, comme celui de la Pig. 1, Pl. XXVIII, on remarque que les pinnuies, en approchant du sommet, tendent à devenir obtusément aiguës ou même aiguës au sommet. Leur forme générale varie^ d'ailleurs, dans d'assez larges limites suivant la place qu'elles occupent, les pinnuies voisines de la base des pennes étant plus larges et surtout plus courtes que les suivantes, ainsi qu'on le voit sur la Fio. 10 de la Pl. XXVII ; la comparaison des Fig. 6 à 10 de cotte planche et 1 et 2 de la Pl. XXVIII montre

bien, du reste, la série des formes que peuvent prendre

ces pinnules, d'un point à l'autre de la fronde ; peutêtre celles de la Fig. 9, Pl. XXVII, sont-elles attachées directement sur une branche du rachis principal, audessous de pennes simplement pinnées, comme je r»î supposé tout à l'heure pour celles des Fig. 7 et 8, ou bien encore le rachis était-il garni, entre les pennes simplement pinnéos, de pinnules attachées directement sur lui : il semblerait, sur cet échantillon de la Fie. 9, qu'il en soit ainsi, et que la petite penne garnie de pinnules normales qui descend vers le bas ait été portée par le rachis auquel sont fixées les grandes pinnules orbiculaires ; mais cette petite penne est à uq niveau un peu plus bas que le reste de l'empreinte, et je crois qu'il n'y a là qu'une juxtaposition accidentelle ; d'ailleurs, sur l'échantillon de Blanzy dont j'ai parlé tout à l'heure, le rachis principal ne porte directement aucune pinnule.

De toutes les formes que peuvent oiTrir les pinnules du New, cordata, la plus rare est celle à sommet tout à fait aigu, et ces pinnules pointues ne se rencontrent guère qu'isolées, comme on le voit sur la Fig. 2 de la Pl. XXVIII ; j'ai également observé, parmi les échantillons de Oarmaux, où le New. cordata est assez commun, une de ces pinnules, mais encore plus effilée au sommet et tout à fait semblable, sauf ses dimensions un peu plus faibles, à celle qu'a figurée Brongniart; leur nervation est, d'ailleurs, parfaitement identique à celle des pinnules à sommet arrondi. Peut-être ces grandes pinnules pointues occupaient-elles sur la fronde une position particulière, et étaient-elles, par exemple, attachées directement sur le rachis au voisinage du sommet de la fronde, faisant suite à des pennes simplement pinnées, comme on le verra plus loin chez le New. dispar.

Los pinnules du Necr. cordata semblent, quelles que

soient leur forme et leurs dimensions, avoir eu un limbe extrêmement délicat, sur lequel les nervures sont presque toujours nettement visibles, à moins, bien entendu, que la roche qui porte Tempreinte n*ait un grain par trop grossier, rendant alors la nervation peu distincte par suite de la finesse même des nervures. Assez souvent le parenchyme a complètement disparu, et il ne reste que Tépiderme, à peu près translucide, coloré en brun clair, avec les nervures tranchant sur lui par leur couleur foncée : tel est le cas, notamment, des échantillons Fie. 9 et 10, Pl. XXVII ; cette disparition du parenchyme est certainement due à une macération plus ou moins prolongée, laquelle a eu en même temps pour eflet de dissocier sur quelques points les vaisseaux qui constituent les nervures et dont quelques-uns se détachent çà et là des bords de celles-ci pour venir s'y rattacher un peu plus loin.

Rapports et différences. — Le Nevr. cordata se distingue facilement des autres espèces du même genre par les grandes dimensions qu'acquièrent souvent ses pinnules, ainsi que par la netteté de sa nervation, formée de nervures très espacées ; à ce dernier point de vue, elle se rapproche du Nevr. crenulata et du Nevr. Blissij mais elle dilTère du premier par son limbe moins épais et surtout par l'absence complète de crénelures sur le bord des pinnules, ainsi que par les dimensions plus grandes de celles-ci et surtout par leur plus grande largeur relative ; c'est également par ce dernier caractère qu'elle se distingue du Nevr. Blissij qui a en outre le limbe plus épais, les pinnules plus espacées, toujours obtusément aiguës au sommet, la nervure médiane plus forte et les nervures secondaires un peu plus dressées et moins divisées.

Synonymie. — La grande pinnnule pointue que Brongniart a figurée comme type de son Nevr. cordata

représente, ainsi que je Vai dit, une forme, sinon exceptionnelle, du moins assez rare, de l'espèce que je viens de décrire; mais les autres échantillons, notamment d'Âlais, qu'il a cités sans les figurer, montrent la forme normale, tout à fait semblable à celle de Téchaatillon que j'ai représenté Pl. XXVII, Pig. 10; d'ailleurs la nervation, très exactement décrite par Brongniart, est parfaitement la même sur Tune et sur l'autre forme et suffirait à la rigueur à l'identification.

C'est cette même espèce, mais à pinnules plus grandes et devenues translucides par la disparition de leur parenchyme, quo Brongniart a étiquetée plus tard, dans les collections du Muséum, sous le nom de Nevr. ^peciosa, publié en 1883 par M. Renault. Mais ce nom spécifique avait été appliqué antérieurement par M. Lesquereux à une espèce qu'il a ensuite nommée Nevr. Rogersi et qui, d'après les figures de la Coàl-Flora, ne différerait peut-être pas du Nevr. cordata ; toutefois, la ligure type publiée par lui dans la Geology of Pennsylvania, représentant une pinnule excessivement grande et à nervures peut-être un peu plus serrées que celle du Nem\ covdata, m'inspire des doutes sérieux sur Fidentification.

Je me suis abstenu de citer dans la synonymie plusieurs figures publiées par divers auteurs sous le nom de New. coi^data^ et qui représentent en réalité, non l'espèce de Brongniart, mais bien le New. Scheitchzeri Hoffmann. Quant à la figure donnée par Gœppert dans sa Flore do la formation permienne, je ne l'ai inscrite elle-même qu'avec quelque hésitation, les pinnules dont elle offre le dessin me paraissant un peu trop étroites eu égard à leur longueur, leur nervure médiane étant un peu trop forte et trop prolongée et leurs nervures secondaires un peu trop serrées pour être rapportées avec certitude au New, cordata.

Provenance. — Puits Forêt, 8"** étage, dans le banc doB Roseaux. Tranchée de Foret, dans un banc de grés au mur de la Grande Couche, et à 8 ou 10 mètres à son toit. Tranchée de l'Espérance, dans les bancs de poudingues. Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"*' couche. Puits du Bourg.

Houillère de Doyet.

NEVROPTBRIS BLISSI. Lesqukreux.

(PL, XXVIII, fig. 3 à 6).

18B4. Neuropteris Bliasii. Lesquereux, Coal-Floray III, p. 737, pi. XCV, fig. 1,1 a.

Description de V espèce. — Frondes probablement bipinnées(ou tripinnées?) Pennes de dernier ordre liné^ aires-lancéolées, rétrécies vers le sommet en pointe obtusément aiguë, larges de 8 à 12 centimètres, à ra^ chis très légèrement strié en long. Pinnules alternes, assez étalées, ne se touchant pas par leurs bords, liné^ aires-lancéolées, en cosur et souvent un peu dyssymétriques à la base, à bords parallèles, puis amincies vers le sommet en pointe obtusément aiguë ou plus rarement tout à fait aiguë, en général quatre à cinq fois plus longues que larges, longues de 3 à 6 centi« mètres sur 6 à 15 millimètres de largeur.

Nervation assez nette : nervure médiane droite^ assez large à la base, se suivant jtisqu'avM trois quarts ou aux cinq sixièmes de la longueur; nervures secofi" daires fines, naissant sous des angles extrêmement aigus, légèrement arquées, une ou plusieurs fois di* visées par dichotomie en nervules espacées, au nom^ bre de 12 à 15 par centimètre.

Remarques paléontologiques . — M. Lesquereux a figuré de cette espèce un fragment de penne long de

0"',24, brisé un peu au-dessous du sommet, et portant une série de pinnules presque toutes égales en longueur, les plus basses ne paraissant subir aucun raccourcissement; peut-être, cependant, les pennes se rétrécissaient-elles un peu à leur base, comme celles des deux espèces précédentes. La position qu'occupent les deux portions de pennes de la ViG. 6, Pl. XXVIII, presque exactement parallèles Tune à l'autre, indique qu'elles devaient s'attacher sur un rachis commun et que, par conséquent, la fronde devait être bipinnée ; à leur sommet les pennes se rétrécissaient assez rapidement, comme on le voit sur les Fig. 3 et 4 de la même planche. Le rachis principal portait sans doute, conune chez les Nevr. crenulatsL et New, corcUite, des pinnules orbiculaires fixées directement sur lui, peut-être audessous des pennes normales, car sur la plaque dont la Fio. 6 représente une portion, l'on observe, au milieu d'un grand nombre de pinnules détachées de cette espèce, une grande pinnule orbiculaire, reproduite sur la Fig. 5, parfaitement identique comme nervation aux pinnules normales, sauf l'absence de nervure médiane, et offrant, comme ces dernières, un limbe relativement épais.

Rapports et différences. — Le Nevr, Blissi ressemble beaucoup au Nevr. cordata, et, lorsqu'on n'a affaire qu'à des échantillons peu complets, il est fort difficile de les distinguer l'un de l'autre, le Nevr. cordafa ayant, vers l'extrémité de ses pennes, ainsi qu'on le voit notamment sur la Fig. 1 de la Pl. XXVIII, des pinnules assez étroites, obtusément aiguës et légèrement espacées, très analogues à celles du Nevr. Blissi; mais, lorsqu'on s'éloigne du sommet, les pinnules s'élargissent, s'arrondissent au sommet et se rapprochent les unes des autres, ce qui ne paraît pas avoir lieu chez le Nevr. Blissi; celui-ci se distingue donc par ses pinnu-

les plus étroites, plus longues par rapport à leur larg^eur, toujours obtusément aiguës au sommet, bien sé^ parées les unes des autres, et à limbe moins délicat ; en outre, la nervure médiane est plus forte et se prolonge plus loin, et les nervures seeondaires sont un peu plus dressées et moins divisées.

Provenance. — Tranchée de Forêt, dans un banc de grès, au mur de la Grande Couche, et à 8 mètres à son toit.

En Amérique, le New. Blissi a été trouvé à Mazon- Creek (Illinois), où il est associé à de nombreuses espèces de notre étage houiller supérieur.

NEVROPTERIS MATHERONI. n. gp.

(PL. XXVin, FiG. 7).

Description de Vespèce. — Fronde probablement bipinnée (ou tripinnée ?} Pennes de dernier ordre larges de 6 & 7 centimètres. Pinnules opposées ou subopposées, rapprochées, mais se touchant à peine par leurs bords, étalées à angle droit et souvent un peu arqvAes en avant^ linéaires-lancéolées, effilées au sommet en pointe aiguë ou obtusément aiguë, très légèrement contractées en cœur et faiblement dyssym.étri'qu£s à la base, un peu plus élargies du côté antérieur que du côté postérieur et peut-être soudées au rachis par une très légère portion de leur base, longues de 3 à 4 centimètres sur 7 à 10 millimètres de largeur.

Nervation très nette : nervure médiane assez forte^ bien marquée en creux, se suivant jusqu'à une faible distance du sommet de la pinnule ; nervures secondaires nombreuses^ fines, se détachant sous des angles assez aigus, fortement arquéeSy se divisant plusieurs fois par dichotomie en nervules très serrées, atteignant

presque noy^màlement le bord du limbe et au nombre de 35 à iOpar centimètre.

Remarques p&léontologiques. -— L'échantillon figuré Pl. XXVIII, Fio. 7, est le seul que j'aie vu de cette espèce, et il est évidemment trop peu étendu pour qu'on puisse se faire une idée du mode de constitution de la fronde: il est probable cependant qu'elle était au moins bipinnée, et plutôt bipinnée que tripinnée, comme les espèces précédentes.

R&pports et difféi^enàes. — Par son aspect général, ce Nevropteris rappelle un peu les Callipteridium et particulièrement le Cal. gigsts, bien que chez celui-ci les pinnules soient plus arrondies ; mais il a les pinnules libres, au moins par la plus grande partie de leur base, et son attribution générique ne peut faire Tobjet d'un doute. 11 se distingue des espèces qui précèdent par ses nervures beaucoup plus serrées et plus étalées, et de celles qui suivent par la forme même des pinnules, pointues au sommet et non arrondies.

N'ayantpul'identifier à aucune espèce déjà connue, je lui ai donné le nom de l'un des collaborateurs de M. Fayol, M. Matheron, ingénieur-divisionnaire à Commentry.

Provenance. — Tranchée de Forêt, à 15 mètres au toit de la Grande Couche.

NEVROPTERIS PLANCHAHDI. n. sp.

(Pl. XXVIII, FïG. 8, 9.)

Description de Vespèce, — Frondes probablement bipinnées (ou tripinnées?). Pennes de dernier ordre larges de 35 à 60 millimètres, à bords parfLllèles, probablement obtuses au sommet, à rachis marqué de quelques stries longitudinales un peu onduleuses,

I^innules alternes ou subopposées, étalées à angle jpreaque droit sur le rachis, se touchant par leurs bords, parfois faiblement séparées, ovaleS'-linéaireSj légèrement contractées en cœur à la base, à bord inférieur un peu plus dilaté que le supérieur, ai*rondies a.ii sommet, longues de 15 à 30 millimètres sur 5 à 10 millimètres de largeur.

Nervation assez nette : ney^ure médiane bien marquée, se suivant environ jusqu'aux trois qtiarts de la longueur des pinnules; nervures secondaires nom^ bvBUses, naissant sous des angles aigus, très arquées ^ plusieurs fois dichotom^es ; nervules très serrées, atteignant le bo)*d du limbe sous des angles très ouverts ox même presque droits, au nombre de iô k 50 par centimètre.

Remarques paléontologiqv£s. — Cette espèce n'est connue, de même que la précédente, que par des fragments de pennes de dernier ordre, et il est impossible de se prononcer sur le mode de constitution de la fronde, bien qu'il semble probable que celle-ci devrait être bipinnée ; toutefois une espèce analogue, comme forme et comme dimensions des pinnules, ainsi que comme nervation, le Nevr. gigantea, de Tétage houiller moyen, avait certainement des frondes tripinnées, de telle sorte qu'il a bien pu en être de même pour le Nevr, Plan* chardi ; comme chez le Nevr, gigantea, les pennes de cette espèce devaient se terminer par une pinnule plus petite que toutes les autres, à en juger d'après Téchantillon de la Fio. 8» Pl. XXVIII, sur lequel on voit les pinnules diminuer peu à peu vers le sommet ; malheureusement la pinnule terminale elle-même a disparu. Le rachis de cet échantillon présente, dans sa région supérieure, de petites ponctuations saillantes irrégulièrement réparties, qui correspondent vraisemblablement à un champignon parasite.

Rapports et différences. — Le Nevr. Planchardi ressemble, ainsi que je viens de le dire, au Nevr, gtgantea, mais il a pourtant les pinnules un peu pliis longues par rapport à leur largeur, et un peu moiis serrées, se touchant seulement, mais ne se recouvrant pas les unes les autres ; de plus ses nervures seccndaires sont plus fortement arquées et un peu mous divisées, et les dernières nervules, par conséqueit^ sont moins serrées.

Il a aussi une assez grande ressemblance avec le New. ga{h'ca,mais il a les pinnules un peu plus coures proportionnellement à leur longueur, moins rétréces vers leur sommet, moins arquées, et surtout absolument glabres sur Tune et Tautre face, ainsi qu*on le constae sur les points où la disparition de la lame charboi* neuse a laissé à nu l'empreinte de la face inférieur' des pinnules ; le limbe parait, en outre, avoir été plus épais.

Il diffère enfin du Nevr, MEtheroni par ses pinnules à sommet arrondi, et des espèces qui ont été décrites avant ce dernier par sa nervation infiniment plus dense.

L'espèce m'ayant paru nouvelle, je me suis fait un plaisir de la dédier à M. Planchard, ingénieur divisionnaire à Commentry, qui a pris une part dos plus actives à la récolte et au classement des empreintes végétales.

Provenance — Tranchée Saint-Edmond, à 23 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée de TOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"* couche.

NEVROPTERIS GALLICA. n. sp.

(PL. XXIX, FiG. 1 à 3).

Description de Vespèce. — Frondes probablement bipinnées (ou tripinnées ?), Pennes de dernier ordre

linéaires^lancéolées, à bords parallèles, puis convergeant graduellement vers le sommet, probablement terminées en pointe obtuse, longues de plus de 30 centimètres sur 5 à 8 centimètres de largeur, à rachis asi^ez régulièrement strié en long. Pinnules alternes^ étalées ou étalées-dressées, souvent un peu arquées en avant, se louchsint habitiiellement par leurs bords , quelquefois plus séparées ou au contraire empiétant les unes sur les autres, suivant qu'elles sont plus ou moins étalées, à contour étroitement ovale-linéaire^ en cœur et brièvement pédicellées à la base, à bords faiblement convergents vers le haut, ai^ondies au sommety trois fois et demie à quatre fois plus longues que larges, longues de 3 à 4 centimètres sur 8 à 10 millimètres de largeur, couvertes à leur face infé^ vieurey le long de la nei^ure médiane et sur 1 millimètre à l^^jS de largeur de chaque côté de celle-ci, de poils flnSy appliqués, très serrés, longs de O^^jS à 1 millimètre, d'abord parallèles à la nervure, puis divergeant légèrement à droite et à gauche.

Nervation assez nette : nervure médiane bien marquée, assez forte, se suivant au tnoins jusqu'aux quatre cinquièmes de la longueur des pinnules ; ner^ r>ures secondaires nombreuses, naissant sous des angles aigus, très arquées, se divisant par plusieurs dichotom,ies en nervules très serrées, atteignant presque normalement le bord du limbe, au nombre de iO à 50 par centimètre.

Remarques paléontologiques. — Comme pour les deux espèces qui précèdent, les échantillons recueillis, ne montrant que des fragments plus ou moins réduits des pennes de dernier ordre, laissent planer une incertitude complète sur le mode de constitution de la fronde, qui pouvait être tout aussi bien tripinnéo que bipinnée ; il semble toutefois plus probable qu'elle n'était que

bipinnée, vu la longueur considérable des pennes de dernier ordre, la penne incomplète de la Fig. 1, Pl. XXIX, mesurant déjà O^^^dO d*une extrémité à l'autre et ne montrant pas sa base. Cette penne est même brisée aussi un peu au-dessous du sommet, et Von peut se demander si la pinnule terminale était plus longue ou plus courte au contraire que celles qui la précédaient, bien que cette dernière hypothèse semble la plus vraisemblable, à en juger d'après le raccourcissement très marqué des dernières pinnules visibles. Sur cet échantillon comme sur celui de la Fig. 3, les pinnules, dont le limbe parut avoir été assez peu épais, sont réduites à leur épiderme, représenté par une mince pellicule d'un brun rougeâtre, sur laquelle, surtout quand on la mouille, les nervures se détachent avec une extrême netteté. La face supérieure des pinnules est absolument nue, mais sur l'empreinte laissée par leur face inférieure, l'origine des nervures secondaires et la nervure médiane elle-même sont voilées par des poils nombreux, qui ont laissé sur la roche une impression très nette ; ils sont notamment très visibles sur l'échantillon de la Fig. 2, où ils forment une bande de près de 3 millimètres de largeur totale au milieu de chaque pinnule.

Ra^pports et différences. — Cette espèce ressemble surtout au New. Planchardi, mais elle a les pinnules plus longues, plus effilées vers le haut, plus symétriques à leur base, plus nettement pédicellées, et sensiblement arquées en avant ; le limbe de celles-ci semble en outre avoir été plus épais, et les pennes de dernier ordre paraissent s'effiler plus graduellement vers leur sommet. Mais ce qui la distingue le plus nettement, c'est la présence, à la face inférieure des pinnules, de ces poils fins et abondants qui couvrent la nervure mé-

diane sur toute sa longueur, et dont on ne trouve aucune trace chez le New, PlsLUchardi,

Provenance. — Tranohée Saint-Âugustin, dans les schistes à 3°* au toit de la Grande Couohe. Tranohée de Forêt^ à lO'" au toit de la Grande Couohe.

NEVR0PTBR18 HORRIDA. n. »p.

(PL. XXXII, FiG. 1, 2.)

Deêcription de l'espèce. — Fronde probablement bi-

pinnée (ou tripinnée ?). Pennes de dernier ordre larges

de 4 à 6 centimètres, à bords parallèles. Pinnules

alternes ou subopposées, étalées-dressées ou dressées^

empiétant assez fortement les unes sur les autres, à

contour étroitement aoale^linéaire, contractées à la

base et attachées par un seul point, à bords d'abord

parallèles, puis légèrement convergents vers le haut,

arrondies au sommet, longues de 25 à 35 millimètres

sur 6 à 8 millimètres de largeur, couvertes sur leurs

deuLx faces de poils en navette longs de 0""",5 à i'"",5,

très serrés, disposés en une bande médiane de 3 à 4

millimètres de largeur et en outre en une mince ligne

sur le bord du limbe.

Nervation masquée presque complètement par ces poils ; nervures secondaires se divisant par dichotomie en nei^ules aboutissant au bord du limbe sous des angles très ouverts, au nombre de 25 à 30 par centi- Tfiètre.

Remarques paléontologiques. — Les Fm. 1 et 2 de la Pl. XXXII montrent les deux seuls échantillons de cette espèce qui aient été recueillis ; sur celui de la Pio. 1, les pinnules de droite sont rabattues les unes sur les autres tout le long du rachis commun, et il est impossible de discerner la forme de leur base ; le re*

couvrement mutuel de celles de gauche indique toutefois qu'elles ne pouvaient être attachées au rachis qoe par une très faible partie de leur largeur. On distingue, du reste, assez nettement leur portion inférieure et quelques points de l'autre échantillon, celui de la Fis. 2, pour constater qu'elles sont contractées à la base et fixées seulement par un point (Fig. 2 C), ce qui, avec le peu qu'on arrive à voir de la nervation (Fig. 2 B), permet de classer ces fragments de pennes dans le genre Nevropteris ; mais il est impossible de rien conclure quant au mode de constitution de la fronde.

Sur ces deux échantillons, le limbe des pinnules, réduit vraisemblablement à Tépiderme, est conservé sous forme d'une lame d'un brun rougeâtre très £ublement translucide, sur laquelle les poils, probablement très résistants et coriaces, apparaissent comme de petites aiguilles noires aiguës aux deux bouts ; sur quelques-uns d'entre eux une légère dépression en leur milieu indique le point par lequel ils s'attachaient au limbe ; c'étaient, par conséquent, des poils en navette, semblables à ceux qu'on observe sur certaines plantes actuellement vivantes, et notamment chez les Malpighiacées, mais dont il n'a pas encore, à ma connaissance, été signalé d'exemple chez les Fougères. Les figures grossies 2 A, 2 B, 2 G, montrent la disposition de ces poils, qui forment au milieu des pinnules une large bande hérissée, sur les bords de laquelle ils divergent légèrement à droite et à gauche ; on les retrouve en outre sur le bord du limbe, constituant une ligne extrêmement fine courant le long de ce bord. Sur les points où la lame qui représente le limbe a disparu, on constate également, sur l'empreinte de Vautre face des pinnules, la présence de ces poils, aussi nombreux, aussi serrés, et afTcctant la même disposition.

Lfe rachis lui-même en est muni aussi, mais en moins ^ra.nde abondance que les pinnules.

Rapports et différences. — Par sa villosité, cette espèce rappelle le Nevr, gallicsL, mais chez celui-ci Les poils sont infiniment moins abondants et moins épstis, ils ne masquent ni la nervure médiane, ni la b&se des nervures secondaires, dont ils rendent seulement, en se croisant avec elles, le cours plus difficile à discerner ; ils sont aussi moins longs et surtout moins larges, et paraissent être des poils simples, fixés peLT un bout et libres à l'autre, au lieu d'affecter cette forme en navette qui est relativement rare ; enfin ils n'existent que sur la face inférieure des pinnules, et n'y occupent que la région médiane, le bord restant parfaitement glabre. D'ailleurs, à ces différences s'ajoute celle de la forme même des pinnules, plus petites, plus étroites, plus dressées chez le Nevr. horrida, et, à ce qu'il semble, à peine ou même nullement échancrées en cœur à la base ; enfin le limbe parait avoir été plus épais chez ce dernier que chez l'espèce précédente, et les nervures sont notablement moins serrées.

Provenance, — Tranchée du Pré Gigot, à 5 mètres au toit de la Grande Couche.

NEVROPTERIS DISPAR. n. sp.

(Ph. XXIX, FiG. 6.)

Description de lespèce. — Fronde probablement tripinnée (peut-être seulement bipinnée ? ?}. Pennes de dernier ordre alternes, àtalées-dressées, espacées d'un même côté de 3 à 4 centimètres, ne se touchant pas ou se touchant à peine par leurs bords, à contour linéaire-lancéolé ou très étroitement triangulaire, graduellement effilées vers l'extrémité, aigrîtes au sommet^

longues de 7 à 15 centimètres sur 20 à 35 millimètres de largeur. Pinnitles alternes, étalées ou étaléesdressées, se touchant par leurs bords, ovsLles-linéair^^ contractées en cœur à la base, à bords parallèles ou faiblement convergents, arrondies au sommet^ longue de 8 à i 8 millimètres sur 4 à 6 millimètres de largeur, munies à leur face inférieure, sur une certaine largeur à droite et à gauche de la nervure médiane, de poils appliqués, assez nombreux, parallèles à cette nervure. Pinnule terminale plus grande que toutes les autres, très aiguë au sommet. Pennes simplement pinnées remplacées vers le sommet des pennes primaires ou de la fronde par de grandes pinnules étroitejuent triangulaires, en cœur à la base, très aiguës à leur extrémité, longues de 4 à 6 centimètres.

Nervation assez nette : nervure médiane se suivant jusqu'aux deux tiers ou aux trois quarts de la longueur des pinnules ; nei^ures «econdan^es nombreuses, fines, naissant sous des angles aigus, arquées, se divisant par plusieurs dichotomies en nervules serrées^ au nombre de kO à bOpar centimètre.

Remarques paléontologiques. — L'échantillon représenté sur la FiG. 6 de la Pl. XXIX est le seul que j'aie vu de cette espèce ; il ne donne évidemment, sur la constitution de la fronde, que des renseignements insuffisants; mais il est assez vraisemblable, d*après son analogie avec le Nevr, heterophylla, que cette espèce devait avoir des frondes tripinnées. Les poils dont sont munies ses pinnules ne se montrent que sur l'empreinte laissée par la face inférieure du limbe, la face supérieure de la lame charbonneuse qui représente celui-ci n'offrant aucune trace de vîUosité.

Rapports et différences. — La substitution brusque de grandes pinnules ou plutôt de pennes simples, à bord entier, aux pennes normales bipinnées, rapproche

cette espèce des Nevr. heterophylla, Nevr, rarinervis et Mevr. tenuifolia, mais elle se distingue d'eux tous par les poils que ses pinnules présentent à leux face inférieure et surtout par le dimorphisme de ses pinnules, les petites pinnules étant arrondies au sommet et les grandes pinnules terminales étant au contraire très aiguës. A cet égard, elle rappelle le Nevr. cov" data, qui, comme je l'ai dit, a quelques pinnules poin« tues, alors que ses pinnules normales sont tout à fait arrondies, mais qui diffère, en tout cas, du Nevr. dispar par les dimensions beaucoup plus grandes de ses pennes et de ses pinnules, et par sa nervation infiniment moins serrée.

Pi'ouenance. — Tranchée de Longeroux, à 3 ou 4 mètres au toit de la Grande Couche.

NBVROPTBRIS STIPULATA. n. sp.

(Pl. XXIX, FiG. 5.)

Description de l'espèce. — Fronde probablement tripinnce (ou peut-être bipinnée ?). Rachis des pennes primaires large de 3 à 5 millimètres, strié en long. Pennes de dernier ordre alternes, étalées-dressées, empiétant légèrement les unes sur les autres ^ à contour linéaire-lancéolé, contractées au sommet en pointe obtuse, longues de 8 à 12 centimètres sur 16 à 20 millimètres de largeur. Pinnu/es alternes, étalées-dressées, empiétant un peu les unes sur les autres, à contour ovale, en cœur et faiblement dilatées à la base, à bords parallèles, arrondies au sommet, longues de 8 à 12 millimètres sur 5 à 8 millimètres de largeur ; pinnule terminale un peu plus grande que celles qui la pré" cèdent, rhomboîdale à angles arrondis ; pinyiule basilaire de chaque penne, du côté supérieur, remplacée par une courte penne simplement pinnée, de 15 à 20

millimètres de longueur, garnie de petites pinnule^s ovales, arrondies au sommet, longues de 3 à 5 millimètres sur 2 à 3 millimètres de largeur, et terminée par une pinnule plus grande, rhomboîdale, obtusément aiguë ou aiguë au sommet. Pinnules gla>bres.

