‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 66 sur 140 · DU SPERME · texte numérisé non relu

DU SPERME

Platon, qui considère, ainsi que nous l'avons vu 5, le cerveau et la moelle allongée comme une même substance, regarde le sperme comme un écoulement de la moelle épinière et du cerveau*. C'était, dit-on, l'opinion d'Alcméon de Crotone &. Galien 6 l'attribue aussi à Hippocrate. Aristote la combat 7 et considère le sperme comme une sécrétion fournie par le superflu de l'alimentation du corps 8.

NOTE CU

DE I.A SYWOVIE.

Louis Leroy pense que les mots grecs rfï Oecrêpov oWpa désignent encore ici précisément cette nature de Vautre qui, unie à la nature du même et à la nature mixte, a servi, suivant le Timée, à former l'âme 9. M. S ta 11b au m ne voit

1 V. note 152, S 3.

S V. note 147.

4 V. Tintée, p. 91 a. Cf. note 206.

5 V. le traite Des op. des philos. , V, S. Cf. ibid., V, 7-10; Censorinu», De die nat. , c. 5 et 6, e l Nemeslns, De nat. hom. , c. 25.

0 Fragment latin Sur le Timée, t. 5, p, 278, Cbartier.

7 Des part, des anim. , Il , 6 , p. 651 , col. 2 , 1. 20-21 , Bckker.

S Delà génér. des anim. , 1 , 18-19. Cf. III, 2 ; IV, 1.

» V. acte 22.

ÀNÀTOMIE. SIS

pas même là de difficulté : il trouve évident que c'est la nature de Vautre, c'est-à-dire suivant lui la nature corporelle encore indéterminée et sans forme, que Platon suppose placée entre les vertèbres pour en faciliter le mouvement. Il me semble que la phrase de Platon a un sens beaucoup plus raisonnable. Ce qu'il y a entre les vertèbres, outre les cartilages , dont Platon ne parle pas et qu'il considère sans doute comme faisant partie des os*, c'est une humeur nommée synovie , qui rend les mouvements des articulations plus doux et plus faciles; et c'est de cette humeur que Platon a voulu parler. En cfFet ici , et un peu plus loin en parlant de la chair et des tendons, qu'il nomme nerfs 2, il s'est servi métaphoriquement et à dessein des mêmes expressions qu'en parlant de la formation de l'âme. Les os sont de la nature solide , analogue par sa stabilité à la nature du même. La chair et les humeurs, entre autres la synovie,, sont de la nature molle et liquide analogue par sa mobilité à la nature de Vautre; enfin les nerfs, c'est-à-dire les tendons, les aponévroses, les ligaments, plus consistants que les humeurs et la chair, mais moins que les os, sont de la nature mixte et intermédiaire. Des trois choses réunies se compose le corps humain, de même que des trois essences réunies se compose 1 essence de 1 âme.

M.Cousin a bien compris que l'expression r| Qaripov oWpft doit être considérée comme métaphorique. Cependant il me paraît s'être écarté du sens véritable, en la traduisant par cette périphrase : t la nature de divers intermédiaires entre la dureté des os et la fluidité de la moelle.» M. Cousin a supposé sans doute que Platon voulait parler des cartilages; mais Ourépov désigne quelque chose d'extrême et non quelque chose d'intermédiaire.

1 Sur les cartilages, t. Aristote, Des part, de* anhn. , II, 9, p. 654, cot. 2 , 1. 25-27 ; p. 655, col. 1 , 1. 33 -col. 2 , 1. I, etc. , Bekker.

2 V. la note 152 , S 2.

MA HOTES Sp LE TIMÉB.

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