PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES QUATRE CORPS ELEMENTAIRES
Sous le rapport de la stabilité, Platon compare entre eux les quatre genres de corps, et assigne le premier rang au cube, c'est-à-dire à la terre, le second à l'icosaèdrt, c'est-à-dire à l'eau, le troisième à l'octaèdre, c'est-à-dire à l'air, le quatrième à la pyramide, c'est-à-dire au feu. Sous les autres rapports, il ne compare entre eux que les trois qui sont formés du même élément : les corpuscules de feu sont les plus petits, les plus aigus, les plus tranchants, les plus mobiles et les plus légers; ceux d'air le sont moins, ceux d'eau le sont moins encore. Probablement Platon sous-entend que les corpuscules de terre, c'est-à-dire les cubes, sont les plus grands, les moins aigus, lès moins tranchants, les moins mobiles et les plus lourds de tous ; mais U ne le dit pas.
Platon déclare que des trois genres de corps formés de l'élément scalène celui qui a le moins grand nombre de bases, ihyiaruç fiAntç , est le plus léger, parce qu'U se compose d'un
IV. Eufièbe, Prép. h„l t 5i Théodorct, Thirap., IV, 1; VaWre Maxim* , VUI,2A.
moindre nombre des mêmes éléments, % ôhyitrruv Çuviârwç t<ûv «ùtwv ppûv. Suivant la traduction de M. Cousin, celui qui a les bases les plus petites serait le plus léger , comme étant formé des mêmes éléments, mais plus petits. Mais il me paraît évident que voici la pensée de Platon : le tétraèdre régulier doit être plus léger que l'octaèdre et que l'icosaèdre, parce que les mêmes éléments sont au nombre de vingt-quatre seulement dans le premier, tandis qu'ils sont au nombre de quarante-huit dans le second, et de cent vingt dans le troisième*.
Toute cette théorie des corpuscules élémentaires a été combattue par Arîstote*.