Nervation assez nette : nervure médiane se résolvant en nervules vers la moitié ou les deux tiers de la longueur des pinnules; nei^ures secondaires fineSy naissant sous des angles aigus, arquées, divisées par plusieurs dichotomies en nervules serrées^ aboutissant au bord au nombre de 40 à 50 par centimètre, un peu moins serrées sur les plus petites pinnules.

Remarques paléontologiques. — Il est possible que réchantillon de la Pl. XXIX, Fig. 5, représente une fronde ou plutôt une portion de fronde avec ses pennes primaires à droite et à gaucbe ; mais il est plus probable, d'après ses dimensions et d'après Tanalogie qu'il présente avecle iVeur. heterophylla, qu'il ne faut voir là qu'une penne primaire, et que par conséquent la fronde était tripinnée. Peut-être vers le bas devenait-elle quadripinnée, d'autres pinnules que la pinnule basilaire antérieure faisant place à des pennes bipinnées ; mais cela me semble peu vraisemblable, étant donnée la constance avec laquelle, sur cet échantillon, pourtant assez étendu, la pinnule basilaire antérieure de chaque penne est la seule qui subisse cette transformation, celle du côté inférieur demeurant parfaitement entière. Il en est de même, du reste, sur un autre échantillon plus petit, mais à pinnules un peu plus grandes, recueilli au même niveau. Ce n'est donc pas là une transformation accidentelle, mais bien un caractère fixe, et il est permis de croire qu'il subsiste sur toutes les parties de la fronde.

Rapports et différences. — C'est par ce caractère que le Nevr. slipulala se distingue de plusieurs espèces

du groupe du New. heterophylla avec lesquelles il offre, au premier coup d'œil, une assez grande ressemblance, mais chez lesquelles la transformation des pinnules en pennes simplement pinnées embrasse un nombre de pinnules variable, etgraduellement croissant à mesure qu^on s'é]oigne du sommet, soit de la fronde, soit des pennes primaires.

Provenance, — Puits de l'Ouest, à 0",50 au toit de la 6'"* couche.

NEVROPTERIS HETEROPHYLLA. Brongniart.

(Pl. XXIX, FiG. 4.)

1822. Filicites (Nevropteris) heterophyllus. Brongniart, Class. végét. foss.j p. 33, 89, pl. Il, fig. 6 a, b.

1828. Nevropteris heterophylla. Brongniart, Prodr., p. 53; Hist. végét. foss., I,p.243, pl. 71 ; pl. 72, fig. 2. Sternbepg, Ess. FI. monde prim.f II, fasc. 5-6, p. 72. Lindley et Hutton, Foss.Fl Gr. BriL, III, pl. 183. Sauveur, Vég. foss. ierr, houill. Delg., pl. XXIX, fig. 3, 4 ; pl. XXX, fig. 1, 2. Rœhl, Palœontogr., XVIII, p. 37, pl. XVI, fig. 5, 6. Heer, FI. foss. Ilelvet,, p. 23; pl. IV, fig. 1, 2 {an ûg. 3 ?) ; (an pl. V, fv^. 4 ?). Zeiller, Expl. Carte géoL Fr.y IV, p. 49 [pars), pl. CLXIV, fig. 1 [non fig. 2) ; Flore foss. du bass, houill. de Valenciennes, p. 261, pl. XLIII, r\g. 1, 2; pl. XLIV, fig. 1. Weiss, Au$ d. Steinh,, p. 14, pl. 14, fig, 88. Renault, Cours bot. foss. t III, p. 170, pl. 29, fig. 0, 7.

1833. Neuropteris Brongniartil. Stcrnbcrg; Ess. FI. monde prim., II, fasc. 5-6, p. 72.

1830. Nevropteris Loshii. Brongnîart, Hist. végét. fos.y.y T, p. 242, pl. 72, fig. 1 ; pl. 73. Sternborir, Ess. FI. mond^ prim., II, fasc. 5-6, p. 72. Sauveur, Vég. foss. terr. fiouilL Belg.y pl. XXXI, fig. 1, 2. Gutbier, Verst. d. Rothl. in Sachs., p. 12, pl. IV, (ig. 2, 3. Sandborgcr, FI. d. ob. Sleink. im bad. Sc/iwarzw.,p. 6,pl. IV, fig. 1 . Rœhl, PalœontO'jr., XVIII, p. 37, pl. XVII.

1836. Gleichenit^s nt(UXOpieT0iô%uMœp^evt,Syst.fiLfass,^

p. 186, pi. IV, pl.V.

1838. Filicites Gkepperti. Presl, in Stcrnberg, Ess, FL

monde prvn,^ IF, fasc. 7-8, p. 175.

1862. Odontopteris oblongiiolia. Rœmcr, Palseontogr., IX,

p. 31, pi. VII, fîg. 1. Rœhl, Palmontogr,, XVIII, p. 43,

pi. XXIX, fig. 23.

1868. Odontopteris britanioa. Hœhl, ibid.^ p. 41 {pars), pi. XX, fig. 4.

1868. Odontopteris obtuailoba. Hœhl (non Naumann), ib\d.<, p. 42, pi. XVI, fig. 12-15.

Description de V espèce. — Frondes de grande taille, tripinnées, mais à ramifications souvent irrégulières et dyssymétriques. Rachis primaire large de 1 à 8 centimètres, nettement strié en long, ainsi que les rachis secondaires, souvent bifurqué en branches d'égale importance portant du côté interne de la bifurcation des pennes primaires d'abord simplement pinnées, et du côté externe des pennes primaires bipinnées, et muni en outre entre celles-ci de petites pennes simplement pinnées ; rachis primaire portant en outre çà et là de grandes folioles sessiles, en cœur à la base, ovales ou orbiculaires, à nervation rayonnante CCyclopteris).

Pennes primaires alternes, étalées ou étaléesdressées, espacées d'un même côté de 6 à 16 centimètres, empiétant plus ou moins les unes sur les autres, à contour étroitement ovale-lancéoléj rétrécics en pointe obtuse au sommet, longues do 15 à 50 centimètres sur 6 à 20 centimètres de largeur.

Pennes secondaires alternes ou subopposées, étalées ou étalées-drossées, contiguës ou empiétant un peu les unes sur les autres, linéaires-lancéolées j amincies au sommet en pointe obtuse, longues de 4 à 12 centijnètres sur t à 3 centimètres de largeur; pennes se-

condaires remplacées vers le sommet des pennes pri* maires moyennes et sur les pennes primaires supérieures par de grandes pinnules simples, longues de i à 2 centimètres sur 5 à 8 millimètres do largeur, arj'ondies au som,met.

Pinnules alternes ou subopposées, étalées ou éta« lées-dressées, droites, planes ou légèrement bombées sur les bords, contiguës ou empiétant un peu les unes sur les autres, ovales ou ovales-^linéaires, contractées en cœur à la base, parfois soudées au raohis par une faible partie de leur base, à bords parallèles ou fai« blement convergents, arrondies au sommet, longues de 5 à 20 millimètres et larges de 3 à 8 millimètres, suivant la place qu'elles occupent ; pinnule terminale plus grande que celles qui la précèdent, rhomboïdale à angles arrondis.

Nervation assez nette : nervure médiane assez forte à la base, se suivant jusqu'à une hauteur variable, suivant la forme plus ou moins allongée des pinnules ; nervures secondaires nombreuses, se détachant sous des angles très aigus, arquées, plusieurs fois divisées par dichotomie en nervules assez serrées, au nombre de 35 à 60 par centimètre.

Portions fertiles des pennes (d'après les observations de M. Kidston) dépourvues de limbe et réduites à un rachis plusieurs fois bifurqué en branches grêles portant chacune à leur sommet quatre sporanges (ou un involucre s'ouvrant en quatre valves).

Remarques paléontologiques. — Le Nevr. hetero'* phyllaest surtout répandu dans l'étage houiller moyen, et très commun notamment à tous les niveaux du bassin de Valenciennes ; il parait beaucoup plus rare dans l'étage houiller supérieur, mais il y a été déjà signalé à plusieurs reprises, particulièrement par Heer en Suisse et par Sandberger dans la Forêt-Noire ; d'après

une figure publiée par Gutbier sous le nom de Nevr. Loshii^ il s'élèverait même jusqu*à la base du permien. En tout cas, Téchantillon représenté sur la Fig. 4 de la Pl. XXIX, le seul d'ailleurs qui ait été trouvé à Commentry, ne diffère par aucun caractère de certaines formes de cette espèce^ qui paraît avoir été remarquablement polymorphe ; mais toutes ces formes sont liées les unes aux autres par des passages insensibles, et plusieurs d'entre elles s'observent souvent sur un seul et même échantillon, les pinnules se modifiant suivant la position qu'elles occupent sur la fronde. On voit sur la Fig. 4 de la Pl. XXIX que, vers le sommet, les pennes simplement pinnées sont brusquement remplacées, comme chez le New. dispar, par de grandes pinnules simples, à bord entier; mais ici ces pinnules ne diffèrent des pinnules normales que par la taille et sont, comme elles, arrondies au sommet.

On constate souvent, sur les grands échantillons de New. heterophylla, tels qu'on peut en recueillir dans les régions où cette espèce est abondante, que, comme chez les Odontopteris du groupe de YOdonf. Brardiy YOdont. minor par exemple, le rachis porte d'un côté des pennes simplement pinnées et de l'autre des pennes bipinnées, et entre celles-ci de petites pennes simplement pinnées; cette disposition est la conséquence d'une bifurcation du rachis, et les pennes simplement pinnées sont placées, en regard les unes des autres, sur les deux branches de la bifurcation, dans l'angle intome de celle-ci ; mais à mesure qu'on s'éloigne du point de division et que ces deux branches s'écartent l'une de l'autre, on voit succéder peu à peu, à ces pennes simplement pinnées, des pennes d'abord bipinnées à leur base, puis bipinnées sur une certaine longueur et enQn sur toute leur étendue, la ramifica-

tion redevenant ainsi symétrique d'un côté à Tautre du rachis.

Au-dessous de ces bifurcations, le rachis porte souvent de grandes folioles sessiles (Cyclopteris)^ orbiculaires ou réniformes, parfois dyssymétriques, à peu près semblables à celles qu*on a observées sur certains Odontopteris^ mais à bord habituellement entier.

Rapports et différences. — Parmi les espèces trouvées avec lui à Commentry, le Nevr. heterophylla ne ressemble guère qu'aux Nevr. dispar et Nevr, stipulata ; il se distingue du premier par ses pinnules plus larges par rapport à leur longueur, plus ovales, et entièrement dépourvues de poils, et surtout par la forme de ses pinnules terminales, arrondies et non aiguës au sommet. Comparé au Nevr. stipula ta, il a les pinnules moins carrées, c'est-à dire plus longues par rapport à leur largeur, et surtout il ne possède pas à la base do chaque penne cette unique petite penne simplement pinnée qui caractérise si nettement celui-ci.

Synonymie. — Les différents noms que je cite dans la liste synonymique correspondent aux différentes formes que le Nevr. heterophylla est susceptible de présenter et qui ont été originairement considérées comme spécifiquement distinctes. J*ai du reste donné ailleurs (1) sur cette synonymie des explications assez détaillées pour qu'il soit inutile d'y revenir ici à nouveau.

Provenance. — Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche.

(1) Flore fo68. du bass. houilL de VaZenciennes, p. 266.

Genre CYCLOPTERIS. Brongniart.

1828. Cydoptaiis. Brongniart, Prodr., p. 51 ; HisL végéL fos&.,

1849. Nephropteris. Brongniart, Tabl d. genr, d. végét. /bss.,

Feuilles généralement d'assez grandes dimensions, sivipleSy plus ou moins profondément échancrées en cœur à la base, à contour réniformey orbiculaire, ou ovale, et fréquemment dyssymétriques, attachées au rachis par un seul point, à bord entier, ou parfois lacéré ou frangé. Nei^vures nombreuses, toutes égales, rayo?inant à partir du point d'attache, plus ou moins arquées, se divisant plusieurs fois par dichotomie sous des angles aigus.

11 parait résulter des observations faites aux différents niveaux du terrain houiller que toutes les feuilles qui constituent ce genre étaient fixées directement sur le rachis principal des Nevropteris ou des Odonto^ pteris; mais comme on les trouve le plus souvent isolées, il est impossible de reconnaître de quelle espèce elles proviennent et même de quel genre faisait partie la plante dont elles dépendaient. On est donc obligé de les classer à part sous un nom générique spécial, qui s'applique aussi bien aux feuilles stipales AOdontopteris qu'à colles de Nevropteris, puisque rien ne permet de les distinguer les unes des autres. Si le genre Cyclopteris est placé ici, dans les Né^Toptéridées et non dans les Odontoptéridées, c'est que, par le mode d'attache de ses feuilles, fixées par un seul point, il ne saurait être classé dans ce dernier groupe, caractérisé par ses folioles soudées au rachis sur toute la largeur de leur base.

La délimitation des espèces dans le genre Cj/c/o-

pteris est fort délicate, en raison du peu de fixité des

caractères de forme et de dimension : on a constaté en

effet (1) que, sur un seul et même rachis, les folioles

sti pales pouvaient être tantôt nettement en cœur à la

l>ase, tantôt rétrécies et presque en coin, afTectant alors

une forme en éventail ; mais la nervation reste la même

et c'est, à ce qu'il semble, le caractère le plus sûr pour

la différenciation des espèces. Il est fort possible, du

reste, que les folioles stipales de diverses espèces, soit

d* Odontopteris , soit de NevropteriSy ne puissent pas

être distinguées les unes des autres et se trouvent ainsi

réunies, dans le genre Cyclopteris^ nous un seul et

même nom spécifique.

On a longtemps classé dans ce genre des feuilles qui, par leur forme et leur nervation semblaient en effet devoir en faire partie^ mais que M, Grand'Euryen a séparées génériquement sous le nom de Doleropteria et qui lui ont paru différer par un limbe plus épais et par l'interposition, entre les nervures véritables, de fausses nervures plus ou moins serrées et plus ou moins fines, correspondant à des canaux gommeux ou résineux courant dans l'épaisseur du limbe. On ne voit rien de semblable chez les vrais CyclopteriSj sur le limbe desquels il n'y a jamais, entre les nervures, de stries parallèles à celles-ci ; mais leurs nervures se divisent quelquefois, à la suite sans doute d'une macéra* tion un peu prolongée, en filets distincts se séparant par endroits les uns des autres pour se réunir un peu plus loin, irrégularité qui trouble légèrement la ner« vation et qui peut, si l'on n*y prend pas garde, faire croire à Texistenoe de fausses nervures comme dans le genre Doleropteris.

(I) Rœbl, PaU^ntographica, XVIII, pi. XVII.

CYCLOPTERIS RENIFORMIS. Brongniart.

(Pl, XXIII. FiG. 5.)

1830. Cydopterifl renilormis. Brongniart, Hist. vègèt. foss., I, p. 216, pl. 61 bis, fig. 1.

1B36. Adiantites renilormis. Gœppert, Syst. fil. foss.^ p. 220.

1869. NephrcypteriB reniiormis. Schimper, Trait, de pal. vég.t I, p. 430.

Description de V espèce. — Feuilles orbiculaires ou ovales, fortement échancrées en cœur à leur base et munies de deux oreillettes saillantes, arrondies, à bord entier ou ondulé, quelquefois échancré ou lacéré, mesurant de 6 à 20 centimètres de diamètre.

Nervures assez fines, mais bien marquées, rayon- • nant à partir du point d'attache, relativement espax^éeSj se divisant plusieurs fois par dichotomie en nervules distantes les unes des autres de 3/4 de millimètre à i 7nillim,ètre environ.

Remarques paléontologiques. — La dimension de ces feuilles ou folioles stipales varie considérablement, réohantillon figuré par Brongniart ne dépassant pas 5 ou 6 centimètres de diamètre, tandis que celui qui est représenté sur la PiG. 5 de la Pl. XXIII, et d'autres encore recueillis à Commentry, accusent une taille beaucoup plus grande. La forte inflexion des nervures et la direction du contour extérieur indiquent nettement rexistcnce d'oreillettes saillantes à la base de la feuille, comme sur la figure type de Brongniart ; mais il semble, d'après le peu de distance qu'il y a entre le contour de gauche, Fig. 5, et ce point d'attache, que cette feuille devait être sensiblement dyssymétrique, l'espacement des nervures à droite et vers le bas faisant présumer que, de ce côté, le bord devait être encore assez éloigné. Sur f^ucun point (îe leqr parcours les nervures n'offrent la

moindre traco de dissociation de leurs éléments, et la feuille parait avoîr eu une consistance assez délicate, et en juger par Textrême netteté de sa nervation.

Comme plusieurs autres espèces du même groupe, cetto espèce, qui paraît propre à l'étage houiller supérieur, peut avoir appartenu tout aussi bien à un Odontopteris qu*à un Nevropteris. On peut toutefois remarquer que sa nervation très lâche rappelle celle du New. corda ta.

Rapports et différences. — Tout en se rapprochant des autres formes qu'on a distinguées dans le genre Cyclopteris et dont la délimitation est évidemment fort délicate, le CycL reniformis paraît en différer par ses oreillettes basilaires très accentuées^ et surtout par sa nervation beaucoup moins serrée que celle des espèces voisines.

Provenance. — Tranchée de Forêt, dans les schistes à 4 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée Saint-Edmond^ à 20'" au toit de la Grande Couche.

CYCLOPTERIS TRICHOMANOIDES. Brongniart.

(PL. XXIII, FiG. 3.)

1830. Cyclopteris trlchomanoides. Brongniart, Hist. végét.

foss., I, p. 217, pi. 61 bis, fig. 4. Gutbier, Abdr. ii.

Verst. d, Zwick. SchwarzkohL, p. 45, pi. VI, fig. 1.

Geinitz, Verst, d. Steink. in Sachs., p. 23, pi. XXVIII,

fig. 2, 3. Renault, Cours bot. foss., III, p. 184, pi. 30,

1836. Adiantites trlchomanoides. Gœppert, Syst, fil, foss.,

1335. Cyclopteris inœqualis. Gutbier, Abdr, u. Verst, d, Z-wick. Schwarzkohl,, p. 46, pi. VI, fig. 3.

Description de Vespèce, — Feuilles orbiculaires ou ovales, souvent dyssy métriques, échancrées en cœur ê^

la base, à bortf entier ou ondulé, quelquefois lacéré, mesurant do 5 à 20 centimètres de diamètre.

Nervures fines, mais bien nettes, rayonnant à partir du point d'attache, assez arquées, se divisant plusieurs fois par dichotomie en nervuies distantes, sur le bord du limbe, de 0"'",5 environ.

Remarques paléontologiques. — Les feuilles rapportées au Ctjcl. trichomanoides varient, comme dimensions, entre des limites assez étendues ; lour forme même est loin d'être absolument constante, et dépend sans doute de la position que ces feuilles occupaient sur le rachis auquel elles étaient attachées. Sur h Fin. 3 de la Pl. XXIII, on distingue les empreintes de deux de ces feuilles se recouvrant mutuellement : 1» plus grande, celle du moins qui occupe la majeure partie de l'échantillon, montre ses bords plus ou moins ondulés, mais elle est brisée à une très faible distance de son point d'attache ; l'autre, qui apparaît h. droite et vers le haut, est couverte par la première, dont elle se distingue facilement par la direction toute différente de ses nervures. 11 est probable que ces deux feuilles étaient fixées, l'une à la suite de l'autre, sur ud seul et même rachis.

D'après M. Grand'Eury (1), le Cycl. trichomanoides représenterait, avec une série d'autres formes voisines, les feuilles ou folioles stipales des Odont. minor et Odont. Reichiana ; ce serait donc, vraisemblablement, si cotte attribution est exacte, à VOdont. minor que devraient être rapportés les échantillons de cette espèce recueillis à Commentry, puisque, jusqu'à présent, lont. Reichiana n'a pas été rencontré dans les cou- ) de ce bassin. apporta et différences. — Le Cycl. trichomanoides

Flore carb. du dép. de la Loire, p. 113.

»© distingue principalement du CycL reniformis par ;es nervures notablement plus serrées et encore plus lues ; il semble aussi qu'il n'ait pas les oreillettes basiletires aussi saillantes que ce dernier.

Synonymie, — Le Cycl. insequalis Gutbier me parait, conformément à Topinion de M. Geinitz, devoir être réuni au CycL trichomanoideSj dont il ne diffère par aucun caractère appréciable.

Provenance. — Tranchée de Forêt, à 12 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"*® couche.

Houillère de Montvicq.

CYCLOPTERIS DENSA. n. sp.

(Pl. XXIII, FiG. 4.)

Deficription de Vespèce. — Feuilles probablement orbiculaires ou ovales, plus ou moins dyssymétriques, et en cœur à la base, à bord entier plus ou moins ondulé.

Nervures très fines et très serrées^ mais bien nettes, rayonnant à partir du point d'attache, plusieurs fois divisées par dichotomie en nervules très rapprochées , atteignant le bord au nombre de 30 à 40 par centi' mètre.

Remarques paléontologiques. — L'échantillon Fio. 4, Pl. XXIII, est le seul que j*aie vu de cette espèce : le bord naturel de la feuille n'est visible qu'en bas, où il affecte une direction horizontale ; du côté droit, la feuille est limitée par une cassure de la roche, mais le bord lui-même devait être peu éloigné, à en juger par l'inflexion du contour de la base, qui remonte presque verticalement vers la droite et dont le prolongement passerait à 1 centimètre au plus de la limite de l'échantillon, La feuille paraît avoir été de consistance déli-

cate, ot leB nervures, extrêmement fines et rapprochées. se distinguent avec une grande netteté.

Rapports et différences, — Cette espèce devait ressembler aux précédentes comme forme et comme dimensions, mais elle en diffère visiblement par ses nervures beaucoup plus serrées ; je n*ai même vu, sur aucun des Cyclopteris décrits jusqu'à présent, un^ nervation aussi dense.

Provenance. — Tranchée de Forêt, à 8 mètres au toit de la Grande Couche.

Genre DICTYOPTERIS. Gutbier.

1835. DiotyopterlB. Gutbier, Abdr. u. Verst. d. Zwick. Sch-warzhohL, p. 62.

1838. Linopteris. Presl» in Sternberg, Ess. FL monde prinu II, fasc. 7-8, p. 167.

Frondes bipinnées ou tripinnées. Pinnules fixées nu rachis par un seul points ou, quelquefois, par une faible fraction de leur largeur, contractées en cœur à la base, à bords latéraux parallèles ou légèrement convergents, entiers, arrondies au sommet. Nervure médiane généralement bien marquée^ se prolongeant plus ou moins loin, puis se divisant en nervules ; nervures secondaires nombreuses, naissant sous des angles aigus, plus ou moins arquées, anastomosées en un réseau à mailles nombreuses, d'autant plus petites en général qu'elles sont plus voisines des bords des pinnules.

On peut résumer cette définition des Dictyopteris en disant que ce sont simplement des Nevropteris à nervation aréolée. Les espèces qui composent ce genre ne sont pas encore assez complètement connues pour qu'on soit bien fixé sur le mode de constitution de leur» frondes et sur les dimension? qu'elle» étaient

susceptibles d'atteindre. Certaines d'entre elles, tout au moins, étaient sans doute constituées comme les Nevropteris ou du moins comme les espèces de Nevropteris dont j*ai dit plus haut que le rachis se bifurquait et portait de grandes folioles stipales (Cyclopteris) attachées directement sur lui. J'ai en effet trouve, dans le bassin de Valenciennes, des Cyclopteris à nervation aréolée (1), qui proviennent certainement d un DictyopteiHs ; mais il n*en a pas été rencontré à Commentry, et peut-être les deux espèces dont la description va suivre n'en possédaient-elles pas ; il semble d'ailleurs que leurs rachis ne subissaient pas ces bifurcations répétées qu'on constate chez beaucoup de Nevropteris, car aucun des échantillons recueillis jusqu'à présent n'en a offert d'exemple. Il est vrai que, les pinnules des Dictyopteris étant en général assez caduques, les pennes fouillées tin peu complètes sont fort rares, de sorte qu'il est plus difficile que pour les iVe- ^ropteris de se rendre compte de la constitution et du mode de division de leurs frondes.

On n'a observé jusqu'à présent qu'une seule espèce de ce genre à l'état fertile, et encore les pennes fructifiées que je rapporte au Dict. Schûtzei n'ont-elles pas été trouvées en rapport direct avec les pennes stériles de cette espèce ; mais, comme je le dirai plus loin, je ^^ crois pas qu'on puisse contester la légitimité de cette attribution, d'après laquf^Ue cette espèce semblerait se rapprocher beaucoup, par son mode de fructification, du genre Scolecopteris. Ces fructifications sont ainsi très différentes de colles que j'ai signalées plus haut comme reconnues par M. Kidston chez le New. heterophyllay ce qui tend à prouver que^ malgré leur

(1) Flore foss. du bass* de Valencieiuies, p. 296, pi. XLIX,

extrcmo rcssomblance extérieure, les deux genres .Vevropteris et Dictyopteria ne sont peut-être pas ausd étroitement alliés qu'ils le paraissent, ou plutôt quel dépit de leur apparente homogénéité, ils peuvent biea, Tun comme Tautre, comprendre des espèces différant beaucoup entre elles par leur mode de fructification.

DICTYOPTERIS BRONGNIARTI. Gutbier.

(PL. XXX, FiG. 1 h 5.)

1R35. Dictyopteria Brongniarti. Gutbier, Abdr. u. Vers^d. Zv^ick. Sch\f:arzkohl.n p. 63, pi. XT, fig. 7, 9, l'X Gœppert, Genr.d, pi. foss., Vivr. 5-6, p. 87. pi. III, ûg. 1-4. Geinitz, Verst. d. Steinh. in Sachs^t p. ^. p^ XXVIII, fig. 4, 5. Rœmer, Letii. geogiUy I, p. iS4, pi. 51, (îg. 8 a, 6. Schiraper, Handb. der Paliionl, p. 117, fig. 91. Weiss, jius d. Steinh. , p. 15, pi. 15. fig. 94.

1838. Unopteris Gutbieriana. Presl, tu Stcrnberg, Ess. Fi monde prim., ÎI, fasc. 7-8, p. 167.

Deseription de V espèce, — Frondes de grande tailk, probablement tripinnées (ou peut-être seulement bipinnées ?). Rachis secondaires (ou rachis primaires ?) striés longitudinalement et marqués en outre de petites protubérances spiniformes, atteignant 10 à 12 millimètres de largeur, et garnis, entre les pennes de dernier ordre, de pinnules orbiculaires ou ovales-linéaires, fixées directement sur eux.

Pennes de dernier ordre alternes, étalées-dressées, espacées d'un même côté de 8 à 10 centimètres, ne se touchant pas ou se touchant à peine par leurs bords, à contour étroite^^nent ovale-lancéolé^ graduelleviejit rétrécios vers leur base, larges de 6 à 10 centimètres, et atteignant sans doute au moins 20 à 30 centimètres de longueur. Pinnules alternes ou subopposées, rapi-

dément caduques, généralement tout à fait étalées^ parfois un peu arquées en avant, les plus basses au contraire légèrement réfléchies en arrière, se touchant exactement par leurs bords, à contour ovale-linéaire , contractées en cœur à la base, à bords parallèles ou faiblement convergents, arrondies au sommet, longues do 10 à 55 millimètres, larges de 8 à 20 millimètres, diminuant graduellement de longueur vers la base des pennes, du moins sur le bord antérieur de celles-ci, et devenant peu à peu orbiculaires ; pinnules fixées directement sur le rachis principal diminuant pou à peu de longueur de la base d'une penne à la base de la penne placée immédiatement au-dessous.

