‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 106 sur 140 · OUVRAGES DE PLATON · texte numérisé non relu

OUVRAGES DE PLATON

§ I. Ouvrages autîientiques.

Je crois avoir suffisamment prouvé dans mon Commentaire que les doctrines du Timée se lient étroitement à celles des autres dialogues, qu'elles en reçoivent une vive lumière, et qu'elles les éclairent à leur tour. J'ai déjà dit, à la fin de V Argument, que l'importance plus ou moins

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grande des divers dialogues authentiques, pour l'interprétation du Timée, doit se mesurer en combinant trois considérations, savoir : 1° celle de la ressemblance des sujet» traités; 2° celle du caractère sérieux et didactique de l'exposition; 3° celle de l'époque présumée de la rédaction. Chaque dialogue ne peut être ici l'objet d'une discussion chronologique et d'une appréciation motivée : je me contente d'une indication rapide.

Le Critias est la suite du Timee , mais ne concerne que l'Atlantide.

Je donnerai donc , d'après les trois considérations précédentes, le premier rang aux dix livres de la République, et aux douze livres des Lois. Ce dernier ouvrage, publié après la mort de Platon , a pu être revu et corrigé par Philippe d'Oponte; mais pour -le fond, il est bien de Platon et il serait diflicile qu'il fût d'un autre. Aristote le cite comme l'œuvre de son maître. Je n'insiste pas : la question a été traitée d'une manière supérieure par M. Cousin daus son Argument des Lois. Au second rang, je placerai le Philèbe, le Sophiste, le discours de Diotime dans le Banquet, le Phedon et le Phïdre, bien que probablement la composition du Phédon appartienne à la première moitié de la carrière philosophique de Platon, et que le Phèdre passe même pour être antérieur à la mort de Socrate. Au troisième rang, je mettrai le Parménide, dialogue où Platon met en scène les doctrines de l'école d'Elée, qu'il est loin d'avoir adoptées en entier, comme on peut le voir par la critique qu'il en fait dans le Sophiste , ensuite le Thiètïtt et le mythe cosmographique du Politique. Enfin , au quatrième rang viendraient se placer les autres dialogues authentiques, dont quelques-uns, très-importants en euxmêmes , ne le sont pas beaucoup pour riuterprétation du Tintée. Les doutes qu'on a élevés sur l'authenticité de quelques-uns des dialogues compris dans les trois premières classes ne me semblent pas fondés, et je ne prétends point exclure de la quatrième beaucoup de dialogues que divers critiques allemands déclarent apocryphes.

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§ II. Ouvrages douteux.

Parmi les œuvres de Platon , celles dont l'authenticité est vraiment problématique se trouvent être peu utiles pour l'explication du Timée, à l'exception de VEpinomis et surtout de la seconde Lettre et de la septième, qui renferment des indications précieuses sur la théorie de Dieu et des idées, et sur la réserve dont Platon aurait usé, même envers la plupart de ses disciples, dans l'exposition de la partie la plus ardue de ses doctrines. Sur ce dernier point, il y a certainement beaucoup d'exagération , puisque les mystères indiqués par voie d'allusion dans ces deux Lettres sont expliqués beaucoup plus clairement dans le Timée, dans la République et dans les Lois Mais les partisans de l'authenticité peuvent dire que Platon voulait se ménager un moyen d'action sur Denys et sur les Siciliens, en piquant vivement leur curiosité. Ces lettres, dit-on, renferment une intention évidente d'apologie. Mais on peut répondre qu'il n'est pas impossible que Platon lui-même les ait recueillies, arrangées et retouchées avec cette intention. Cicéron* cite la septième lettre, en la nommant prœclara Piatonis epistoLt, et il en traduit un fragment. M. Bœckh pense que celle-là seulement est authentique. Mais il me semble que ce serait une forte présomption en faveur de l'authenticité du recueil entier, et surtout de la seconde lettre, qui semble bien être sortie de la même main que la septième. Il est probable que ces lettres ne furent pas publiées du vivant de Platon , mais seulement après sa mort par ses disciples, et Userait sans doute difficile de dire quelle fut dans ce travail la part des éditeurs. Quoi qu'il en soit, il me paraît certain que ces lettres remontent aux premiers temps de l'ancienne Académie et que les doctrines qui y sont exprimées sont vraiment platoniques. Cependant je me suif

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