PHYSIQUE. — IMPOSSIBILITÉ DU VIDE
changement ne peut avoir lieu dans le sein d'une chose uniforme , si ce n'est par une cause tout-à-fait extérieure. La variété est donc le principe du changement , et la variété résulte de l'inégalité : par exemple les variétés des quatre genres de corps résultent des grandeurs inégales de leurs éléments; c'est donc aussi de l'inégalité que le changement résulte.
NOTE LXXVin.
sue l'impossibilité* du vide et sur l'impulsion circulaire , mpiuaiç, qui en résulte suivant platon.
Les Pythagoriciens * et les Atomistes * avaient admis l'existence du vide; Empédocle et Anaxagore l'avaient niée. Platon se déclare pour cette dernière opinion. Dans la phrase à laquelle cette note se rapporte, on pourrait croire il est vrai que Platon n'entend pas nier le vide d'une manière absolue : la suite du passage pourrait même conduire à penser qu'il entend seulement que le mouvement du réceptable ne permet pas qu'un grand vide se forme, ni qu'un même lieu reste vide. Mais plus loin 5, Platon nie le vide de la manière la plus formelle; et en effet, Aristote* déclare que telle était l'opinion de son maître. Aristote luimême» nie le vide encore plus fortement que Platon, mais, il faut le dire, avec moins d'inconséquence; car
1 V. Aristote, Phys., IV , 6, p. 213, col. 2, 1. 22-29, Bekker ; Aristote, SurlePythagorisme, dans Stobée, Eh. phys., I, c. 22, p. 38, Caatcr; Si m pUcias, Sur la Phy s . , f. 1*2, p. 381. col. 1, 1. 1-6; f. 206, p. 401, col. 1 , 1. 10-25; Sur le traité Du ciel, f. 130, p. 514, col. 1, 1. 14-15; Thcmistlus, Sur la Phys., f. 41, p. Ml, col. 1, L 10-14, Brandis ; et lo faux Galien , De la philos, , chap. Du vide , t. 4 , p. 427 , Bàle.
2 V. Aristote, Phys. , IV, 6; Mêtaph. ,1,4, etc.
S V. Aristote , Du ciel , IV , 2 , p. 309 , col. 1 , 1. 10-20.
4 V. les notes 90, 168, 169 (S 2) , et les passages du Timêe auxquels elles s'appliquent.
5 De la génér. et de la corrupt., I, 8, p. 325, col. 2, 1. 32-33, Bekker. C Phys. , IV , 6-9.
256 NOTES SVK LE TIMLE.
Platon a beau expliquer comment les corpuscules les plus petits se glissent dans les interstices des plus gros : il a décrit lui-même les formes des corpuscules élémentaires i ; or il est certain géométriquement que des pyramides, des octaèdres , des icosaèdres et des cubes , rapprochés et intercalés comme Ton voudra les uns au milieu des autres , laisseront nécessairement des vides entre eux. Mais surtout ces prétendus solides ne pouvant , d'après ce que Platon en dit lui-même, être considérés que comme de simples enveloppes vides à l'intérieur 2, il doit se former beaucoup de vide , lorsqu'elles se dissolvent pour produire de nouvelles combinaisons 3. C'est donc à tort que Platon a cru pouvoir se contenter de répondre à l'argument de Leucippe sur la nécessité du vide pour le mouvement. Leucippe avait dit 4 : si tout est plein , un corps qui se meut entre dans un autre corps ; d'où il résulterait que plusieurs corps pourraient occuper simultanément la même place, que le contenu pourrait être plus grand que le contenant , etc. Platon répond : tout corpuscule qui se meut pousse devant lui un autre corpuscule qui en pousse un autre , et ainsi de suite ; tous ces corps poussés forment une chaîne circulaire , dont le premier et le dernier anneau se touchent, de sorte que chaque place se trouve remplie à l'instant même où elle deviendrait vide, et ainsi le vide n'existe jamais. Telle est la théorie platonique de Y impulsion circulaire , irepiuHTiç, reproduite par A ris tôt e sous le nom d'àvTi7re£t<TTa<xiç5, et par les Stoïciens sous celui de moiareuftç 6. Nous verrons ? quel parti Platon en tire