Nervation généralement nette : nervure médiane se suivant jusqu*au milieu ou aux deux tiers de la longueur des pinnules, presque nulle cependant sur les pinnules courtes et orbiculaires ; nervures secondaires nombreuses, se détachant sous des angles aigus, ascendantes, légèrement arquées, atteignant assez oblique^ ment le bord du limbe, et s'anastomosant entre elles de manière à former un roseau à mailles très nombreuses, longues et étroites, graduellement décroissantes à partir de la nervure médiane, au nombre de 8 à 12 entre celle-ci et le bord, étant comptées suivant le cours des nervures.

Remarques paléontologiques. — Les pinnules du Dict. Brongniarti, étant .rapidement caduques, se trouvent le plus souvent détachées des rachis qui les portaient, telles qu'on les voit, par exemple, sur les FiG. 1 à 4 de la Pl. XXX. On les trouve cependant quelquefois encore en place les unes à côté des autres, telles que les a figurées Gutbier, les pennes de dernier ordre se détachant d'un rachis garni lui-même de pinnules, et ces pinnules, d'abord presque orbiculaires à la base des pennes latérales, s'allongeant graduelle-

mont sur le rachis commun aussi bien que sur les pennes elles-mêmes. Il n'a été recueilli à Commentry, où d'ailleurs cette espèce n'est pas des plus communes, qu'un seul échantillon de ce genre, c'est-à-dire ayant encore les pinnules attachées au rachis, c'est celui de la FiG. 5, Pl. XXX, sur lequel un petit nombre de pinnules sont seules restées en place : la portion de rachis inclinée, qui n'est limitée du côté inférieur que par une cassure et était certainement beaucoup plus large, représente le rachis commun qui portait les pennes, tandis que l'autre, dirigée verticalement, correspond à une penne latérale.

Aucun des échantillons que j'ai pu voir, même parmi les plus complets recueillis soit à Saint-Etienne, soit à Decazeville où l'on en a trouvé de fort beaux, ne montre la terminaison des pennes : il est donc impossible de dire si la pinnule terminale était plus longue que les autres ou au contraire plus courte que celles qui la précédaient, comme chez le Dict sub-Brongniarti; mais il est assez probable, vu la très grande analogie qu'ils ont entre eux, que les pennes du Dict. Brongniarti étaient constituées comme celles de ce dernier.

On est également dans l'incertitude sur le mode de constitution dos frondes, aucun échantillon ne permettant de s'assurer si les pennes simplement pinnées sont des pennes primaires ou seulement des pennes secondaires; il m'a paru, pour le Dict. sub^Brongniarti (!}, ces pennes de dernier ordre n'étant pas également inclinées sur les deux côtés du rachis qui les port<>, que les frondes devaient être tripinnées, et à en juger d'après l'analogie des deux espèces, on est conduit à penser que les frondes du Dict. Brongiiiàrti ont dîi être également tripinnées ; d'ailleurs, l'échantillon type

11) Flore foês. du ba$6. houill. de Vaienciennest p. 292.

de Gutbier semble avoir eu, lui aussi, les pennes inégalement inclinées, celles de gauche plus dressées que celles de droite, mais cette inégalité d'inclinaison est assez peu accentuée, et il serait à désirer que Tobsorvation directe d'échantillons suffisamment complets permit d*élucider déGnitivement la question.

Rapports et différences. — Ainsi que je viens dc^ le dire, cette espèce est très analogue au Dict. sub- ^ Drongniartiy mais elle en diffère par ses pinnules plus grandes et surtout plus largos proportionnellement à leur longueur, à nervures beaucoup moins rapidement arguées et comprenant le long de leur cours un nombre de mailles notablement plus grand. Comparé au Dict, SchiXtzei, le Dict. Brongniarti se distingue par son rachis garni de pinnules entre les pennes latérales, par ses pinnules moins longues eu égard à leur largeur, et par ses nervures infiniment plus dressée^ et moins arquées.

Provenance. — Tranchée de Forêt, à 15 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée Saint-Edmond, à 20 mètres au toit de la Grande Couche.

DICTYOPTERIS SCHUTZEI. Ucjemkr.

(Fl. XXX, FiG. G à iO; Pl. XXXr%iG. 2 ho.)

1862. Diotyopteris Sohùtzei. Rœmor, Paheontogr., IX, p. 30, pl. XII, fig. 1.

Description de l espèce. — Frondes bipinnéci (ou peut-être tripinnées ?). Rachis presque lisses^ marqués seulement do fines stries longitudinales régulières ; rachis primaire (ou secondaire ?) large de i à 10 millimètres et davantage, non garni de pinnules entre les pennes simplement pinnées.

Pennes de dernier ordre alternes, étaléos-dressées,

espacées d'uii mémo cûié de 4 à 10 oeniimëtres, empiétnnt les unes sur les autres, à contour ti^s étroitement ovale-la7icéolé , à peine rélrécies à leui" bsLse, ctlilées vers le sommet en pointe aiguë ou obtuséraent aiguë, larges de 3 à 13 centimètres, atteignant vraisemblablement do 20 à 60 centimètres de longueur. Pinnules alternos ou subopposées, légèrement caduques, étalées ou étalées-dressées, généralement conligues, quelquefois un peu plus espacées, droites ou faiblement arquées en avant, très brièvement pédicollées, à contour ovale-linéaire, contractées en cœur à la base, à bords d'abord parallèles, puis légèrement convergents, o6tUÂe« ou obtusément aiguës au sommet, longues de 18 à 70 millimètres sur 5 à 20 millimètres de largeur ; pinnule terminale plus grande que celles qui la précèdent immédiatement, rhomboîdale à angles latéraux arrondis, obtusément aiguë ou aiguë au sommet.

Nervation nette : nei^ure médiane bien marquée, se prolongeant jusqu'à une très faible distance du sommet ; nervures secondaires nombreuses, naissant sous des angles aigus, rapidement et fortement arquées, atteigyiant normalement le bord du liynbe et s'anastomosanten un réseau à mailles très nombreuses. plus longues quAargos, décroissant peu à peu à partir do la nervure médiane, au nombre do 8 à 10 entre celle-ci et le bord du limbe, étant comptées en suivant le cours des nervures.

Pinnules fertiles de même forme que les pinnules stériles, mais un peu moins longues, à limbe plus épais et à nervation indiscernable, à bords fortement replias en dessous, et souvent rabattues elles*mêmes les unes contre les autres d'un côté à l'autre du rachis. Sporanges très longs, très aigus au sommet, probablement

réunis par groupes, et disposés en deux séries parallèles, une de chaque côté de la nervure médiane.

Remarques paléontologiques, — Les échantillons Fie. 5, Pl. XXXI, et Pm. 9, Pl. XXX, montrent l'insertion des pennes simplement pinnées sur un raohis commun, qui semble pouvoir être regardé comme le rachis priinaire de la fronde : la Fig. 5 de la Pl. XXXI correspondrait à la région moyenne d'une fronde et la Fig. 9, Pl. XXX, à la région supérieure. Toutefois il ne serait pas absolument impossible que ces deux échantillons représentassent seulement des fragments de pennes primaires : la petite différence d'inclinaison qu*on remarque sur r échantillon de la Fig. 5, Pl. XXXI, entre les pennes de gauche et celles de droite, celles-ci un peu plus étalées que celles-là, difTérence qui a été légèrement exagérée sur le dessin, militerait en faveur de cette dernière hypothèse ; le Dict, Schûtzei aurait eu dans ce cas des frondes d'une taille extrêmement considérable, et pourrait être rapproché à cet égard du New. Scheuchzeri (1).

Les pennes de dernier ordre étaient très légèrement contractées à leur base, ainsi qu'on le voit sur les Fig. 6, Pl. XXX, et Fig. 5, Pl. XXXI ; à leur sommet elles se terminaient, comme le montre la Fig. 7, Pl. XXX, par une assez grande pinnule rhomboîdale, quelquefois soudée en partie à sa base à la dernière des pinnules latérales.

Les pinnules, sans être aussi caduques que celles du Dict. Brongniartif se détachaient néanmoins assez facilement du rachis, comme on le constate sur la Fig. 6 de la Pl. XXX ; aussi les rencontre«t-on assez souvent éparses ça et là à la surface des plaques de schiste (Pl. XXX, Fig. 10),

(1) Zeiller, Flore foss. du bassin de Valenciennes, p. 252-253.

On a trouvé à Commentry, associées au Dict Schûtzei dans les mêmes bancs, des pennes fertiles identiques à celles que j*avais déjà observées avec lui dans les couches houillères de Decize et que j'avais décrites comme devant, suivant toute vraisemblance, et malgré Timpossibilité de voir leur nervation, être rapportées à cette fougère (1). Ain.si que je Tavais fait remarquer, on n'a rencontré à Decize, du moins jusqu*à présent, aucune autre fougère dont les pinnules stériles puissent être rapprochées, comme forme ni comme dimensions, de ces pinnules fructifiées, et Fabondancc de celles-ci dans les couches de Decize concorde également fort bien avec l'abondance des échantillons de Dict. Schûtzei qu'on y a recueillis. A Commentry, où les Nevropteris sont abondants, on serait dans une incertitude complète sur rattribution, mais les échantillons fertiles tels que celui de la Fig. 8, Pl. XXX, sont identiques à ceux qui, à Decize, accompagnent le Dict. Schûtzei : j'ai fait figurer, du reste, sur la Pl. XXXI, Fia. 2 à 4, quelques-uns de ces derniers. Le plus souvent, les pinnules sont détachées du rachis qui les portait ; mais lorsqu'elles sont encore en place (Fie. 3, Pl. XXXI, et Fig. 8, Pl. XXX), on voit presque toujours les deux moitiés de la penne rabattues Tune contre Tautre, et les pinnules de droite et de gauche se recouvrent alors mutuellement.

Sur les pinnules qui sont vues à plat, comme vers le haut de la Fig. 2 et sur la Fig. 3, Pl. XXXI, on aperçoit deux séries parallèles, séparées Tune de l'autre par la nervure médiane» de protubérances assez fortes, qui correspondent évidemment à la base d'insertion de sporanges ou plutôt de groupes de sporanges fixés à la face inférieure do chacune de ces pinnules. Sur celles

(1) Expl. Carte géol. Fr,, IV, 2«« partie, p. 57.

q\ii sont rabattues de côté, comme Fig. 8, Pl. XXX, et Fia. 2 et 4, Pl. XXXI, ces sporanges ou groupes de sporanges dessinent en relief, sur la lame charbonneuse correspondant au limbe, une série de côtes parallèles, droites ou arquées, fortement saillantes, longues de 5 à 6 millimètres ; enfin, sur un assez grand nombre d'échantillons, la pointe de ces corps, qui étaient longuement effilés à leur sommet, dépasse de 2 à 3 millimètres le bord du limbe, ainsi qu'on le voit un peu au-dessus du milieu de la Fio. 2 et sur la Fia. 4 de la Pl. XXXI. Il semble, sur quelques pinnules, que le limbe lui-même soit frangé sur le bord, comme s'il s'était prolongé sous forme de dents le long de chaque groupe de sporanges pour le protéger jusqu'à son sommet ; mais il est impossible do l'affirmer, des détails de cette nature étant trop difficiles à discerner clairement sur la lame de charbon très épaisse qui représente ces pinnules fructifiées, et d'autres pinnules semblant au contraire avoir le bord tout à fait entier.

Comme aspect général, ces échantillons ressemblent extrêmement, sauf leurs dimensions beaucoup plus grandes, aux pinnules fructifiées de PecopteHs poly^ morpha, et Ton peut se demander si, comme cette fougère, le Dict. Schûtzei ne viendrait pas se ranger, par son mode de fructification, dans le genre Scole^ copterisj un même genre ayant pu comprendre, à l'époque houillère aussi bien qu'aujourd'hui, des types très difîérents les uns des autres par la forme, le mode de découpure et la nervation de leurs pinnules stériles. Mais il ne sera possible de se prononcer que lorsqu'on aura pu, sur des échantillons plus parfaits, ou à structure conservée, si Ton a jamais la bonne fortune d'en découvrir, étudier plus à fond la constitution de ces fructifications.

Pas plqs sur les échantillons de Commentry que sur

ceux de Decize il n'a été possible de distinguer la moindre trace des nervures secondaires, évidemmrat noyées dans Tépaisseur du limbe, et toutes les tentatives que jai faites pour rendre possible, par une préparation chimique, un examen au microscope, sont restées infructueuses. L'attribution de ces pinnules fructifiées au Dict. Schûtzei n'a donc pas le caractère de certitude tout à fait absolue qu'il serait permis de désirer, mais elle me parait cependant suffisamment établie par la parfaite concordance de forme et de dimensions, et par l'absence dans les couches de Decize d'aucune autre espèce à laquelle il soit possible de les rapporter.

Rapports et différences. — Le Dict. Schûtzei^ tout on ayant une certaine ressemblance avec le Dict. lirongyii&rtij s'en distingue facilement par l'absence de pinnules le long du rachis entre les pennes de der* nier ordre, et, lorsqu'on n'a affaire qu'à des pinnules détachées, par la forme même de ces pinnules, plus longues par rapport à leur largeur et plus effilées vers leur sommet, mais surtout par la direction des nervures secondaires, beaucoup plus rapidement et plus fortement arquées ; les mailles du réseau sont en outre un peu moins longues, surtout au voisinage du bord du limbe, que chez le Dict. Brongniarti.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans les bancs de poudingues. Tranchée de Forêt, à 10 mètres et à 15 mètres au toit de la Grande Couche. Puits de l'Ouest, à 0"*,50 au toit de la 6"" couche.

Grès argileux supérieurs (permiens).

Ténioptéridées.

Frondes ou pennes de dernier ordre simples, assez grandes, beaucoup plus longues que larges, rubanées^à

bords entiers ou faiblement crénelés. Nervure médiane nette, se prolongeant jusqu'au sommet ou près du sommet; nervures secondaires généralement nombreuses, plus ou moins arquées, une ou plusieurs fois dichotomes.

Genre T^NIOPTERIS. Brongniaut.

1828. TflBniopteris. Brongniart, Prodr,, p. 61 ; HxBt, végét, fo8$.^ I, p. 262.

Pennes ou frondes simples, rubanées, à bords pa« rallèles, entiers^ notablement plus longues que larges. Nervure médiane bien marquée, se suivant jusqu'au sommet; nervures secondaires se détachant sous des angles plus ou moins ouverts, arquées, tantôt simples, tantôt une ou plusieurs fois diohotomes, atteignant le bord du limbe sous des angles presque droits ou du moins assez ouverts.

Ce genre comprend des feuilles rubanécs de largeur variable, à nervure médiane plus ou moins forte, dont les unes représentent sans doute des frondes simples, tandis que les autres ne sont que les pennes de dernier ordre de frondes simplement pinnées ou peut<»être bipinnées. Les deux espèces qui vont être décrites sont dans ce dernier cas, mais il est impossible, jusqu'à présent, de savoir si leurs frondes étaient simplement pinnées, comme celles, par exemple, des Danœa vivants, ou bipinnées comme celles des Angiopteris et de certains Marattia^ avec lesquels elles offrent, par leur aspect général, une ressemblance plus marquée encore qu'avec les Danœa. En tout cas, c'est avec ces trois genres, qui tous trois font partie de la famille des Marattiacéos, que ces Tseniopteris à fronde pinnée ont le plus d'analogies. Seulement, tant qu'on n'en aura

pas trouvé cVéchantillons fertiles et qu'on n'aura pu étudier leur mode de fructification, on ne pourra se prononcer sur leurs véritables affinités.

Il convient toutefois de rappeler que des espèces analogues, appartenant à une formation plus récente, il est vrai, à Tétagc infraliasique, ont été positivement reconnues par leurs fructifications pour des Marattiacées et rapportées même positivement par quelques auteurs au genre vivant Marattia^ dont elles semblent, en effet, être tout au moins très voisines. 11 est à désirer que la découverte de pennes fertiles do Tseniopteris houillers vienne montrer s'il en est de même pour eux.

TiENIOPTERIS JEJUNATA. Grand'Eury,

(PL. XXÏÏ. FiG. 7 à 9.)

1877. Taeniopteria Jejunata. Grand*Eur3\ Flore carb, dudép. de la Loirey p. 121. Zeiller, BulL soc, géoL, 3* sér., XIII, p. 137, pi. IX, fig. 2.

Description de lespèce. — Pennes primaires (ou frondes ?) simplement pinnées, à rachis largo de 2 à 6 millimètres, strié longitudînalement, garni de longues pinnules, ou plutôt de pennes «impZes, alternes, cadu* ques, étalées-dressées, ne se touchant pas par leurs bords, linéaires ou étroitement ovales-linéaires, contractées en cœur et souvent un peu rétrécios à leur base, brièvement pédicellées, à bords entiers, droits et parallèles ou légèrement convexes, amincies au sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 8 à 15 centimètres sur 7 à 20 millimètres de largeur.

Ners'ation nette : 7iervure médiane large et plate, se poursuivant jusqu'au somnnet des pennes; nervures secondaires naissant sous des angles aigus, bifurquées presque dès leur base en deux branches d'abord rapidement arquées, puis presque rectilignes, elles-mêmes

xiiie ou deux fois dicftotomes, plus rarement simples, atteignant le bord du limbe sous un angle très ou r^ert ou même presque droit ; le nombre des nervules, compté sur le bord du limbe, varie de 12 à 25 par centimètre.

Remarques paléontologiques, — Il est assez rare de trouver les pennes simples du Tsen. jejunata encore attachées au rachis qui les portait ; cependant quelques échantillons, comme celui de la Fig. 9, Pl. XXII, les montrent encore en place ; sur tous les autres (Pl. XXII, Fig. 7 et 8), elles gisent éparses à la surface des schistes. Lie.s dimensions et la forme même do ces pennes varient dans des limites assez étendues : parfois très étroites, comme celle qu'on aperçoit au fond de la cassure de l'échantillon Fig. 7, elles atteignent ailleurs, comme sur ce même échantillon, plus de 2 centimètres de largeur ; elles sont en outre tantôt arrondies à la base et presque aussi larges qu*on leur milieu, tantôt graduellement rétrécios vers le bas, comme Fig. 8, mais toujours échancrées en cœur à leur point d'attache ; leur limbe paraît avoir été très délicat. Quant à la nervation, elle conserve toujours le même aspect, bien que les nervules soient, suivant les échantillons examinés, plus ou moins serrées et plus ou moins obliques sur le bord du limbe (Fig. 7 A, 7 B, 8 A, 9 A). On n'a jusqu'à présent trouvé de cette espèce que des pennes simplement pinnées, mais il est fort possible que ce ne soient là que des fragments de pennes primaires, et que les frondes aient été bipinnées. La découverte d'échantillons plus complets permettra seule de trancher la question.

Rapports et différences. — Cette espèce se distingue facilement par ses feuilles plus étroites de la plupart des autres Tseniopteris des terrains houiller supérieur et permien; elle ne ressemble guère (|u'au T»n» co»

riacea Gœppert(l) et au Tsen. fallax (iœppert (•2), mais elle diffère de l'un et de lautre par ses nervures beaucoup plus divisées et plus fortement arquées.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans les bancs de poudingues. Tranchée du Pré Gigot, à 5"* au toit de la Grande Couche.

TJENIOPTERIS CARNOTI. n. sp.

(PL. XXII, FiG. 10.)

Description de Vespèce. — Pennes primaires (ou frondes ?) simplement pinnées, à rachis large de 5 ou 6 millimètres, strié longitudinalement, garni de pennes simples, alternes^ espacées d'un même côté de 35 à 40 millimètres, étalées, linéaireSy contractées en cœur à leur 5a«o, brièvement pédicellées, à bords parallèles, entiers, larges de 25 à 30 millimètres.

Nervation nette : nervures secondaires nombreuses^ naissant sous des angles assez aigus, arquées, une ou deux fois bifurquées ; nervules au nombre de 25 à 30 par centimètre, étant comptées sur le bord du limbe.

Remarques paléontologiques. — Je n'ai vu de celte espèce que le seul fragment représenté sur la Fie. 10 de la Pl. XXII ; des pennes latérales, une seule est conservée, mais très incomplètement ; elle a été brusquement repliée vers le haut, de sorte qu*eUe s'est déchirée et qu'il ne reste qu'une très faible partie de sa base, assez cependant pour qu'on puisse juger que, comme on l'a vu chez l'espèce précédente, elle était échancrée en cœur à son origine.

Rapports et différences. — Cette espèce diffère du

(1) Foss. FI. d. perm, Form.y p. 130, pl, VIII, fig. 4: pl. IX, fig.2.

(2)/Wd.,p. 180, p. VIII, Vig. 5, 6; pl. IX, fig. 3,

Fsen. jejunata ^iSiV ses pennos un peu plus larges, mais surtout par sa nervation, les nervures secondaires étant beaucoup plus nombreuses, moins brusquement arquées ât beaucoup moins divisées ; les nervules, sur le bord du Limbe, sont aussi sensiblement plus serrées. Elle rappelle un peu le Tœn. multinervia Weiss (1), qui a cependant des folioles plus larges, mais qui a surtout une nervure médiane beaucoup plus forte^ indiquant peut-être une fronde simple, et dont les nervures secondaires, brusquement arquées un peu au-dessus de leur base, atteignent presque normalement le bord du limbe après s'être plusieurs fois divisées, de sorte qu'en somme la nervation est très diiïérente.

L'échantillon de la Fig. 10, Pl. XXII, ne m'ayant paru pouvoir être identifié avec aucune forme connue, j*ai donné à cette nouvelle espèce le nom de M. Âd. Carnet, ingénieur en chef des mines, inspecteur do lEcole des Mines, qui a fait, sur la composition chimique des houilles de diverses natures provenant de Cornmentry, des recherches si intéressantes (2).

Provenance. — Tranchée de Forêt, à 10 mètres au toit de la Grande Couche.

Genre LESLEYA. Lesquereux.

4828. Cannophyllites. Brongniart, Prodr.,^. 429, 430 (pars). 1879. Lesleya. Lesquereux, Atlas to the Coal-Flora, p. 5; Çoal'FlorafP. 142.

Frondes (ou pennes ?) simples, ovales-lancéolées, à bords entiers ou accidentellement lacérés, beaucoup plus longues que larges. Nervure médiane très forte,

(1) Fq88. FL d. Jûngst. SteinhohL, p. 98, pl. VI, fig. 13.

(2) Comptes-rendi^ Acad. so*, XOIX, p. 154, p. 253,

se divisant un peu avant d* atteindre le sommet : nervures secondaires nombreuses^ naissant sous dfâ angles aigus, plus ou moins arquées, divisées par dichotomie, atteignant pfiw ou moins obliquement fc bord du lim.be.

D'après les dessins que M. Lesquereux a publiés au Lesleya grandis^ Tespèce sur laquelle il a fondé ca genre, comme d'après les échantillons que j'ai pu voir, il me parait probable que les fragments do feuilles qui appartiennent au genre Lesleya représentent plutôt des frondes simples, analogues d'aspect à celles de certains Asplenium ou de certains Acrostichum vivants, que des pennes latérales détachées de frondes pinnées ou bipinnées; mais il faudra, pour qu'on puisse se prononcer définitivement à cet égard, attendre la découverte d'échantillons plus complets. De même, ce n'est que lorsqu'on sera fixé sur leur mode de fructification qu'on pourra classer avec certitude les espèces du genre Lesleya. L'attribution do ce genre aux Fougères est elle-même susceptible de soulever quelques doutes, bien qu'elle soit plus vraisemblable que toute autre, plusieurs Fougères vivantes ayant des frondes de cette forme, avec la même nervation, tandis que les Cycadéos, auxquelles on aurait à la rigueur pu songer, ne renferment actuellement aucun type analogue.

L'examen de l'échantillon original du Cannophyllites Virletii du terrain houiller de Doué, signale, mais très incomplètement décrit, par Brongniart dans son Prodrome y m'a prouvé que cette espèce, rapportée par lui à la famille des Cannées, appartenait au genre Les* îôj/a, et se rapprochait notamment un peu de l'espèce de Commentry qui va être décrite ci-après. Mais, bien qu'elle constitue le type du genre Cannophyllites^ ce nom générique ne m'a pas paru, malgré son antériorité, devoir être siibstitué au nom proposé par M, Les-

{uereux, Brongniart ayant formellement indiqué qu'il 3xitendait, sous ce nom, désigner non seulement Tespèce de Doué, mais les autres feuilles de la famille des Cïannées que l'on viendrait à découvrir; c'est donc Légitimement qu'on a appliqué depuis lors le nom de C&nnophyllites à des feuilles crétacées ou tertiaires paraissant représenter des Cannées véritables, et c'est st ces feuilles qu'en doit, à mon avis, être réservé l'emploi.

LESLEYA ENSIS. n. sp.

(PL. XXIII, FiG. 6.)

DescHption de V espèce, — Fronde (ou penne ?) simple, très étroitement ovale^lancéolée, légèrement contractée vers la base, à bords entiers, graduellement rétrécie vers le sommet, large de 4 centimètres sur 20 centimètres environ de longueur. Nervure médiane assez large, plate, légèrement striée en long, se divisant en nervules un peu au-dessous du sommet ; ne?*vures secondaires nombreuses, naissant sous des angles très aigus, décurrentes à leur base, faiblement arquées, deux ou trois fois dichotomes ; nervules aboutissant obliquement sur le bord du limbe, au nombre de 8 à 12 par centimètre.

Remarques paléontologiques . — L'échantillon représenté Pl. XXIII, FiG. 6, étant incomplet, il est impossible de juger comment il se terminait vers sa base, et si ce fragment de feuille représente une fronde à peu près complète ou seulement une penne latérale d'une fronde simplement pinnée. Toutefois la première hypothèse est la plus vraisemblable, et il semble infiniment probable, pour le Lesleya grandis, que les échantillons figurés par M. Losquereux représentent dos frondes simples, peut-être brièvement pétiolées à leur base.

Comme cette espèce, le Lesleya eriM, autant qa*oi on peut juger par la direction de ses bords, devait avoir le sommet obtusémcnt aigu.

Rapports et différences. — Il se distingue d'ailleors du Lesleya grandis^ malgré la grande ressemblance qu'il a avec lui, par sa fronde plus étroite proportionnellement à sa longueur, par ses nervures moins arquées et notablement moins serrées, puisque dans Tespèco de T Illinois le nombre des nervules, compté sur le bord du limbe, varie de 25 à 30 par centimètre. La consistance de la feuille, dont les bords ne sont pas lacérés comme le sont souvent ceux de l'espèce aniï'ricaine, parait en outre avoir été moins délicate.

Provenance. — Tranchée Saint-Edmond, à 20 mètres au toit de la Grande Couche.

Frondes anomales d'affinités douteuses.

Genre APHLEBIA. Presl.

1835. Puooides. Gutbier (non Brongniart), Abdr. ti. Verst. d, Zwick. Sch\oarzhohL, p. 9 (pars).

1838. Aphl«bift. Presl, t)i Stornberg, Ess. Fi. monde prinu, II,fasc.7^, p. 112.

1838. Schizopteris. Presl (non Brongniart), in Sternberg. Ess. FI. monde prim., II, fasc. 7-8, p. 111 (par^*).

1858. Pachyphylluzn. Lesquereux (non Humboldt, Bonpiand et Kunth), in Rogers, Geol. ofPenn'a, II, p. 863.

1869. Rhacophyllum. Schimper, Trait, de pal. vég., î, p. 684.

Frondes ou expansions foliacées de taille généralement assez considérable, pinnatifides ou pinnées, plus souvent bîpinnatifides ou même tripinnatifîde.s, à axe médian assez large ^ à divisions successives peu régulières et parfois mal délimitées dans leur contour, généralement décurrentes à leur base, à bord plus ou

znoins lobé ou lacéré, mais ne se décompossLnt pas en pinnules distinctes. Nervation «ouvent constituée par de nombreux filets vasculaires, courant parallèlement les uns à coté des autres, plus ou moins rapprochés ou même contigus, s'incurvant pour pénétrer dans les divisions de la fronde, à ramification confuse et irréguliëre. Tel qu'il a été établi par Presl, le genre Aphlebia comprenait deux groupes assez distincts, d'une part de grandes frondes rappelant plus ou moins par leur mode de division et par les dentelures ou les lacérations de leurs bords des feuilles de salade frisée, d'autre part des expansions foliacées de taille plus petite, plus profondément et plus finement découpées, qui ont été reconnues plus tard pour des folioles ou des pennes anomales attachées sur le rachis de certains Sphenopteris, DiplotmeniR ou Pecopte?'i«, à la base des pennes primaires ou secondaires. Parmi les espèces précédemment décrites, le Pec, Bioti porto précisément sur son rachis de ces folioles anomales, ou Aphlebia, qu'il n'y a plus lieu aujourd'hui do considérer à part, puisqu'elles se rattachent à d'autres genres de Fougères et ne constituent pas des espèces autonomes ; elles ne doivent donc plus figurer dans le genre Aphlebia, bien qu'on continue à les désigner généralement sous ce nom, pris alors dans un sens spécial et non plus comme terme de classification. Il est possible toutefois que l'une des espèces qui vont être décrites, VAphL perplexsif appartienne encore à cette catégorie et ne représente que des pennes anomales détachées de quelque rachis de fougère ; mais ne pouvant la ranger dans aucun autre groupe, et no voulant pas passer sous silence une forme qui n'avait pas encore été signalée, j'ai dû la laisser dans le genre Aphlebia, bien qu'elle diffère très notablement des autres espèces restant actuellement comprises dans ce genre.

Celui-ci se trouve donc à peu près réduit maintenaDt au premier des deux groupes dont il se composait jadis, à celui des grandes feuilles lobées à bords frisés oo lacérés, dont VAphU crispa Gutbier (sp.) constiUie essentiellement le type ; mais rien ne prouve que ces feuilles elles-mêmes soient réellement des plantes autonomes, et Ton a longuement discuté sur leur attribution et leur interprétation sans arriver jusqu'à présent à une solution définitive de la question. Considérées par Âd. Brongniart comme des frondes avortées et fructifères de Cycadées(l), elles ont été plutôt regardées dans ces derniers temps, notamment par Schimper, comme des frondes primordiales de Fougères, comparables à celles qu'on observe chez cei'taines espèces vivantes, et notamment dans le sous-genre Dryiiaria, où Ton voit sur le même pied deux sortes de frondes, très dissemblables. D autre part, l'analogie de forme de quelques-unes de ces feuilles avec les petits AphlebU trouvés en place, à titre de folioles anomales, sur les rachis do diverses Fougères houillères, leur association avec les frondes de certains Pecopteris, tels que le Pec. dentata et le Pec, Dioti, contre le rachis desquels je les ai parfois même trouvées appliquées, m'a conduit à me demander si elles ne représenteraient pas, cIIcj) aussi, des divisions anomales de ces frondes de PecopteriSy et si elles n'auraient pas été Gxécs, par exemple, vers la base des rachis, comme les pennes anomales qu'on voit aujourd'hui s'attacher à la base des pétioles de quelques Fougères arborescentes du genre Heini' telia.

M. Stur a émis do son côté la même hypothèse et a même rapporté formellement ÏAphl. crispa, au Pec.

Ann, se. ua/.,3»"« sér., Bot., V, p. 57-58.

ab6rdmato, mais sans donner de preuve h l'appui de cette attribution.

Parmi les échantillons recueillis à Commentry, aucun, malheureusement, mal^é leur nombre assez considérable) n'est venu fournir d'indication, et l'on reste, au sujet de cesi grandes feuilles biautrrement découpées, dans une incertitude complète.

Parmi les échantillons qui vont étro décrits, et qui présentent, malgré le vague assez fréquent de leur contour, plusieurs formes très distinctes, les uns ont été trouvés associés à des débris de Pecopteins cyathoîdes, notamment au Pec. cya^/iea, un autre à ÏOdori' topteris minora mais ces associations, qui peuvent être et sont probablement purement fortuites, ne sauraient éUre prises en considération et ne fournissent aucun indice sérieux.

Il est à désirer que Tattention se porte d'une façon spéciale sur ces problématiques empreintes et qu'il soit fait à leur égard des recherches attentives, portant, par exemple, d'une part sur les gros fragments de pétioles de Fougères dont auraient peut-être pu dépendre ces feuilles, d'autre part et surtout sur les Aphlebia eux-mdmes, afm d'en recueillir des échantillons aussi complets que possible, de les sui\Te jusqu'à leur base et de reconnsatre s'ils venaient s'attacher sur quelque tige ou sur quelque support distinct. On peut espérer ainsi d'heureuses découvertes, qui donneraient enfin la solution d'un problème depuis si longtemps posé.

APHLEBIA OERMARI. n. sp.

(PL. XXXIV, FiG. 1, 1'.)

1847. âchizopteris lactuca. Germar (non Presl), Verst. d.

Steiiih, V. Wettina. L'Jbcjunj p. ii, pi. XVII, Jîi,'. 1 u,

l 6;pL XIX, fig,2, 3.

1«69. BhttDOphjrlfnm teeUipa» 8ohî»per (non Prcal «p.). Trait, de pal. vèg., I, p. 684 (pars), pi. XLVI, fig. J, (non pi. XL VII, fig. 1, 2|.

Description de VeRpèee. — Ch^nndes expitnsiofu foliacées^ tripinnatifides , à conteur général oval^ lancéolé^ souvent pliées en deux dans la longueur, les deux moitiés rabattues crun même côté de Taxe, atteignant 50 à 60 centimètres de longueur sur 30 centimètres environ de largeur. Âxe médian large de 3 à 5 centimëtrcH, se rétrécis8ant peu à peu de la base au somnr^et. Divisions primaires alternes, étalées-Klressées, espa* oées d*un même côté de 4 à 8 centimètres, empiétant fortement les unes sur les autres^^ à contour ovale-lan' céolé^ déourrentes à leur base sur Taxe médian, longues de 10 à 20 contimètreK sur 5 à 8 centimètres de largeur, profondément découpées on lobes étalés * dressés, ovalea-lancéolés ou linéaires^lancéolés^ empiétant les uns sur les autres, longs do 3 à 6 centimètres sur 5 à 20 millimètreH de largeur, effilés en pointe et dentelés au sommet, pinnatifides^ et subdivisés en lobules linéaires, très étroits^ aigus au sommet^ parfois dentelés ou lacérés eux«»mâme8 sur les bords. Axes et lobes de divers ordres parcourus par de nombreuses nervures oontiguëa peu régulières, s*incurvant et se subdivisant pour pénétrer dans les segments successifs de la fronde, mais ne se réduisant jamais à des nervures simples.

Remarques paléantologiques. — Les Fig. 1 et i* de la Pl. XXXIV font voir, par le côté et par le dos, un grand échantillon de cette espèce, dans lequel , comme dans celui qu'a figuré Gormar, Taxe se recourbe sur lui-même vers le haut, tandis que les deux moitiés de la fronde sont repliées à droite et à gauche. Sur.le dos de cotte fouille comme sur ses lobes de divers ordres un remarque quelques nervures plus saillantes que les

outres, qti'on pourrait prendre pour des nervures principales, mais qui ne se suivent pas d'une façon continue : en réalité toute la surface est parcourue par de nombreux filets vasculaires, parallèles les uns aux Autres, mais souvent infléchis, presque contigus» dont <{uelques«uns ^e renflent ça et là, paraissent prédominer, puis se perdent un peu plus loin ; elle est, par suite, marquée sur toute son étendue de fines stries parallèles, dues à oe système de nervut^s, et peutêtre, en outre, à des poils assez fins qui auraient été appliqués sur la fronde, laquelle semble avoir dû être asse2 épaisse.

La forme exacte des derniers lobes et lobules est difBoile à déterminer, à cause de leur irrégularité et de leur lacération en fines lanières qui pénètrent diins la roohe en se recourbant plus ou moins sur elUs'-mêmes et qu'il est très difficile de suivre jusqu'à leur extrémité. Les FiG. 1 et r de la Pl. XXXIV rendent très exactement) du reste, Taspéct de réchantillon recueiUi à Commentry et qui fait songer, à première vue, à une gigantesque feuille de salade frisée.

Rapports et différences. *«^ Cette espoôe, qui a été génëralen^ent confondue avec l'Aph/ebia crispa âutbier (sp.), me parait s'en distinguer par la régularité générale {dus grande de sa division, par la forme plus ovale de sa fronde et des segments primaires de celle-ci, par la moindre largeur relative des; axes de ces segments^ les sinus séperatifs des lobes étant beaucoup plus profonds, eiifin par la foirnie plus linéaire des derniers lobes et lobules. La comparaison des ligures de VAphl. orispa (1) avec la Pie. 1 de la Pl, XXXIV fait nettement saisir ces différences, que Tineertitude de

(1) J'ai donné la liste de ces figures dans la Flore fofisile du bassin houillei'de Valenciennes^ p. 3t4»

contour de ce genre de frondes ne permet pas de définir d'une manière bien satisfaisante.

Comparé aux espèces qui vont suivre, VAphL Germari n'a guère de ressemblance qu'avec les AphL acant/iot. des et Aphl. elongata ; mais il se distingue de l'un et de l'autre par sa consistance beaucoup plus épaitsse, et par sa nervation formée toujours, jusque dans les derniers lobules, de nombreux filets parallèles; la forme des lobes, bien qu*anal(^ue, est aussi quelque peu différente,

Synontjmie. — L'espèce recueillie à Commentry est manifestement la même que celle dont Germara donné la figure sous le nom de SchizopterU lactuca. ; seulement sur les échantillons figurés dans la Flore de Wettin et de LôbejUn, surtout sur ceux de la pi. XVIII, les derniers lobes et lobules sont enroulés en dessous par leurs bords, ce qui modifie la forme du contour; celle-ci ne se montre guère cju^en quelques points, notamment vers le haut do la fig. 1 a, et sur la pi. XIX, en haut de la fig. 2, mais assez pour qu'on reconnaisse les lobules linéaires allongés, si visibles sur l'échantillon de Commentry.

Cette espèce étante comme je Tai dit plus haut, différente de V Aphlebia crispa de Gutbier, le nom spécifique que lui a attribué Germar ne saurait être conservé, le Schizopteris factitca Presl étant, d'après le témoignage même de Gutbier (i), identique à son F ucoides crispas. J'ai donc dû lui donner un nom nouveau, et j'ai, choisi à cet effet celui de l'autour qui l'avait figurée le premier.

Pi'ovenance. — Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche, et à 10 et 15 mètres au toit de cette même couche. Tranchée de l'Ouest, dans les Lunes do schistes intercalés dans la 2"*® couche.

(1) Gaa von Sachsen^ p. 73.

APHLEBIA AOANTHOIDES. n. sp.

(Pl. XXXIII, FiG. 1, 2.)

Description de Vespèce, — Expansions foliacées à limbe délicat, bipinnatifides, à contour lancéolé^ longues de 25 à 30 centimètres sur 10 à 12 centimètres de largeur. Axe médian large de 8 à 15 millimètres, se rétrécissant graduellement de la base au sommet» Divisions primaires alternes, étalées«dressées, espacées. d'un même côté de 2 à 5 centimètres, empiétant les unes sur les autres , à contour lancéolé^ décurrentes à leur base sur Taxe, médian, longues de 4 à 8 centimètres sur 12 à 30 miliimèfires de largeur, découpées en lobes dressés^ aigus ou obtusément aigus au sommet^ Boparés par des sinus aigus plus ou moins profonds et parfois lobules eux-mêmes &ur les bords^

Nervation constituée par une très large nervure médiane marquée sur toute sa surface de fines stries paraissant dues à des poils appliqués ; divisions pri* maires et lobes de divers ordres munis chacun d'une nervure bien marquée, formée d'un cordon unique plus ou moins large, décurrent à sa base sur la ner* vure dont il se détache.

Surface de la fronde marqtiéesur touteson étendue de très courtes stries provenant vraisemblablement de poils appliqués.

Remarques paléontologiques . — Cette espèce est remarquable par la netteté de ses nervures, la nervure médiane ell^même étant constituée par un faisceau unique, et non par une série de filets parallèles contigus. Sur Téchantillon de la Fia. 1, qui montre le sommet d'une fronde, Tune des divisions primaires supérieures présente, à droite et à gauche de sa nervure ipédiane, qne sérje de petites dépressions elliptiques

que l'on serait porté, au premier coup d'oeil, à regarder comme correspondant à des groupes de sporanges disposés comme ceux des Polypodes vivants ; trak on ne discerne pas le moindre indice des organes qui auraient dû être attachés dans ces dépressions, et qui auraient certainement, avec un limbe aussi mince, laissé sur l'empreinte des traces visibles ; en quelquesi autres points, d'ailleurs, on aperçoit des dépressions du même genre, mais moins marquées, et qui paraissent être de simples gaufrures, dues sans doute à ce que. vers le sommet, Taxe des lobes n'avait pas pris encore un développement en rapport avec celui des portions latérales du limbe. Sur toute la surface, mais surtout au voisinage de Taxe médian de la iVonde, on distingue les fins poils appliqués qui paraissent avoir couvert celle<-ci sur toute son étendue. Ces poils se voient également, mais avec moins de netteté, sur TéchantiUon Pio. 2, qui représente une portion plus inférieure de la fronde et dont les lobes, ayant leurs extrémités moins nettement dégagées, semblent plus obtus au sommet.

Rapports et différences, — Cotte espèce se distin* guo de la précédente par ses dimensions moindres, par ses lobes bien moins profondément et moins finement découpés^ par sa consistance beaucoup plus délicate, et surtout par ses nervures formées d*un filet unique et non d'une série de filaments parallèles.

Comparée à ÏAphl. elongata^ elle a les divisions primaires beaucoup moins longues eu égard à leur largeur et moins profondément découpées ; de plus chez oelui-d la nervure médiane de la feuille ne semble pas aussi nettement formée d*un faisceau unique.

Provenance. — Tranchée de Forêt, à 10 ou 12 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée de TOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la ^^ couche.

APHLEBU BLONaATA*:n. sp.

(PL. XXXIT, FiG. 3, 4.)

Description de Vespèce, — Expansions foliacées à limbe assez délicat^ bipinnatifldes^ à contour étroitement ovale-lancéolé y longues de 20 à 25 centimètres iïur 7 à 8 centimètres de largeur. Axe médian large de 5 à 15 millimètres, se rétrécissant peu à peu de la base au sommet. Divisions primaires alternes ou subopposées, dressées, espacées d'un même côté de 3 à 5 centimètres, empiétant les unes sur les autveSy à contour étroitement ovale-lancéolé, décurrentes à la base sur Taxe médian, longues do 4 à 10 centimètres sur 15 à 25 millimètres de largeur, profondément découpées en lobes dressés, étroits, aigus 9lu sommet, décurrents à la base» longs de 15 à 25 millimètres, séparés par d'étroits sinus aigus, et parfois munis à leur tour de lobules linéaires aigus.

Nervure médiane de la feuille très large et paraissant formée de plusieurs fllets parallèles contigus; nervures médianes des divisions primaires assez larges, formées d'un cordon unique ; nervures des lobes plus fines, généralement simples, décurrentes à leur base.

Remarqvies p&léontologiques. — Les échantillons de cette espèce représentés sur les FiQ. 3 et 4 de la Pl. XXXII ne sont pas assez bien conservés pour qu'on puisse s'assurer si la nervure médiane de la fronde était unique ou composée de plusieurs filets ; cependant il semble 'bien sur la feuille de la Fia. 3, qu'on voie lôs nervures des divisions primaires se juxtaposer simplement les unes aux autres dans l'axe médian sans se fondre en un faisceau unique. La surface du limbe parait tout à fait lisse et dépourvue de poils.

Rapports et différences, — Cette espèce se rapproche surtout de VAphl. acanthoides^ mais elle en diffère nettement par ses divisions primaires beaucoup plus allongées, plus étroites par rapport à leur lenteur, plus dressées et plus profondément découpées, divisées en lobes plus effilés. A ce dernier point de vue elle rappelle un peu lAphL Germari^ mais elle a une consistance beaucoup plus mince, et ses nervures sont nettement formées, dans chaque lobe et même dans chaque diyision primaire, d*un cordon unique plus ou j moins épais.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, au toit de la 4* couche.

APHLEBIA GROSSOUVREL n. sp.

(PL. XXXIII, FlO. 4.)

Descriptioyi de Vespèce. — Expansions foliacées bipinnatifides ^ à contour lancéolé ou ovale-lancéolé^ longues d'^au moins 25 à 30 centimètres sur 12 à 15 centimètres de largeur. Axe médian large de 2 centiaiètres, se rétrécissant peu à peu vers lo sommet. Divi^ sions primaires alternes ou subopposéos, étaléesdressées, légèrement arquées^ espacées d'un même côté de 2 à 4 centimètres, ne se touchant pas par leurs bordSy à contour étroitement lancéolé ou même Hnéaire^lancéoléf décurrentes à leur base sur Taxe médian, obtusénient aiguës au sommet, longues de 7 à 12 centimètres sur 8 à 12 millimètres de largeur, m^unies sur leurs bords de lobes alteimes, dressés, à contour triangulaire^ arrondis au sommet, décwrents à leur base, assez peu saillants et assez espacés, passant peu à peu à de simples (tents arrondies ou obtusément aiguës.

NeiTSition constituée ps^r plusieuv^'^ filets courant

pa7*a.llèlement les uns aux autres dans Taxe médian et dans les divisions primaires, plus ou moins flexueux et assez peu serrés y souvent peu distincts et noyés dans le parenchyme de la feuille, qui parait avoir été assez épais.

Remarques paléontologiques. — L'échantillon représenté sur la Fio. 4 de la Pl. XXXIII est le seul qui ait été recueilli de cette espèce. L'épaisseur du limbe ne permet pas de distinguer bien nettement le cours des filets qui constituent la nervation ; il semble toutefois que dans les derniers lobes il n'y ait plus que des nervures du type normal, formées d'un cordon unique, simple ou ramifié»

Rapports et différences. — UAphL Grossouvrei se

distingue aisément des espèces précédentes par ses

divisions primaires beaucoup plus étroites, bien moins

profondément découpées, et munies seulement sur

leurs bords de lobes en général assez peu saillants. Il

rappelle, parmi les espèces qui ont déjà été décrites,

la figure que Schimper a donnée de YAphl. Goldenbergi

Weiss (sp.) (1) ; mais on voit sur cette figure une fronde

à divisions primaires plus étroites encore, et surtout

mu^es de lobes infiniment moins larges, plus longs et

plus aigus ; d'ailleurs, la figure de cette même espèce

publiée par M. Heyor(2) montre des différences encore

plus marquées, et notamment une nervation constituée,

I non seulement sur les divisions primaires, mais sur

Vaxe médian lui-même, par de^ cordons simples, ne se

décomposant pas en filets indépendants ; le limbe pa*

raît en outre avoir eu une consistance beaucoup plus

délicate.

(1) Rhacophyllum GoldenbergiL Weiss, in Schimper, Trait, de pal. vég., I. p. 686, pi. XLVI, fîg. 2.

(2} Heyer, Beitr. z, Kennt, d. Famé d. Carb. xi. d. Rothlieg, im Sasr-Hhein-Geb,^ p, 6, pi. lYt fig. l.

L'espèce à laquelle VAphl, Grossouvrei ressemlilele plus est certainement VAphl. rhizomorpka, dont h description va suivre, mais qui se distingue par sa divisions primaires simples, ou munies seulement mf leurs bords de quelques rares lobes ou de dents à peine saillantes.

L'espèce que je viens de décrire est dédiée à m<m catnarade et ami M. de Grossouwe, ingénieur au Corps des Mines, à qui je dois une série de beaux échantillons de plantes houillères, provenant notamment de Bosmoreau dan» la Cretise, et donnés par lui à TEcole des Mines.

Provenance. — Tranchée de Forêt, h f 0 ou 1? mètres au toit de la Grande Couche.

APHLEBIA RHIZOMORPRA. n. ap.

(PL. XXXIII, FiG. b, 6.)

Description de Vespèce. — Expêinêions foliacées simplement pinnatifides, à contour lancéolé^ longues de %0 à 40 centimètres sur 10 à 15 centimètre» de largeur. Axe médian large de 15 à 30 millimètres, se rétrécissant graduellement de la hase au sommet. Dm* sions primaires alternes ou subopposées, dressées oq étalées-dressées, légèrement arquées^ espacées d'un même côté de 15 à 40 millimétrés, ne se touchftnt pas par leurs bords, déourrentes à leur base sur Taxe médian, graduellement effilées vers leur sommet et se terminant en pointe obtuse^ longues de 3 à 10 centimètres, larges de 3 à 12 millimètres à leur base, é bords entiers ou parfois munis de quelques dents ou lobes généralement peu saillants, à contour ogival ou triangulaire.

Nervation constituée par pliÂsieurs filets courant parallèlement les uns aux autres dans Taxe médian et

ans les divisions primaires, assez peu serrés, et généftletnetit peu visibles, noyés dans le parenchyme, qui embîe avoir dû être assez épais.

Remarques pHléontologiquBS, — Ces empreintes fourraient être regardées comme des racines à ramifications distiques, et j'ai quelque temps hésité sur leut nterpi^étation ; mais Texamen des échantillons assez lombrcux recueillis à Commentry m'a déterminé à les classer dans le genre Aphlebia, en raison des affinités incontestables qu'elles présentent avecl'Ap/il. Grossouvrei. Des racines auraient dû laisser^ d'ailleurs, une masse charbonneuse plus épaisse, à relief plus marqué, et l'on devrait trouver, suivant leur axe, un cordon médian beaucoup plus fort, correspondant au système lîbéro-ligneux ; au contraire, ces empreintes sont toujours formées d'une lame charbonneuse excessivement mince, parfaitement plane, et parcourue seulement par des cordons vasculaires peu puissants, parallèles les . uns aux autres, présentant dans leur ensemble Taspect ! dé ceux qu'on voit chez VAphl. Ch*omauvrêi et VAphh \ GermsiH; quant à la disposition et à la forme des divisions primaires, ainsi que des quelques lobes dont elles sont parfois munies, il est impossible de méconî naître l'étroite ressemblance qu'elles offrent avec celles de VAphl. Grossouvrei, qui, lui, ne saurait être pris pour une racine.

Sur quelques échantillons, Ton voit deux frondes placées l'une à c6tc de l'autre, dont les axes se superposent à leur basé comme s'ils partaient d'une origine I commune ou représentaient les deux branches d'une fromte bifurquée dès sa naissance. Un autre échan-tillon se montre associé à une empreinte d'Odont. mU nor^ mais sans qu'on puisse tirer aucune induction sérieuse de cette association, qui n'est sans doute qu'acdidentelle.

RApports et différences. — Cette espèce resseniblff extrêmement, comme je Tai dit, à VAphL Grossouvm, mais s*en distinguo facilement par ses divisions primaires simples, à bord généralement entier, parfois munies seulement de quelques rares lobes peu déreloppés.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance. Tranchée de Foret, à 10 ou 12 mètres au toit de la Grande Couche. Puits de rOuest, au toit de la 5* couche.

APHLEBIA PERPLEXA. n. sp.

(PL. XXXIIL FiG. 3.1

Description de Vespèce. — Fronde irrégulièrement rarnifiée, k axe divisé dès la base en plusieurs branches larges de 2 à 3 millimètres et longues de 3 à 5 centimètres ; divisions primaires à contour trisLngulaire, décurrente^ à leur base, pinnatifides ou bipinnatifides, À lobes Sirrondis, peu sailUnts, les plus inférieurs pourvus eux*mêmes de lobules arrondis, décurrents à leur base.

Nervation peu nette : axe principal assez épais, paraissant composé de plusieurs filets parallèles , contigus ; axes secondaires formés cliacun d*un cordon unique. Limbe d'apparence assez délicate.

Remarques paléontologiques. — Bien que Fempreinte représentée sur la Fie. 3 de la Pl. XXXIII laisse quelque peu à désirer sous le rapport de la netteté, il n'est pas douteux qu'elle constitue une forme nouvelle, et j'ai tenu, h cause de cela, à la décrire et à la figurer. L'axe se ramifie en plusieurs divisions à peu près d'égale valeur, qui s'enchevêtrent les unes déins les autres , comme si elles avaient formé ud6 toutTe; à la partie inférieure, il semble (ju'on \oieuiie

section ciroulaire correspondant au point d'attache de l'axe sur son support.

Cette fronde à contourB mal définis pourrait peutêtre représenter une de ces expansions foliaoées, ou pinnules anomales, qu*on trouve sur le raohis do certaines Fougères houillères, comme, par exemple, le Pecopteris Biotiy et qu*on a classées également, lorsqu'on les a trouvées isolées, dans le genre Aphlebia^ bien qu'elles n'aient sans doute que des rapports éloignés aveo les grandes frondes qui font partie de ce genre ; mais l'échantillon que je viens de décrire est beaucoup plus grand, plus ramifié et plus découpé qu'aacun des ApklebisL que j'ai pu voir insérés direo* iement, comme pennes ou pinnules anomales, sur les rachis de Pecopteria ou de Sphenopteris^ soit de l'étage houiller moyen, soit de Tétage houiller supérieur. En résumé, son attribution demeure tout aussi problématique que celle des grands Aphlehia. précédemment décrits.

ProvenaLUce. — Tranchée de Forêt.

Troncs de Fougères.

Troncs cylindriques ou aplatis, marqués, sur leur surface extérieure, de cicatrices ovales ou elliptiques, correspondant à T insertion des pétioles des frondes, disposées en files longitudinales plus ou moins nom«breuses, et généralement munies à leur intérieur d'une ou plusieurs cicatrices en forme d'arcs tantôt fermés, tantôt ouverts, correspondant au passage des faisceaux vasculaires qui se rendaient dans les pétioles. Axe ligneux interne constitué par des bandes vasculaires plus ou moins sinueuses disposées les unes à la suite des autres suivant une série de surfaces cylindriques concentriques, et s'anastomosant gà et là entre elles.

Intarvalle compris entre le cylindre ligneux et réosm externe généralement occupé par de nombreuses n^ oinee adventîves descendant verticalement et fomuat un laoia trèfl serré.

Ces troncs étaient couronnés à leur sommet^ comm ceux des Fougères arborescentes actueUes» par un bstquet de frondes, ainsi que le montre la Fig. 2 de h Pl. VIII, sur laquelle on voit» à la partie supérieure d'un de ces trônes, les bases des pétioles do frondes di Pecop teins Sterzeli encore en place et manquant a partie leurs cicatrices d'insertion. Ils. atteignaient viaisemblabloment une assez grande hauteur, une vingtaine de mètres environ^ d'après les observations faîtes a Saint-Etienne par M. Grand'Eury (1).

Sur quelques points du terrain houiUer supérieur et du terrain permien on a trouvé en abondance cee troncs silidQés, et on a pu étudier en détail leur structure anatomique, d'après laquelle ils paraissent devoir élre rapportés à la famille des Marattiacées (2). Les troncs de Fougères ainsi consenvés ont été classés sous le nom générique de Psaronius Cotta, dans lequel on a distingué un grand nombre d'espèces ; mais comme, jusqu'à présent, tous les échantillons de Ps&ronius étudiée sont dépourvus de leur éceree externe et qu'on lit pu reconnaître la forme et la disposition de leurs cicatrices pétiolaires, on ignore les relations de œs différentes espèces de Psaronius avec les espèces fondées sur les caraeiires extérieurs observés en empreintes, qui constituent, notamment, les genres Cautopterie et Mege^phyton. Dans ces derniers, les espèces se dieUnguent les unes des autres d'après la forme et la dimen-

(1) Flore carb. du dép. de la Loire, p. 97.

(5) Corda, Beitrâge zur Flora der Vorwelt, p. 93. Grand'Eury. Flore carb. du dép. de la Loire^ p. 84, 92.

lion des ciaatrices pétiolaires et dos cioatrioes vagcu» aires. dont celles «oi sont pourvues ii leur intérieur, baadis que ^ dans les Psaronius^ c'est d'après Tarrange- 3ient et la constitution des bandes vasculaires qui forment le cylindre ligûeux central, d'après Torganiaation générale de ce cylindre et des racines qui r enveloppent, que se fait la différenciation spécifique. Parmi les détails anatomiques que Tétude des P^a- 7*ortiuâ a permis de constater, il suffira de signaler ici l'existence, chez un grand nombre d'espèces, de bandes de tiMBU résistant, tissu sclérenohymateux, interposées dans le cylindre central entre les bandes vasculaires qui le constituent; les faisceaux vasculaires qui se détachent de ces dernières pour se rendre aux pétioles des frondes sont alors accompagnés, & leur sortie de Taxe ligneux, de bandes sclérenchymateuses qui forment autour d'eux une sorte de gaine protec<trice. En outre, Vaxe ligneux central est lui-même enveloppé, chez beaucoup despeees, d'une gaine de tissu sclérenchy*malteuX) parfaitement distincte chez le plus grand nonabre, moins nette chez quelques autres, qui le sépare de l'anneau de racines compris entre lui et Tocoroe externe.

Oes détails ne peuvent, bien entendu, être observés avec quelque précision que sur les échantillons à struc^ ture bien conservée, comme les échantillons silicifiés ; on peut cependant reconnaître parfois quelques traces de la structure anatomique sur des troncs à éléments ligneux simplement transformés en houille, tels qu'on en renoontf o assez fréquemment dans le terrain houil* 1er» Le plus souvent, ces troncs sont dépouillés de leur écorce externe, ou bien colle-ci n'offre plus de caractères suffisamment précis, et c'est uniquement par l'examen de leur section transversale qu'on peut les reconnaître pour des troncs de Fougères, assimilables

aux PMvoniu&i mais le plus ordinairement impossibltt à déterminer spécifiquement. Les éléments les ptiu délicats du tissu s'étant détruits, et les vides qu'ils obI laissés ayant été moulés par los sédiments, schistes oa grès, les parties plus résistantes, transformées ee charbon, dessinent sur la coupe transversale des hgnm noires qui permettent d'en saisir la forme et la dispo* sition relative. Assez généralement, le cylindre ligneux est vide et se présente, en coupe, comme un cercde plu» ou moins aplati, plus ou moins déformé, occupé par du schiste ou du grès; quelquefois cepondant les bandes vasculaires et sclérenchymateuses se montrent à la périphérie sous Taspect de bandes sinueuses concentriques, telles qu'on les voit Fia. 1, Pl. XXXVI, sur la section de la portion supérieure a. Dans ce ca& ces bandes constituent à l'intérieur du cylindre des surfaces de facile séparation, et Ton peut, à l'aide do burin, les mettre assez aisément à nu et étudier, avec plus de facilité que sur les échantillons silicifiés, leur disposition, leur parcours, leurs anastomoses (Pl- XXXVI, Fia. 1 a') ; malheureusement il est fort rare de trouver des échantillons aussi complètement conservés et se prêtant ainsi à Tétude.

Le cylindre ligneux central de ces troncs, qu'il soit bien ou mal conservé, se montre halntuellement, en coupe transversale, entouré par un réseau très serré à assez petites mailles, formées chacune d'un noyau pierreux enveloppé d'une bande charbonneuse peu épaisse, et représentaht la section des racines adventives, étroitement serrées les unes contre les autres, qui formaient autour de l'axe ligneux une large zone annulaire ; ces racines affectent, par suite de la transformation en houille de leurs tissus externes, kt forme de tubes à paroi charbonneuse occupés à l'intérieur par un rem* plissage pierreux. Dos troncs ainsi conservés ont été

trouvés à Commentry (1), mais s'ils son* déterminables comme troncs de Fougères, ils ne présentent pas d« caractères pouvant servir de base à une distinction spéciflque ; aussi n'a-t-il pas paru nécessaire d'en fig'urer d'échantillons.

Enfin ces troncs de Fougères peuvent se rencontrer dans la houille elle-même, intégralement transformés en charbon, mais ofTrant encore, sur leur section transversale, des traces assez nettes d'organisation pour qu'on puisse y reconnaître la structure caractéristique qui vient d'être indiquée. M. Fayol a, le premier, signalé ce mode remarquable de conservation et montré que dans beaucoup de cas l'on pouvait ainsi, par Texamen de la cassure, déterminer la nature des tiges qui entraient dans la composition de la houille (2). Ces tiges se présentent, en coupe, comme des lentilles brillantes se détachant nettement sur la houille mate ^ui les entoure, et l'on arrive, en les examinant sous un jour convenable, à discerner très nettement la disposition et la forme des éléments qui les constituent. Suf les lentilles, toujours très aplaties, qui représentent la section des troncs de Fougères, on distingue, suivant le diamètre horizontal, une bande étroite, haute de 2 à 4 millimètres sur 8 à 1 0 millimètres de longueur, étirée en pointe à chaque bout, et formée de lignes brillantes parallèles à ses bords, plus ou moins sinuepses, qui se détachent sur un fond plus terne ; cette portion centrale de la lentille représente le cylindre Ugneux avec ses bandes vasculaires et sdérenchymat^uses. Elle est entourée d'une zone, épaisse de 4 à 5 millimètres suivant le petit axe et de 15 à 20 millimètres suivant le grand

(1) Fayol, Végétaux fossUes dans la houille et le terrain houiller (Soc. de VIndustr. miner., Proc. verb. de la séance tenue à Montluçon le 15 juillet 1883, p. 14, pi. 2, fig. 2).

(2) J6td.,p. 13-15, pi. 1,2.

axe, correspondant à Tanneau de radicules qui entourait Taxe ligneux ; ces radicules offrent, sur la tranclw. Taspect de petites ellipses de 1 à 2 millimètres de diamètre dans un sens et de 0™"',5 dans l'autre, formées chacune d'une mince bande brillante entourant un noyau plus mat, très serrées les unes contre les autres, mais séparées par d'étroits intervalles ternes (1). Ces tiges, couchées à plat parallèlement à la stratification, se suivent souvent sur une assez grande longueur, mais elles n'offrent à leur surface aucun caractère disUnctif et ne se reconnaissent que par leur section.

En empreintes, les troncs de Fougères se prôsontent, ainsi qu'il a été dit plus haut, sous la forme de cylindres plus ou moins aplatis portant à leur surface des cicatrices correspondant aux feuilles ; mais ils peuvent, ceux du moins dont le cylindre ligneux central était enveloppé d'une gaine de sclérenchyme, donner lieu h deux systèmes d'empreintes ou de moules très distincts : on peut en effet avoir affaire tantôt à l'empreinte de Técorce externe portant les cicatrices pétîolaires proprement dites, tantôt à l'empreinte ou au moule interne du cylindre ligneux, limité par sa gaîne do sclérenchyme, marquée de cicatrices correspondant au passage des faisceaux vasculaires qui se rendaient aux feuilles et qui étaient généralement entourés eux-mômcs d'une gaîne sclérenchymateuse. Le bol échantillon représenté sur la FiG. 1, Pl. XXXVI, montre nettement ces doux systèmes d'empreintes dans leur situation relative naturelle, l'écorce externe en c et en dedans do celle-ci, en a, le cylindre ligneux, conservé en relief et dont la surface a laissé son empreinte en b sur la roche. Malheureusement, il est extrêmement rare de retrouver l'écorce et le cylindre central ainsi placés concentriquement l'un par rapport à l'autre ; le plus souvent on

(1) Fayol, loc, cif., p. 14, pi. 2, fig. 3, 4.

Tid roncontro que Tun des deux, soit Técorco, qui peutêtre se brisait et se détachait par plaques plus ou moins étendues, soit le cylindre ligneux débarrassé de son enveloppe radiculaire, ou sous forme tantôt d'empreinte et tantôt de moule interne, les tissus qui le constituaient ayant été détruits et le vide qu'ils ont laissé ayant été rempli par les sédiments.

Ces deux systèmes d'empreintes ont été considérés c$omme représentant deux groupes bien difîércnts de tiges, génériquement distincts Tun de Tautre, jusqu'au jour où réchantillon figuré sur la Pl. XXXVI les a montrés en rapport l'un avec l'autre et a permis d'en reconnaître la signification (1) ; mais, comme on les trouve presque toujours dissociés et qu'il est alors impossible de savoir à quelle espèce de l'un des groupes correspond telle ou telle espèce de l'autre, il faut bien continuer à les designer sous des noms génériques différents, comme on le fait si fréquemment en botanique fossile pour les diverses parties d'un même végétal, faute do pouvoir les raccorder les unes avec les autres. C'est ainsi que le nom de Caulopteris s'applique aux tiges représentées par leur écorce externe, tandis que celles dont on n'a que le cylindre ligneux central sont désignées sous celui de Ptychopteris.

On observe souvent, sur l'écorce des troncs des Fougères du terrain houiller, des fossettes plus ou moins développées, dispersées irrégulièrement ou rangées en files verticales sinueuses entre les cicatrices foliaires. Ces fossettes paraissent identiques aux fossettes aérifères des troncs dos Fougères arborescentes actuelles, qui, sur les jeunes tiges, sont recouvertes par l'épidorme et ne deviennent visibles que plus tard, lorsque

(1) B. Renault et R. Zeiller, Sur les troncs de Fougères du terrain houiller supérieur (Comptes-rendus Acad, se, Cil, p. 64-66).

la membrane qui les masquait s*est rompue, puis enfio s'agrandissent et acquièrent souvent sur les vieille tiges des dimensions notables. L'empreinte de Me^aphyton Mac* Layi représentée sur la Fio. 4 de la Pl. XL montre en effet un grand nombre de ces fossettes, dont les unes sont en creux et les autres en relief» et il suffit d'un léger effort pour faire sortir de leur alvéole les petites lentilles pierreuses qui constituent ces dernières : ces lentilles représentent par conséquent le moulage de petites cavités creusées dans l'épaisseur de Técorce et ne communiquant pas ou du moins ne communiquant avec l'extérieur que par une ouverture très étroite. Sur d'autres échantillons, au contraire, de semblables protubérances lenticulaires ne font qu'un avec la roche sous-jacente et doivent être regardées dès lors comme les moulages de cavités largement ouvertes. Ces fossettes des troncs de Fougères houillères suivaient donc dans leur développement la même marche que celles des Fougères vivantes, d'abord fermées, puis percées d'une étroite ouverture, enfin largement ouvertes et graduellement croissantes, de telle façon qu'il est permis de les regarder comme ayant dû remplir exactement le même rôle et ayant la même signification ; le plus souvent elles ne se montrent que sur 4es portions de l'écorce comprises entre les cicatrices , mais quelquefois elles empiètent sur ces cicatrices, ainsi qu'on peut le voir sur le Caulopteris peltigera (Pl. XXXV, Fio. 3) et sur le CauZ. endorhiza (Pl. XXXVI, F'iG. 1, 1 c) et qu'on le constate parmi les Fougères vivantes chez certaines espèces de Cyathea^ où les fossettes s'étendent parfois jusque sur les bords et se montrent même à l'intérieur dos cicatrices foliaires (1).

(1) Brongniart, Hist. végét. foss.^ I, p. 155, pl. 41, fig. 2, 4 fCyathea excelsa); pl. 42, fig. 1 {Cyathea compta), — Corda, tn Steriiberg, Bss. FL monde prim.y II, fasc. 7-8, p. xxii, XXX, pl. LXV, fig. 11 (Cyathea Stembergii).

Genre CAULOPTERIS. Lindley bt Hutton.

1832. Gaulopteris. Lindley et Hutton, Foss. FL Gr.Brit.yl, p. xlix. Corda, Beitr. z. FI. d, Vorw., p. 76.

1836. Sigillaria (Seot. Gaulopteria). Brongniart, Hist, végét, /bss.,I, p. 393, 417.

1845. Stemxnatopteris. Corda, Deitr. z. FI. d. Vonv.,p. 76.

Tronos marqués de grandes cicatrices ovales ou elliptiques, presque toujours plus hautes que larges, rangées suivant plusieurs files verticales équidis^ tanteSy disposées en quinconces, et séparées les unes des autres par des intervalles tantôt lisses, tantôt cha« grinés, parfois creusés de petites fossettes arrondies ou ovales peu profondes. Cicatrices accompagnées à leur intérieur d'une trace , correspondant au passage du faisceau foliaire, concentinque à leur contour, tantôt ouverte vers le haut et repliée en dedans par ses ex* trémités, tantôt fermée et accompagnée dans ce cas un peu au-dessous du sommet de son diamètre vertical par une trace en forme de v renversé très ouvert.

Les Caulopteris représentent, ainsi que je Tai dit un peu plus haut, les tiges de Fougères dont l'écorce externe est conservée avec les cicatrices pétiolaires dont elle était pourvue. Â Tintérieur de chacune de ces cicatrices on voit la cicatrice correspondant au passage du faisceau vasculaire qui se rendait dans le pétiole, cicatrice formée le plus souvent de deux parties, Tune à contour fermé, l'autre en forme de v renversé, située vers le haut du diamètre vertical et à Tintérieur de la première. Sur presque toutes les sections transversales de Psaronius, les faisceaux vasculaires qui se déta* chent du cylindre central pour se rendre aux feuilles affectent simplement la forme d'U tournant leur conca*vité vers Taxe du tronc, et Ton pouvait se demander

quello était l'origine de la bande complémentaire en t renversé, qui, sur la plupart des empreintes, se voit à l'intérieur de la cicatrice vasculairc principale.

L'étude anatomique du tronc de la Pl. XXXVI a permis de répondre à cette question et de suivre le faisceau foliaire depuis son origine jusqu'à sa sortie du cylindre contrai, à l'intersection duquel il donne déjà lieu à une cicatrice identique à celle qu'on observe sur l'écorce externe : j'ai déjà dit qu'à Tintérieur du cylindre ligneux a de cet échantillon les bandes vasculaires et sclérenchymateuses étaient conservées bous forme de lames charbonneuses déterminant des surfaces de moindre adhérence, de telle sorte que, ce cylindre ayant été fendu suivant son plan diamétral principal, un groupe de trois cicatrices latérales (Fi6. 1 a") s'est détaché de lui-même avec tout le système des bandes charbonneuses qui y aboutissent. Chacune de ces cica* trices est composée d'un contour fermé accompagné en dedans par une cicatrice en forme d'arc concave vers le bas ou de v renversé, et en dehors par une cicatrice elliptique qui, du côté supérieur, est placée à peu de distance et lui est presque parallèle, mais qui s'en écarte beaucoup vers le bas et descend jusqu'à la cicatrice homologue immédiatement inférieure contre laquelle elle vient buter avant de s'être refermée. L'examen des deux lames charbonneuses aboutissant Tune au contour fermé et l'autre à la cicatrice extérieure montre qu'elles n'ont pas exactement la même constitution, les fibres plus serrées, plus denses, de cette dernière indiquant une bande sclérenchymateuse, tandis que la première est une bande vasculaire. La cicatrice externe correspond par conséquent à la gaine sclérenchymateuse qui, comme le montre la Fie. 1 a" {g) affectait la forme d'une chape et entourait presque complètement le faisceau foliaire, s'interrompant seulement pour lui

laisser passage au voisinage de son origine, mais descendant du côté antérieur jusque contre les bords de la gaine immédiatement inférieure et s'unissant vraisemblablement à eux ; c est du reste ce qu'on observe «ur beaucoup de Psaroiiius, dont la section transversale montre les faisceaux foliaires en U prêts à sortir du cylindre central, enfermés entre des bandes sclérenchymateuses, la plus extérieure de ces bandes n'étant autre chose que la gaine générale du cylindre ligneux, los autres perpendiculaires à celle-ci et réunies Tune et l'autre en arrière du faisceau foliaire qu'elles encadrent ainsi complètement.

Quant à la bande vasculaire f qui devait aboutir à la fouille, on voit, sur la Fig. 1 a" et mieux encore sur la FiG. 1 a' représentant une préparation de Tintérieurdu cylindre ligneux a de la Fig. 1, qu'elle a pour origine une anastomose r do deux des bandes vasculaires qui s'élèvent verticalement les unes à côté des autres dans ce cylindre ligneux central ; la Fig. 1 a' montre même la naissance de deux de ces faisceaux foliaires, l'un en r vers le bas à droite, et l'autre en r vers le haut à gauche. La marche du faisceau a pu être suivie sur ce même échantillon comme le montre la Fig. 1 a', et surtout sur le faisceau de la troisième des cicatrices foliaires du groupe représenté Fig. 1 a" ; cette cicatrice, masquée par les deux autres et appartenant à la (île verticale immédiatement contiguë, est vue sur la Fig. 1 a'" dans la position qu'elle occupe derrière les deux cicatrices de la Fig. 1 a". On voit que le faisceau foliaire, ens'élevant peu à peu, se creuse d'abord en gouttière tournant sa concavité vers Taxe du tronc (FiG. 1 a' et Fig. 1 a") ; en section transversale il affecte alors la forme en U qu'on voit sur les sections transversales do PsaronhiS] sa courbure s'uccentuo do plus en plus, puis à un certain moment, en o (Fig. 1 a' et 1 a'"), ses bords se replient

en dedans en crochets, et se rapprochent graduellement jusqu'à finir par se n'-unir complètement, en p; à ce moment la bande foliaire afîecto la forme d'un anneao elliptique fermé; mais ses bords primitifs, replies en dedans, constituent par leur réunion au-delà de p une sorte de voûte d'abord ogivale (Fia. I a'"), qui va en s'élargissant peu à peu et dont l'intersection avec la surface cylindrique correspondant à la gaine du cylindre ligneux donne lieu à la cicatrice en u renversé qu'on voit sur la Fio. 1 a" et (jui est représentée en traits pointillés sur les Fig. 1 a"' et 1 a'. La grande cics trico elliptique à l'intérieur de laquelle celle-ci est située représente l'intersection de la surface du cylindre avec la bande annulaire que forme le faisceau foliaire à partir du point p. Le faisceau interne en v renversé n'est donc qu'une déri%'at)on du faisceau annulaire, résultant du reploiement de ses bords à l'intérieur et do leur soudure mutuelle. Le croquis schématique ci-contre (Fig.?), qui représente la coupe d'un de ces faisceaux foliaires par un plan vertical mené par l'axe du tronc et par le diamètre AA' d'une des cicatrices, fait voir clairement cette disposition.

Si les deux bords du faisceau ne se soudaient pas, la cicatrice vasculaire ollrirait un contour en fer à cheval ouvert par le haut et à extrémités repliées vers le dedans.

comme sur le tronc de la FiG. 6, Pl. XXXV. En général, sur un même tronc, toutes les cicatrices vasculaires sont parfaitement identiques, les faisceaux foliaires ayant une marche très régulière et arrivant à l'extérieur, soit tous ouverts, soit tous fermés. Cepen'dant, il n*en était pas toujours ainsi, et la FiG. 5 de la Pl. XXXV montre que, chez certaines espèces du moins, le point de suture des deux bords du faisceau était situé à une distance variable de Técorce, tantôt en dedans et tantôt en dehors, de sorte que les cicatrices vasculaires offrent les figures diverses qu'on obtiendrait en coupant un même faisceau par une série de plans verticaux parallèles, plus ou moins éloignés de l'axe du tronc. Cette différence dans la forme des cicatrices, les unes ouvertes, les autres fermées, ne peut donc servir de base à une distinction générique, et Ton ne saurait séparer le genre Stemmatopteris ^ à cicatrices vasculaires fermées, des CsLulopteris à cicatrices ouvertes vers le haut en forme de fer à cheval.

Aux espèces de Caulopteris dont la description va suivre, il faudrait joindre, pour n*omettre aucune des formes trouvées à Commentry, la tige du Pecopteris Sterzeli figurée sur la Pl. VIII, Fig. 2, et décrite avec les frondes de cette espèce ; mais il n'y a évidemment pas lieu de la classer à part, puisque l'on sait quelles étaient les frondes qu'elle portait et qu*on peut la réunir à celles-ci. C'est d'ailleurs le seul tronc pour lequel cette réunion soit possible, aucun autre n'ayant été trouvé en rapport avec les frondes qui devaient en couronner le sommet. Il parait seulement très vraisemblable, d'après la connexité de gisement, que les Caulopteris correspondent aux Pecopteris oyathoïdes, bien que précisément le Pec. Sterzeli vienne, par le mode de découpure de ses pennes, se placer nettement en dehors de ce groupe et semble fournir un argument

contraire à cotte attribution ; mais, au point de vue à la forme des pennes et des pinnules stériles, ce Pec. Sterzeli constitue un type isolé, et parmi les Fougères arborescentes de la flore actuelle il y a de même certaines espèces qui difl'èrent très notablement parla forme et le mode de division de leurs pennes et pionules de la plupart des autres espèces du même groupe générique, sans que pour cela leurs troncs présentent, par rapport à ceux de ces dernières, de différences marquées. Néanmoins il est à désirer que d*heureuses découvertes, semblables à celle qui a été faite à Coinmentry pour le Pec. Sterzeli permettent do s'assurer, par une observation directe, de Texactitude de Tattribution, purement conjecturale jusqu'à présent, des Caulopteris aux Pecopteris cyathoïdes.

OAULOPTERIS PELTIGER^V. BaoNGNiiLUT,

(PL. XXXV, FiG. 1 à 3.)

1836. Sigillaria (Caulopteris) peltigera. Brongniai t, HUt. végét. foss,, I, p. 417, pi. 138.

1838. Caulopteris peltigera. Presl, in Sternberg, Ess. Fi monde prim,, l\, fasc. 7-8, p. 17?. Zeiller, BulL Soc. GéoL, 3« sér., IIÏ, p. 574, pi. XVII, fig. 3 [non fig. 4i. Grand'Bury, Flore carb, du dép, de U Loire, p 8&, pi. IX, lîg. 2. Weiss, Aus d. Sleink., p. 18, pi. 19, fig. 113. Renault, Cours bol, foss., III, p. 138, pi. 24,

1845. Stemxnatopteris peltigera. Corda, Beilr. z. FI d. Wor\K>., p. 76. Schiiïiper, Trait, de pal. vég., l, p. 710. pi. LUI, fig. 1, 2.

Description de Vespèce. — Cicahnces pétiolaire^ elliptiques^ ou ovales^ et dans ce cas un peu plus larges en bas qu'en haut, hautes de 6 à 9 centimètres, larges do 4 à 6 centimètres, disposées en quinconce, 9ssez rapprochées les unes des autres^ espacées de

bord en bord de 1 à 3 centimètres sur une même file verticale, les files verticales étant elles-mêmes distantes, d'axe en axe, de 3 à 6 centimètres ; cicatrice vasculaire constituée par un contour fermé elliptique ou ovaZe, concentrique à celui de la cicatrice pétiolaire, haut de 40 à 65 millimètres sur 15 à 30 millimètres de largeur, et accompagné vers le tiers ou le quart supérieur de son diamètre d*un arc à faible courbure^ concave vers le bas, relevé vers le haut à ses deux extrémités et long do 10 à 15 millimètres.

Ecorce finement chagrinée entre les cicatrices, ou marquée, sans doute sur les tiges âgées, de nombreuses fossettes, arrondies ou elliptiques, de 1 à 3 millimètres de diamètre.

Remarques paléontologiques. — La Fio. l de la Pl. XXXV montre un fragment d'écorce de CauL peU tigera bien semblable aux échantillons types de Brongniart, à grandes cicatrices plutôt ovales qu'elliptiques, et à écorce très finement chagrinée entre les cicatrices, paraissant même presque lisse au premier coup d'œil. L'empreinte de la Fia. 3 appartient manifestement à la même espèce, mais ici Técorce est creusée des nombreuses fossettes dont j'ai signalé plus haut l'existence sur certaines tiges, et dont la présence ne peut être considérée comme un caractère spécifique, puisqu'elle dépend simplement, chez les Fougères vivantes, de Tâge plus ou moins avancé de la portion do tige considérée, et qu'il en était sans doute de même chez les Fougères houillères. En certains points de cet échantillon, notamment sur la cicatrice supérieure, ces fossettes, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer plus haut, s'étendent jusque dans Tintérieur du contour correspondant à la base du pétiole, ne respectant que l'espace limite par le faisceau foliaire.

Quant à l'échantillon de la Fia. 2, il me paraît appar-

tenir à la même espèce, les cicatrices qu'il présenle étant parfaitement identiques comme forme, comme taille et comme espacement, aux cicatrices vasculairei du CauL peltigersL ; mais Tellipse extérieure, conespondantau contour de la base du pétiole, manque com* plètement, ce qui conduit à regarder cet échantillM comme l'empreinte de la face interne d'un fragment d'écorce, sillonnée longitudinalement par les radiciiles qui descendaient dans la zone corticale, entre récoice et le cylindre ligneux central.

Le Caul. peltigerai est assez généralement associe avec le Pecopteris cyat/iea, et il serait fort possible qu'il représentât le tronc de cette fougère, mais ce n'est là qu'une attribution purement hypothétique.

Rapports et différences. — 11 se distingue assez facilement des autres espèces du même genre que loe peut rencontrer avec lui, par la forme elliptique, par le rapprochement mutuel et par la grande dimensioo de ses cicatrices, ainsi que par la forme de sa cicatrice vasculaire, non ouverte par le haut. Sur tous les échantillons, très nombreux et souvent très étendus que j'ai eus sous les yeux, j'ai trouvé ce dernier caractère parfaitement constant, et c'est par là notamment qu'il diffère du CsLuL varians, chez lequel les cicatrices sontda reste encore plus rapprochées, et où la cicatrice vasculaire est un peu moins grande par rapport à la cicatrice pétiolaire, laissant entre elle et cette dernière un espace plus considérable. Comparé au CsluI. endorhiza^ auqud il ressemble également, il a les cicatrices plus hautes et surtout bien moins larges par rapport à leur hauteur.

Synonymie. — J'ai dû laisser en dehors de la liste synonymique les figures publiées sous le nom do Caul. peltigersi par Germar (1) et par Geinitz (2), la première

(1) Verst. d. Steink. v. Weltin u. Lobejun, pi. XL, fig. 3.

(2) Verst. d. Steink. in Sachs., pi. XXXIV, fig, 3.

ayant des cicatrices moins elliptiques, moins hautes, et disposées en Gles verticales beaucoup moins rapprochées, la seconde montrant des cicatrices vasculaires ouvertes en fer à cheval vers le haut. Quant à Tune des figures que j*ai moi-même données sous ce nom en 1875, elle se rapporte, comme je Tai indiqué plus tard, au Caul. patridy qui a les cicatrices plus petites et plus arrondies.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans les bancs de poudingues. Tranchée de TOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"** couche.

CAULOPTERIS ENDORHIZA. aRAND'EORY.

(PL. XXXVI, FiG. 4 ; PL. XXXVII, ^\G. 1, 2.)

1877. Canlcptaxis endorrhiiea. Grand'Eury, Flore carb. dit dép. de la Loire, p. 87, pi. IX, fig. 4.

Description de Vespèce, — Cicatrices pétiolaires arrondies ou légèrement ovales et alors un peu plus larges en haut qu'en has^ hautes de 5 à 7 centimètres sur 45 à 65 millimètres de largeur, disposées en quin«conce très rapprochées et mutuellement tangentes les unes aux autresy les files verticales qu'elles forment étant espacées de 45 à 65 millimètres. Cicatrice vascuculaire constituée par un contour ferm4 ovale ou elliptique, concentrique à celui de la cicatrice pétio*laire, haut de 30 à 45 millimètres sur 20 à 35 millimètres de largeur, et accompagné vers le tiers ou le quart supérieur de son diamètre d'un arc concave vers le bas, à courbure assez marquée, long de 12 à 25 iQ^illimètres.

Ëcorce creusée, entre les cicatrices et parfois à Tintérieur même de celles-ci, en dehors de la cicatrice vasculaire, de fossettes arrondies ou elliptiques de 2 & 5 millimètres de diamètre.

Surface du cylindre ligneux central marquée fior toute son étendue de sillons longitudinaux flexueux. dus aux radicules qui descendaient sous Técoroe, ci munie de cicatrices elliptiques correspondant au passage des faisceaux foliaires, hautes de 3 à 5 centinietres sur 2 à 3 centimètres de largeur, espacées de bord ci bord do 2 à 3 centimètres sur une même file verticale. les files verticales étant elles-mêmes distantes d'axe ei axe de 4 à 6 centimètres ; deuxième cicatrice vasculaire en forme d*arc concave vers le bas, placée vers le tiers ou le quart supérieur de la cicatrice elliptique. Cicâ* trice correspondant à la gaîne du faisceau, on forme d'ellipse tronquée vers le bas, haute de 5 à 8 centimètres sur 3 à 4 centimètres de largeur, entourant U cicatrice vasculaire, mais non concentrique à elle, l'espace compris entre elles, à leur partie supérieure, étant seulement de 3 à 6 millimètres.

Remarque* paléontologiques. — J'ai longruement parlé plus haut du magnifique échantillon de cette espèce, dont la FiG. 1 de la Pl, XXXVI représente seulement une partie et dont le remarquable état de conservation a permis une étude anatomique détaillée. Le cylindre central a était conservé en relief, tel que le montre la figure, légèrement aplati, et présentant sur sa section la coupe, sous forme de minces lignes charbonneuses, des bandes vasculaires et sclérenchymateuses qui le constituaient, les tissus cellulaires ayant seuls disparu et un grès à grain très fin ayant rempli le vide qu'ils avaient laissé. Le cylindre central, très faiblement adhérent à la roche, ayant été enlevé, Téchantillon en montre Tcmprointe en creux, visible en 6 sur la Fio. 1 ; enfin, l'enlèvement à Vaide du burin d'une partie do la roche aux deux extrémités de cette plaque, a mis à nu l'empreinte de Técorce externe, telle qu'on la voit en c; la Fia. 1 c reproduit une

autre portion de récorcc externe, empruntée à la partie qui en a été dégagée à l'extrémité supérieure du même échantillon. Entre le cylindre central et récorce externe, on ne distingue plus aucune trace de matière charbonneuse, les racines qui descendaient dans la zone corticale et qui ont sillonné la surface du cylindre central, ayant entièrement disparu et n'ayant laissé aucun débris dans le vide annulaire qui résultait do leur disparition et qui a été rempli ensuite par les sédiments. On peut remarquer que ces racines ont marqué leur passage aussi bien en dehors de l'espace occupé par les cicatrices, c'est-à-dire sur la surface même de la gaine du cylindre ligneux, qu'à l'intérieur de ces cicatrices, ce qui indique, ou que la gaîne était moins épaisse et moins résistante que chez d'autres espèces, ou peut-être que les racines étaient plus dures et plus serrées.

En refondant le cylindre ligneux, j'ai pu, comme je Tai déjà dit, suivre le parcours des bandes vasculaires qui en occupaient la périphérie et des faisceaux qui se détachaient do ces bandes pour se rendre aux fouilles ; la PiG. 1 a' montre cette préparation faite à l'intériour du cylindre central, tandis que les FiG. 1 a"' et 1 a*" font voir celles qui ont eu pour objet les cicatrices latérales et leurs faisceaux foliaires.

Cet intéressant échantillon, montrant si nettement le cylindre central ou Ptychopteris à l'intérieur du Caulopteris ou écorce externe qui en dépendait, appartient aujourd'hui, grâce à l'extrême libéralité de M. Fayol, aux collections de l'Ecole nationale des Mines, ainsi, du reste, que tous les autres échantillons figurés dans cotte première partie de la Flore /loitfilère de Commentry.

On voit sur la Fig. I, en r, et sur la Fig. 1 c, que, comme sur Téchantillon de Ctiul. peltigern de la Fig. 3, Pl. XXXV, mais à un degré beaucoup plus marqué.

récorce est envahie, en dedans des cicatrices pétiolaires, par de nombreuses fossettes, dont rempr^aîe présente le moule en relief. Le contour même de ces cicatrices est en partie effacé, au moins sur quelques points, mais on en distingue néanmoins la forme doss nettement, grâce au bombem^it de Tempreinte, correspondant au léger creux qu'elles formaient à la surface de l'écorce.

Sur la PiG. 1 de la Pl. XXXVII, ce contour de b base des pétioles est, du reste, moins net, et ne peui se distinguer qu'en éclairant, comme on l'a fait pour le dessiner, Téchantillon à la lumière rasante. La surface de cet échantillon présente d'ailleurs des stries longitudinales qui semblent indiquer qu'il a subi, par suite de quelque glissement des couches, un frottement qm a dû en altérer gravement la netteté ; peut-être encore, mais cela me semble moins probable, reprcsenterutil, comme celui de la Fig. 2, Pl. XXXV, Teaipreinie de la face interne de l'écorce, sillonnée par les racines de la zone corticale, et sur laquelle le contour des pétioles ne serait visible que parce que la région qu'ik limitent était un peu concave en dehors et faisait par suite une légère saillie en dedans.

Enfin je rapporte encore au Caul. endorhiza^ comme représentant l'empreinte du cylindre ligneux central l'échantillon de la Fig. 2, Pl. XXXVII, dont les cicatrices ont exactement la même forme et la même disposition que celles du cylindre central de la Fig. 1. Pl. XXXVI, avec des dimensions seulement un peu plus grandes, et dont toute la surface est égalemeot sillonnée par les racines adventivcs. L'Ecole des Mines possède un autre tronc semblable, tout à fait aplati, recueilli à Reveux, près Saint-Etienne, par mon camarade et ami M. Henry, ingénieur en chef des mines, mesurant 0",65 de longueur sur 0^,29 de largeur et

portant des files de cicatrices sur ses deux faces. D'autres échantillons de la même espèce, donnés à TEcole des Mines par M. Grand*Eury, montrent par places des débris de Técorce externe avec les cicatrices foliaires bien conservées, appliqués sur le cylindre central, et ce dernier tout à fait identique à l'empreinte Fig. 2, Pl. XXXVII, sillonné sur toute sa largeur et muni de grandes cicatrices elliptiques.

La modification de forme assez sensible que subissent les cicatrices vasculaires, plus elliptiques sur le cylindre central, plus arrondies sur Técorce externe, prouve que le faisceau foliaire s'évasait légèrement en traversant la zone corticale, s'aplatissant un peu dans le sens vertical et s' élargissant horizontalement.

Rapports et différences. — Le CsluI. endorhiza se distingue facilement du Caul. peltigersi par ses cicatrices pétiolaires plus arrondies, plus étroites vers le bas que vers le haut lorsqu'elles sont ovales, tandis que chez ce dernier la forme est inverse ; elles sont en outre plus rapprochées, celles d*une file verticale touchant celles des deux files contiguës ; de plus, la cicatrice vasculaire interne est plus longue et moins relevée vers le haut à ses extrémités. Le Caul. patria^ auqilel il ressemble davantage, diffère par ses cicatrices plus petites, disposées en (iles moins rapprochées ; en outre, les fossettes de l'écorce ne paraissent pas empiéter sur les cicatrices pétiolaires ; enfin les cicatrices du cylindre central sont beaucoup plus arrondies.

Le cylindre central du Caul. endorhiza peut, loi*squ'il est isolé, se confondre avec le Plychopteris macrodiscus ; il se distingue néanmoins de ce dernier parce qu'il est sillonné sur toute sa surface et non pas seulement sur les cicatrices, et en outre parce que les cicatrices externes, correspondant aux gaines des faisceaux, descendent plus bas et sont tronquées par les

cicatrices situées immédiatement au-dessous, au liée de s'amincir en pointe et de se fermer presque complètement à leur partie inférieure.

Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux, Tranchée de l'Ouest, dans les bancs intercalés dans la 2™* couche. Puits de l'Ouest, au toit de la 6"* couche.

CAULOPTERIS PATRIA. Grand'Eury.

(PL. XXXI, FiG. 7.)

1875. Gaulopteris peltigera? Zeiller ("non Brongniart). B^ilï Soc. GéoL, 3« série, III. p. 575, pi. XVII, fîg. 4.

1877. Gaulopteris patria. Grand'Eury, Flore carb. du dép. de la Loire, p. 87. Zeillcr,Exp{. Catle géol. Fr.^ p. lOd

Description de lespèce. — Cicatrices pétiolaira circulaires ou légèrement elliptiques ^parfois tin peu ovales et alors plus larges vers le bas que vers le haut, hautes de 35 à 45 millimètres sur 35 à 45 millimètres de largeur, disposées en quinconce, rapprochées les unes des autres, espacées seulement de 3 à 10 millimètres de bord en bord sur une même file verticale, les files verticales étant elles-mêmes distantes de 4 à 6 centimètres. Cicatrice vasculaire constituée par un contour fermé, circulaire ou légèrement ovale, concentrique à celui de la cicatrice pétiolaire, haut de î à 3 centimètres sur 2 à 3 centimètres de largeur, et accompagné vers le tiers supérieur de son diamètre d'un arc concave vers le bas, à faible courbure^ parfois faiblement relevé vers le haut à ses deux extrémités, et long de 12 à 18 millimètres.

Ecorce presque lisse, marquée, entre les cicatrices, de fossettes arrondies ou elliptiques de 3 à 5 millimètres de diamètre, disposées en files verticales infléchies en zigzag.

Surface du cylindre ligneux central marquée sur toute son étendue de aillons longitudinaux flexueiMX, peu iprofonds, mais assez larges, dus aux radicules souscorticales, et pourvue de cicatrices arrondies ou un peu ovales correspondant au passage des faisceaux foliaires, hautes de 20 à 25 millimètres sur 20 à 25 millimètres de largeur, espacées de bord en bord de 15 à 25 millimètres sur une même file verticale, les files verticales étant elles-mêmes distantes de 4 à 5 centimètres ; cicatrice vasculaire interne en forme d*arc légèrement concave vers le bas, placée vers le tiers supérieur de la cicatrice arrondie. Cicatrice carrespondant à ta gaine du faisceau, semi-circulaire j placée à 3 ou 4 millimètres au-dessus de la cicatrice vasculaire.

Remarques paléontologiques . — La Fig. 7 de la Pl. XXXI représente l'empreinte d*un fragment d'écorce de cette espèce, dont les cicatrices foliaires sont nettement marquées, mais qui n'offre pas les fossettes alignées en zigzag qu'on voit habituellement chez le CauL pabHa ; il semble cependant que ces fossettes devaient exister, encore peu développées sans doute, car Técorce s*est déchirée, suivant les lignes qui correspondent à leur place ordinaire, en une série de fentes longitudinales en zigzag encadrant les cicatrices, qui ont donné lieu sur l'empreinte à des bourrelets en relief très accentués.

Ces fossettes se voient parfaitement sur un autre échantillon, provenant de Saint-Pierre-Lacour, que j'ai figuré il y a plusieurs années dans le Bulletin de la Société géologique de France, à échelle réduite et en direction renversée, et qui présente à la fois l'empreinte de récorce externe et celle de la surface du cylindre ligneux central sillonnée par les racines sous-corticales : lorsque j'ai décrit cet échantillon, j'avais regardé

ces racines comme recouvrant Técorce à Textérieur, aucune observation antérieure n'ayant encore, à cette époque, révélé la situation qu'occupaient ces racines dam les troncs ou tout au moins dans la plupart des troncs de Fougères du terrain houiller. Sur cette empreinte du cylindre central, chaque cicatrice vasculaire est coiffée d'une cicatrice semi-circulaire qui ne descend pas au-dessous de son diamètre horizontal, et correspond suivant toute vraisemblance à la gaine du faisceau.

Rapports et différences. — Par la forme arrondie de ses cicatrices, le CauL patrisi rappelle beaucoup le CauL endorhiza^ mais il a les cicatrices pétiolaires plus petites, disposées en (lies verticales plus espacées, et, de plus, élargies plutôt vers le bas que vers le haut lorsqu'elles sont ovales, à T inverse de ce qui a lieu chez cette dernière espèce.

Le cylindre ligneux central est, comme chez le Caui. endorhiza, sillonné sur toute sa surface, mais les cicatrices vasculaires sont plus petites et surtout moins hautes par rapport à leur largeur, presque circulaires et non pas elliptiques.

Provenance. — Commentry (sans indication précise de localité).

OAULOPTERIS PROTOPTEROIDES. Grand'Eury.

(Pl. XXXV, FiG. 4.)

1877. Ganlopteris protopteroideB. Qrand'Ëury, Flore carb. du dép. de la Loire^ p. 85, pl. X, lig. i.

1879. Ganlopteris oaulopteroides. Schimper, Handb. der Palaont, p. 147, fîg. 116.

De^icription de Vespèce. — Cicatrices pétiolaires elliptiqv£8j hautes de 35 à 40 millimè|;res sur 25 à 35 millimètres de largeur, à surface un peu en creuXj

lîsposées en quinconce, très rapprochées et se tou- ^hant presque les unes les autres, espacées de bord en bord de 2 à 20 millimètres sur une même file verticale, les files verticales étant elles-mêmes distantes de 2 à 3 centimètres. Cicatrice vasculaire constituée par un contour elliptique parfois légèrement excentré par rapport à celui de la cicatrice pétiolaire, haut de 20 à 25 millimètres sur 8 à 15 millimètres de largeur, quel-quefoiSy mais rarement, ouvert par le haut en fer à cheval et à extrémités recourbées en dedans, le plus souvent fermé et accompagné, un peu au-dessou^s du sommet de son diamètre vertical, d*un arc concave vers le bas, à faible courbure, à extrémités légèrement relevées vers le haut, long de 3 à 6 millimètres. Ecorce assez fortement chagrinée entre les cicatrices. Remarques paléontologiques. — Sur l'empreinte dont la FiG. 4 do la F^l. XXXV représente une partie, les cicatrices sont sensiblement bombées, très rapprochées les unes des autres, et souvent les deux contours du pétiole et du faisceau vasculaire ne sont pas exactement concentriques l'un à Tautre, ce dernier étant alors un peu plus voisin de l'extrémité supérieure du diamètre vertical du premier que de son extrémité inférieure. Le contour de la cicatrice vasculaire est toujours fermé, mais la cicatrice interne en forme d'arc est plus ou moins rapprochée de son sommet, ce qui indique que le faisceau n'a pas une marche parfaitement régulière et qu'il ne soude ses bords qu'à une distance variable, bien que toujours faible, de l'écorce. M. Grand'Eury avait signalé ce même fait et indiqué la cicatrice vasculaire comme paraissant susceptible de s'ouvrir vers le haut : un échantillon recueilli par lui, et qui se trouve au Muséum d'histoire naturelle, a justifié cette prévision, Tune des cicatrices qu*il présente étant ouverte en fer à cheval par le haut, tandis que

toutes les autres sont fermées et accompagnées un peu au-dessous de leur sommet d*une courte cicatrice et arc.

Raipports et différences. — Par leur forme générale, les cicatrices pétiolaires du CauL protopteroides Tdfpellent celles du CauL peltigera, mais elles sont beaucoup moins grandes, et disposées en files plus rapprochées ; elles se distinguent, en outre, par la position de la cicatrice vasculaire en arc, beaucoup plus rapprochée du sommet de la cicatrice vasculaire elliptique et susceptible de se fondre avec elle en même temps que celle-ci s*ouvre par le haut.

Synonymie. — En reproduisant la figure de celta espèce publiée par M. Grand'Eury, Schimper lui a donné le nom de CsluL caulopteroideSy qui ne résulte, suivant toute vraisemblance, que d'une erreur de transcription.

Provenance. — Houillère de Doyet.

CAULOPTERIS VARIANS. n. sp.

(PL. XXXV, FiG. 5.)

Description de Vespèce. — Cicatrices pétiolaires elliptiques ou ovaleSy un peu plus larges en bas qu'en haut, souvent aplaties et légèrement déprimées au sommety hautes de 7 à 8 centimètres sur 35 à 40 millimètres do largeur, disposées en quinconce, très rap' prochées et se touchant mutuellement, espacées de bord en bord de 5 à 15 millimètres sur une même file verticale, les files verticales étant elles-mêmes espacées de 3 à 4 centimètres. Cicatrice vasculaire constituée par un contour elliptique à peu près concentrique à celui de la cicatrice pétiolaire, haut de 4 à 5 centimètres sur 15 à 20 millimètres de largeur, tantôt ouvert

par le haut en fer à cheval et à extrémités recourbées en dedans, tantôt fermé et accompagné à l'intérieur, plus ou moins près du sommet de son diamètre vertical^ d'une cicatrice en forme d'io, ou de v renversé à asBCz forte courbure et à extrémités relevées vers le haut, occupant une largeur de 6 à 8 millimètres.

Ecorce assez fortement chagrinée dans les intervalles compris entre les cicatrices.

Remarques paléontologiques. — Bien que la Fig. 5 de la Pl. XXXV ne reproduise guère que le tiers en surface de l'empreinte recueillie à Commentry, elle montre cependant d'une façon bien nette combien la cicatrice vasculaire varie de forme, d'une cicatrice pétiolaire à une autre. On voit que le faisceau foliaire sortait de la tige, tantôt avec ses bords libres et repliés en dedans, comme sur les cicatrices supérieures de la file de gauche et de celle du milieu, tantôt fermé et accompagné d'une branche interne, comme dans les espèces précédentes : sur la cicatrice inférieure de gauche, on voit que le faisceau vient de se fermer, la cicatrice interne en forme d'(o semble même se raccorder encore par son pli médian avec le fond de l'échancrure du contour fermé qui l'enveloppe; sur la cicatrice inférieure de la illo du milieu, la cicatrice interne est déjà en V renversé, mais encore bien voisine du sommet du contour elliptique et encore bien profondément creusée en son milieu ; sur les deux cicatrices de droite, elle est plus aplatie, mais la cicatrice fermée qui l'entoure demeure échancrée ou tout au moins un peu déprimée au sommet, et cette dépression se retrouve plus ou moins accusée sur toutes les autres cicatrices fermées deréchantillon.

Quant à Taplatissement ou à la dépression de la cicatrice pétiolaire, elle donne lieu de penser que les pétioles portés par cette tige devaient être creusés en

gouttière à leur face supérieure ou tout au moins aplatis en dessus.

Ra^pports et différences. — Par la taille et la fonoe de SOS cicatrices, le CauL variant se rapproche beaucoup du Caul. peltigera; mais chez ce dernier la marche du faisceau foliaire parait infîniment plus r^lière, et sur aucun échantillon je n*ai vu la forme de son intersection avec Técorce présenter de variations sensibles ; le CauL varians a on outre, comme caractères distinctifs, les cicatrices pétiolaires beaucoup plus rapprochées, légèrement aplaties ou même déprimées au. sommet au lieu d'être arrondies, la cicatrice vasculaire elliptique plus étroite par rapport à sa hauteur, et la cicatrice interne en arc, lorsqu'elle existe, moins développée ; enfin Técorce est plus grossièrement cha* grinée. 11 diffère, d'autre part, du CauL protopteroides par ses cicatrices beaucoup plus grandes, plus allongées par rapport à leur largeur, et par l'ouverture infiniment moins rare de ses cicatrices vasculaires.

Il se rapproche, par la variation de ces dernières, du CajuU punctaia Losquereux (1) {non Gœppert), chez lequel le faisceau foliaire sort aussi de la tige tantôt ouvert et tantôt fermé, mais qui a les cicatrices plus espacées, plus régulièrement elliptiques, et sensiblement moins grandes ; aussi n'ai-je pas cru devoir les identifier ; le nom spécifique de M, Lesquereux n'aurait pu, d'ailleurs, s'il y avait eu identité, être conservé pour l'espèce de Commentry, en raison du double emploi qu'il constitue.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2°''' couche.

(1) Geol. of Penn% II, p. 869, pi. XFH, fig. 1.

CAULOPTERIS SAPORTiE. n. sp.

(PL. XXXV, FiG. 6.)

1874. Ganlopterispeltigera. 0. Feistmantel (non Brongniart), Palœontogr,, XXIII, p. 147, pi. XXIV.

1876. StenunatopteiiB peltigera. Rœmer {non Brongniart sp.), Leth, geogn,^ I, pi. LU, flg. 6 ; p. 200.

Description de Veapèce. — Cicatrices pétiolaires elliptiqtiesj ou parfois hexagonales à angles arrondis, hautes de 35 à 45 millimètres sur 30 à 40 millimètres de largeur, à surface déprimée, disposées en quinoonce, presque exactement contiguës les unes aux autres, espacées seulement de 1 à 7 millimètres sur une même file verticale, les files verticales étant distantes de 25 à 35 millimètres. Cicatrice vasculaire de forme elliptique, à peu près concentrique à la cicatrice pétiolaire, haute de 2 à 3 centimètres sur 1 5 à 20 millimètres de largeur, ouverte par le haut en fer à cheval et à extrémités recourbées en dedans.

Ëcorce chagrinée dans les intervalles compris entoe les cicatrices.

Remarques paléontologiques. — * L'échantillon représenté Fio. 6, Pl. XXXV, offre l'empreinte d'un fragment de tige, avec les dépressions correspondant aux cicatrices pétiolaires moulées en un relief assez saillant. Ces cicatrices, très rapprochées, sont souvent déformées par la pression mutuelle qu'exerçaient les unes contre les autres les bases des pétioles, et prennent alors un contour hexagonal. Sur toutes ces cicatrices, le faisceau foliaire est régulièrement ouvert, et sa section offre d une façon parfaitement constante une forme en fer à cheval.

Rapports et différences. — Par l'ouverture régulière du faisceau foliaire, cette espèce se distingue du CauL

goujttière à leur face supérieure ou tout au moins aplab en dessus.

Rapports et différences, — Par la taille ot la fonne de SOS cicatrices, le Caul. varians se rapproche beaucoup du Caul. peltigera; mais chez ce dernier la marche du faisceau foliaire parait infiniment plus régulière, et sur aucun échantillon je n*ai vu la forme de son intersection avec Técorce présenter de variations sensibles ; le Caul. varians a on outre, comme caractères distinctifs, les cicatrices pétiolaires beaucoup plus rapprochées, Icgèrement aplaties ou même déprimées au. sommet au. lieu d'être arrondies, la cicatrice vasculaire elliptique plus étroite par rapport à sa hauteur, et la cicatrice interne en arc, lorsqu'elle existe, moins développée; enfin Técorce est plus grossièrement chagrinée. 11 difTère, d'autre part, du CauL protopteroides par ses cicatrices beaucoup plus grande», plus allongées par rapport à leur largeur, et par Touverture infînimeut moins rare de ses cicatrices vasculaires.

Il se rapproche, par la variation de ces dernières, du Caul. punctata Lesquereux (1) {non Gœppert), chez lequel le faisceau foliaire sort aussi de la tige tantôt ouvert et tantôt fermé, mais qui a les cicatrices plus espacées, plus régulièrement elliptiques, et sensiblement moins grandes; aussi n'ai-je pas cru devoir les identifier ; le nom spécifique de M. Lesquereux n'aurait pu, d'&inours,sil y avait eu identité, être conservé pour resp,èce de Commentry, en raison du double emploi qu'il constitue.

Provenance. — Tranchée de TOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2°*" couche.

(1) Geol. ofPenn'a, II, p. 869, pi. XIII, fig. 1.

CAULOPTERIS SAPORTJÊ. n. sp.

(PL. XXXV, FiG. 6.)

L874. Ganlopteiispeltigera. O. Feistmantel (non Brongniart), Palœontogr., XXIII, p. 147, pi. XXIV.

1876. Stemmatopterifl peltigera. Rœmer (non Brongniart sp.), Leth, geogn,^ I, pi. LU, flg. 6 ; p. 200.

Description de Vespèce. — Cicatrices pétiolAires alliptiqueSy ou parfois hexagonales à angles arrondis, hautes de 35 à 45 millimètres sur 30 à 40 millimètres de largeur, à surface déprimée^ disposées en quinconce, presque exactement contiguMs les unes aux autres, espacées seulement de 1 à 7 millimètres sur une même file verticale, les files verticales étant distantes de 25 à 35 millimètres. Cicatrice vssculaire de forme elliptiquej à peu près concentrique à la cicatrice pétiolaire, haute de 2 à 3 centimètres sur 15 à 20 millimètres de largeur, out7erte par le haut en fer à cheval etàextré* mités recourbées en dedans,

Ecorce chagrinée dans les intervalles compris entre les cicatrices.

Remarques paléontologiques. -^ L'échantillon représenté Fia. 6, Pl. XXXV, offre l'empreinte d'un fragment de tige, avec les dépressions correspondant aur cicatrices pétiolaires moulées en un relief assez saillant. Ces cicatrices, très rapprochées, sont souvent déformées par la pression mutuelle qu'exerçaient les unes contre les autres les bases des pétioles, et prennent alors un contour hexagonal. Sur toutes ces cicatrices, le faisceau foliaire est régulièrement ouvert, et sa section offre d'une façon parfaitement constante une forme en fer à cheval.

Rapports et différences. — Par l'ouverture régulière du faisceau foliaire, cette espèce se distingue du Caul.

protopteroideSj auquel M. Qrand'Eury l'avait comparée (1), et qui, du reste, a en outre les cicatrices na peu plus petites et surtout notablement plus étroites par rapport à leur hauteur. Le CauL Saporise dîBêre, d'autre part, du CauL oarians par ses cicatrices moins grandes, plus arrondies, et par la constance avec la« quelle la cicatrice vasculaire est ouverte par le haut

Il se rapproche surtout du Caul. Fayolif mais il n*a pas les bases de ses pétioles presque imbriquées comme ce dernier, et il a de plus la cicatrice vasculaire plus grande et bien plus régulièrement concentrique à k cicatrice pétiolaire.

Synonymie, — L'espèce de Commentry me parait absolument identique à celle de la Bohême que M. O. Feistmantel a figurée sous le nom de CauL peltigen et dont M. Rœmer a reproduit la figure dans son Lethsta geognostica ; mais la forme de ses cicatrices vasculaires la sépare absolument du CauL peltigera Brongniart, chez lequel le faisceau foliaire est constamment annulaire, c'est-à-dire à section elliptique fermée, et qui a des cicatrices sensiblement plus grandes et plus espacées.

J'ai été heureux de pouvoir dédier cette espèce à M. le Marquis de Saporta, l'illustre paléontologiste aux travaux incessants de qui la science est redevable de tout ce que l'on connaît aujourd'hui des flores secondaires et tertiaires de la France.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"*^ couche.

Houillère de Doyet.

(1) Flore carb. du dép. de la Loire, p. 85.

CAULOPTBRIS FAYOLI. n. sp.

(PL. XXXVII, FiG. 3, 4.)

Description de Vespèce. — Cicatrices pétioUires elliptiques, mais se déformant les unes les autres et affectant la forme de lijre renversée, hautes de 30 à 35 millimètres sur 25 à 30 millimètres de largeur, à surface légèrement déprimée, disposées en quinconce et exactement contiguës, distantes quelquefois de bord en bord de 4 ou 5 millimètres au plus sur une môme file verticale, les files verticales étant elles-mêmes espacées de 20 à 25 millimètres. Cicatrice vasculaire elliptiqucy légèrement excentrée par rapport à la cicatrice pétiolaire et plus rapprochée de son sommet que de sa partie inférieure, haute de 15 à 20 millimètres sur 10 à 13 millimètres de largeur, ouverte par le haut et à extrémités recourbées en dedans.

Ecorce chagrinée dans les rares intervalles restant libres entre les cicatrices.

Surface du cylindre ligneux central marquée de cicatrices elliptiques, arrondies vers le haut, effilées en pointe vers le bas et tronquées par le sommet de celles qui sont placées immédiatement au-dessous, hautes de 30 à 35 millimètres sur 15 à 18 millimètres de largeur, correspondant aux gaines des faisceaux foliaires, et disposées en files verticales espacées de 20 à 25 millimètres. Cicatrices vasculaires elliptiques, eX" centrées par rapport aux cicatrices des gaines, et plus rapprochées de leur sommet que de leur base, hautes de 15 à 20 millimètres sur 10 à 15 millimètres de largeur, ouvertes par le haut et à extrémités recourbées en dedans.

Files de cicatrices sillonnées longitudinalement par les racines sous-corticales ; intervalles compris entre

ces files de cicatrices moins fortement sillonnés, <m même lisses, mais marqués de petites cicatrices rondes, éparses, correspondant à la naissance de ces racines.

RemarqiLes paléontologiqtJLes. — Les deux échastillons partiellement reproduits Fig. 3 et Fig. 4, Pl. XXXVII, et provenant des mêmes bancs, ont des <»ca> trioes vasculaires si parfaitement identiques et concordent si exactement lun avec Tautre au point de vue de la disposition et de Tespacement relatifs de ces cicatrices, que je n'hésite pas à les regarder comme appartenant à la même espèce de tiges, celui de la Fig. 4 représentant la surface du cylindre ligneux central, et celui de la Fio. 3 représentant l'empreinte de l'écorce externe.

La déformation très accentuée que subissent les cicatrices pétiolaires sur Téchantillon Fig. 3 indique que les pétioles devaient être presque imbriqués à leur base et se comprimer mutuellement. En quelques points seulement, il reste un espace libre de quelques millimètres entre deux cicatrices consécutives d'une même file verticale, et l'écorce se montre alors nettement chagrinée.

Ra.pport8 et différences. — Cette espèce, qui est dédiée à M; Fayol, directeur des houillères de Commentry, Fauteur des si remarquables études sur le bassin de Commentry et sur le mode de formation des dépôts faiCmillers, n'offre guère de ressemblance qu'avec le Caul. SaportsB (1), mais elle s'en distingue par la dimen-

(1) Dans un mémoire tout récent {On ihe fossil. Flora of ihe Radsloch Séries of Iho Somerset and Bristol Coal Field, p. 392, pl. XXVI, fig. 2), qui m*est parvenu au cours de Timpressiondu présent travail, M. R. Kidston a décrit, sous le nom de Càul. anglica, un tronc de fougère du terrain houiller de Badstock et de Gamerton, qui offre avec le CauL Fayoli plus de ressemblance encore que le Caul. Saportœ; Tespèce de Commentiy

3âd

sion notablement plus faible de ses cicatrices foliaires et surtout des cicatrices vasculaires dont celles-ci sont marquées à leur intérieur, par la position excentrée de ces dernières par rapport au contour du pétiole, enfin par la déformation mutuelle très accentuée des cicatrices pétiolaires, indiquant un feuillage beaucoup plun serré et plus abondant.

Ce rapprochement des cicatrices ne peut d'ailleurs, pas plus que leur peu de développement, être attribué à un âge peu avancé de la tige, car il n'y a à cet égard aucune variation d'un point à l'autre de Téchantillon de la FiG. 3, qui mesure cependant 0"^,40 de longueur sur O°*,20 de largeur, et porte dix files verticales comprenant chacune dix ou onze cicatrices. Ce sont donc bien des caractères spécifiques.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans )a 2°** couche.

CAULOPTËRIS ALIENA, n. ap.

(Pl. XL, PiG. 2.)

Description de le9pèce. ^ Tige$ de ©'•,10 à 0^,15 de diamètre, portant quatre pXez verticales de cicatrices. Cicatrices pétiolaires ovales à courbure plu^ faible en haut qu'en baSy tantôt un peu plus hautes que larges, tantôt, mais plus rarement, un peu plus larges que hautes, mesurant de 6 à 10 centimètres de hauteur sur 6 & 9 centimètres de largeur, espacées de bord en bord de 5 à 15 millimètres sur une même file

concorde en effet avec l'espèce anglaise par les dimensions de ses cicatrices et par récartement relatif des files verticales qu'elles forment ; mais elle en diffère manifestement par la forme même des cicatrices pétiolaires, lyrées et non régulièrement elliptiques, et par Texcentricité de la cicatrice vasculaire par rapport au contour de la base du pétiole.

veifiicale» les files verticales étant elles-mêmes dututea de 10 à 15 centimètres d*axe en axe et séparées par conséquent par des bandes longitudinales sans ciear triées, de 4 à 5 centimètres de largeur. Cicatrice vasculaire constituée par un contour fermée ovAle^ à pn près concentrique à celui de la cicatrice pétioiaiie, mais déprimé à aa pa?*he supérieure^ haut de 4 à I centimètres sur 5 à 7 centimètres de largeur^ et accompagné en dedans^ vers le milieu ou un peu au-dessm du milieu de sa hauteur, de deux arcs situés Tun à droite, l'autre à gauche du diamètre vertical, tournast leur concavité vers celui-ci, et longs de 2 à 5 centmètres.

Ecorce fortement chagrinée entre les cicatrices et parfois marquée de sillons longitudinaux correspondaot aux racines sous-corticales.

Remarques paléontologiques. — Il a été recueillit Commentry plusieurs échantillons de cette espèce, dont quelques-uns d'une grande longueur, et qui tous se présentent comme celui dont la Fia. 2, Pl. XL, reproduit une petite portion. Les cicatrices de la fila médiane sont seules visibles dans toute leur étendue; sur les deux autres files, les cicatrices sont pliées en deux suivant une ligne verticale plus ou moins rapprochée de leur diamètre et ne laissent voir que leur moitié, ou même que leur bord, le reste de leur contour étant situé en dessous, ainsi qu'on le constate en faisant sauter la roche de manière à les détacher complètement : on met alors à nu une couche charbonneuse assez épaisse, à section en forme de coin très aigu, qui représente Técorce elle-même aplatie, et adhère faiblement au schiste. En général, l'une des doux files latérales de cicatrices est plus largement découverte que Tautre : sur l'échantillon de la Fio. % Pl. XL, les cicatrices de gauche se montrent ainsi sur

la moitié au moins de leur étendue, tandis que l'on n'aperçoit que le bord de celles de droite, dont la plus grande partie se trouve repliée en dessous. Les portions directement visibles de ces deux séries latérales de cicatrices n*ont jamais qu'une assez faible largeur, 3 à 5 centimètres, et elles sont limitées à droite et à gauche par deux lignes verticales parallèles ; la lame charbonneuse qui, par places, adhère encore à leur surface, à droite de la Fio. 2 par exemple, se termine d'ailleurs en biseau, tout comme la lame charbonneuse coincée dans la roche au-dessous d'elles, ce qui prouve que l'empreinte ou plutôt la tige, avant l'enlèvement de la contre-empreinte, affectait la forme d'un prisme rectangulaire creux, aplati perpendiculairement à ses grandes faces et dont les deux petites faces seraient rentrées en dedans en se pliant en deux suivant leur ligne médiane. D'après les dimensions respectives de ces diverses faces et la largeur des bandes qui séparent les unes des autres les trois files de cicatrices visibles sur un même échantillon, Ton peut aisément restituer la quatrième face, celle qui a été enlevée sur la contre-empreinte, et l'on reconnaît qu'elle ne pouvait porter qu'une seule file de cica« trices ; .sur l'échantillon de la Fie. 2, cette Qle, si elle existait, viendrait se superpo.ser à celle du milieu, mais Avec un l^er déplacement vers la droite.

Ces tiges n'avaient donc que quatre files de cicatrices, et il est permis de croire, d'après la façon dont elles se présentent en empreintes, qu'elles étaient presque quadrangulaires, à angles arrondis, ou du moins déprimées et comme creusées en gouttières le long des files de cicatrices ; le profil de celles-ci sur les file.s latérales, convexes xavs la file médiane, prouve en effet que leur surface était assez fortement concave, ce

qui a dû faciiîtor le rqjyloiement de deux faces oppowi BUT elles-mêmes.

Les deux arcs internes qui, avec le contour tenaà concentrique à celui du pétiole, constituent la cicatm vasculaire, sont placés tantôt un peu au-dessus éi milieu, tantôt vers le milieu ou même un peu vt dessous de la hauteur ; dans ce dernier cas, qiû ce assez rare, la corde qui les sous'-tendrait est à peu ptèi parallèle au diamètre vertical, au lieu d*être indinàe sur lui à 45* comme sur les cicatrices eomprises daai rétendue de la Fia. 2. En l'absence de toute pr^"^ ration anatomique, il est impossible de déterminer aver certitude l'origine de ces deux arcs, mais il est isfi* niment probable qu'elle est la même que celle de Fart interne du CauZ. endor/itza, par exemple : une dé> pression plus forte du contour vasculaire fermé ramènerait en effet à se réunir à droite et à gauche de sot diamètre vertical à ces deux arcs latéraux et à 8*ouv7ir en son milieu, prenant alors la forme d'un fer à (^o*»! ou d'un V à branches fortement repliées en dedans, fl est permis de croire que telle est la figure qu'offrirait, à quelque distance en dedans de Técorce, la section transversale du faisceau foliaire, et qu'après la sou* dure mutuelle de ses bords, les deux portions repliées en dedans continuent simplement leur course en restant indépendantes l'une de l'autre, au lieu de participer à la soudure, comme dans le Caul. endorhiz^

Quant aux cicatrices pétiolaires, la position qu'elles occupent les unes par rapport aux autres sur les trois files qu'on peut examiner prouve qu'elles étaient rangées en hélice suivant la fraction phyllotaxique 1/4» alternant régulièrement d'une file à la file diamétra- | lement opposée. Sur l'échantillon de la Fie. 2, Pl. XL, ces cicatrices sont plus hautes que larges ; sur d'autres, au contraire, recueillis d'ailleurs dans les mêmes

bancs^ elles n*ont que 60 à 65 millimètres de hauteur sur 70 à 75 millimètres de largeur, et sont par conséquent un peu plus larges que hautes.

La surface de Técorce, entre les cicatrices d*une même file et tout le long des bandes comprises entre les séries verticales de cicatrices, est assez grossièrement chagrinée, et parait avoir dû être chargée de fortes écailles ; par suite de la compression qu'a subie la couche corticale, les racines qui descendaient entre elle et le cylindre central transparaissent souvent à l'extérieur et produisent sur la lame charbonneuse, ainsi que sur l'empreinte qui lui correspond, des sillons longitudinaux habituellement peu marqués et souvent visibles seulement sur quelques points.

Rapports et différences. — Par la disposition en quatre séries seulement de ses cicatrices foliaires, par la largeur et parla forme même de celles-ci, qui sont quelquefois plus larges que hautes^ et surtout par ses deux arcs vasculaircs internes, le Caul. aliéna diffère notablement de toutes les autres espèces du même genre; par ces derniers caractères, il se rapprocherait plutôt des Megaphyton ; mais la présence de plus de deux séries verticales de cicatrices le sépare absolument de ces derniers et ne permet de le placer que dans le genre Caulopteris.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, à 10 mètres au toit do la Grande Couche.

Genre PTYCHOPTERIS. Corda.

18i5. Ptychopteris» Corda, Beitr. z. FI. d. Vorw., p. 76.

Axes ligneux des troncs de Fougères, dépouillés de leur écorce et de leurs racines sous-corticales, se présentant sous la forme de cylindres plus ou moins ap/a-

ti8^ marquée sur tout ou partie de leur surfnct sillons longitudinaux plu« ou moin» flexueux prod par les racines, et portant des cicatricee à contour fp' néral elliptique ou ooale, correspondant au pasigc de» faisceaux foliaire», rangées en files verticales éf«idistantes plus ou moins nettes, disposées en quincoiMO. et entourées chacune d^une cicatrice corrcApondaiii » la gaine du faisceau, à contour semi^elliptique dêfn sa portion supéi^ieure, so continuant vers le bas ptf doux lignes droites ou courbes plus ou moins convorgonies et descendant plus ou moins loin, tantôt o^ vertSj tantôt fei^mée à sa partie inférieure.

Cicatrico vasculaire tantôt ouverte par le haut et repliée en dedans par ses extrémités, tantôt fermée ^ accompagnée alors, au-dessus de son centre, parue arc concave vers le bas, souvent relevé vers le ha»t aux deux bouts.

Surface du cylindre ligneux généralement marquée^ entre les Qlcs de cicatrices, de cicatricules arrondies ou allongées correspondant aux points de sortie des racines sous-corticales.

Ainsi qu'on Ta vu plus haut, Tétude de TéchantilloD de Caut. endoi^hiza figuré sur la Pl. XXXVI a woniri que les Ptyc^optem représentaient le cylindre ligneui des troncs de Fougères dont les Caulopteris représdO- f tent récorce ; les deux systèmes de cicatrices dont ils sont munis correspondent, d'une part aux faisceau^ vasculairos qui se rendaient aux feuilles, d'autre f^ aux gaines de ces faisceaux, ce qui explique que très souvent les cicatrices externes soient ouvertes par l^ bas, la gaine affectant la forme d'une chape qui recou* \Tait siniplement le faisceau sans Tcnvelopper complu* toment.

Quelquefois, comme sur l'échantillon dont je tIods de parler, on trouve à la fois le cylindre ligneux ^

^tychopteris plus ou moins complet et, séparée de lui >flir une certaine épaisseur de roche, Tempreinte de 'écorce externe ou CsLulopteris ; mais le plus souvent >ri ne rencontre que le cylindre ligneux, plus ou moins 30inplètement recouvert des racines qui descendaient 9ft0U8 l'écorce et qui ont laissé à sa surface la trace de Leur passage sous forme de sillons longitudinaux plus ou moins flexueux. Il est probable que les racines, en se développant, ont peu à peu distondu et déchiré l'écorce, qui s'est détachée par plaques et a fini par l&isser la zone radiculaire complètement à nu ; ç*est ce qui explique pourquoi Ton no trouve dordinaire les Caulopteris que sous forme de fragments assez peu étendus, tandis que les Ptychopleris se rencontrent fréquemment complets, en cylindres plus ou moins aplatis, mesurant assez habituellement de 20 à 25 centi*' mètres de largeur. La limitation parfaitement nette de ces cylindres indique manifestement l'existence d'une gaine sclérenchymateuso continue autour de Taxe ligneux central des tiges d'où proviennent ces Pfj/c/iopteris, car des cylindres ligneux dépourvus de gaines n'auraient pu donner des empreintes ni même dos moules à surface aussi régulière et aussi continue. En outre, les petites cicatricules arrondies ou allongées qu*on observe souvent entre les files de cicatrices et auxquelles on voit parfois les racines venir s'attacher, ne peuvent correspondre qu'aux points où ces racines, partant du cylindre central, traversaient la gaine qui entourait celui-ci pour descendre dans la zone souscorticale. La résistance et la dureté de cette gaine expliquent comment, chez la plupart des ospèc^es^ les racines n'ont imprime leurs sillons que sur les portions de la surface où elle était interrompue, c'est-à-dire en dedans du contour des cicatrices correspondant aux faisceaux foliaires ou aux gaines de ceux-ci ; chez quel-

ques autres, en très petit nombre il est vrai, toute la surface du cylindre est marquée de sillons longitoènaux correspondant au passage des racines, ce (ji semble indiquer qu^elles avaient une gaine moins épaks et moins résistante.

Après la chute des feuilles, la portion des faisccw foliaires comprise entre le cylindre central et récsarci devait se détruire et disparaître, au fur et à mesure de la distension de cette écorce et du développement de la zone annulaire de racines ; on n'en retrouve, en effet aucune trace au milieu de cette zone radiculaire. sdt les coupes transversales de Psaronhis ; mais les bases de ces faisceaux, comme des gaines qui les enveloppaient, devaient subsister, du moins en partie, et constituaient des sortes de gouttières obliques faisant saiDie à la surface du cylindre ligneux central. Les racines qui descendaient le long de ce cylindre, venant à rencontrer les parois de ces gouttières, ont été guidées par elles, et sont venues converger vers leur fond, comffle on le voit, par exemple, sur les FiG. 1 de la Pl. XXXM. FiG.- 5 et 6 de la Pl. XXXVII, et FiG. 1, 2, 3 de Ja Pl. XXXIX, ou s'y empiler en se repliant sur ellesmêmes, comme Fig. 1, Pl. XL. Quelquefois même, ces gouttières ont ramené les racines en dedans dtt cylindre central, ainsi qu'on le constate sur les sections transversales de quelques Psaironius.

Comme chez les Caulopteris, les cicatrices des faisceaux foliaires peuvent être, suivant les espèces, tan^» ouvertes par le haut, tantôt fermées et accompagnée dans ce cas, à l'intérieur, d'un arc interne, concave vers le bas, représentant la trace de la bande constituée p»^ la soudure des bords du faisceau et détachée de la P^^' tion fermée; il est vraisemblable, en outre, que, ^*^ certaines espèces, la trace du faisceau doit pouvoir

varier, sur un même échantillon, d'une cicatrice à l'autre, comme chez le CauL varians, et que, sur le cylindre ligneux correspondant à ce dernier, on observerait les mêmes variations ; mais, jusqu'à présent, on n'a rencontré, à ma connaissance du moins, que des espèces à cicatrices vasculaires do forme constante. La cicatrice de la gaine est elle-même, ainsi qu'il a déjà été dit, variable de forme, tantôt ouverte et tantôt fermée à sa partie inférieure, et chez certaines espèces, par exemple chez le Ptych. Chatissati, on observe sur un même échantillon des cicatrices fermées à côté d'autres ouvertes, mais encore un peu étranglées, et d'autres largement ouvertes.

Parmi les Caulopteris étudiés plus haut, deux espèces, savoir les Caul. endorhiza et CauL patria^ ont été trouvées en rapport direct avec leurs cylindres ligneux, qui, dès lors, n*ont plus à être décrits, et ne figureront pas, par conséquent, au nombre des espèces do Ptycho^ ptens qui vont être examinées, bien que, considérés isolément, ils appartiennent à ce dernier genre ; il en est de même du cylindre ligneux que j'ai cru pouvoir rapporter au CauL Fayoli, d'après la concordance des caractères et quoiqu'il n'ait pas été observé en relation directe avec celui-ci. 11 est clair, d'ailleurs, que les diverses espèces de Ptychopteris devraient pouvoir un jour, lorsqu'on aura recueilli un plus grand nombre d'échantillons et surtout des spécimens plus complets, être rattachées aux Caulopteris auxquels elles correspondaient, et ne plus figurer à part. Mais, pour le moment, il est impossible, sauf pour le Ptych. macrodiscus, qui semble correspondre au CauL peltigera^ de préjuger quelles pouvaient être les espèces de Caulopteris qui représentaient l'écorce externe des quelques Ptychopteris dont la description va suivre.

PTYCHOPTERIS MACRODÏSCUS. Bbongniart («p.)-

(Pl. XXXVII, FiG. 5, 6.)

1836. SigiUaria (Canloptorls) aacrodiaeiui. Brongniart.

Jlist. végét, foës.f I, p* 418^ pi. 439.

i838. CSattlopteris macrodisciui. Presl, in Sternberg, Bss Fi

monde prim, , 11, fasc. 7-8, p. 178. Geinitz, Versi. A Steink. in Sachs., p. 31, pi. XXXV, fig. 4 {an ûg. hU Schimper, Trait, de pal. vég., I, p. 707, pi. LUI, fig. i 1845.Ptychopteri8 macrodiscus. Corda, Beitr. z. FL d. Vor¥i., p. 76. Germar, Verst. d. Steink. %\ Wettin it. L^bejûi. p. 115, pi. XL, fig. i. Zeiller, Expl. Carte géol. Fr., IV. p. 102, pi. CLXX, fig. 2.

1853. Ptyohoptaris obliqua. Germar, Verst.d.Steiiik. v. Writin n. Lôbejûn, p. 115, pi. XL, fig. 2.

Description de Vespèce, — Cicatrices coirrespondani aux gaines des faisceaux foliaires disposées en files longitudinales très nettes, à contour général ovale ou elliptique, avtondïcH ou obtusément aiguës au sommet, effilées en pointe vers le bas et tantôt fermées, tantôt étroitement ouvertes, hautes de 5 à 10 centimètres sur 2 à 3 centimètres de largeur, contiguës ou presque contiguës sur une même file verticale, les files verticales étant elles-mêmes distantes de 2 à 5 centimètres. Cicatrices correspondant aux faisceaux constituées chacune par un contour elliptique fermé, haut de 35 à 60 millimètres sur 15 à 20 millimètres de largeur, ne laissant que 1 à 5 millimètres d'intervalle entre son sommet et celui de la cicatrice de la gaîne, et aMompagné en dedans, entre le tiers et le cinquième supérieur de son diamètre, d*un arc concave vers le bas, relevé vers le haut à ses extrémités, long de 8 à 12 millimètres.

Surface marquée, sur toute V étendue des cicatrices des gaines, de sillons longitudinaux plus ou moins

Luxueux, généralement convergents vers la partie inféloure de ces cicatrices, lisse au contraire ou très failiment sillonnée entre les files de cicatrices j mais o^.vent pourvue de cicatricules ovales ou linéaires, m'égiilièrement réparties, correspondant à Torigino Ses racines sous-corticales.

Eemarques paléontologiques. — Los dimensions des cic&trices sont quelque peu variables, et, suivant les échantillons, les cicatrices vasculaires peuvent être plus ou moins visibles, ou au contraire plus ou moins efTacées par les sillons dus aux racines sous-corticales ; il est Tnème quelquefois presque impossible de les distinguer : ainsi, sur l'empreinte de la Pio. 5, Pl. XXXVII, on n'aperçoit guère que leur sommet, et la cicatrice interne en V renversé est à peu près indiscernable. Elles sont au contraire très nettes sur l'échantillon de la FiG. 6, qui représente le moulage du cylindre ligneux, complètement aplati, avec des cicatrices sur ses deux faces, et recouvert par places d'une lame charbonneuse assez épaisse, bien visible au bas de la figure, et représentant une partie au moins de l'anneau de racines qui entourait le cylindre ligneux. Cette lame charbonneuse est marquée sur toute son étendue de sillons Ion* gitudinaux très accentués, tandis que le cylindre central n'est sillonné par les racines que sur les portions de sa surface comprises à l'intérieur du contour des cica* trices; en dehors de ces cicatrices, il ne porte que des cicatricules allongées, disposées en files longitudinales ondulées, et correspondant aux points de sortie des racines.

Sur l'échantillon de la Fio. 5, ces cicatricules se prolongent plus loin, et l'on pourrait croire à de véritables sillons, beaucoup moins marqués cependant que ceux qui s'étendent sur les cicatrices et convergent plus ou moins vers leur pointe inférieure.

Il paraît probable, d'après cette absence de sillons en dehors des cicatrices, que cette espèce devait avoir, autour de son cylindre li^eux central, une gaine sriérenchymateuse extrêmement dure et résistante.

Les cicatrices vasculaires du Ptych. majcrodis:m concordent si exactement, par leur forme, leurs dimensions, et leur espacement relatif, avec celles du Ciid, peltigera, et de plus ces deux espèces se trouveit si | fréquemment associées Tune avec Tautre dans les bassins houillers du centre de la France, qu*on tiX fondé à se demander si elles ne représentent pas, Van le cylindre ligneux central et l'autre Técoroe des mfeiie; troncs de Fougères. Toutefois, comme il n'y a là qu'une probabilité, mais non une certitude, j'ai cni devoir les décrire séparément, en attendant que des observations directes, portant sur des échantillons plus complets, permettent de se prononcer définitivement sur la question de leur réunion.

Rapports et différences. — Le Ptych. ma4:i*odiscus ressemble beaucoup au cylindre ligneux central du CauL endorhiza^ mais il s'en distingue par l'absence de sillons sur sa surface entre les files de cicatrices, par la forme plus pointue vers le bas des cicatrices des gaines, fermées ou presque fermées à leur partie inférieure, enfin par le relèvement plus accentué des deux extrémités de la cicatrice vasculaire interne en v renversé.

Il diffère d'autre part du Ptych. ovaliSy avec lequel il a aussi une analogie assez marquée, par Tespacement un peu plus faible des files longitudinales de cicatrices, et surtout par la forme beaucoup plus allongée de celles*ci et notamment des cicatrices vasculaires.

Synonymie. — Il me parait douteux qu'il faille rapporter à cette espèce l'un des deux échantillons figurés ?30us ce nom spécifique par Mt GeinitZj les cicatrices

l'y paraissant pas disposées en files longitudinales bien àottcs et étant en tous cas beaucoup plus espacées que riiez le Ptych. macrodisciis ; en outre, toute la surface ^st marquée de sillons longitudinaux^ aussi bien en [lehors des cicatrices que sur elles, ce qui ne devrait pas avoir lieu.

Quant au Ptych. obliqua de Germar, la légère dyssymétrie que présentent ses cicatrices par rapport à leur diamètre vertical ne me parait pas constituer un caractère spécifique distinctif, etj*ai souvent observé sur un seul et même échantillon des cicatrices un peu obliques à côté d'aulres parfaitement symétriques ; c'est même le cas pour quelques-unes des cicatrices de Téchantillon FiG. 6, Pl. XXXVII, notamment pour celle du haut de la file de gauche. Mais je n*ai pas cru devoir citer la figure publiée sous ce même nom de Ptych. obliqua par M. Grand'Eury (1), la forme beaucoup plus arrondie des cicatrices à leur partie inférieure, leur disposition en quinconce à files longitudinales fort peu nettes, et enfin l'uniformité avec laquelle la surface est sillonnée sur toute son étendue, me paraissant dénoter au contraire une espèce réellement distincte.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, à 10 mètres au toit de la Grande Couche, et dans les bancs de schistes intercalés dans la 2°*® couche.

PTYCHOPTERIS OVALIS. n. sp.

(PL. XL, PiG. 1).

Description de Vespèce. — Cicatrices coi^^espondant aux gaînea des faisceaux foliaires disposées en files longitudinales très nettes, à contour général ovale, arrondies au sommet, rétrécies, mais plus ou

(1) Flore carb. du dép^ de la Loiret p. 89, pl. X, flg. 2,

moins largement oiivertes vers le bas, hautes de 5 à I centimètres sur 35 à 40 millimètres de larg-eur, contiguës ou presque contiguës sur une même file vei'ticaZe, les files verticales étant elles-mêmes distantes de 55 à 60 millimètres.

Cicatrices correspondant aux faiscesLUx foliaires constituées chacune par un contour ovale fertné, piuf large vers le bas que vers le haut, mesurant de 30 à 45 millimètres de hauteur sur 25 à 30 millimètres de largeur, faiblement excentré par rapport à la cicatrice df la gaine, séparé de celle-ci, vers le haut, par un înter valle de 3 à 6 millimètres, et accompagné en dedans. vers le tiers supérieur de son diamètre, d'un arc à faible courbure, concave vers le bas, relevé vers le kant à ses extrémités, long de 10 à 12 millimètres.

Surface marquée sur les cicatHceSy mais surtoot en dedans des cicatrices vasculaires, de sillons longitudinav^x: flexueux, convergeant et se repliant vers le bas de ces cicatrices, tout à fait lisse entre les files de cicatrices et munie seulement de petites cicatrlcules arrondies ou ovales peu visibles.

Remarques paléontologiques. — L'un des échantillons de cette espèce recueillis à Commentry montre le moule complet du cylindre ligneux central encore entouré sur une grande partie de son étendue d'une épaisse lame charbonneuse marquée sur toute sa su^ face de sillons très accentués et représentant Tanneau de racines ; il ne reste aucune trace de l'écorce externe, probablement brisée et disparue peu à peu par lambeaux. Sur Téchantillon de la Fig. 1, Pl. XL, Tenveloppe charbonneuse correspondant aux racines n'existe plus que par places, notamment vers la droite, comme le montre la figure. La surface même du cylindre ligneux est complètement lisse entre les files de cicatrices, sîiuf quelque» petites cicatricules correspon*

dant aux points de sortie des racines, et o'est à peine même si elle présente quelques sillons dans Tintervalle compris entre les cicatrices des faisceaux ot les cicatrices des ifaînes ; mais les premières sont marquées sur toute leur étendue de sillons très accentués : on voit, d'après la forme et la direction do ceux-ci, que le faisceau foliaire devait subsister en partie en dehors du cylindre central et former une sorte de gouttière dans laquelle les racines sont venues se presser et s'empiler en se repliant sur elles-mêmes ; aussi n'est-il pas étonnant que la portion inférieure des cicatrices correspondant aux gaines soit aussi faiblement sillonnée, la majeure partie des racines n'ayant pu dépasser le bas de la cicatrice vasoulaire.

Rapports et différences. — Cette espèce me parait, malgré d'assez grandes analogies avec le Ptych, macrodiscus^ se distinguer nettement do ce dernier par la forme beaucoup plus largement ovale de ses cicatrices, celles qui correspondent aux gaines étant beaucoup moins effilées et demeurant plus ouvertes à leur partie inférieure, et celles qui correspondent aux faisceaux foliaires étant notablement plus larges, surtout eu égard à leur hauteur. Les files verticales qu'elles forment sont en outre un peu plus espacées.

Prot;enance. — Tranchée de l'Ouest, à 6 mètres au toit de la Grande Couche et dans les bancs do schistes intercalés dans la 2"* couche.

PTYCHOPTERIS DOUVILLEI. n. sp.

(PL. XXXVIII, FiG. 4.)

Description de V espèce, — Cicatrices correspondant aux gaines des faisceaux foliaires disposées en files longitudinales très nettes, à contour piri forme ^ presque circulaires sur les deux tiers ou les trois quarts

supérieurs de leur pourtour, puis descendant vers Je bas par deux lignes concaves en dehors, et ouvertes à leur partie inférieure ^ hautes de 5 à 6 centimètres sur 30 à 45 millimètres de largeur, contiguës sur une même file verticale ^ les branches descendantes de chacune s'arrètant sur le sommet de celle qui est immédiatement au*dessou8 ; files verticales distantes elles-mêmes de 4 à 5 centimètres.

Cicatrices correspondant aux faisceaux foliaires constituées chacune par un contour fermé, circulaire. ou elliptique un peu plus large que haut, mesuraot de 25 à 30 millimètres de hauteur sur 25 à 35 millimètres de largeur, faiblement excentré par rapport à la cicatrice de la gaine, séparé de celle-ci, vers le haut, par un intervalle de 2 ou 3 millimètres, et accompagna en dedans^ vers le quart supérieur de son diamètre vertical, d^ un arc concave vers le bas y de forme presque semi-circulaire ou semi-elliptique, occupant 12 à 15 millimètres de largeur.

Surface assez fortement bombée entre les cicatrices, marquée seulement sur les cicatrices de sillons assez peu nets, visibles surtout en dedans des cicatrices vasculaires.

Remarques paléontologiques. — L'échantillon dont la FiG. 4, Pl. XXXVl II, représente une portion est le moulage en grès du cylindre ligneux, encore recouvert par places d'une lame charbonneuse assez épaisse et à surface fortement sillonnée, qui représente l'anneau de racines. Ce cylindre, fortement aplati, mesure 0",45 de longueur sur 0°*,31 de largeur; il comprend 17 files de cicatrices, d'après la disposition desquelles on reconnaît que les feuilles étaient rangées suivant la fraction phyllotaxique 2/17.

Rapports et différences. — Par la forme presque circulaire ou mêine surbaissée de ses cicatrices yascu-»

laires, cetto espèce se distinguo facilomont des deux précédentes; les cicatrices des gaines afTectent également une forme très caractéristique, en poire ou en raquette, que je n'ai revue chez aucune autre espèce du même ^enre.

Elle est dédiée à mon camarade et ami M. Douvillé, ingénieur en chef de» mines, professeur de paléontologie à l'Ecole nationale des Mines.

Provenance. — Tranchée Saint-Edmond, à 6 mètres au toit de la Grande Couche.

PTYCHOPTERIS SPECTABILIS. n. sp.

(PL. XXXIX, FiG. 3, 4.)

Descinption de V espèce. — Cicatrices correspond dant aux gaines des faisceaux disposées en files lon^ gitiidinales h*ès nettes, à contour elliptiquCy légèrement pointues à leur partie inférieure, très grandes, hautes de 12 à 13 centimètres sur 8 à 9 centimètres de largeur, espacées de bord en bord de 15 à 20 millimètres sur une ,mâme file verticale, les files verticales étant elles-mêmes distantes de 17 ou 18 centimètres.

Cicatrices con^espondant aux faisceaux foliaires constituées chacune par un contour elliptique fermé, haut de 9 à 10 centimètres sur 6 à 7 centimètres de largeur, à peu près coyicentrique à celui de la cicatrice de la gaine, et accompagné en dedans, vers le milieu de sa hauteur, d^un arc concave vers le bas en son milieu, puis fortement relevé vers le haut à droite et à gauche, long de 2 à 3 centimètres et souvent peu visible.

Surface m,arquée, sur toute la largeur des files de (cicatrices et un peu au-delà, de sillons longitudinaux flexueux, convergeent légèrement vers la partie inférieure des cicatrices, lisse en dehors et marquée seule-

ment de cicatriculea allongées, épanes, correiqpoiulfli aux points de sortie des racines.

Remsirques p&léontologiqtJtes. — Les Fie. 3 e4 4à la Pl. XXXIX représentent des portions d*un aeul é même échantillon, mais prises sur ses deux faces opp^ sées. Cet échantillon, long de 0"',30 sur 0**, 18 de k*^ geur, est une partie du moule du cylindre ligneux, estièrement dépouillé d*un côté (Fio. 3) de son anneau à racines, et recouvert de Tautre (Fig. 4) d'une lunt charbonneuse de 3 à 4 millimètres d*épaisseur corie»pondant à Vanneau de racines. Sur la première faoe on voit les cicatrices dos gaines ot les cicatrices \tsculaires, mais la cicatrice vasculaire interne est à peirK visible. Sur l'autre face, au contraire, les cicatrices, visibles seulement pai* suite de difTérences de relief, sont beaucoup plus nettes ; peut-être a-t-on là le moule de la face interne de l'éoorce et des dépressions annulaires correspondant, l'une, la plus extérieure, au contour du pétiole, et l'autre à la cicatriccr vasculaire ; en ce cas, cet échantillon pourrait être décrit commo Caiiiopteris; d'autre part, les cicatrices des gaines visible^ sur l'autre face (Fia. 3) étant également formées el ayant la même forme et la même dimension, on peut se demander si les cicatrices de la Fio. 4 no représentent pas simplement le moulage, par compression, des cicatrices du cylindre ligneux sous-jaccnt.

La lame charbonneuse qui recouvre cette face ost entièrement sillonnée, ce qui n'a rien que de natorol, puisqu'elle est constituée précisément par les racines sous-corticales, tandis que sur Tautre face la bande comprise entre les deux files de cicatrices est lisse, comme le montre la Firi. 3, et porte seulement les cic^itrioules correspondant à hi sortie des racines.

On voit sur cette figure que les restes de la gaine ^ du faisceau vasculaire ont dû former des hortei» de

gouttièrea vors le fond donquolloB sont venue» converger les racines.

Je no connais jusqu'à présent aucune tige de Fougère ayant des cicatrices aussi grandes ; le Cau/. aliéna ot lo Megaphyton Ma&Layi approchent seuls do ces dimensions ; mais respëoe qui vient d'être décrite ne peut être attribuée ni à Tun ni à l'autre, en raison de la forme toute dilTércnte du faisceau foliaire, à oica* trico interne unique et non double ; en outre, la présence de plus de deux séries de cicatrices exclut absolument le genre Megaphyton.

Rapports et différences. — Lo Ptych. spectabilis se distingue nettement de toutes les autres espèces du même genre par la dimension considérable de ses cicatrices, par ses gaines complètement fermées à leur partie inférieure et embrassant comme un anneau le faisceau foliaire, enfin par la position do la branche interne du faisceau vasculaire, placée beaucoup plus bas qu'à Tordinaire.

Pî'ot^enance. — Tranchée do TOucst, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2'"° couclio.

PTYCHOPTERIS CHAU8SATI. ii. sp.

(PL. XXXVIII, FiG. 1 à 3.)

Description do Vespèce. — Cicatrices disposées non en séries verticales nettes, mais en files légèrement obliques sur les génératrices. Cicatrices des gaines tantôt fermées, tantôt et plus souvent ouvertes à iei^r partie inférieure, affectant à leur partie supérieure la forme d'une demi-ellipse haute de 4 à 6 centimètres sur 3 à 6 centimètres do largeur, et se prolongeant plus ou moins loin vers le bas en deux lignes parallèles ou légèrement convergentes, qui se suivent

parfois sur 10 à 15 centimètres de longueur, jusque vej» le haut de la cicatrice immédiatement inférieure.

Cicatrices des faisceaux constituées chacune par c contour elliptique ou ovale fermée haut de 6 à 8 centimètres sur 25 à 45 millimètres de largeur, laissant eitre son sommet et celui de la cicatrice do la gaine m: intervalle de 3 à 20 millimètres, et accompagné en dedans^ vers le tiers ou le quart supérieur de son diamètre vertical, d'un arc concave vers le bas, occuput une largeur de 15 à 20 millimètres.

Sillons dus aux racines sous- corticales s'étendani seulement sur les cicatrices vasculaires et un peu audessous; surface lisse en dehors, mais marquée de cicatricules allongées, éparses, correspondant à la sortie des racines adventives.

Remarques paléontologiques. — On voit sur la Pig. 2 de la Pl. XXXVIII, qui représente une portion da moule en grès du cylindre ligneux, combien la forme des cicatrices des gaines varie sur un seul et même échantillon, tantôt fermée comme vers le haut à gauche, tantôt largement ouverte. Sur Téchantillon dont un fragment est reproduit Fie. 1, les branches latérales des gaines ne descendent pas aussi bas et disparaissent avant d'avoir rejoint les cicatrices inférieures. On voit nettement sur cet échantillon et sur divers points de la FiG. 2 les racines venir s'attacher aux cicatricules dont est marquée la surface entre les files de cicatrices, et qui correspondent aux points par où elles sortaient du cylindre central.

L'échantillon de la Fig . 3 est recouvert sur une pa^ tie de son étendue d'une épaisse lame charbonneuse représentant la couche radiculaire dépouillée de Técorce externe.

Rapports et différences. — Le Ptych. Chaussati se distingue aisément de loutes les espèces précédentes

par l*espaoement oonsidérablo de ses cicatrices, par leur disposition en files obliques et non en files verticales bien nettes, enfin par le prolongement vers le bas, sur une assez grande longueur, des cicatrices des gaines, qui, le plus souvent, restent largement ouvertes à leur partie inférieure.

Il se rapproche parées différents caractères du Ptyc/i. Benoiti, mais celui-ci a les cicatrices encore plus éloignées les unes des autres et beaucoup plus étroites par rapport à leur longueur.

Cette espèce est dédiée à M. le Docteur Chaussât, de Lavaveix-les-Mines, à qui TEcole des Mines doit une remarquable série de belles empreintes végétales et surtout de tiges de Fougères, recueillies par lui dans le terrain houiller d'Ahun, et dont plusieurs ont été figurées dans Tatlas du tome IV de V Explication de la Carte géologique de la France.

Provenance. — Tranchée Saint-Edmond, à 6 mètres et à 9 mètres au toit do la Grande Couche. Tranchée de rOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2'"* couche.

FrYCHOPTERlS BENOITL n. sp.

(PL. XXXIX, Plfr. 1, 2.)

Description de V espèce. — Cicatrices très espacées, et ne paraissant pas, à première vue, disposées en files verticales bien nettes. Cîcafrices des gaînes ouvertes à leur partie inférieure, ogivales ou obtusément aiguës BU sommet, à branches latérales descendant d'abord parallèlement, puis se rapprochant un peu, occupant 20 à 25 centimètres de longueur sur 15 à 20 millimètres de largeur, respectivement espacées, de sommet en sommet, de 25 à 35 centimètres sur une même file

verticale, losiiles veiticalcbélanteUesHiièmes diistaolei de 25 à 50 milUmètres.

Cicatrices des faisceaux peu nettes, constilHée$ ebcune par un contour elliptique fermée haut deSâK centimëtre«s sur 15 à 20 millimètres de largeur, touchai latéralement les bords de la cicatrice de la gaine, \my saiàt entre son sommet et celui de cette dernière ^ intervalle do 10 à 12 millimètres, et accompagné tn dedans f vers le tiers supérieur de son diamètre vertical d\in arc concave vers le bas, à forte courbure, l^ènvieyit relevé vers le haut à ses extrémités et ocoupaat une largeur de 5 à 10 millimètres.

Sillons dus aux racines sous-corticales s^étenthul seulement sur les cicatrices vasculaires et un peu audelà de leur bord inférieur ; suHiace lisse en dehors* mais marquée de cicatricules allongées, éparses, co^ respondant à la sortie des racines.

Remarques paléonlologiques, — Cette espèce est remarquable par rcspacement très considérable de sfô cicatrices; sur réchantillon de la Fig. 1, Pl. XXXIX, qui, comme on le voit par sa section, représente te cylindre ligneux complet, on ne voit qu'une seule cicatrice de chaque file verticale, mais on peut estimer, d'après la disposition relative des cicatrices vi.sibles. que leur écarlement relatif, de sommet en sommet, sur une même génératrice, devait atteindre au moins O'^jdo. Il parait probable que cet échantillon, avec590D faible diamètre, représente le cylindre ligneux d'une jeune tige, douée d*un accroissement longitudinal très rapide. Sur l'autre face de l'échantillon, qui est recouverte en partie d'une épaisse lame charbonneuse, las cicatrices sont presque complètement efTacées par les sillons dus aux passages des racines et sont à peu près indistinctes : aussi est-il impossible de compter le

loinbre des liles verticale» ; il semble toutefois probaile qu'il était seulement de cinq.

Quant à la Fig, 2, elle reproduit un très petit frag-

nent d'un échantillon, recueilli à Lavaveix-les-Mines,

lans la Creuse, qui mesure i"*,05 de longueur sur

)*'',19 de largeur. Il représente également le cylindre

ligneux complet, et la forme et l'espacement de ses

cicatrices ne permettent pas de douter qu'il appartienne

% la même espèce que celui de la Fig. i. Il correspond

a une tige plus âgée, dont l'accroissement dans le sens

vertical était sans doute un peu plus lent ; aussi les

cicatrices ne sont-elles espacées, de sommet en sommet,

Bur une même génératrice, que de 0"*,25 à O'^jSO ; il en

résulte que les Gles verticales de cicatrices sont plus

facilement discernables. On compte en tout il de ces

files, sur lesquelles les cicatrices sont disposées suivant

la fraction 2/11. Le contour des cicatrices vasculaires

elliptiques se fond presque sur les bords avec celui des

cicatrices des gaines, ce qui prouve que la gaine était

presque appliquée sur le faisceau; en revanche les

cicatrices internes, en v renversé, sont assez distinctes.

En dehors des cicatrices, sur l'un et sur l'autre

échantillon, on voit nettement, sur toute la surface,

les cicatricules allongées qui correspondent aux points

de sortie des racines.

Rapports et différences. — Le Ptych. Benoiti a, comme le Ptych. Chaussati^ les cicatrices dos gaines très longues, ouvertes vers le bas, et ne rejoignant pas celles qui sont placées au-dessous d'elles ; mais il se distingue par la longueur beaucoup plus grande et par la moindre largeur de ces cicatrices, qui sont aussi plus éloignées les unes des autres ; la cicatrice vasculaire elliptique est, en outre, beaucoup plus allongée, et la cicatrice interne affecte nettement la forme d'un v

renversé et non pas celle d*un arc simplement cooGaTe non relevé à ses extrémités.

L'espèce est dédiée à M. Benoit, ingénieur chef dr l'exploitation des houillères d'Ahun, qui a bien Tooh donner à l'Ecole des Mines, non seulement le be« tronc partiellement représenté sur la Fie. 2 de li Pl. XXXIX, mais encore un grand nombre d*excelleBt^ échantillons recueillis par lui dans les travaux qu'3 dirige.

Provenance, — Commentry, tranchée de TOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"* couche.

Houillères d'Ahun (Creuse),

Genre MEGAPHYTON. Artis.

1825. Megaphyton. Artis, Anted. Phyt., pl. 20.

Troncs marqués de grandes cicatrices ovales ou elliptiques^ souvent plus larges que hautes, disposées seulement en deujc séries verticales diamétralement opposées. Cicatrices accompagnées à Tintérieur d*une trace, parfois peu nette, correspondant au passage du faisceau foliaire et de forme variable suivant les espèces.

La disposition distique des frondes, qui venaient s*attacher sur la tige le long de deux génératrices opposées, disposition qui n'existe plus chez aucune des Fougères arborescentes actuelles, constitue le caractère essentiel du genre Megaphyton et le distingue des CaulopteriSy chez lesquels les cicatrices forment toujours plus de deux files verticales et sont même ordinairement rangées en séries très nombreuses, le CauL aliéna^ avec ses quatre séries, faisant jusqu'à présent seul exception à ce point de vue.

On a observé, parmi les tiges silici fiées, c'est-à-dire

Lans le genre Psaronius^ un nombre relativement con« âdérable d^espèceç qui présentent cette disposition ilistique des frondes et correspondent, par conséquent^ au genre Megaphylon : les bandes vasculairos qui [constituent le cylindre ligneux sont assez généralement alig'nées à peu près parallèlement les unes aux autres, croissant de longueur du centre à la circonférence, et formant, en coupe transversale, des arcs à courbure plus ou moins forte ayant tous leurs cordes perpendiculaires à un même diamètre ; les faisceaux foliaires, nés de l'anastomose de deux de ces bandes, Tune à droite du centre, l'autre à gauche, sont par conséquent alignés sur le diamètre normal à celui-là. Comme chez les Caulopteris, le cylindre ligneux est entouré d'un anneau de racines, qui descendaient sous Técorce et finissaient sans doute, au fur et à mesure de leur déve^ loppement, par faire éclater colle-ci ; chez beaucoup d'espèces, le cylindre ligneux central est limité, et séparé de cette zone radiculairo, par une gaine continue de sclérenchyme, interrompue seulement au passage des faisceaux foliaires.

Je signale ici ces quelques détails de structure observés chez les Psaronius, parce qu'ils se retrouvent chez le Meg. Mac'Layiy où certaines empreintes montrent, au-dessous de Vécorce, non seulement les racines adventives, mais la surface du cylindre ligneux.

On doit, d'après cela, s'attendre à rencontrer également deux systèmes d'empreintes, correspondant, les unes à l'écorce externe, et les autres au cylindre ligneux central, et jouant les unes par rapport aux autres le même rôle que les Caulopteris par rapport aux Ptychopteris ; mais on n'a pas, jusqu'à présent du moins, distingué génériquementces deux groupes, bien que quelques espèces de Megaphyton, du moins parmi celles de l'étage houiller moyen, paraissent r^présQnter

plutôt le cylindre ligneux central que l'écorce ellemême avec ses cicatrices pétiolaires bien limitées (f Dans rétage houiller supérieur, où les Megaphyki^ sont, il est vrai, beaucoup plus rares que dans Tétafe houiller moyen, on n'a jusqu'à présent trouvé que i» tiges munies de leur écorce externe, mais les détails observés sur certains échantillons de Meg. MaifL^yi montrent que le cylindre ligneux de cette espèce devait être entouré d'une gaine continue et pourra hiefi se présenter quelque jour dépouillé de son écorce et de son enveloppe radiculaire.

On ignore absolument quelles pouvaient être les frondes que portaient ces troncs à cicatrices distiques: il est plus que probable qu'elles sont connues en empreintes, mais il faudrait les trouver encore attachées à la tige dont elles dépendaient, et c'est là une bonne fortune qu*il est difficile d'espérer. On peut seulement affirmer, en ce qui concerne le Meg. Ma&Layi^ et tti la dimension de ses cicatrices, que ces frondes devaient avoir une taille considérable,

MEGAFHYTON MAC* LAYI. Lesquereux.

(Pl. XL. FiG. 3, 4.)

1966. Megaphytom Mao' Layi. Lesquercux, GeoL Surt. of Illinoi$t II, p. 458, pl. 48. Orand'Bury, Flore carb. du dép. de la LoirCt p. 82, 83, pl. XIII, fig. 3.

Description de Vespèce, — Troncs de 20 à 25 centimètres de diamètre. Cicatinces foliaires arrondies ou ovales, plus larges que hautes^ parfois presque rectangulaires à angles arrondis, à contour inférieur légè)^ ment rentrant et convexe vers le haut, larges de 7 à

(1) Zeiller, Flore foss. du dass. houille de V&lcncienne$, p. 310 et 313-3*6,

jl 1 centimètres sur 4^9 centimètres de hauteur, contifTjtës les unes aux autres sur une môme file verticale ou laissant entre elles un intervalle de 5 à 10 millimètres au plus.

Cicatrice vasculaire constituée par un contour fer* méj arrondi ou ovale, ou rectangulaire à angles arrondis, large de 5 à 8 centimètres sur 3 à 6 centimètres de hauteur, concentrique à la cicatrice pétiolaire, mais échancré en son milieu, du côté inférieur, par un sinus en U renversé, de 5 à 8 millimètres de largeur sur 15 & 50 millimètres de profondeur, et accompagné en dedans de deux cicatrices en forme de v très ou'oert, situées Tune à droite, l'autre k ga^iche de ce sinus, mais un peu obliques, tournant leur convexité vers lui et vers le haut, et ayant chacune 12 à 20 millimètres d'ouverture.

Surface de Vécorce lisse, ou marquée de petites fossettes, arrondies ou ovales, de 2 à 6 millimètres de diamètre, irrégulièrement réparties, et souvent déchirée, entre les deux séries opposées de cicatrices, par les racines sous-corticales.

Remarquas paléontologiques. — Sur la figure type publiée par M. Lesquereux, le sinus profond qui échanore la cicatrice vasculaire a été placé l'ouverture en bas et la pointe en Tair, comme il Test, du reste, sur les FiG. 3 et 4 de la Pl. XL ; mais M. Grand'Eury avait orienté en sens inverse Téchantillon du bassin de la Loire dont il a donné la figure, et il m'avait paru, comme à lui, que ce sinus devait correspondre, ainsi que la dépression que présente en face de son ouverture le contour du pétiole, à une gouttière longitudinale creusée sur la face supérieure de ce dernier (1), et que par conséquent la figure de M. Lesquereux devait

(4) Expl, Carte géoL Fr., IV, 2"« part., p. 104.

être retournée. L'examen de Téchantillon de Layaveâles-Mines dont une partie est représentée sur la Fie. 3 de la Pl. XL m*a prouvé que, comme Tavait admis M. Lesquereux, le sinus correspondait réellement àb partie inférieure et non à la partie supérieure de h

cicatrice.

Cet échantillon, donné à TEcole des Mines par H Benoit, est un fragment de tronc, large de 0",13 sur 0™,28 do longueur, portant 10 cicatrices disposées en deux séries diamétralement opposées, cinq sur une face et cinq sur l'autre ; sur la Fig. 3, les cicatrices de la face postérieure, qui alternent avec celles de la faœ antérieure, sont tracées en pointillé. L'écorce eUemême est brisée irrégulièrement, de telle sorte qu aucune cicatrice n*est tout à fait complète ; vers le haut seulement, il reste une portion de la bande comprise entre les deux séries de cicatrices, montrant quelques fossettes arrondies. Sur les points oùTécorce a disparu, on voit les racines sous-corticales qui descendent verticalement, et dont le développement a dû contribuer à Téclatement de Técorce; enfin, en faisant sauter la lame de schiste charbonneux qui représente cet anneau de racines, on met à nu une surface lisse ou très faiblement silloimée, visible vers le bas de la Fig. 3, à droite, et marquée de petites cicatricules arrondies : c'est évidemment là le cylindre central, probablement entouré d'une gaîne continue de sclérenchyme, et les cicatricules arrondies correspondent aux points de sortie des racines.

Dans chacune des cicatrices foliaires, la bande vasculaire montre non seulement sa section, mais une petite partie de sa surface, faisant une légère saillie oblique, d'après laquelle on juge, sans hésitation pos* sible, de la direction réelle du faisceau : ainsi Ton voit nettement sur la Fia. 3, surtout nuv les dçux cicatrices

.supérieures, que la bande annulaire repliée en U qui constitue la partie principale du faisceau foliaire va en s* en fonçant peu à peu dans la roche à partir de la cicatrice à laquelle elle aboutit, et en s'enfonçant se dirige vers le bas, ce qui prouve que Téchantillon est convenablement orienté : il est clair en eitet que, les faisceaux foliaires s*élevant peu à peu en partant du cylindre central pour se rendre aux feuilles, ils descendent des cicatrices vers l'intérieur et vers le bas de la tige, et que Torientation inverse, qui les ferait monter des cicatrices vers Tintérieur de la tige, ne saurait être admise un instant.

Il on est de même, mais avec moins de netteté, sur l'échantillon de la Fig. 4, recueilli à Commentry, et qui montre l'empreinte laissée par la surface externe de l'écorce ; en avant, c'est-à-dire en dedans, et en saillie par rapport à cette empreinte, on voit les sillons longitudinaux produits par les racines sous-corticales, qui sans doute avaient fait éclater Técorce à droite et à gauche des cicatrices foliaires. L'écorce a dû se fendre en outre suivant le contour de ces cicatrices, car il est marqv^é, sauf quelques irrégularités, par un bourrelet saillant, portant çà et là Tempreinte des racines souscorticales. Quant aux faisceaux foliaires, on constate, avec un peu d'attention, que, partant du contour des cicatrices vasculaires, ils se dirigent vers le bas et en avant, en s'éloignant de Temprcinte laissée par Técorce, c'est-à-dire vers l'intérieur de la tige ; en d'autres termes, cet échantillon, tant pour la disposition des racines que pour la marche des faisceaux, reproduit les caractères qu'offrirait le moulage en creux de l'échantillon Fig. 3. Mais il présente en outre une particularité intéressante, à savoir la variation très notable de la cicatrice vasculaire d'une cicatrice foliaire à la suivante ; sur la cic«|trice jnféneure, le faisceau foliaire

offre la même section que sur la Pig. 3, un profond ans en U renversé, flanqué de deux cicairice.s en v placés obliquement par rapport à lui à droite et à gauche. Se la cicatrice supérieure, le sinus en II s'élève beauco^ moins haut, et les deux cicatrices en arc, réunies Tov à l'autre, offrent à peu près Taspect habituel do larr catrice interne en v renversé de la plupart des Oi»lopteris et Ptychoptens, mais avec des branche^ latérales plus développées. Sur la cicatrice intermédiaire, la trace vasculaire est un peu effacée, et, à première vue, le sinus semble s'ouvrir par le haut mais en réalité il est complet, et sur la Fig. 4 ell^ même on distingue l'arc qui en réunit les deux côtés: ce sinus arrive là au contact de la cicatrice interne, comme s'il se préparait à la traverser et à la séparer en deux.

Il semble qu*on puisse conclure d'après cela que chez le Meg, Mac'Layi le faisceau foliaire devait suivre à peu près la même marche et subir les mêmes modifications que celui des Caulopteris^ par exemple di CauL endorhizsL : peut-être ouvert d'abord par le haut il se fermait complètement en détachant vers son intérieur une bande plissée en w, et se repliait en t renversé à sa région inférieure ; ce repli en Q s*élevaDt de plus on plus haut, arrivait à toucher la bande interne en w, qui sans doute alors se bifurquait en deai branches entre lesquelles venait se loger le sommel du sinus en II. On peut même se demander, d'après l'examen de la figure de M. Lesquereux, si le sinus nd pouvait pas s'élever plus haut encore et atteindre le bord supérieur du faisceau, qui se serait alors partagé en deux branches distinctes à section annulaire et aurait donné, à son intersection avec l'écorce, une cicatrice formée de deux ovales fermés très rapprochés renfe^ mant chacun à leur intérieur une cicatrice en v renversé

disposée plus ou moins obliquement. Il semble en effet que, sur la cicatrice supérieure do l'échantillon type, la trace du faisceau foliaire soit ainsi formée do deux contours fermés complètement séparés.

On remarque sur Téchantillon de la Fm. 4, Pl. XL, le moulage en relief, par la roche, d'un grand nombre de petites fossettes arrondies ou elliptiques, de dimensions variables, semblables à celles qu'on voit vers le haut & droite de la Pig. 3 sur ce qui reste de Técorce : mais ici quelques-unes de ces petites lentilles saillantes ont pu être détachées par un léger choc et ont laissé à leur place une petite cavité tapissée par une très mince lame charbonneuse; quelquefois cette lame est continue, plus fréquemment elle est interrompue au fond par une petite saillie circulaire ou elliptique qui formait comme le pédicelle de la petite lentille pierreuse, pédicellc qui s'est brisé lors de l'enlèvement de celle-ci. Ces lentilles représentent donc, comme je Tai dit plus haut, le moulage de petites chambres creusées dans Vécorce sous Vépiderme, d*abord complètement closes, puis mises en relation avec Tatmosphère par un pore ou une fente de dimension graduellement croissante, et enfin largement ouvertes, identiques en un mot aux fossettes aérifères des troncs des Fougères arborescentes actuelles.

Rapports et différences. — Le Meg, Msl& Layi ne ressemble guère qu'au Meg. approxiimeitum Lindley et Hutton de la région supérieure du terrain houilter moyen, mais il a les cicatrices infiniment plus grandes, et ses cicatrices pétîolaires, plus rapprochées, ne présentent à l'extrémité inférieure de leur diamètre vertical qu'un léger relèvement vers l'intérieur et non, comme celles de cette dernière espèce, un sinus aigu en V renversé.

Provenance. — Tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2™* couche.

Genre RHIZOMOPTERIS. Schimper.

1869. Bbisomopteris. Schimper, Trait de pal. vég., 1, p. 31

Rhizomes^ ou tiges rampantes, de Fougères, mnqta ou ramifié», de petit disumètre^ tantôt nua et mim^ sur une seule fatce, de cicatinces pétiolaires dispoêèsi soit sur une seule ligne, soit sur deux lignes trèsnf^ prochéesy tantôt plus ou moins couverts d*écaiUes idsiquant parfois complètement les cicatrices laissées psr la chute des pétioles.

Ces rhizomes, qui viennent tout naturellement prendi? place à côté des troncs de Fougères arborescentes, se distinguent de ces derniers par leur diamètre beaucoup plus petit et surtout par la disposition des cicatrice» pétiolaires, qui, au lieu d'être réparties tout autour de la tige, n'en occupent qu'une des faces, celle qui n'était pas en contact avec le sol ou avec le support queloosque contre lequel cette tige ou ce rhizome s*appuyait Ils sont, en outre, bien que ce ne soit pas le cas pour l'espèce qui va être décrite, assez fréquemment ramifiés par dichotomie.

Ils correspondent, nécessairement, à des frondes d'assez petite taille.

RHIZOMOPTERIS VETUSTA. n. sp.

|Pl. XL, FiG. 5.)

Description de Vespèce, — Rhizome large de 12 à 15 millimètres, à surface lisse, marqué de cica4rices ovales^ tronquées et échancrées sur leur bordantérieur^ aiTectant presque un contour cordiforme, larges de 4 i 5 millimètres et longues de 5 à 6 millimètres, disposées en une seule file longitudinale, espacées de bord en bord de 6 à 8 millimètres ; cicatrice du faisceau foliaire pei^ nette, paraissant offrir la form^ d'un t\

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